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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 12:35
Ce n'est pas encore fait. Mais les pourparlers sont déjà bien avancés avec le Montenegro pour une nouvelle contribution à l'opération anti-piraterie de l'UE, Atalanta. La petite république de l'ex-Yougoslavie, qui a obtenu récemment son indépendance (de la Serbie), pourrait envoyer d'ici le mois de décembre ou janvier, une équipe de 25 éléments d'infanterie de marine, accompagnés d'une équipe médicale de 3 personnes et de 3 officiers. Ces hommes pourront être embarqués à bord des bateaux. Ils resteraient environ 3-4 mois dans la région. L'opération Atalanta sera alors commandée par l'Italie (lire le commandement en 2010). C'est la troisième participation confirmée d'un Etat n'appartenant pas à l'UE (mais candidate à l'adhésion), après la Norvège - déjà sur le terrain - et la Croatie. Cette particiation vient compléter à temps la défaillance suisse, dont les éléments ne sont pas attendus pour tout de suite (lire ici). Cette participation devrait être officialisée dans les semaines qui viennent du coté de l'UE. Mais les diplomates du COPS ont déjà donné leur accord vendredi dernier.
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 23:44
Le chef de la mision des observateurs européens en Géorgie (Eumm Georgia), Hansjörg Haber était présent à Bruxelles pour un petit point de situation, un an après le début du déploiement des observateurs : « la situation est meilleure qu'on a pu l'espérer » a-t-il expliqué. « La mort d'un ambulancier (en juin) n'est pas le signal d'un retour à la tension. » « Le mécanisme de prévention des incidents fonctionne bien. » « Peu à peu les forces des autorités administratives de facto (NB : Ossétie du sud et Abkhazie) ont une attitude plus détendue à notre égard » Eumm a sur place 210 - 220 observateurs, tous provenant de pays membres de l'Union européenne.»

Le plan Medvedev-Sarkozy toujours pas entièrement respecté. Du bout des lèvres, l'ambassadeur européen a reconnu que le plan Medvedev-Sarkozy de 2008 n'était toujours pas vraiment respecté. Les Russes tiennent toujours la position de Perevi - qui n'est "pas situé à l'intérieur des limites administratives de l'Ossétie du Sud" mais en "Géorgie". Et ils ne se sont pas retirés sur la ligne de front antérieure au conflit. C'est-à-dire au-delà de l'Abkhazie ou de l'Ossétie du Sud. Ils ont annoncé une baisse des effectifs, "de moitié environ, passant de 3600 à 1700 hommes dans chaque base" a-t-il assuré, "bien que nous n'ayons pas de preuve de ce mouvement" (NB : le chef d'Etat major russe avait annoncé cette baisse, car "rien ne justifiait de maintenir des tels effectifs").

Pas de surveillance maritime. Haber a reconnu que la mission suivait la situation en mer mais n'avait pas de mission d'observation en tant que telle. « EUMM n'a pas de navire à disposition. Nous n'observons pas la situation maritime, ni les mouvements de bateaux. (Mais) nous suivons la situation de près. Une réunion du mécanisme de prévention des incidents a eu lieu (sur ce sujet) ». Ce pourrait peut-être un des points de développement, même si l'ambassadeur n'a pas voulu en dire plus. On sait, en effet, que la situation est tendue. Les Géorgiens ont établi un blocus de l'Abkhazie et ont intercepté fin août un pétrolier turc et retenu son équipage. Les gardes-côtes russes viennent d'y déployer 8 bateaux pour empêcher les Géorgiens d'approcher des côtes abkhazes et rétablir le trafic.
 4e réunion du mécanisme de prévention des incidents

