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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 13:08
La Commission européenne a annoncé avoir débloqué une première aide d'urgence de 150.000 euros pour les victimes du Tsunami dans le Pacifique (Samoa et Tonga). Cette aide sera versée à la Fédération internationale de la Croix Rouge, avec pour objectif de fournir l'aide médicale, l'approvisionnement en eau et des abris d'urgence. Une autre aide de première urgence a été débloquée pour le typhon en Asie (Vietnam, Cambodge, Laos), d'un montant de deux millions d'euros. Des équipes d'évaluation de l'Office européen d'aide humanitaire sont parties sur place dans les deux régions, a précisé la Commission européenne.
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 12:50
La réunion "informelle" des ministres de la Défense n'aura pas manqué à la tradition. Elle n'avait d'informelle que le nom.... La rencontre improvisée entre délégués et journalistes, au coin d'un café ou d'une pause cigarette, qui fait le charme et l'intérêt de ces rencontres, manquait quelque peu. Et cela devient une habitude. Ces réunions "informelles" deviennent, en fait, très formelles, à de très rares exceptions.

La mainmise sur la communication, primordial.
On me répondra : nombre de délégations, règles de sécurité, nécessité d'une bonne organisation. Je n'y crois qu'à moitié. Derrière toutes ces contraintes, louables et réelles, il y a aussi la volonté de contrôler la communication. Evidemment pour le jounaliste, l'intérêt est énorme : avoir "sous la main" une concentration de responsables concernés par le même sujet, et donc pouvoir (plus ou moins) rapidement cerner le vrai du faux, les enjeux cachés des enjeux annoncés. Le risque est donc réel pour une présidence de voir la situation déraper. Et l'envie de tout contrôler est tentante. Cela ne change pas d'une présidence à l'autre. Sous la présidence française, c'était très visible (lire "Deauville, informelle vraiment ?"). Sous la présidence suédoise, c'était très discret, mais tout autant présent (lire le petit billet sur l'Arctic sea).

Le ballet est bien réglé. Les délégations arrivent vers l'entrée officielle. Le Ministre sourit aux journalistes, qui sont "parqués" derrière un cordon. Il sourit, hésite, puis se dirige (de bonne grâce souvent) vers les caméras et micros tendus. Le temps de 2-3 questions à la volée, où chaque journaliste cherche une petite phrase, une réponse à une interrogation. « Etes-vous inquiet sur l'Iran ? » « Envoyez-vous des renforts en Afghanistan ? » Que décidez-vous pour les battlegroups ?... ». Le Ministre répond de façon évasive souvent, parfois de façon plus claire ou lapidaire. Et puis s’en va sur le tapis rouge, pour entrer dans la salle de travail… Aux pauses café, l’un ou l’autre sort de la salle, souvent pour un rendez-vous arrangé avec quelques journalistes. Et puis il y a la conférence de presse organisée ou un peu improvisé. Mais toujours encadrée. En fait, du grand classique…

Les rendez-vous s’organisent par attaché de presse ou officier de liaison interposés (chacun des officiels est flanqué d’un ou d’une personne déléguée par la présidence suédoise pour le guider et faciliter les contacts avec les autorités d’accueil). Bien entendu, les journalistes se débrouillent… On peut organiser des contacts dans les hotels, au petit déjeuner. Ou s’arranger pour se trouver du « bon » côté, des délégations, pour « divaguer » un peu et rencontrer l’un ou l’autre. Mais c’est toujours rapide ou furtif. 

 

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 08:20
(A Göteborg) La réunion informelle des ministres des la Défense de l'UE - sous présidence suédoise - s'est terminée, mardi, en douceur après avoir abordé toute une série de sujets : la surveillance maritime (La Suède veut renforcer la coopération de l'UE dans la surveillance maritime)), les battlegroups (La discussion sur la flexibilité des Battlegroups va se poursuivre), la future mission en Somalie (lire : Les Européens pas très enthousiastes pour une mission SSR en Somalie), le renforcement de l'effort européen en Afghanistan, les marchés industriels (avec la discussion du futur budget de l'Agence européenne de la Défense)...

