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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 13:15
« Il y a en moyenne, à peu près 10 policiers afghans, tués chaque jour. »  Cette phrase hommage de Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères qui présidait le gymnich, la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Stockholm qui s'est terminée le 5 septembre, a échappé aux nombreux commentaires. Et c'est dommage. Ce rappel en forme d'hommage est sain. Car cette hémorragie mine très sûrement, encore plus sûrement que les pertes subies par nos soldats, la stabilité de l'Afghanistan

Des pertes très discrètes... On parle, en effet, souvent des pertes internationales subies en Afghanistan. Beaucoup moins de celles des policiers afghans, qui sont en première ligne et paient cher - très cher -, leur engagement. Même si on peut discuter sur le chiffre donné par le ministre suédois (celui-ci me paraît un peu important au regard des autres informations disponibles, ou alors il ne tient compte que des dernières semaines ou englobe l'ensemble des forces de sécurité), les pertes subies par la police afghane (et plus généralement les forces de sécurité locale) donnent l'ampleur de la difficulté en Afghanistan pour stabiliser le pays et former une police moderne. Tâche à laquelle tente de s'atteler l'Union européenne avec sa mission Eupol, non sans difficultés (1).

Une hémorragie qui mine la stabilité. Quand on parle de rétablissement de l'Etat de droit, de formation des policiers, nous devrions prendre en compte cette donnée. Quel Etat normalement constitué pourrait ainsi tenir, face à une telle hémorragie ? Comment peut-il rétablir la stabilité alors que la substance moelle chargée de le protéger fuit ?
Comment éviter la peur légitime et la tentation de ne pas "trop en faire" parmi ceux qui restent ? Comment attirer et former de nouveaux volontaires, si chaque jour, plusieurs d'entre eux meurent "au front" ? Des questions pratiques également : Comment indemniser aussi les familles des morts et les blessés ? Comment assurer la protection de ces policiers (collective et individuelle) ? ... Et une question difficile, stratégique, mais nécessaire si l'on veut - selon le mot d'usage - mener à bien "l'afghanisation" du conflit : quels moyens occidentaux doit-on mettre à leur disposition, sous leur commandement direct ? Là est peut-être, l'essentiel des questions qu'on doit se poser et des actions que les Européens doivent développer, plutôt que davantage de renfort pour les forces militaires.

NGV

(1) Des difficultés très concrètes, lire "recrutement difficile".
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 12:55

La réunion informelle des ministres des affaires étrangères qui vient de se dérouler à Stockholm les 4 et 5 septembre (dénommée Gymnich du nom de chateau allemand où elle s'est déroulée la première) n'aura pas failli à la tradition. Il y a l'ordre du jour prévu... et les évènements qui le bousculent. L'année dernière, c'était la Géorgie et le conflit avec la Russie (lire réunion d'Avignon). Cette fois, l'Afghanistan et le Pakistan. L'Afpak - comme le dénomme les spécialistes - était bien à l'ordre du jour. Mais il s'agissait de faire le point sur les possibilités des Etats membres de l'UE de renforcer leur implication (et leur poids) dans la région, et surtout de mieux coordonner leur action.

Le bombardement de l'OTAN sur deux camions citernes aux mains de rebelles (1), a bouleversé la donne. Même si son bilan varie selon les sources, le nombre de victimes - entre 54 et 90 victimes ou tués dont plusieurs civils (2) -, a suscité la consternation parmi les Ministres et des commentaires qui ont donné l'impression que l'UE condamnait l'action militaire. C'est vrai en partie (tous les 27 ne semblent d'ailleurs pas unanimes sur ce point). Mais selon moi, le débat et la condamnation sont ailleurs (cette fois de façon plus consensuelle). C'est davantage le "tout militaire", la nécessité de revoir la stratégie menée en Afghanistan par les occidentaux qui semble en débat et en critique. Autrement dit : l'action civile et politique doit-elle un complément à l'action militaire (comme semble le demander à l'UE le Danois Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN), ou l'action civile doit-elle primer ou commander ? A écouter Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères qui présidait la réunion, la réponse semble claire. Du moins quand on l'écoute lors la conférence de presse finale. Quelques extraits que j'ai retenus.

