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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 10:00
Le BCR Somme devrait embarquer les deux pirates capturés par la frégate espagnole "Canarias", a déclaré le secrétaire général à la Mer, Juan Carlos Martin Fragueiro, dans une audition devant la commission environnement des Cortès rapporte la presse espagnole. Le BCR devrait ensuite les rapatrier à Djibouti d'où ils seront mis dans un avion pour l'Espagne. Quant à l'équipage de l'Alakrana, ils sont en "bonne forme" a-t-il assuré. Un contact quotidien est établi avec les familles. Les pirates permettant un appel téléphonique par jour. Le bateau est ancré au large de Harardare, à 1,5 miles des cotes. Mails les otages n'ont pas été débarqués. Une demande de rançon aurait été faite. L'armateur du navire s'est déplacé sur place pour entamer les négociations.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 00:00
Le général français, Henri Bentégeat, qui est le conseiller militaire de Javier Solana et préside le comité militaire depuis bientôt trois ans, quitte ses fonctions en novembre. Nous avons pu mener une longue conversation qui nous a emmené sur les rivages de la PESD, son sentiment au terme de près de trois ans de présidence du comité militaire de l’UE, ses étonnements (« voir des civils au sein des militaires », ses convictions (nous sommes utiles », « l’approche globale est l’atout de l’Europe », « le civilo-militaire est l’avenir de la PESD »), ses idées pour le futur (« les battlegroups seront utilisés », il faut dès le début planifier le civil dans nos actions militaires » et vice-versa). Et surtout une idée force : un QG permanent peut voir le jour mais il faut d’abord résoudre la question « psychologique » avec l’OTAN et les Etats-Unis. Pour cela un "QG civilo-militaire paraît une meilleure solution plutôt qu’un (simple) QG militaire.


• LA PESD est-elle vraiment utile. Nous avons déjà l’OTAN, d’un côté, l’ONU de l’autre ?

Quand je suis arrivé, je n’étais pas un Européen convaincu, tout simplement car j’ai passé plus de temps à l’OTAN. J’ai donc découvert. Et aujourd’hui, je peux le dire : ce que nous faisons était utile. Tout le monde y gagne : la communauté internationale à qui on apporte une réelle souplesse ; et chacun de nos pays qui en tire davantage d’interopérabilité et de complémentarité. Quant à dire que nous dupliquons l’Otan, nos structures militaires européennes sont tellement légères (200 militaires) que la question ne se pose même pas.

• C’est le sentiment de tous ?

Tout représentant qui quitte le Comité militaire pense cela : nous sommes utiles. Plus généralement, je vois que, peu à peu, les attitudes changent. Il y avait une division traditionnelle entre ceux qui étaient pour la PESD, ceux qui y étaient hostiles, et les nouveaux venus. On a vu la France bouger (en revenant dans les commandements intégrés de l’Otan). Ceux qui avaient des craintes pour l’Otan ont une attitude plus ouverte. C’est un amiral britannique, à partir d’un QG britannique, qui commande notre opération-phare, Atalanta (anti-piraterie au large de la Somalie). Les nouveaux pays ont commencé à s’intéresser et à participer de plus en plus ; l’exemple, c’est la Pologne qui a parfaitement intégré la complémentarité, participe à toutes les opérations, sans pour autant renoncer à ses convictions.

• Durant ces années, vous voyez une progression de l’Europe de la défense ? Où sont les lacunes ?

Dans les capacités militaires et la conduite des opérations, nous avons progressé, mais moins qu’espéré. Quand je suis arrivé, ni les Quartiers généraux de Rome (Italie), ni celui de Larissa (Grèce) n’étaient opérationnels. Aujourd’hui, nous avons cinq Quartiers généraux opérationnels. Le centre de planification (à Bruxelles) est désormais opérationnel. Avec 10 officiers planificateurs en plus, ce n’est pas une révolution mais c’est déjà un acquis. En revanche, nous n’avons guère fait de progrès en matière de capacités, même si le travail de l’Agence européenne de défense reste important. D’une certaine façon, la crise économique, les difficultés budgétaires des pays européens pourraient faire évoluer cette situation.