Un mérite : ouvrir la discussion. La présidence suédoise n'aura sans doute pas obtenu les résultats à hauteur de ses ambitions. Loin de là, même si le ministre de la Défense Tolgfors s'est vanté (en conférence de presse finale) de succès importants. On pourrait même dire qu'il y a échec sur tout, à première vue... Mais ce serait une erreur. Car ces réunions informelles ont surtout pour objectif de permettre à une discussion d'être approfondie, de cerner où sont les lignes de convergence ou de résistance, de détecter les problèmes à résoudre ou les décisions à prendre. Par exemple, sur la mission de formation en Somalie. Mais le temps des décisions et des négociations est réservée à d'autres enceintes (en bilatérale ou en réunion formelle). Comme témoigne un participant, la présidence suédoise « a eu le mérite d'ouvrir la discussion sur des sujets un peu tabous, par exemple les Battlegroups, de façon très ouverte, sans vouloir pousser vers une solution ». De fait, c'est en novembre, au Conseil des Ministres des Affaires étrangères et de la Défense, qu'on pourra dire vraiment si cette réunion était un échec ou... un succès.

Organisation (quasi impeccable). Au point de vue organisation, que dire, rien : tout était parfaitement organisé. Et les journalistes ont pu travailler tout leur soul (gateaux au chocolat excellents -:), cuisine simple - poisson ou poulet, riz ou pommes de terre, mais à point, servie par un cuistot parlant parfaitement le français (vive l'immigration ! il était tunisien). Les Suédois avaient mis le paquet et avaient peut-être vu un peu grand. Les forces de sécurité (police, militaires, privés) étaient omniprésentes, en uniforme et en civil. Sans doute le souvenir cuisant des manifestations qui avaient dérapé au sommet de Göteborg en 2001. Mais pas agressives. Fermes et souples.


Pour écouter la conférence de presse finale (en version originale) :


Pour l'écouter en version française (traduction):


(Crédit photo : © NGV)
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 22:40
(A Göteborg) La demande de Javier Solana de développer une mission de la PESD d’assistance et de réforme des forces de sécurité en Somalie n’a pas enthousiasmé beaucoup les ministres de la Défense, réunis à Göteborg, mardi.

Tout le monde est bien conscient autour de la table des Ministres, qu’il est nécessaire de stabiliser ce « pays » et d'éviter qu’il tombe dans une anarchie totale.
« Nous sommes tous préoccupés » a résumé le ministre suédois de la Défense, Sten Tolgfors, qui présidait la réunion. « Nous devons avoir un niveau d'engagement adéquat dans la région. L'opération Atalanta est un succès. Mais agir en mer ne signifie pas que le problème (de la piraterie) disparaît car la source du problème se situe à terre ».  Mais quand il s’agit de mettre des moyens et d’arriver à une position commune, c’est une autre histoire...