Pas d'Américains dans la mission. La proposition - faite par les Géorgiens - d'incorporer des Américains à la mission de l'EUMM a été reçu avec beaucoup de prudence par le diplomate (c'est un euphémisme). Elegamment, il a répondu que "les forces européennes suffisaient pour le moment" sur place. Un refus poli mais ferme. On sait que, même si d'un point de vue opérationnel, ce n'est pas toujours nécessaire, l'UE a souvent accepté les contributions d'Etats tiers dans ses missions (Croates pour Atalanta, Albanais pour le Tchad ou Américains en Guinée-Bissau...). Une contribution souvent symbolique politiquement. Ici c'est le contraire. Effectivement les effectifs sont assurées par les "contributions des Etats membres". Mais, surtout, la présence des Américains serait ressentie un "chiffon rouge" pour les Russes et compromettrait l'ensemble de la mission. L'ambassadeur n'a - bien entendu - pas été dans tous ces détails. Mais la brieveté de sa réponse était éloquente.


Redéploiement. EUMM a réorganisé, à la mi-septembre, ses forces autour de trois "Field offices" :
-  Le plus gros à Gori (proche de la limite Ossétie du Sud) : 112 personnes, 4 équipes (2 ABL Confidence Building, 1 Vérification, 1 Droits de l'homme / questions humanitaires).
- le second à Zougdidi (proche limite Abkhazie) : 76 Personnel, 3 équipes (1 ABL Confidence Building, 1 Vérification, 1 Droits de l'homme / questions humanitaires).
- le dernier à Mtskheta (près de Tbilissi) :  64 personnes, 2 équipes (1 de vérification, 1 sur les droits de l'homme ou questions humanitaires).Les observateurs opèrent dans des équipes qui se concentrent sur trois domaines : la surveillance de la Ligne frontière administrative (ABL) et le rétablissement de la confiance ; les équipes de "conformité" qui vérifient le suivi des installations militaires et de sécurité, afin de respecter les protocoles passés entre l'EUMM et les ministère de l'Intérieur et de la Défense ; les Droits de l'homme ou les questions humanitaires, y compris la situation de toutes les personnes déplacées en août 2008 (et auparavant) dans la zone tampon au nord de Gori.

(crédit photos : Eumm Georgia)
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 22:55
Pour permettre une utilisation plus aisée des battle groups (la force de réaction rapide), les Suédois vont proposer lors de la réunion informelle des ministres de la Défense fin septembre d'adopter un concept à géométrie variable. Ainsi les Etats qui seraient d'astreinte pourraient indiquer qu'ils permettent l'usage de ses battlegroups dans d'autres hypothèses, par exemple comme réserve stratégique d'une opération existante (on pense surtout à la Bosnie mais ce pourrait être la Géorgie également) ou comme première force d'emploi pour une opération (forces d'entrée en premier) ou encore de pouvoir utiliser certains éléments du battlegroup en solo (les structures de commandement par exemple, les commandos...). En quelque sorte, c'est un caveat (restriction d'utilisation) à l'envers (un "useto" ?), une possibilité d'emploi hors cadre. Dans ce cadre, l'expérience de financement en commun des battlegroups serait non utilisée, la charge d'emploi du battlegroup appartenant alors à l'Etat membre. Cela aboutirait de fait à des battlegroups à deux vitesses : ceux d'emploi strict, et ceux d'emploi plus souple. Une solution peut-être pas satisfaisante sur le plan du concept mais plus adapté à la réalité.
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 22:17
L'accord de protection des troupes (SOFA) et de transfert des suspects d'actes de piraterie purrait être conclu très bientôt entre l'Union européenne et les Seychelles, d'ici la fin du mois. Les détails sont actuellement peaufinés en groupe de travail diplomatique. Certes l'accord sur le transfert des pirates a une valeur plutôt symbolique - ce n'est pas l'unique prison de l'archipel de l'Océan indien qui pourra absorber tous les "suspects" arrêtés et se dérouter pour amener des prisonniers aux Seychelles prendrait du temps. Mais il pourrait se révéler utile notamment si les fusilliers marins français - à bord des bateaux de pêche - ou les forces de protection espagnols appréhendaient des suspects.

