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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 14:11
Un magistrat du parquet de l'Audiencia nacional (le tribunal spécialisé dans les affaires pénales d'importances) a requis la mise en détention provisoire des deux pirates arrêtés dimanche par la frégate espagnole Canarias au large de la Somalie (lire sur l'arrestation). Elle a également demandé le transfert immédiat vers l'Espagne pour le fait de détention illégale, vol avec violence et utilisation d'armes. Le juge de l'Audienca nacional, Balthazar Garzon - célèbre pour ses prises de position sur le terrorisme et qui était de permanence dimanche -, a ouvert une procédure judiciaire pour crime d'enlèvement et d'actes de terrorisme dans le contexte d'acte de piraterie. Le juge doit être tenu informé des différentes évolutions du dossier.

Un précédent...raté.
La justice espagnole avait déjà tenté d'obtenir le rapatriement de pirates arrêtés par une frégate espagnole en mai dernier. Sans succès. Les pirates avaient finalement été livrés au Kenya (lire : Les 13 pirates détenus par la marine espagnole remis au Kenya). Aujourd'hui la situation semble différente selon le juge Andreu cité par El Mundo : l'incident met en cause un bateau et des marins espagnols, il s'est produit en dehors de la zone d'Atalanta - et l'accord de transfert avec le Kenya n'est donc pas applicable. J'ai quelque doute sur cette explication.

Situation différente ? Si le premier argument du juge Andreu - des Espagnols sont concernés au premier chef- est tout à fait justifiable et justifie la saisine de la justice espagnole ; en revanche, l'argumentation du "hors zone Atalanta" ne semble pas très adéquat, d'après une analyse rapide. D'une part, si les informations données publiquement sont exactes, le bateau se situait dans la zone couverte par Atalanta (qui a été étendue jusqu'aux Seychelles). Ensuite l'accord de transfert des suspects n'est jamais d'application obligatoire. Le principe est que c'est d'abord l'Etat qui a saisi les pirates qui décide de se saisir ou non, puis d'examiner si un autre Etat "victime" (Etat du pavillon, d'origine des otages ou des victimes) ou l'Etat d'origine des suspects voire un autre Etat veut poursuivre. Ce n'est qu'en dernier lieu qu'intervient l'accord signé avec le Kenya. Et, sauf si les suspects sont kenyans, celui-ci ne revendique aucunement (au contraire ! ses prisons sont pleine et la justice est saturée) de recevoir des pirates.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 17:00
Il y a dix ans, l’UE qui voulait développer une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), mais était dépourvu de moyens militaires, s’était tournée vers l’OTAN. Ainsi avait été conclu un accord de coopération, dénommé "Berlin Plus", préparé en 1999 et officialisé en 2003. Il permet à l'UE de bénéficier des structures de commandement de l'Alliance atlantique. Mais aujourd’hui, à écouter Jamie Shea, le directeur de la planification politique à l’OTAN (et ancien porte-parole de l’organisation), cet accord paraît dépassé ou du moins à compléter. Et c'est l'OTAN qui, désormais, paraît demandeuse : de pouvoir utiliser cet accord Berlin+ qui tend à tomber en désuétude, et surtout de conclure un accord "Berlin+ Civil". Car le besoin de capacités civiles dans les opérations, particulièrement en Afghanistan, est crucial pour gagner...
Le renversement de situation paraît notable !

Jamie Shea s’exprime devant les députés de la sous-commission Défense du Parlement européen, mercredi (photo © Ngv).

Berlin+ accord dépassé ?
« Berlin+ était basé sur le fait que l’UE aurait emprunté les moyens militaires à l’OTAN. Et nous aurions dit Oui, éventuellement, sous réserve. (…) Maintenant l’UE a développé ses propres capacités militaires : maritime, battlegroups, achète ses propres aéronefs Airbus, a son propre QG… L’UE n’a plus le même besoin d’appliquer l’accord Berlin + qu’au milieu des années 1990 » analyse Jamie Shea. De fait, « Sur les 23 missions de l’UE, seules 2 ont relevé de Berlin+ : une petite mission en Fyrom en 2003 (aujourd’hui terminée) et la mission en Bosnie qui perdure (NB : pour peu de temps encore). Aujourd’hui, lorsque l’UE et l’Otan sont dans un pays ou sur mer ensemble (Kosovo, Afghanistan, Somalie …), Berlin + n’est pas d’application. Plutôt que la règle, Berlin+ est devenue l’exception. »