Les 27 Ministres des Affaires étrangères avaient certes convenu, lors de leur réunion de juillet, d'explorer les options possibles (*). Leurs homologues de la Défense ne semblent pas tout à fait aussi déterminés. « C'est une question extrêmement compliquée qui nécessite de trouver des coopérations. Cette discussion était un point de départ. Ce n'est pas la conclusion. Nous allons devoir travailler dans les semaines et mois qui suivent pour revenir bientôt avec des solutions » a reconnu Sten Tolgfors, le Ministre suédois de la Défense, lors de la conférence de presse finale.
  • (*) The UE "will explore the possibility of additional EU support to the security sector, including through support to the UN-led assessment process and TFG priorities and commitments as well as through the training of security forces. The Council agrees that support in the security sector should be well coordinated, notably with the AU, the UN and other relevant EU partners, in particular the US. It should support a Somali national security strategy, committed to the rule of law, respect for human rights and gender".
L'exemple français. La formation de 500 membres des forces de sécurité, démarrée cet été à Djibouti par les Français a été cité comme un exemple. 150 soldats ont déjà été formés et la formation de 350 autres va démarrer (**). Les Français souhaiteraient maintenant que les Européens les relaient et les suppléent dans cet effort. Mais peu de voix se sont joints concrètement à cette demande. L’Allemagne (présente à Djibouti également avec une centaine d'hommes dans le cadre de l'opération Enduring Freedom), le Luxembourg, Chypre ont proposé leur aide et contribution. L'Espagne a également soutenu cette position sans être trop précise sur les moyens.
  • (**) Une formation militaire pratique de base. La formation donnée dure trois semaines. « Il ne s’agit pas d’une formation type commando - m'a précisé un militaire de haut rang. « En quelques semaines, c’est impossible. Et puis il ne s’agit pas de former des soldats d’élite sans savoir ce qu’ils deviennent ». Il s’agit donc davantage d’une formation, type conscription accélérée : « Nous prenons des futurs soldats et les amener rapidement à une capacité opérationnelle, apprendre à obéir, réagir en groupe… » Les appelés sont choisis par les autorités somaliennes. Mais les Français filtrent les candidatures pour éviter certains éléments - d'éventuels fondamentalistes mais aussi les mineurs. Plusieurs ont ainsi dû être renvoyés car ils paraissaient mineurs. « Il n'est pas question pour l'UE de former des enfants soldats ».
Les autres ministres autour de la table sont restés attentistes, pour ne pas dire sceptiques. Personne ne s’est non plus vraiment opposé à la poursuite des discussions. Comme le résume le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, que j'ai interrogé sur cette question : « cette suggestion est intéressante. Mais il y a beaucoup de questions qui se posent. Nous avons non seulement des contraintes budgétaires. Mais nous devons aussi faire face à une situation très spécifique. Si on s’engage, il faut savoir quand la mission sera terminée ; comment on va se retirer. Et ce qui suit. » Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas être seuls. C’est aussi un problème qui concerne principalement les Africains. Et il faut les impliquer. Comme il faut travailler avec d'autres partenaires comme les Etats-Unis ou l'OTAN». Pour la ministre espagnole de la défense, Carme Chacon, il faut veiller à « ne pas avoir un effet boomerang : que ces agents  formés par des forces européennes, finissent par devenir des pirates lorsqu'ils quittent l'armée».

Commentaire

Ces réticences sont-elles le signe d'un échec ? Pas tout à fait sûr. Avec l'Union européenne, on ne sait jamais. L'audace est parfois au détour du chemin des réticences.
"Nous n'avons pas chômé - justifie un proche de Solana - la décision d'explorer les pistes est intervenue fin juillet, la première formation "test" a démarré en août, des missions exploratoires sont parties en août et en septembre". Et comme me l'a rappelé un autre acteur de la PESD, "cela sonne comme un rappel des premières discussions qui avaient précédé le lancement de l'opération anti-pirates". Effectivement quand on se remémore les premières discussions, le lancement d'Atalanta a connu plusieurs épreuves et son succès était pas assuré.

Une mission pas tout à fait ordinaire. Il ne s'agit pas vraiment d'une opération "classique" de conseil et d'assistance à la réforme de sécurité mais carrément d'entrainer des troupes opérationnelles d'un pays en proie à une instabilité et où les islamistes radicaux sont très présents. De fait, l'UE aurait une mission de conseil, du type de celle que les Etats mènent d'ordinaire en coopération bilatérale (la France en Afrique, l'Espagne en Amérique latine) ou du type de celle que l'OTAN et les Etats-Unis mènent... en Afghanistan. 

La piste d'une mission commune UA-UE. C'est pourquoi une des pistes envisagées les plus sérieuses pourrait être une mission commune de l'Union Africaine et de l'Union européenne. L'UE apportant son assistance technique, ses compétences et ses moyens financiers à une mission de conseil de l'UA. Ce qui serait sans doute plus acceptable pour plusieurs participants autour de la table.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Afrique Est - Somalie Ouganda
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 06:17

Les militaires et les diplomates de l'UE explorent toutes les pistes dans l'Océan indien pour trouver des terres d'accueil pour les pirates qu'ils arrêtent. L'accord qui va être signé avec les Seychelles ne peut pas permettre, en effet, d'accueillir beaucoup de suspects. Et, depuis plusieurs semaines, aucun nouveau transfert de pirates n'a pu être réalisé, en particulier sur le Kenya, et les pirates sont donc libérés. Le Kenya est en proie à une surpopulation, un encombrement de ses tribunaux et un mécontentement de certains magistrats. L'Attorney General Amos Wako a ainsi estimé, récemment, selon la presse kenyane, que les partenaires n'en faisaient pas assez pour assister le pays dans l'accueil des pirates. Les auditions de 7 pirates arrêtés par la frégate espagnole, Marques de la Ensenada, en mai dernier ont démarré avec le témoignage d'un officier de la frégate