(mise à jour) premiers éléments de l'accord Sofa
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 18:00
Le livre de JD Merchet (JDM) sur la « Défense européenne, une grande illusion » est brillant, enlevé, intéressant, volontiers provocateur. Et j’y souscrirais volontiers. Mais les lecteurs de ce blog l’auront peut-être deviné, je ne pouvais être tout à fait d’accord sur certains éléments de fond. Notamment les postulats sur lequel Jean-Dominique fonde son raisonnement.

Premier postulat : la défense ou les défenses européenne(s) ? Tout d’abord il faut s’entendre sur ce qu’est la défense européenne et comment on la définit. D’un point de vue général, elle me semble principalement partagée entre deux organisations : l’Otan et l’UE. J’ai l’impression que, dans sa démonstration, JDM vise la seconde mais pas la première. Dommage. Car si ces deux organisations semblent vouloir parfois se faire concurrence, se marcher sur les pieds, chacune a un rôle bien défini, par l’histoire et … leurs statuts. De fait, elles sont complémentaires. 

A l’une, organisation militaire essentiellement, la fonction de garantir la sécurité de ses Etats membres, au besoin en allant au-delà des frontières (Kosovo, Afghanistan …), si le risque de sécurité se fait sentir. A la seconde, organisation civile essentiellement, le soin de développer d’une politique étrangère commune, dont la politique de défense fait partie des outils et instruments, pour stabiliser, s’interposer dans des zones régionales externes. L’une a 50 ans d’existence, l’autre 10 ans… On ne peut pas reprocher à la plus jeune de ne pas avoir fait ce que son aînée n'a pas su faire (les coopérations industrielles, l'armée européenne...).

Derrière ces deux organisations se profilent deux conceptions du « militaire ». Dans l’une, il est un but en soi, sous contrôle politique évidemment. Dans l’autre, c’est un instrument – parmi d’autres – au service d’une politique étrangère. L’une est largement impulsée par les Etats-Unis, et dominée, l’autre ressort de la volonté propre des Européens, avec une impulsion historique franco-allemande, plus large et diversifiée aujourd’hui.

Mais toutes deux ont certains problèmes identiques aujourd'hui : comment faire participer les Etats membres aux charges collectives de sécurité ? comment avoir une force de réaction rapide vraiment opérationnelle ?


Autre postulat faussé : l’armée européenne. « Elle n’est pas pour demain ». Evidemment. Tout simplement car ce n’est pas un programme ou un projet européen, ni même une priorité. Juste une idée, née dans les années 1940-50, qui traîne de-ci, de-là, défendue par certaines individualités - des militants pro européens, des militaires, et même certaines personnalités politiques (cf. Kaczynski). Mais elle n’est pas partagée par tous au niveau de l’UE (loin de là). Et le chemin est très très long - rien que l’harmonisation des grades et des épaulettes pose déjà problème ! Si l’OTAN n’a pas réussi à le faire complètement, je ne vois pas l’UE le faire en un clin d’oeil.

Aller vers une « Défense commune » ne veut pas dire une armée commune. L’Europe a une politique agricole commune, avec un budget conséquemment doté ; elle n’a pas pour autant une armée d’agriculteurs. L’Europe a une politique de sécurité aérienne précise ; elle n’a pas davantage de compagnie aérienne. Etc… La construction européenne prête souvent à confusion effectivement ou à sourire. Mais c’est clair. La structure européenne consiste, en effet, surtout à offrir aux Etats membres un cadre de développement de certaines politiques, à l’aide de moyens réglementaires, financiers ou politiques. Ce cadre peut être plus ou moins lâche. Mais il n’a généralement pas vocation à remplacer les opérateurs existants.

L'Europe, c’est la maison commune, les murs, les fondements. Aux locataires de l’habiter et de la faire vivre. Autrement dit, l'Europe a une « nature fédérative », consistant à prendre en compte les différences, les rapprocher, sans toujours les effacer. Effectivement pour des Français habitués à voir tout le monde marcher d’une seule voix, au son de son chef d’État, aussi chef des Armées, c’est assez étonnant. Mais c’est ainsi. Tous les Etats européens ne sont pas bâtis sur le même modèle. Et donc l’armée ne pourra pas être vraiment commune.