D'autres modes de coopération.  Jamie Shea propose de revisiter cet accord en prévoyant d’autres aspects comme la mise à disposition de l’UE de la capacité aérienne stratégique (3 C17) de l’OTAN ou l’entraînement en commun des battlegroups – force de réaction rapide. Mais, surtout, il estime « nécessaire d’avoir un accord « Berlin+ Civil ».
« Notre coopération doit s’adapter à la réalité. »

Un Berlin+ Civil. L’OTAN n’a pas les mêmes moyens qur l'Union européenne, Jamie Shea le reconnaît. « L’UE, comme l’ONU, est une organisation globale. Ce n’est pas le cas de l’OTAN. L’Otan (par exemple) n’a pas de capacité civile. Le succès de l’OTAN ne dépend pas seulement du succès militaire dans ses opérations. Mais elle doit persuader les autres organisations (USA, UE…) d’être sur le terrain avec des missions et moyens. Je vais être très franc : l’UE a des avantages que l’OTAN n’a pas. Elle fait du judiciaire, peut former des policiers, être observateurs d’élections, etc. »

Harmonie stratégique. Jamie Shea s’est défendu de toute velléité d'annexion d'une organisation par une autre : « Un ambassadeur Français a dit, un jour, que l’UE n’avait pas vocation à devenir agence civile de l’OTAN. Il a raison » a-t-il souligné, avec humour. Et d'expliquer : « L’OTAN n’a pas à commander l’UE. Ces deux organisations doivent être indépendantes. Ce que nous souhaiterions, c’est de pouvoir au moins avoir une harmonie stratégique avec l’UE dans des domaines qui pour les deux sont d’importance vitale. Comme par exemple en Afghanistan ou dans les Balkans. » Dans ces régions, « l’UE et l’OTAN ont des intérêts tout à fait semblables. Et les pays de l'UE seraient tout aussi menacées par l’échec que les Usa et le Canada. »
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 14:45
Cela n'a pas traîné... La frégate espagnole Canarias a « capturé ce matin deux pirates, qui feraient partie des 13 pirates qui ont participé à la capture du thonier basque espagnol, Alakrana », a annoncé, dimanche, le chef "opérations" de l'état-major espagnol, le général Jaime Dominguez Buj, selon les informations que rapporte l'agence EFE. La frégate Canarias - qui fait partie de l'opération antipiraterie de l'UE "Atalanta" -  est arrivée dans la zone dans la nuit de samedi à dimanche. Elle a bénéficié des informations des avions de patrouille maritime qui ont signalé que deux hommes à bord d'un skiff regagnaient les cotes de la Somalie. Madrid a autorisé alors l'interception. L'hélicoptère du Canarias est alors intervenu, immobilisant le skiff, par des tirs de semonce. Lors de l'appréhension, un des suspects a été blessé légèrement à l'abdomen durant l'assaut. Il a été pris en charge par le médecin de bord du Canarias. L'Alakrana serait depuis ce matin ancré au large des côtes somaliennes. Il est suivi à distance par la frégate française "Germinal" qui fait également partie d'Atalanta.

Le juge de l'Audienca nacional, Balthazar Garzon, a ouvert, dimanche, une procédure judiciaire pour crime d'enlèvement et d'actes de terrorisme dans le contexte d'acte de piraterie. Ce qui pourrait autoriser un rapatriement en Espagne des suspects pour jugement (si le gouvernement l'autorisait).
Le juge est tenu informé des différentes évolutions du dossier.