La Tanzanie. Cette solution esquissée il y a déjà près d'un an, ressurgit. Elle est sérieusement à l'étude nous a confirmé un militaire de haut rang. Le Commodore Pieter Bindt, qui commande la force sur place, vient d'avoir une réunion avec plusieurs officiels tanzaniens, dont le ministre adjoint de la Defense, Emmanuel Nchimbi, selon le QG d'Atantala. Le Dr. Nchimbi a affirmé que « la Tanzanie saurait prendre ses responsabilités de membre de l'ONU et travaillerait avec les autres nations et organisations pour combattre la piraterie ». Propos moins affirmatif du chef de la Défense tanzanien, le Major General S.S. Omar, qui estime que la « solution au problème de la piraterie doit être trouvée à terre ».

Autre piste envisagée, l'Ile Maurice. Plusieurs pays (Grande-Bretagne, France, Etats-Unis) ont demandé à l'Ile Maurice d'accueillir les suspects de piraterie, relate l'agence de presse africaine. Ils se sont montrés prêts à aider le pays à construire une prison spéciale pour ces prisonniers et à mettre sur pied un tribunal spécial composé de juges mauriciens et étrangers avec une bonne maîtrise des lois maritimes internationales pour juger les pirates.

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 22:38
Après la démonstration sur la surveillance maritime de nos amis suédois, le sujet méritait d'être évoqué. Et c'est un collègue de l'AFP qui s'est collée à poser la question, un tantinet ironique. Le ton de notre interlocuteur, un militaire qui effectuait la présentation, s'est immédiatement crispé avec une réponse en forme de glissade ... : « c'est sous enquête policière. Nous ne pouvons rien dire. » Puis d'avouer sous forme d'excuse : « nous n'avons pas su que ce bateau avait été attaqué. Nous l'avons su plus tard. »
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 22:30
(A Göteborg) La surveillance maritime concertée, c'est une nécessité à la fois pour accroitre la sécurité des transports maritimes, pour contrôler l'immigration et la traite des êtres humains ou lutter contre les pollutions marines. Or, chaque pays de l'UE a son propre système. Pour ne pas dire ses propres systèmes. A l'intérieur de chaque pays, les compétences sont, en effet, fragmentées : entre la police, les inspecteurs de sécurité maritime, de pêche, les douanes.... Et l'échange d'informations entre tous ne fonctionne pas vraiment bien. Les Suédois entendent bien profiter de la présence des ministres de la Défense de l'UE en réunion informelle à Göteborg pour inciter les Européens à prendre modèle sur ce qu'ils ont commencé à faire dans la Baltique en matière de surveillance maritime avec quelques pays (le SUBCAS).
visualisation des bateaux sur la zone sur l'écran de l'ordinateur (© NGV)

Le système SUBCAS en oeuvre dans la Baltique. A l’aide d’une démonstration, ils ont montré leur système qui relie déjà  la Suède, la Finlande et le Danemark. Sur un dispositif informatique, en temps réel, chacun peut ainsi avoir les informations des navires en mouvement dans la mer. A l'aide d'une base de données, et des signalements AIS fait par les navires, il est possible de visualiser sur une carte, plus ou moins précise, les mouvements des bateaux en cours. En cliquant simplement sur le petit triangle qui identifie chaque bateau, on obtient toutes les données que celui-ci a rentré, et même des photos. « Ce n'est pas tout à fait le système de "chat" sécurisé mis en place sur l'opération anti-pirates "Atalanta". Mais cela revient au même. Les systèmes informatiques de chaque pays sont interconnectés » explique le commodore Pasi Kristian. A terme, tous les Etats de la région devraient le rejoindre (l'Allemagne, les pays Baltes, la Pologne). Pour l'instant, les « informations ou notifications reçues de ces pays (ou envoyées) ne sont pas faites de façon automatique mais de manière manuelle ». Les Suédois espèrent aussi « convaincre » les Norvégiens qui n'ont, pour l'instant, pas vraiment donné de réponse. Quant aux Russes, en fait, ils ne semblent pas trop intéressés, ou plutôt les Suédois ne semblent pas trop pressés de les intégrer dans le système.
démonstration et explication aux membres des délégations du dispositif Subcas (© NGV)