Aucun État ne s’est d’ailleurs pas aventuré sur ce chemin avec ses voisins. Même le Luxembourg qui a une petite population et une proximité très nette avec les Belges notamment. Un signe…


Troisième point sur lequel je ne suis pas d’accord : la puissance c’est la guerre. « Peut-on imaginer que l’Europe parvienne, enfin comme disent ses partisans, à se doter des instruments de la puissance et donc de la guerre ? » C’est faux. Le signe de la puissance n’est plus la guerre. Je prendrai deux exemples récents. L’URSS et la guerre en Afghanistan, les Etats-Unis et la guerre en Irak. Les deux puissances ont utilisé la guerre comme un instrument. Et celle-ci leur a causé davantage une décrue qu’une augmentation de puissance.

Le fait pour l’Europe de ne pas pouvoir déclencher la guerre est effectivement une faiblesse. Mais aussi une force. Quand l’Europe négocie, elle n’est pas perçue de manière systématiquement hostile, comme une volonté d’accaparement, d’invasion. L'exemple du Kosovo (dans sa phase indépendante), de la Géorgie (dans son conflit avec la Russie) récemment est là pour le rappeler. Le fait que l’UE existe sans avoir détruit ses Etats membres est aussi un gage pour nombre d’Etats dans le monde d’une marque de respect à leur égard. Trop souvent, et j’en ai fait l’erreur au début de ma présence à Bruxelles, on regarde l’Europe de nos yeux, d’Européens, sans en percevoir l’image extérieure. Et cette image est bien réelle.

La première arme de la puissance européenne, ce n’est pas la guerre… c’est l’Euro. La bataille moderne se mène sur les marchés. Et cette bataille, l’Europe est en train de la gagner. Tout simplement car aujourd’hui l’Euro est en train de faire jeu égal avec le Dollar. En 5 ans, l’Europe a regagné 80 ans d’années perdues. Sans mort !


Dernier point, les projets industriels européens. On peut regretter effectivement le manque d’appétence et d’efficacité industrielles des Européens. Je ne partage pas le pessimisme sur l’Airbus A400M. Si le retard est avéré, l’échec n’est pas consommé. Et l’A400M comme tous les projets industriels ont été organisés, jusqu’ici, de manière nationale, bilatérale ou multilatérale. Là ne se jouent que des intérêts nationaux avec l’avantage et l’inconvénient de la coopération intergouvernemental. Avec à la clé, bien souvent, retard et dérapage financier (exemple du destroyer type 45). L’Union européenne n’est pas impliquée directement dans ces programmes (type Eurofighter ou JSF, Airbus, ...), sauf dans un seul : Galileo (dont les implications militaires peuvent être importantes). Et cela est une première. Même si le dispositif n'est pas encore en place. 

Effectivement, comme le souligne JDM, la politique de défense ne peut pas être une politique sectorielle. La ranger au rang des politiques d'environnement ou de transport est une « ânerie ». Mais je voudrais distinguer le passé du présent. Deux faits semblent inéluctables dans un avenir plus ou moins proche. D’une part, la crise économique va obliger à des choix drastiques budgétaires. Et rapidement (cf. l'armée belge). La tentation de mener des projets en solo va se trouver remise en cause. D’autre part, le marché européen de la défense qui était pour l’instant « zone réservée » aux Etats ne le sera plus demain. L'adoption de deux directives (qui doivent être encore transposés dans les Etats membres) sur les marchés publics et les licences d’exportation (transferts d'armes) vont façonner demain une autre vision des choses. Cela n'a pas été sans mal. Mais il y a là le cadre d'un marché commun de défense. La Commission européenne comme la Cour de justice pourront mettre son nez dans les affaires des Etats. Ce qui sonne le glas d’un certain nationalisme. 