• Malgré ces progrès, l’Europe n’a pu intervenir au Congo ? Incapacité d’agir ou blocage politique ?

C’est simple. Une partie des États membres était favorable à une intervention militaire européenne et une autre estimait que cela présentait plus de risques que d’avantages. Mais il n’y avait pas que les États à être divisé. A la Commission européenne, aussi, il y avait des avis très divergents entre ceux qui était pour l’intervention – les gens d’Echo (l’Office européen d’aide humanitaire) —, et ceux qui étaient plutôt contre — ceux de la DG Développement. Nous avions tous un grand souci humanitaire, une nécessité d’agir, mais de sérieuses interrogations sur la nécessité d’utiliser l’outil militaire.

• Mais vous étiez pour l’intervention ?

Oui. Mais quand je regarde rétrospectivement, la solution locale avec le Rwanda s’est révélée plus intéressante. J’en parle avec d’autant plus de liberté que j’étais plutôt pour une intervention militaire. Les conditions d’interventions étaient telles – notamment avec l’absence de piste d’atterrissage pour les gros porteurs à Goma et la nécessité de « tout faire » avec des C130 et des Transall - que c’aurait été calamiteux. Le temps que l’on se déploie, la situation aurait été transformée. Et on n’aurait pas pu remplir la mission d’urgence et on aurait pu se retrouver entre deux feux. En fait, quand je regarde a posteriori, notre absence a involontairement facilité l’accord Congo Rwanda, les a acculés à trouver un accord. Comme quoi l’intervention militaire n’est pas toujours la meilleure des solutions.

• On peut se poser tout de même la question de l’utilité des Battlegroups, les Nordiques se la posent en tout cas ?

Il ne faut pas tirer de conclusions sur l’employabilité / la déployabilité des battlegroups du fait qu’on n’a pas pu les utiliser pour le Congo. Je suis tout à fait convaincu que le jour où il y aura une urgence sur un lieu où tous les Européens seront concernés – au Moyen Orient où les Européens ont sensibilité -, le battlegroup sera déployé. Il ne faut surtout pas remettre en cause leur utilité alors qu’il existent depuis 2 ans1/2 à peine (*).

C’est un faux procès que l’on fait aux Battlegroups : si on les utilise pas, ils vont mourir. C’est vrai ça coûte cher. Mais c’est une formidable assurance. Et une assurance coûte cher. Mais les bénéfices sont énormes en cas de vrai pépin, de situation d’urgence. On ne peut pas faire l’impasse dessus.

Et ce qu’on oublie c’est leur utilité dans la transformation de nos armées. Ces battlegroups sont extrêmement utiles pour accroître l’interopérabilité de nos forces, résoudre des problèmes fondamentaux comme le transport aérien rapide, car tous les processus de certification sont maintenant standardisés. Les battlegroups constituent aussi une capacité réelle et sérieuse d’intervention. En cela, ils sont un élément de notre politique extérieure.

Maintenant accroître la souplesse d’emploi et la flexibilité c’est légitime, il ne faut pas se retrouver prisonnier de concept et procédures.

• Si vous deviez définir le « créneau » de l’Europe de la Défense, vous le définiriez comment ?

Je vois un bel avenir pour l’Europe en matière de gestion de crises, dans l’approche globale, la gestion civilo-militaire. Nous avons énormément progressé. En Bosnie-Herzégovine, les deux missions (militaire et civile) se déroulent sous l’égide du représentant spécial de l’Union européenne. Pour l’opération au Tchad, il y a eu un effort d’intégration : dès le début, la Commission européenne a participé à la planification de l’opération : pour le financement du retour des déplacés dans leur village, de la formation de police, etc. Et la Commission a ensuite suivi la conduite de l’opération. C’était une première ! Nous avons adopté le même principe avec l’opération anti-pirates « Atalanta » : la Commission européenne a agi avec nous, pour arracher rapidement, en temps réel, les accords nécessaires avec les pays tiers. C’est ce qui a donné sa capacité d’action à l’opération de l’UE. Ce mélange des civils et des militaires n’existe pas, ou très peu au niveau national. En soi, c’est une révolution. On découvre des difficultés au fur et à mesure que l’on progresse, et il faut être innovant.