"On ne gagnera pas en tuant". Interrogé sur le bombardement de l'OTAN par le journaliste, le Ministre se refuse à polémiquer sur les chiffres : « Pour moi, chaque mort en Afghanistan est une tragédie ». Mais c'est aussitôt pour ajouter : « On ne gagnera pas cette guerre en tuant. (...) On gagnera cette guerre premièrement par la protection de la population. Et je dois le dire clairement. (...) Si nous pouvons éviter ce genre de choses, et nous concentrer davantage sur les aspects politiques et civils en Afghanistan, ce serait bien mieux. » Peu avant il avait précisé : « Nous avons noté le fait que l’OTAN a ordonné une enquête. Et nous attendons les résultats. Plus généralement, nous avons noté que le commandement militaire in Afghanistan a pris des mesures significatives afin de réduire les dommages civils collatéraux. » C'est une bonne chose « Nous sommes satisfaits »

Le tout militaire ne suffit plus. « La perception de ce que nous faisons en l’Afghanistan paraît parfois essentiellement militaire. En termes de dépenses, c’est vrai. L’opération militaire coûte cher. » Et aussi en termes pertes (humaines). « Plusieurs pays ont perdu des forces. » faisant référence aux soldats français et polonais décédés vendredi et dans la nuit. « Nous faisons là un sacrifice pour la sécurité du peuple d’Afghanistan. Mais on ne pourra pas gagner par la solution militaire uniquement. Cela pourra se faire par un processus de stabilisation (peace building), politique, économique et civil. Et les instruments de l'UE sont là ».

L'engagement européen : pour longtemps. « Nous avons besoin de renforcer notre effort politique, civil économique pour donner à l’Afghanistan une meilleure "gouvernance" sur plusieurs aspects : lutter contre la production du pavot, contre la corruption - plus que ça n’a été fait -, renforcer l’État de droit, (...). Et cela prendra du temps (…) Tous les ministres l’ont bien rappelé. Nous sommes en Afghanistan pour de longs temps. »

Une meilleure coordination des efforts des Européens. « Ensemble (avec les Etats-Unis, les Nations-Unies...)  Nous dépensons ensemble plusieurs milliards euros par an. (…). Mais nous avons besoin d’une meilleure coordination, pour être sûr d’obtenir un effet que nous voulons ».

NGV

(1) Je préfère ce terme à celui de talibans qui recouvre tellement de réalités qu'il n'en est plus exact. On peut remarquer aussi la présence de ces rebelles maintenant dans le Nord, ce qui confère une certaine extension du pouvoir de nuisance hors des bastions habituels de la rebellion.

(2) Décompter les victimes d'une action violente (attentat ou bombardement) est toujours très délicat. Selon les informations de l'AFP, après avoir affirmé que toutes les victimes étaient des "talibans", l'Alliance atlantique a confirmé qu'il n'y avait pas que des talibans. Puis le gouvernement afghan a parlé de 90 victimes (tués et blessés) dont de nombreux civils, ajoutant que c'est "inacceptable". Dimanche matin, le gouverneur de la province citait un bilan plus précis : 54 tués - 48 hommes "armés" (ce qui n'est pas tout à fait pareil que des "talibans") et 6 civils (dont un enfant) -, et 15 blessés - dont 2 "talibans". Ce qui confirme peu ou prou le premier bilan.

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Orient - Afghanistan-Pakistan - Ecrire un commentaire
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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 12:25
Le général Henri Bentegeat, président du comité militaire de l'UE (et ancien chef d'Etat-major français), ne s'est pas contenté, jeudi, de faire le point des opérations militaires en cours devant les parlementaires de la sous-commission défense du Parlement européen (voir sur la Bosnie ou la Somalie), il a aussi donné son point de vue sur l'évolution de la politique européenne de défense et la coopération avec l'OTAN. Répondant à un député britannique eurosceptique, de talent (ca existe !), Geoffroy Van Orden,  il a eu un ton plus personnel, presque sous la forme d'un "coming out", lui avouant : « vous savez, moi aussi, avant de prendre ce poste, j'étais plutôt sceptique sur la politique européenne de défense. Et voilà... après trois ans. Je peux vous dire : c’est utile et nécessaire ».

Otan - UE
ont un rôle différent. « L'UE en matière « de défense et de sécurité, n'est pas comparable à l'OTAN. Elle n'en a ni les objectifs, ni les moyens. » explique Bentegeat.  Avec un chiffre à la clé, « il a répondu à toutes les critiques qui avancent l'argument de la duplication. A l' Otan, vous avez 15000 personnes ; à l'UE, 200 personnes. Vous pouvez avoir une idée de la duplication qu’on peut avoir. Peut-on vraiment comparer.... ». Il a aussi mis en avant un point : « La PESD ne peut pas s'exercer à l'intérieur de l'Union européenne. Tandis que l'OTAN le peut ». NB: on parle ici d'une intervention militaire pour défendre les Etats membres contre une agression directe, la PESD est, en effet, un outil au service de la "politique étrangère", une politique de projection de forces, pourrait-on dire. Et uniquement cela... A l'inverse, l'OTAN a pour rôle primaire, historique et principal, d'assurer la défense des Etats membres. « Une situation qui pourrait changer avec le Traité de Lisbonne » a précisé le général (avec l'apparition des clauses de solidarité).