Le QG d'Atalanta a, à son tour, dimanche soir confirmé l'arrestation :
"Late in the evening of 3 October, two of the suspected pirates who gained control of the Spanish tuna fishing vessel ALAKRANA the day before, were arrested by the EU NAVFOR Spanish warship CANARIAS. The suspected pirates had left the ALAKRANA with a small boat that was detected and stopped by the EU NAVFOR warship. During the arrest, one of the pirates was lightly injured, but he was given immediate medical treatment by the doctor onboard EU NAVFOR CANARIAS and his condition is stable. Both suspected pirates are now on board CANARIAS. The hijacked Spanish fishing vessel ALAKRANA has anchored of the coast of Somalia."
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 10:40
«Des pirates. Ce sont des pirates!» C’est tout ce que le capitaine de l’Alakrana (1), le thonier basque espagnol capturé par les pirates vendredi matin, a eu le temps de dire par radio. L'Alakrana se trouvait en haute mer, à près de 400 miles des côtes, entre Seychelles et Somalie. Mais le thonier, qui avait ses filets jetés à l’eau, ne pouvait s'échapper. La prise de l’Alakrana s’est effectuée en un temps record, selon la presse espagnole qui rapporte les faits (EFE, El Pais, El Mundo). Il était 6h45 locales (5h45 heure européenne). L’Alakrantxu, un autre bateau de pêche de la même compagnie, Echebastar SLU, Bermeo, a entendu l'appel de détresse et a tenté de communiquer avec le navire. Mais, en vain ! Toutes les communications avaient été interrompues. Peu après, un message mail est arrivé au propriétaire du navire indiquant que l’équipage allait bien : « Nous sommes Ok ». Et c’est tout.

Très professionnels. Armés de fusils et de RPG, les 13 pirates qui ont donné l’assaut ont agi de façon "très professionnelle" d'après les témoignages. « Ils étaient très expérimentés. Il s’agit sans doute de la même bande que ceux qui ont capturé en mai le MV Victoria. Ou, tout au moins, ils opèrent avec le même modus operandi », explique le chef d’État-major d’opérations de la marine espagnole, Jaime Domínguez Buj. Et c’est par le négociateur, qui avait servi lors de l’enlèvement du navire allemand, qu’un premier contact a été établi. « Pour l'instant, il semble que la situation à bord doit calme » détaille Buj. « Aucun mouvement anormal n'a été observé. L'équipage serait gardé sous le pont ». Un porte-parole des pirates – joint par l’agence espagnole EFE - a justifié l'action par la nécessité de lutter contre la pêche illégale dans les eaux somaliennes.
Le bateau est suivi à la trace par les avions de patrouille maritime d’Atalanta, qui ont pu prendre cette photo. En cartouche, deux des pirates armés (©Ministerio de Defensa de España)

Une course de vitesse est engagée. La frégate Canarias - qui se trouvait à 800 miles de là au moment de l'attaque - se dirige à « grande vitesse » vers la zone. Selon les marins espagnols, il devrait déjà être sur zone aujourd'hui (il lui faut 35 heures pour se rendre sur place selon la marine espagnole et était à 184 miles de la zone samedi midi). L'objectif des militaires est d'éviter que le bateau de pêche ne touche terre et que les otages soient débarqués. Car, ensuite, aucune intervention ne serait possible. Le navire est suivi à la trace par les avions de patrouille d'Atalanta : les deux P3 Orion espagnol et allemand et l'Atlantique II français qui se relaient sur place. Apparemment ce sont les avions luxembourgeois qui ont été les premiers sur les lieux. C'est une de leur première sortie opérationnelle !

Rançon ou intervention. Une cellule de crise, réunissant les ministères de la défense, de l’environnement et de la pêche, a été activée à Madrid, sous la responsabilité du vice-premier ministre, Maria Teresa Fernandez de la Vega. Les autorités ont deux options. 1° la négociation et le paiement d’une rançon. Ce qui a apparemment commencé à être fait. Puisqu’un premier contact a été entamé avec un intermédiaire. 2° L’intervention. Les Espagnols ont sollicité les Français pour agir en « partenariat spécial » selon De La Vega. Seuls les Français ont, en effet, à la fois l’expérience et les moyens pour mener ce type d’opérations. Mais qui ne va pas sans risque (cf. l’opération Tanit). Aussi la priorité n°1 affichée du gouvernement espagnol est la « sécurité des pêcheurs ». Tout dérapage serait en effet fatal… au niveau politique.
A l'arrière du bateau, on peut voir remorqué le skiff pirate avec les bidons d'essence et apprécier la différence de taille des deux navires, quelques mètres pour l'un, une centaine de mètres pour le second (©Ministerio de Defensa de España)