• Ce n’est tout de même pas évident de voir un militaire prôner… l’action civile ?

C’est vrai, avec mon passé de militaire français, il faut dire que j’étais plutôt sceptique sur le mixage des chaînes. En novembre 2006, lorsque j’ai réuni mon premier comité militaire j’ai été stupéfié de voir trois représentants de la Commission européenne, des civils, présents dans un comité aussi spécialisé que les chefs d’État major. Ils n’intervenaient pas systématiquement. Cela n’a donc pas été une génération spontanée. De chaque côté d’ailleurs. Les représentants de la Commission intervenaient peu. Et au fur et à mesure, leur attitude s’est transformée. Ils prennent part davantage aux débats. Et d’est utile. Plus le temps passe, plus j’en suis convaincu, notre force, notre atout, c’est le civilo-militaire.

• Quels ont été les éléments de cette évolution ?

Les esprits ont évolué. L’Irak et l’Afghanistan ont été des claques terribles pour ceux qui avaient prôné longtemps le tout militaire. Dans les deux cas, on a constaté que se contenter d’une stratégie purement militaire ne pouvait aboutir qu’à de grosses difficultés. Il ne pas ajouter du civil quand on voit que le militaire vacille. Il faut dès le début planifier l’action civile, associer les civils à notre planification.

• Dans cette concertation entre civils et militaires, quel est l’atout de l’UE Qu’est-ce qu’il faut améliorer ?

Notre atout, c’est la capacité à mobiliser tous les leviers. Encore faut-il les roder dans un dialogue permanent. En temps de crise, en fait, on arrive à réunir tout le monde. Et çà marche. Mais c’est encore du cas par cas. Ce qui manque, ce sont les échanges quotidiens entre les experts de la Commission européenne, les militaires, le commandement civil, etc. Ces échanges permettent de nourrir en permanence la planification, l’alerte. Et cela joue dans les deux sens. Il y a des domaines — la surveillance maritime, les catastrophes naturelles… — où l’approche a surtout été civile (par la Commission européenne). Mais les militaires peuvent avoir un rôle à jouer. C’est ce que pourrait favoriser le (futur) service d’action extérieure dès que le Traité de Lisbonne entrera en vigueur.

• Le QG Permanent militaire dont on parle de temps à autre vous paraît nécessaire ?

Personne ne discute d’un point de vue militaire l’utilité d’un QG permanent. Regardez, pour monter un QG temporaire : il faut plus d’un mois pour le monter. Puis après l’opération, on le démonte, et on perd toute l’expérience. Ce n’est pas très efficace. Et travailler avec la capacité civile et les responsables politiques quand on est à 600 km de Bruxelles, ce n’est pas aisé. Et ne venez pas me dire que c’est une question financière ou de duplication des structures : avoir 200 personnes de plus à l’UE contre plusieurs milliers  à l’Otan, ce n’est pas un problème financier ou opérationnel. Vraiment.

• La difficulté est ailleurs alors ?

Oui, il faut le reconnaître. C’est très politique. Cela créerait des tensions avec l’OTAN, une inquiétude au SHAPE, un sentiment de malaise aux Etats-Unis. Tant que cette question n’est pas réglée, on ne pourra pas avancer. Il faut arriver à nous mettre d’accord sur ce qu’on veut faire dans ces enceintes. Aujourd’hui, il y a encore trop de non-dits. Il ne faut pas se voiler la face, il y a des suspicions, un obstacle politique et psychologique. Cela ne sert à rien de mettre le QG permanent sur la table tant qu’on n’a pas réglé çà.

• Vous avez néanmoins une petite idée de la solution ?

L’avenir n’est peut-être pas vraiment dans un QG purement militaire. Ce que nous avons le plus besoin, et qui serait plus acceptable pour l’OTAN, les Etats-Unis, ce serait un centre de commandement civilo-militaire. Davantage orienté vers l’intégration des capacités civilo-militaires, la gestion globale de la prévention des crises que vers la conduite des opérations militaires.