L’Europe et ses défaillances. Sur le reste, on peut effectivement être critique sur une certaine atonie européenne. Par exemple, qu'elle ne soit pas encore dotée d'un quartier général d'opération et ne peut donc mener encore aujourd'hui d'opérations de haute intensité (cf. les propos du général Bentegeat récemment). Mais à qui la faute ou la responsabilité ? La propension des Européens à se reposer sur l'industrie américaine ou la réaction américaine pour assurer sa propre sécurité est aussi inquiétante.

On peut se remémorer les trois guerres yougoslaves récentes (Croatie, Bosnie, Kosovo). Je trouve que JD Merchet aurait même pu être plus sévère sur ce point. Dans les années 90, l’Europe s'est, selon moi, rendue « complice » de crimes de guerre ou/et contre l’humanité. Il n’y a pas malheureusement d’autres mots. En étant restée passive, en n’utilisant pas tous les instruments nécessaires, en refusant d’intervenir, en refusant d’armer les agressés, en refusant d’accueillir les réfugiés bosniaques, croates ou serbes. Je dis l’Europe – pas la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni – car là l’Europe n’a pas empilé les succès, elle a empilé les erreurs et les rancoeurs… Et ce sont les Etats-Unis, encore une fois, qui lui ont sauvé la face ! A l'époque.


Le test-vérité. De fait, le vrai "test-vérité" de l'Europe de la défense, ce sont justement les Balkans. Et si ce qui s'est passé hier se reproduisait aujourd'hui, l'Europe serait-elle en phase de réagir ? Là est la question. D'un point de vue opérationnel, cela paraît possible, assez facilement. Avec les battlegroups et les instruments politiques communs (Comité de Politique et de Sécurité, Etat-major militaire...), elle est en situation de prévoir les tensions, planifier une opération et réagir rapidement. Est-ce que les hommes politiques auront la volonté d'appuyer sur le bouton d'envoi des forces, je le crois également. Ou du moins, on peut y croire. On a donc là une évolution très nette.

Si on regarde les dernières opérations lancées en 2008, on voit bien qu'il y a une évolution. Honnêtement qui aurait pu prévoir que l'UE serait un jour en position d'envoyer un corps d'observateurs sur la ligne frontière russe en conflit avec un voisin (le rôle même de l'Otan) ? Qui aurait pu croire que l'UE serait en position centrale dans la lutte anti-piraterie dans le Golfe (zone Us par excellence) ? Qui misait un kopeck sur l'opération d'interposition au Tchad ? Ou sur la mission police-justice-douanes au Kosovo ? ... Il y a un changement de braquet. Nous ne sommes plus avec de "petites opérations" pour exister. En l'espace d'un peu plus d'un an, c'est plus de 10.000 hommes qui ont été ainsi déployés.

Enfin, tout le monde sait que si on maintient le dispositif "Berlin+" (qui permet à l'UE de profiter des moyens de commandement de l'OTAN), en Bosnie-Herzégovine, c'est davantage pour des raisons politiques (faire plaisir à quelques Etats membres et justifier la bonne coopération avec l'OTAN) que pour les besoins de l'opération. L'UE peut aujourd'hui se passer de l'OTAN sur plusieurs aspects (pas sur tous) de sa politique de défense. Ce qu'elle ne pouvait faire auparavant. C'est comme çà ! L'Europe de la Défense, existe. Elle n'est pas parfaite. Elle n'est pas toujours très "bling-bling". Mais çà marche...


Juste quelques désillusions... ? Au final, je dirai qu’il n’y a pas une illusion, juste quelques désillusions et un peu plus de réalisme dans la défense européenne. Moins d’utopie ou de mirages, et davantage de projets, plus réalistes. Ce n’est plus l’amour fou. Mais l’amour durable… (pour reprendre un terme très à la mode).