Polémique politique. Cette capture d’un navire espagnol a, en effet, déclenché une polémique en Espagne où la Ministre de la Défense, Carme Chacon, doit faire face à une double offensive. Le parti populaire, dans l’opposition, a dénoncé la "passivité" du gouvernement. Le porte-parole de défense du PP, Beatriz Rodriguez Salmon, a ainsi expliqué que «le gouvernement n'a pas agi avec diligence raisonnable dans la protection du thon» notamment parce qu’il a rejeté les dernières initiatives présentées à la Chambre des députés pour mettre des militaires armés à bord des navires de pêche. Même explication chez les nationalistes basques du PNV, qui estiment que le pouvoir central n’en a pas fait assez pour protéger les pêcheurs basques. Pour Josu Erkoreka, porte-parole du parti PNV, « Notre flotte de pêche au large des côtes de la Somalie risque sa vie alors que le ministre de la Défense joue à ne pas perdre des voix au Congrès. Ce n'est pas bien! ». Et de souligner que « la mise à bord de gardes privés (solution prônée par les ministères de la Défense et de l’Intérieur espagnols) est retardée par la paperasserie ». Les thoniers ont mis en cause l’absence de protection directe par les forces armées espagnoles dont bénéficient les pêcheurs Français (NB : à leurs frais). Une motion législative dans ce sens, proposée par le PP et le PNV avait été rejetée en septembre par le Congrès. Le gouvernement a répliqué estimant que l’Alakrana ne pêchait pas dans la zone protégée par la force internationale. « Chacun doit être responsable de ses actes » a averti Jaime Domínguez Buj. A Londres, le QG d’Atalanta tente de faire face à la polémique, indiquant qu’il y a une étroite concertation avec les pêcheurs, un de leurs représentants étant d’ailleurs présent au QG de Northwood.

Retrait par sécurité. Il y avait environ 17 bateaux espagnols qui pêchent actuellement dans l’Océan indien. Et, par mesure de sécurité, leurs propriétaires ont demandé de quitter la zone de pêche. Ils devraient se diriger vers les Seychelles où la plupart ont établi leur base pour la saison de pêche. Pour les thoniers, c’est une mauvaise donne. Selon un responsable des pêches, l’année 2009 sera moins bonne. Au lieu des 180 à 200.000 tonnes pêchées chaque année, il n’y en aurait que 120.000 cette année. Du fait des pirates…
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 06:52
Un nouvel ambassadeur a été accrédité auprès des institutions européennes. Il s'agit du somalien Nur Hassan Hussein. Cette nomination n'est pas anodine. C'est une des mesures décidées lors de la conférence sur la Somalie en avril 2009 afin de consolider le gouvernement fédéral transitoire (GFT).

Nur Hassan Hussein n'est pas n'importe qui. Agé de 71 ans, il a été Premier ministre jusqu'à peu, entre novembre 2007 et février 2009. Et son parcours illustre toute la difficulté du pays. Jeune officier des douanes peu après l'indépendance du pays, il devient un des responsables de la police sous Siad Barré, dont la principale qualité n'était pas le respect de la démocratie... Attorney genelra jusqu'à 1991, moment où le pays tombe dans le chaos, il devient ensuite président du Croissant Rouge somalien.

(crédit photo : Commission européenne, José-Manuel Barroso reçoit les lettres de créance)
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:25
De façon implicite, mais claire, le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso a confirmé, samedi, s'exprimant devant la presse après le réferendum irlandais positif que la future Commission « ne pouvait pas être constituée tout de suite. J'espère que ce sera fait sur la base du Traité de Lisbonne. Mais nous ne connaissons pas le calendrier. » Conséquence: l'actuelle Commission resterait en poste, « un certain temps en affaires de gestion courante. Son mandat prend fin le 31 octobre. Mais il faut que ce temps (de transition) soit le plus court possible » Et le président de la Commission, qui a reçu l'aval du Parlement européen et du Conseil européen, pour un deuxième mandat à la tête de l'exécutif européen, de « lancer un appel au Conseil pour avoir le plus tôt possible le traité de Lisbonne en place ».