• Mais nous avons déjà des systèmes de commandement civil et militaire

Actuellement, nous avons deux chaînes de commandement, une civile et une militaire, avec un minimum de passerelles pour avoir une synergie. Mais il n’y a pas de vraie intégration, c’est plutôt un soutien réciproque. Et la coopération civilo-militaire ne arrête pas à la police et les douanes d’un côté, et aux militaires de l’autre, il faut aussi les gens qui s’occupent de développement, de finances, etc. Il nous manque encore des échelons. C’est une idée – même pas un concept- pas un QG permanent, Il faut arriver un moyen de penser ensemble, planifier ensemble, conduire ensemble. Tout est à inventer. Il n’y a pas de modèle préétabli. C’est une nouvelle phase de réflexion à entamer.

• Allez, la question à la mode, qui voyez-vous comme Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune ? L’expérience militaire compte-t-elle ?

C’est une question exclusivement politique. Et les militaires n’ont pas à donner leur avis. Mais, bien sûr, les militaires préfèrent quelqu'un qui ait la compréhension du phénomène militaire.

• Comme avec Javier Solana (l’actuel Haut représentant) ?

Oui ça été très facile. Solana est quelqu'un de très ouvert, qui recherche les avis.

• Et après le Comité militaire ? Où vous voyez-vous, conseiller du commissaire ?

Ah non ! Je n’aime pas les structures parallèles. Je pense que les institutions sont un garde-fou. C’est le président du comité militaire qui doit être le conseiller militaire du Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune et personne d’autre. Il faut que les institutions fonctionnent correctement. … Je vais aller cultiver mon jardin.


(propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde, en face à face, avant le référendum irlandais)

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 09:16
Le déplacement semestriel du Comité de politique et de sécurité (COPS) se fera cette fois au… chaud. Les 27 ambassadeurs du COPS s'envolent, ce soir, vers Addis-Abeba (Ethiopie). Etape obligée pour rencontrer l’Union africaine. Il s'agit notamment de renforcer les liens avec cette organisation et notamment de voir comment les Européens peuvent aider les Africains (et vice-versa) à stabiliser la Somalie. Le week-end sera consacré à Djibouti avec visite des installations d’Atalanta, le FHQ, l'aéroport et ses avions de patrouille, et les frégates. Les ambassadeurs passeront également au camp français de Djibouti pour voir l’entraînement des Somaliens qui a repris cette semaine. Puis, retour en Europe via Addis Abeba.
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 05:40

La question peut paraître anodine. Mais le lieu où siégera le nouveau Haut représentant (HR) pour la politique étrangère (tel que prévu par le Traité de Lisbonne, quand il sera en vigueur) est éminemment politique. Le HR est un "objet" non encore identifié, assez hétéroclite : un peu Commissaire, un peu Ministre (puisqu'il préside le conseil des Affaires étrangères), et toujours diplomate en chef de l'UE et chef de la Défense de l'UE. Placer le Haut représentant au "Berlaymont" (siège de la Commission européenne), est ainsi difficile, car il est aussi président du Conseil des Ministres. Le faire siéger au "Justus Lipsus" (siège du Conseil de l'UE), est aussi exclu également, il est commissaire à plein temps. Quant au "Lex", c'est le bâtiment normalement dévolu au Conseil européen.

Entre ces bâtiments, à part la rue de la Loi (à quatre voies) et ses hordes de voiture qui partent à l'assaut de Bruxelles, il reste un bâtiment, le "Charlemagne", tout en verre, judicieusement placé, près du Berlaymont mais relié par le souterrain du métro aux autres bâtiments du Conseil. S'il abrite aujourd'hui plusieurs services de la Commission (dont la DG relations extérieures, DG Relex pour les intimes, et la DG Commerce ou DG Trade selon son appellation raccourcie), dans le temps, sur le même emplacement (le batiment a été reconstruit), il abritait ancien bâtiment du Conseil (de 1971 à 1995) et du Conseil européen. Tout un symbole ! Ce serait aussi logique : le Haut représentant siégerait auprès de ses troupes, les diplomates du futur service d'action extérieure. Reste à faire valider cette option par tous les ambassadeurs. Car, de ce fait, le Haut représentant validerait une autonomie et une indépendance qui renforceraient son caractère "d'homme fort" de la Commission. Le choix du bâtiment n'est donc pas aussi anodin qu'il a l'air.