Pas un nouveau dispositif. « Il ne s'agit pas de recréer un nouveau mécanisme ou une institution. Il s'agit de mettre en commun nos moyens, de partager nos informations » justifie le Ministre suédois de la Défense, Sten Tolgfors. « L'objectif n'est pas d'avoir un grand système européen - complète un autre participant à la réunion - mais plutôt d'avoir par zone maritime (Méditérannée, Atlantique, ...) - un dispositif analogue qui regroupe les pays riverains. » Il semble ainsi y avoir un consensus pour avancer sur cette question, même si plusieurs pistes sont possibles, tant les intérêts semblent nombreux.

A suivre. Pour le volet militaire et industriel, un groupe de travail, composé de cinq amiraux 3 étoiles à la retraite, planche sous l'égide de l'Agence européenne de la défense devrait rendre un rapport prochainement (23 novembre) présentant des premières pistes de travail. Le rapport complet suivra en 2010. Pour le volet civil, la Commission européenne devrait également publier, le 14 octobre, une communication sur la surveillance maritime. Le dossier reviendra sur la table des ministres de la Défense et des Affaires étrangères au Conseil des ministres "jumbo" du 17 novembre. Mais, sans conteste, ce dossier devra aussi être traité par les ministres des Transports, de la Pêche ou de l'Intérieur.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Capacités Milit - Exercices UE
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 21:30
(A Göteborg) A l'issue des premières discussions qui se sont déroulées durant une partie de l'après-midi à l'informelle des 27 ministres de la Défense de l'UE, à Göteborg, le Suédois Sten Tolgfors, qui présidait la réunion, paraissait moins sûr de lui qu'au début de la réunion sur l'utilisation plus flexible de la force de réaction rapide de l'UE (les battlegroups). « Certains sont pour augmenter la flexibilité. D'autres sont plus pour rester au système actuel. Je reconnais qu'il y a des difficultés. Mais il fallait entamer la discussion ».

Des réticences. Apparemment çà coince tout de même. Tout d'abord sur la flexibilité. Chacun peut entendre ce mot différemment. Pour le ministre de la défense polonais, Bogdan Klich, par exemple cela signifie plutôt pouvoir utiliser ces forces pour la défense territoriale. Pour d'autres, il s'agit d'une force d'anticipation des opérations en cours (avant la génération de force). Certains craignent aussi qu'à trop flexibiliser, les battlegroups soient davantage employés, donc coutent plus cher à tous. Et là vient une autre réticence : celle du financement. Une partie des coûts du battlegroup est, en effet, mise en commun. Chaque Etat pourrait donc être amené à contribuer à une opération qu'il ne désire pas et où il estime que cela ne peut pas être utile. Le risque est aussi opérationnel. Le danger, de puiser dans le battle group pour différentes missions, pourrait le "découdre". Et l'UE n'aurait plus avoir alors de force de réaction rapide. Le Ministre est bien conscient de ces réticences et toutes les questions qui se posent. Il l'avoue à mi-mot.

La discussion continue. « Nous avons juste voulu entamer la conversation - assure-t-il. « Nous voyons bien au fur et à mesure des discussions qu'il y a une série de questions auxquelles il faut répondre. Par exemple, si nous envoyons un battlegroup, que fait-on au bout de ces 4 mois (par exemple) de présence sur place. Par quoi et par qui le remplace-t-on ? ». Alors... « La discussion va continuer - c'était notre objectif : ouvrir la discussion ». Le sujet sera, à nouveau, débattu, à la réunion formelle du conseil jumbo des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, en novembre. « Et la présidence espagnole (au 1er semestre 2010) nous a confirmé qu'elle entendait poursuivre cette discussion ». Et le Ministre de justifier : « Nous ne voulons pas changer le système. Nous ne modifions pas le concept des Battle groups. Ce que nous prônons, c'est juste un peu plus de flexibilité, sur une base volontaire. Chacun sera libre d'utiliser ses flexibilités ou non. Mais il faut avancer » indique-t-il, se remémorant l'exemple du Tchad.