Quant au futur Haut représentant pour la politique étrangère — « Un poste important » a-t-il ajouté, puisqu'il sera également vice-président de la Commission — il a voulu faire taire toute rumeur de négociation sur ce poste : « Le Haut représentant à la politique étrangère doit être proposé par le Conseil. Je n’ai fait aucune invitation pour un portefeuille précis. » a-t-il précisé. En fait, ce que Barroso n'a pas précisé : c'est que cette nomination se fait
(selon le Traité de Lisbonne) « en accord » avec le président de la Commission. Et que, naturellement, il y a actuellement d'étroites concertations et négociations entre tous les Etats membres. Il semble cependant qu'il n'y ait pas encore vraiment d'accord. Plusieurs pays (Suède, France, Italie, Autriche, Grèce, Pays-Bas) ont plus ou moins ouvertement revendiqué ce poste ou ont une personnalité qui pourrait convenir au poste. L'idée de favoriser à ce poste un équilibre politique - ce qui mettrait une personnalité du centre gauche - voire la parité - en l'attribuant à une femme — complique la donne. Car, pour l'instant, aucun nom cité couramment ne remplit ces deux critères.

(crédit photo : Commission européenne)
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 16:21
"Aujourd'hui, c'est un bon jour pour l'Europe" a réagi le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt qui préside actuellement l'Union européenne, après l'annonce de la victoire du "Oui" irlandais au Traité de Lisbonne (1). "C'est une bonne chose pour l'Europe, une bonne chose pour l'Irlande". 

Même sentiment de satisfaction à la Commission européenne. Où son président, José-Manuel Barroso, a dit "merci" au peuple irlandais pour ce choix. "Je vois un choix très clair des Irlandais pour l'Europe" a-t-il ajouté. Mais pour que le traité de Lisbonne entre en vigueur, il faut désormais obtenir les ratification de la Pologne et de la République tchèque.
D'où l'appel de Barroso aux chefs d'Etat et de gouvernement pour "obtenir aussi vite que possible l'entrée en vigueur du traité" et faire pression sur les deux gouvernements. 

Pression sur Prague. Si le président Lech Kaczynski s'est engagé à rapidement signer le Traité, son homologue Vaclav Klaus semble beaucoup plus réticent. Une réunion avec le Premier ministre tchèque, Jan Fischer, est organisée à Bruxelles, ce mercredi, pour esquisser les solutions possibles.

(1) En début d'après midi, le  "oui" était placé à environ 67% des suffrages exprimés contre 33% pour le "non" (selon des résultats définitifs sur 40 des 43 circonscriptions.

(crédit photo : Commission européenne)
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 13:00
La Suède a déjà désigné l'homme qui assurera le commandement de l'opération anti-piraterie de l'UE "Atalanta", de la mi-avril à la mi-août 2010. Il s'agit du commodore Jan Thörnqvist qui prendra place à bord du HMS Carlskrona qui servira de navire amiral. La mission suédoise comptera environ 160 personnes. Le recrutement est en cours et devrait se terminer le 10 octobre.

Jan est actuellement chef de la base navale de Karlskrona, sa ville natale également. Il est entré dans la marine en 1976, à l'âge de 17 ans. Et après l'académie navale a navigué sur plusieurs des vaisseaux de la marine suédoise : le
HMS Landsort, le HMS Koster, le HMS Arholma, le HMS Ulvön. En dernier lieu, il a été à l'Etat-major chargé de la section "analyses", a commandé la 4e flottile de la marine de guerre. En 2004-2004, il a suivi les cours de l'US Naval Command College (NCC) à Newport. Il aura 50 ans dans quelques jours (le 9 octobre) et a trois enfants.

(Crédit photo : armée suédoise / Zarah Johnson)
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 12:00

Le ministre finlandais de la Défense, Jyri Häkämies, estime nécessaire de renforcer le rôle de l'UE en Afghanistan et de nommer un "médiateur", chargé spécifiquement d'aller à la rencontre des groupes d'opposition, de préparer la paix et de faciliter le processus de réconciliation nationale. Il pense à un nom en particulier : Pekka Haavisto, actuel député vert en Finlande. Le ministre voudrait proposer cette candidature lors de la réunion de l'IFAS qui se tient fin octobre à Bratislava. « On a besoin en Afghanistan d’une personne qui soit capable de parler non seulement avec tous les groupes ethniques, mais aussi avec les Talibans modérés. Cela permettrait de préparer un développement plus stable. » avait-il expliqué lors des journées de la défense en septembre. Ce point de vue n'est pas automatiquement partagé par tous au sein du gouvernement finlandais. Le ministre des Affaires étrangères, Alexander Stubb, par exemple, est plus sceptique.