(photo : Le batiment Charlemagne © NGV)


Un service d'action extérieure à créer de toutes pièces.


Une administration nouvelle. Personnage emblématique du Traité de Lisbonne, le Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE (selon la dénomination officielle ou Ministre des Affaires étrangères de l'UE, pour faire court) disposera, en effet, du service européen d'action extérieure. Rassurez-vous malgré le nom, il ne s'agit pas d'une DGSE européenne. Mais tout simplement du nouveau service diplomatique de l'UE. Ce nouveau service - en fait une nouvelle administration - devrait réunir les fonctionnaires venus de la Commission européenne, du secrétariat général de l'Union européenne et des Etats membres. Et quelques autres services. Autant dire une révolution ! Car tout est à construire : définir la stratégie, le statut du personnel, le calendrier de mise en place, constituer les équipes et bâtir un esprit collectif, etc. Faire travailler ensemble des diplomates qui se côtoient toujours, se concurrencent souvent et s'épaulent rarement dans un même esprit n'est pas évident. On ne sera pas donc étonné que la mise en place de ce service prenne un peu de temps. C’est un nouveau travail de dix ans qui s’engage !

 

Mise en place progressive. La mise en place de ce service devrait se faire donc de manière progressive. Par petites touches. Il s'agit de construire d'abord le noyau du service. Celui-ci devrait logiquement être constitué à partir des différentes unités de la Commission : DG relations extérieures en charge de la politique étrangère, mais aussi d'éléments de la DG Développement qui gèrent toutes les relations avec les pays ACP. Viendraient s'y ajouter certaines directions ou unités du Conseil - par exemple la nouvelle direction civilo-militaire qui doit se créer - et des agents des Etats membres. La question du statut de ce personnel risque d'occuper de longues heures (journées, semaines, mois...) de négociation. Aussi dans un premier temps, le dispositif des Experts nationaux détachés (END) pourrait être retenu. Les fonctionnaires des différents Etats membres font, sous ce statut, des missions à l'intérieur des institutions européennes (entre 6 mois et 4 ans), le salaire restant payé par le pays d'origine, les frais d'installation et autres étant payés par l'institution d'accueil.


Périmètre du service pour la gestion de crise. C'est un sujet difficile. Si pour les fonctionnaires de la Commission, c'est d'une certaine façon une "restructuration" de plus — on procède "direction" par direction", "unité" par "unité" — la question est plus délicate pour les structures de la PESD et du Conseil. Actuellement, c'est simple : elles ont le même patron. Le Haut représentant qui est également le secrétaire général (patron) du Conseil de l'UE (la structure intergouvernementale qui représente les Etats). Demain ce ne sera plus le cas, il faudra choisir. Rattaché au nouveau Service ou non ? Pour la nouvelle direction civilo-militaire qui doit se créer, c'est la deuxième solution qui prévaut. Pour le Sitcen - centre de renseignement de l'UE - ce devrait aussi, en bonne logique, être le cas. Mais il importera de préserver le secret des informations. Pour les militaires ? C'est plus délicat. L'Etat major de l'UE et, encore plus, le Comité militaire de l'UE pourraient garder leur autonomie. Pour ce qui est du COPS, qui est une instance intergouvernementale, il devrait continuer de siéger au Conseil. Mais, comme pour le Conseil des ministres des Affaires étrangères, il devrait être présidé par un délégué du Haut représentant (le Haut représentant adjoint ?). Enfin quid de tous les groupes de travail (GPM groupe politico-militaire, CCACM comité pour les aspects civils de la gestion de crise...) ? Qui va les présider ? la présidence tournante ou un membre du SEAE ? Les questions, on le voit restent nombreuses.