Allez... Merci Jean-Dominique de nous avoir permis de (re)lancer le débat.
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:46
La France a signé avec les Seychelles, vendredi après midi, un accord SOFA précisant le statut du personnel militaire français déployé dans l'archipel de l'Océan indien, essentiellement pour protéger les pêcheurs français. Un accord identique a déjà été signé avec les Etats-Unis.
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:09
97 millions d'euros supplémentaires à trouver pour l'année 2010, à ajouter aux 127 millions d'euros déjà prévues par les prévisions pluriannuelles d'économie, le nouveau chef d'Etat major de l'armée belge, Delcourt, a de quoi passer quelques nuits blanches. 97 millions c'est davantage que l'ensemble des opérations extérieures (qui se montent à 82 millions d'euros, environ*). Le gouvernement fédéral belge est, en effet, confronté (comme quasiment tous les gouvernements européens) à une baisse drastique de ses recettes. Et chaque ministère a été prié de faire des économies (**).

L'armée est destinée à fondre. Le chef d'Etat major avait d'ailleurs confié dans une réunion avec les syndicats, en juillet, qu'il était prêt à dire "non" à toute nouvelle mission internationale sans moyen nouveau. Des restructurations sont à prévoir. Un plan de baisse des effectifs est déjà engagés. De 38.000 personnes aujourd'hui (dont 2000 civils), celle-ci devait encore fondre, passant à 34.000 personnes en 2013, 30.000 en 2015 (contre 44.000 en 1994, soit une baisse d'un quart des effectifs). Et presque la moitié des bases vont être fermées. Avec des regroupements à prévoir. Ce qui va engendrer des difficultés dans l'armée et des mouvements de grogne à prévoir.

Autre enjeu : les équipements et investissements.
La situation d'équipement des troupes n'est pas au top. En Afghanistan, raconte un syndicaliste de la FGTB, les gilets pare-balles sont en nombre limités. Résultat, chacun avant de sortir est obligé d'en emprunter. La participation au programme A400M, aux programmes européens comme Musis ... pourrait-elle être revue ? Enfin, coté opérations extérieures, chaque mission va être examinée de près. La perspective de renfort à l'IFAS, envisagée un moment par le gouvernement, s'éloigne ; de même que la prise de commandement de l'opération Atalanta (qui aurait nécessité un engagement plus important).

Spécialisation à venir. Cette restructuration profonde n'est pas isolée en Europe. La crise économique, et budgétaire, oblige à des choix douloureux et accélère les restructurations. De fait, surtout les armées des petits et moyens Etats membres n'ont plus vraiment le choix : maintenir un nombre important de personnel sous les armes, de nombreuses bases militaires et une certaine palette d'équipements coûte relativement chère. Et l'efficacité de cette armée demeure limitée (car le montant consacré en volume) reste limité. Deux solutions existent alors : le pooling (la mise en commun d'équipement), délicat et difficile à mettre en place, ou la spécialisation. C'est un des travaux menés sous l'égide de l'Agence européenne de la Défense: repérer les meilleures spécialités existant dans les armées européennes. L'armée belge a ainsi deux spécialités à son actif - le déminage et le service de santé - qui pourraient être développées au profit des autres armées (européennes) et seraient sans doute utiles dans les opérations internationales.

(*) La Cour des comptes a un jugement particulièrement sévère, ce depuis plusieurs années, sur la comptabilisation des dépenses consacrées aux opérations extérieures "réparties de manière peu transparente sur plusieurs programmes budgétaires" et sur le fait de n'avoir "aucune information précise sur le coût de revient par opération ni sur le financement des dépenses".