Haavisto a une longue carrière internationale. Il a notamment dirigé l'équipe d'enquête de l'ONU sur l'uranium appauvri au Kosovo, Bosnie, Serbie et Montenegro (2000 à 2003), les task forces de l’ONU déployées en Afghanistan (2002), au Liberia, en Iraq dans les Grands lacs. Il a été représentant spécial de l'UE au Soudan à partir de 2005. A l'époque (2002 - 2005), en Afghanistan - raconte Haavisto à un journal finlandais -, «il était possible de circuler dans la partie sud du pays, qui est aujourd’hui contrôlée par l’opposition. Il est déroutant de constater que pendant que la communauté internationale soutenait le gouvernement, l’opposition gagnait davantage de terrain».

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 14:40
Un navire de pêche basque espagnol, l'Alakrana (un thonier), a été capturé, vendredi au petit matin (vers 6h30), par des pirates dans l'Océan indien. L'incident s'est produit à 360 miles des cotes somaliennes, a confirmé le QG d'Atalanta. L'équipage compte 36 personnes (16 Espagnols, 2 Malaisiens, 3 Sénégalais, 4 Ghanéens, 2 Ivoiriens, 8 Indonésiens et 1 Seychellois).

Dans la zone, se trouvaient une quinzaine de bateaux de pêche, basques et galiciens. Mais il y a peu d'informations, les pirates ayant coupé toutes les communications dès leur arrivée à bord. L'opération a pu être menée en quelques minutes (7 minutes selon les médias espagnols). C'est la première attaque "réussie" d'un navire depuis début août. (1)

Dès la première indication d'une attaque, un avion de patrouille maritime d'Atalanta, basé aux Seychelles, s'est rendu sur la zone. Il a confirmé le hijacking du bateau de pêche et n'a pu reperé d'autre navire dans les environs, indiquant que les pirates opéraient d'un skiff, avec une réserve importante de fuel, maintenant remorqué derrière l'Alakrana.

La ministre de la Défense espagnole, Carme Chacon, avait attiré à Göteborg l'attention de ses collègues pour une plus grande présence des moyens d'Atalanta dans le bassin sud de la zone, là où se trouvent les pêcheurs.

Les pêcheurs basques avaient demandé à plusieurs reprises une protection renforcée de la part de leur gouvernement. Mais, contrairement à leurs homologues français qui ont embarqué à bord des militaires, les Espagnols ont dû recourir à des gardes privés. La loi espagnole ne permet pas l'embarquement de militaires, a expliqué la Ministre. Et c'est cette solution qui a été proposée, avec la possibilité supplémentaire, que ces gardes puissent être équipés de fusils à longue portée et haute précision. Mais les professionnels de la pêche ont rejeté cette solution, estimant que rien ne remplaçait le professionnalisme des soldats.

Voici la communication d'Atalanta :
"During the early morning of October 2nd 2009 the Spanish Fishing Vessel ALAKRANA was hijacked in the Indean Ocean by pirates at some 360 nautical miles off the east coast of Somalia. On first indication of an attack an EU NAVFOR patrol aircraft, based in the Seychelles was tasked to investigate the situation. The aircraft confirmed the hijack of the fishing vessel and did not detect any other vessel in the vicinity, indicating the pirates operated from the skiff with an extensive load of fuel now towed behind the ALAKRANA.After the latest monsoon this is the first successful hijack since the beginning of august.On first indication of an attack an EU NAVFOR patrol aircraft, based in the Seychelles was tasked to investigate the situation. The aircraft confirmed the hijack of the fishing vessel and did not detect any other vessel in the vicinity, indicating the pirates operated from the skiff with an extensive load of fuel now towed behind the ALAKRANA. "

(1) Contrairement à ce qui a pu être affirmé, ce n'est pas le même navire qui a été attaqué début septembre. Il s'agissait alors de l'Alakrana II. Un thonier basque espagnol également.
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.