 

Où seront les premières ambassades de l'UE. Les délégations de la Commission européenne devraient servir d'ossature au SEAE dans les pays tiers; il en existe dans quasiment tous les Etats du monde. Le cas échéant sur le modèle de ce qui est pratiqué déjà en Fyrom (Macédoine), dans l’Union africaine et bientôt en Afghanistan, les éléments diplomatiques de l'Union européenne (délégations et représentant spécial) fusionneraient pour ne former qu'une seule délégation de l'UE (on parle de double headed, le représentant spécial étant chef de la délégation de l'UE). Cette fusion pourrait continuer dans tous les pays ou zones où est déployée une mission PESD ou a été nommée un représentant spécial de l'UE. A ces délégations uniques de l'UE, pourraient ensuite se greffer des éléments d'Etats membres (experts nationaux détachés...). Mais il ne semble pas question, pour l'instant de supprimer les ambassades nationales. Les résistances sont, en effet, nombreuses.


Touche pas à mon ambassade. Comme le confiait récemment le secrétaire d'Etat français, aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, il y a les « allants » et les « réticents ». Pour lui, les Français sont "allants". Ce n'est pas l'avis de tout le monde à Bruxelles. Il est également de notoriété commune que les Britanniques sont "réticents". Mais ils ne sont pas les seuls ! Les réticences sont multiples. En fait, dans tous les pays, les alias des "Quai d'Orsay" freinent des quatre fers cette innovation. Même les Finlandais - par exemple qui sont plutôt des "allants" en matière européenne - ont publiquement averti. Ils souhaitent conserver leurs ambassades et représentations. Ainsi le secrétaire général du ministère des affaires étrangères Pertti Torstila a rappelé que l’UE ne promeut toutefois les intérêts nationaux des Etats membres. Déjà entre Nordiques, les coopérations, quand elles existent, "ne sont pas exemptes de problèmes" explique-t-il. Difficile d’imaginer que des Suédois promeuvent les exportations finlandaises. En même temps, il n'est pas interdit de penser que cela permettra aux petits Etats ou aux Etats non représentés dans un pays de pouvoir entretenir à la délégation de l'UE, un chargé d'affaires sur certaines questions, à un moindre coût. Une solution d'autant plus intéressante qu'on sait que de nombreux pays (Belgique, Pologne, Roumanie…) se sont engagés dans une réduction de leurs frais de présence à l'étranger (notamment en matière de locaux).

 

Lire également note Benelux sur le service d'action extérieure - l'avis du Parlement européen (à venir)

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans HautReprésentant-ServiceDiplomatique
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 05:32
L'encre du "Oui" irlandais n'était pas encore vraiment sèche que les trois pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) qui veulent pousser en avant l'intégration européenne ont sorti un document succint de 5 pages, intitulé "Mise en oeuvre du traité de Lisbonne". Apparemment ce document est d'ailleurs plutôt une synthèse ou un extrait d'un document beaucoup plus large. Cette note fixe en effet certains principes concernant le Conseil européen et son président, le Conseil des Affaires générales, le Conseil des Affaires étrangères et le Haut représentant et le service européen pour l'action extérieure (SEAE).

Dans tous ces aspects, les pays du Benelux qui n'ont jamais été de trop chauds partisans du président du Conseil européen et d'un détricotage de la méthode communautaire, se montrent partisans d'une préservation du pouvoir de la Commission européenne et surtout de doter le Haut représentant pour la politique étrangère des moyens de ses ambitions. Impression renforcée à la lecture de chaque paragraphe, qu'il s'agisse de l'objectif, du mandat, des moyens et du personnel du SEAE.


Objectif du Service d'action extérieure
. Il « doit permettre au HR de mener à bien ses principales missions, à savoir mettre en œuvre la PESC/PESD, entretenir les relations extérieures, de par sa position au sein de la Commission, et veiller à la cohérence de l’action extérieure ». À cet effet, « certains services du secrétariat du Conseil et de la Commission doivent être transférés sous l’autorité du SEAE, et des mécanismes de coordination effectifs doivent être créés avec les services restant sous l’autorité de la Commission ou du secrétariat du Conseil ».