(**) Le budget fédéral est de 51 milliards d'euros, dont 2,8 milliards d'euros pour la Défense. Ce budget est relativement faible car une bonne partie des activités publiques en Belgique est assumée par les 3 régions (économie, transport...) ou les 3 communautés (éducation, culture...)
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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 11:50

Le destroyer russe Admiral Tributs et les deux navires chinois, le Zhoushan et le Xuzhou, naviguent en ce moment de concert dans le Golfe d'Aden. Ils participent à un exercice anti-pirates, avec tirs réels à la clé, explique l'agence Ria Novosti. Un exercice entamé vendredi et qui va durer jusqu'à dimanche, qui a une valeur hautement politique, davantage qu'opérationnelle. Il participe des rapprochements de deux puissances - politiques, militaires et nucléaires - qui ont connu des relations "accidentées". La Russie devrait envoyer dans le golfe, prochainement une quatrième relève, avec un destroyer antimissiles, deux navires de soutien et une unité d'infanterie navale à la fin d'octobre.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 19:14
La répartition des commandements de l'opération européenne anti-piraterie déployée au large de la Somalie (Atalanta) est à peu près fixé (voir les premiers éléments). Les différents Etats-Majors se sont mis d'accord sur un équilibre.

Savant dosage. Le commandant d'opération, un Britannique, à Northwood, sera secondé par un adjoint, un Allemand et un Grec Espagnol. Le commandement de la force sur place sera partagé en trois : d'abord un Italien pour le premier quadrimestre (décembre à mars), puis un Suédois (avril à juillet) à bord du HMS Carlkrona, puis un Français (août à novembre).

Des navires australiens ? La plupart des pays qui ont participé à l'opération en 2009 reprendront du collier, y compris la Norvège et la Croatie. Un autre Etat non membre a été approché, l'Australie. Aucune décision officielle n'a encore été prise de part et d'autre. Mais le commandant d'opération, le contre-amiral Hudson, a été autorisé à mener les négociations en vue d'incorporer les Australiens à son plan de marche.

Moyens adaptés aux conditions météo. La seconde réunion de génération de force, qui a lieu le 8 octobre, a pour objectif de finaliser la répartition des différentes frégates selon les périodes. Il manque encore quelques moyens, surtout les pétroliers ravitailleurs et les avions de patrouille maritime. L'objectif de Hudson, selon un expert du dossier, est d'obtenir une nette variation de moyens : beaucoup plus (une bonne dizaine de bateaux + avions)
durant les périodes climatiques favorables (mars-mai, octobre-décembre) aux pirates et moins durant les périodes de mousson où les attaques sont plus difficiles.

Des avions... Si la présence d'un Awacs pendant toute la période n'est pas confirmée (cela coûte cher), les avions luxembourgeois, en revanche, seront de la partie. Reste à leur trouver une petite place sur un tarmac, celui de Djibouti est apparemment déjà bien plein, et celui des Seychelles est limité en espace.
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 17:20
On sait en effet que les militaires s'activent en coulisses pour préparer la continuation de l'opération anti-pirates Atalanta en 2010. Et d'après les informations qui filtrent à Stockholm, la Suède pourrait prendre le commandement de force (FHQ) l'année prochaine en avril (pour le 2e quadrimestre). Les forces armées ont, en tout cas, commencé depuis juillet à planifier la poursuite de l'opération pour l'année prochaine. C'est un des fleurons de la flotte suédoise, le mouilleur de mines, HMS Carlskrona (M04), qui pourrait être envoyé au large de la Somalie comme navire amiral. La décision devra être officialisée par le gouvernement et confirmée par un vote du Parlement suédois. 3 navires (des corvettes) sont déjà présents dans le Golfe. Et les leçons commencent à en être tirées par la marine suédoise. Les militaires ont en effet conduit de nombreu contrôles de bateaux suspects. Et ils constatent que : « Plusieurs des bateaux suspectés d'effectuer un type d'activité illégale. Mais la plupart sont des pêcheurs tout à fait ordinaires et des bateaux de fret. » Explication : les capitaines de navires marchands sont « nerveux ». Un constat qui conforte des témoignages que j'avais recueilli auprès d'autres militaires, estimant que souvent la panique prend le dessus sur la réalité. Et qu'il y a parfois une certaine surestimation de la menace. "Un bateau qui se rapproche un peu." D'où un nombre "non négligeable de fausses alertes".
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.