Le "traumatisme" suédois du Tchad.
« Lorsque l’UE a pris la décision de procéder à une intervention militaire rapide au Tchad (en 2007), il était difficile de rassembler les unités qui devaient y être envoyées. Alors qu’en même temps nous avions «  sous la main » deux groupements tactiques totalement prêts à intervenir.» a-t-il expliqué le Ministre. Dont le Nordic battlegroup, super-entraîné, et dans lequelle la Suède (comme les autres pays nordiques avaient beaucoup investi et misé). « Dans ce type de situation, une possibilité serait de pouvoir « emprunter » un groupement tactique ». En 2011, un nouveau nordic battlegroup sera opérationnel (lire ici). Et le Ministre ne veut pas que si les conditions soient vraiment réunies, il reste dans les casernes. « Il faut que je motive mes contribuables pour entretenir ces Battlegroup. Cela a couté un milliard de couronnes suédoises pour mettre en place ce battlegroup (100 millions d'euros) » assure-t-il. (Nb : en Suède, les socio-démocrates demandent des comptes au gouvernement sur cette emploi. D'où l'omniprésence dans le discours du Ministre à plusieurs reprises de cette notion d'utilisation des Battlegroups.

Lire aussi : L'idée suédoise de modulation des battlegroups

 

Les battlegroups: "un concept c'est bien, les utiliser c'est mieux" dit la présidence de l'ue

 


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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 20:25
Le mandat du Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, se termine normalement mi-octobre. Mais il pourrait être prolongé, au besoin par les Chefs d'Etat et de gouvernement, si l'Irlande dit oui au Traité de Lisbonne, jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle Commission européenne en janvier 2010. En tout cas, assure un de ses proches, "ce n'est pas vraiment un problème. S'il le faut, Solana est suffisamment souple, il peut prolonger son mandat".

Photo : Javier Solana à son arrivée à Göteborg échange avec les journalistes présents (
© NGV)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 18:36
(A Göteborg) Javier Solana va le repéter, demain, aux Ministres de la défense de l'UE, réunis à Göteborg : il faut envisager diverses actions vers un soutien plus affirmé au gouvernement de transition de la Somalie et à la stabilisation de ce pays. Il ne s'agit pas seulement de prolonger l'opération anti-piraterie Atalanta à terre, en luttant contre la piraterie ; il s'agit plus généralement d'assurer la stabilisation de ce pays, classé comme « failed state » pour éviter une désagrégation plus complète. Et, pour éviter un engagement direct à l'Afghanne, les Européens (et plus généralement les Occidentaux) veulent se focaliser sur un renforcement des structures de sécurité de l'Etat somalien. Les missions de formation des militaires somaliens, menées en bilatéral par les Français et les Etats-Unis, se terminent.

Aller plus loin. Maintenant il s'agit d'aller plus loin, d'envisager un soutien plus continu en « formant les militaires, mais aussi les policiers » m'a expliqué J. Solana. « Et pourquoi pas des gardes-côtes ». Ces personnes seraient formées "off shore" : « à Djibouti, en Ouganda, ou ailleurs, cela dépend des offres ».
Si, pour l'instant, il n'est pas question d'une mission PESD de l'UE, en revanche, la réunion des Ministres de la Défense vise à commencer à parvenir à un consensus pour définir le cadre d'une éventuelle mission. « Il s'agit de voir ce qu'on peut faire ensemble pour renforcer l'Etat somalien ».

Une série de réunions (trois en tout) a eu lieu la semaine dernière à New-York permettant d'avancer vers certaines solutions. Plusieurs missions de l'UE se sont rendu dans les pays de la région, notamment le Monsieur Afrique de Solana, le général Joana, ainsi que des missions d'experts techniques ("fact finding mission), qui sont partis notamment avec l'ONU. Officiellement, aucun Européen n'a été en Somalie même. En fait, il semble bien que des contacts aient été menés à tous niveaux, y compris avec les entités autonomes du Puntland et de Somaliland. Ce qui n'est pas en soi nouveau. Les responsables d'Eunavfor comme de l'Otan ont eu des contacts avec le Puntland. Et des experts de la Commission européenne ont été présents en Somaliland.
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.