Mise en place.
Si le SEAE doit « être mis en place progressivement », le mandat du SEAE doit « dès le début être clairement défini et indiquer l’objectif final à atteindre ». La « période de transition doit se terminer dans les meilleurs délais ». Elle doit comporter une « clause de rendez-vous » pour permettre l’évaluation du fonctionnement du SEAE au terme de quelques années.

Mandat et périmètre. Le SEAE doit avoir « une couverture géographique mondiale ». « Tous les bureaux de pays doivent être intégrés au SEAE, qui devient ainsi un service décloisonné, pas de doublon de bureaux de pays au sein du Secrétariat et de la Commission ». Les bureaux de la DG Développement dans les pays et « certains autres aspects de la politique de coopération au développement devraient aussi être intégrés au SEAE ». Un certain nombre de responsabilités thématiques doivent être confiées au SEAE, comme les missions civiles, les droits de l’homme et la non-prolifération. En revanche, l’Élargissement, l’instrument de préadhésion comme la politique commerciale (OMC) doivent rester du domaine de la Commission.

Délégations extérieures. « En ce qui concerne les délégations de l’Union, nous devrions commencer par quelques expériences pilotes, par exemple Kaboul, Addis-Abeba et New York, où deux délégations distinctes (Conseil et Commission) existent actuellement l’une à côté de l’autre. »

Statut juridique du SEAE. Pour le Benelux, « il est nécessaire que le statut juridique du SEAE lui garantisse une autonomie suffisante », qu’il ait « une personnalité juridique fonctionnelle l’habilitant à agir autant que nécessaire ». Le SEAE doit être « un service sui generis, lié à la fois au secrétariat du Conseil et à la Commission, sans toutefois ressortir à l’une de ces institutions ».

Moyens humains. « Le Haut représentant doit disposer dès son entrée en fonction d’une équipe de soutien composée de fonctionnaires issus du secrétariat du Conseil et de la Commission ainsi que d’un nombre réduit de diplomates des États membres. (...) Au terme de la période de création, le SEAE doit être constitué à parts équitables de fonctionnaires du secrétariat du Conseil, de la Commission et d’agents détachés des services diplomatiques nationaux. »

Moyens financiers. Le Benelux propose d’attribuer au HR la responsabilité financière de plusieurs fonds : le budget PESC, l’instrument de stabilité, du fonds pour les droits de l’homme et le financement de la politique de voisinage (ce qui semble contradictoire avec la définition du mandat). Le commissaire au Développement reste responsable du FED et de l’ICD en étroite collaboration avec le HR. La mise en œuvre est confiée à EuropeAid et à ECHO.


Lire aussi : les profils des nouveaux dirigeants européens dessinés par les pays du Benelux

Pour télécharger le papier du Benelux
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 05:30

Les pays du Benelux dans leur note dressent le profil type à la fois du président du Conseil européen et du Haut représentant pour la politique étrangère, tels que le prévoit le traité de Lisbonne.

« Le président du Conseil européen a la stature d’un chef d’État ou de gouvernement. Il a démontré son engagement européen et a développé une vision sur l’ensemble des politiques de l’Union. Il est a l’écoute des États membres et des institutions et sensible aux équilibres institutionnels qui caractérisent la méthode communautaire. » Avec ce descriptif, on voit bien que la personnalité la plus souvent citée comme Tony Blair ne remplit pas les critères fixés par les pays du Benelux. En revanche, une personnalité comme le Luxembourgeois Juncker, le Néerlandais Balkenende, et pourquoi pas… le Belge Verhofstadt, serait beaucoup plus appropriée.

« Le Haut représentant doit disposer non seulement d’une vaste expérience de l’action communautaire dans le cadre de la PESC/PESD et de la politique étrangère de l’Union, mais aussi de qualités fédératrices ». Cherchez… Je n’ai pas encore trouvé. Toutes les personnalités (Bildt, …) communément citées sont exclues. Trois pourraient remplir ces critères : l’Espagnol Moratinos, voire le Français Kouchner ou l'Allemand Vert Fischer. Mais à chaque fois, une "bonne" raison propre au contexte interne à chaque pays exclut cette personnalité (pour l'Espagne, le candidat est Almunia, pour la France, c'est Barnier, pour l'Allemagne, les Verts ne font pas partie de la coalition au pouvoir).

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans HautReprésentant-ServiceDiplomatique
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 03:47
C'est Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères qui l'a annoncé lors d'une audition devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Des Russes pourraient contribuer à la formation des soldats somaliens à Djibouti, avec les militaires français. "En Russie, la semaine dernière, nous avons proposé à nos amis russes de participer à cette formation (...) et ils vont le faire", a déclaré le ministre des Affaires étrangères. Une collaboration qui tombe à pic vu le manque d'enthousiasme de plusieurs pays européens sur ce sujet. Cela me rappelle le Tchad avec Eufor... Espérons que les Russes ne mettront pas autant de temps à arriver. 
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 02:28
Un orage violent a atteint Bruxelles. La foudre est tombée pas loin. Donc quelques heures de panne d'internet. Rien de grave. Mais du coup des articles en retard qui arrivent au fur et à mesure
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Published by Nicolas Gros-Verheyde
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 01:56
La Commission européenne vient d'augmenter l'enveloppe budgétaire attribuée aux Seychelles pour renforcer son développement économique sur la période à couvrir jusqu'à 2013. Celle-ci passe ainsi de 5,9 millions d'euros à 8,4 millions soit une augmentation de 2,5 millions d'euros. La majorité ira au budget général (7,5 millions d'euros) de l'archipel, apprend-on de source seychelloise. C'est-à-dire que le gouvernement de l'archipel sera libre de son utilisation (sous condition du contrôle). Une partie (0,9 millions d'euros) sera dédiée au renforcement de la structure étatique et à la coopération technique. Bien sûr, cela n'a rien à voir, mais rien à voir avec l'opération anti-piraterie de l'UE "Atalanta". Enfin presque...  Maintenant, je ne serai pas étonné que l'accord SOFA et transfert des pirates puisse bientôt être, lui aussi, signé. C'est un des effets de "l'approche globale" dont parle le général Bentegeat (interview à paraître sur ce blog...). A noter que les Etats-Unis ont signé parallèlement un accord de soutien aux ONGs de 240 000 $... 
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 19:04
Hésitation ultime. Les Néerlandais qui ont commandé 85 avions de chasse JSF (Joint strike fighter) se tâtent sérieusement. Un des principaux partis de la coalition au pouvoir, le PVDA (social-démocrate) souhaiterait revoir le montant de la commande. Le coût de la commande n'est pas mineur : près de 10 milliards de $ (6,1 milliards $ de l'époque), ce qui, aujourd'hui, en pleine période d'austérité semble malvenu. Des représentants de l’armée de l’air américaine et du producteur d’armes Lockheed Martin sont ont donc fait le déplacement, hier, jusqu'à la Haye, pour rencontrer des députés et des journalistes, ainsi que le secrétaire d'Etat à la défense, Jack de Vries (CDA), un chaud partisan du JSF "meilleur et en définitive moins cher que d'autres candidats".

La menace est claire.
Tous les moyens ont été utilisés. Coté bâton, le vice-président de Lockheed, Tom Burbage, qui menace : si les Pays-Bas écartent en totalité ou en partie le projet JSF, "les futurs contrats iront à des pays qui participent pleinement". Coté carotte, pour ajouter le geste à la parole, le néerlandais Stork Fokker a annoncé le même jour une "bonne" nouvelle : il assurerait pour le JSF, la production de flaperons, des ailerons mobiles. Une commande de départ qui devrait signifier un premier chiffre d’affaires de 200 millions de dollars qui pourrait monter à plus d'un milliard de dollars... à condition que les Pays-Bas achètent effectivement le JSF. 100 emplois tout d'abord, le double ensuite (lire le communiqué). Un bienheureux hasard...

NB : Le principal concurrent du JSF est le Gripen Suédois,
Eurofighter et Rafale avaient jeté l'éponge (lire également : Saab baisse le prix de son Gripen pour arracher le marché aux Pays-Bas - Avion de chasse: les Pays-Bas ont-ils favorisé le F-35 ?).
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Marchés de défense - Industrie
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.