Pas d'opération de haute intensité possible sans un QG permanent... et les USA. Avoir une opération de haute intensité (du type de celle menée par les Etats-Unis en Irak ou l'Otan en Afghanistan), ce n'est pas possible, « L'UE n'y est pas prête. Les moyens de renseignement, de commandement ne pas prêts pour une opération de grande envergure. Et, pour cela il nous faudrait un quartier général permanent. » Mais l'accord n'existe pas entre les 27. « Il y a une petite majorité pour (pour des raisons opérationnelles). Et une forte minorité contre (par crainte de déplaire aux Etats-Unis). » Et le général de compléter par la réalité opérationnelle : « pour mener une opération de haute intensité, il faut (au moins) l’appui des Etats-Unis ». Fermez le ban...

La valeur ajoutée de l'UE. Ce n'est pas pour autant que l'UE n'a pas sa propre force, sa propre valeur ajoutée. Pour Bentegeat, elle se situe à « deux niveaux »  : « 1° Elle est la seule organisation capable d'une approche globale, intégrée, de la prévention et de la gestion des crises. Par exemple, en Bosnie-Herzégovine depuis 2004, les activités de la force militaire et de la mission de police sont coordonnées en permanence par le Représentant spécial. Autre exemple, l au Tchad où l'opération EUFOR « a été entièrement planifiée entre le Secrétariat Général et la Commission. (...) 2° Dans de nombreux cas, l'UE est le seul acteur international accepté par les parties en conflits. Exemple, au Tchad. » (NB : On pourrait aussi ajouter la  Géorgie ou Timor oriental dans le passé).

 

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 16:37
En venant devant la sous-commission parlementaire de la Défense du Parlement européen, le général Bentegeat - président du Comité militaire de l'UE - avait une vocation un peu pédagogique devant les députés présents, la plupart nouveaux officiants : dresser un tableau des opérations militaires dans lesquels l'UE est engagée. Il s'y est employé, avec d'autant plus de liberté, que c'est une de ses dernières apparitions devant la représentation démocratique. Le général devrait, en effet, passer le flambeau à son homologue suédois à l'horizon de novembre (nous y reviendrons). Même s'il ne l'a pas détaillé outre-mesure, on peut dire que une de ses principales préoccupations porte sur la Bosnie-Herzégovine. Un véritable casse-tête.

Le casse-tête politique de la Bosnie-Herzégovine. Tout le monde est d'accord pour constater que la « situation est calme et aucun risque sécuritaire n'est perceptible à court et moyen terme » et, même si le risque de résurgence de troubles existe, la force militaire européenne (2200 hommes sur place) n'a plus tout fait lieu d'être dans un pays qui se reconstruit et devra, un jour ou l'autre, intégrer l'Union européenne. C'est plutôt de l'ordre de la police. Par ailleurs, plusieurs Etats veulent dégager leurs troupes pour les mettre sur d'autres fronts. Tout concorde donc à un retrait maximal des troupes et la transformation de la force en « une mission de conseil et d'assistance aux armées bosniaques ». Mais le comité de direction du Peace implementation council (PIC) qui doit se prononcer, en novembre, sur la suppression ou non du Bureau du Haut-Représentant et la nomination d'un Représentant spécial (de l'UE) aux pouvoirs élargis, peine à le faire. Et « on peut aujourd'hui douter que cette décision soit prise. En effet, aucun progrès n'a été constaté depuis trois mois sur les dossiers majeurs suivis par le PIC, notamment le transfert des propriétés de l'Etat et de la Défense et le statut de Brcko ». Avec comme conséquence : un blocage supplémentaire et des implications militaires. « Si la décision n'est pas prise, il sera difficile pour l'UE de transformer EUFOR en une mission de conseil, car plusieurs Etats Membres considèrent que le Haut Représentant, tant qu'il est responsable, doit pouvoir bénéficier du soutien de la force militaire. » En revanche, les deux décisions n'étant pas liées, rien n'exclut que certains Etats membres - qui contribuent à la force - « une force déployée depuis 1995 », retirent leurs troupes « à la fin de cette année. (...) Ils l'ont déjà laissé entendre (la France notamment). Ce qui serait la pire des hypothèses. Ces retraits unilatéraux représentant un risque (...) pour la crédibilité et l'efficacité d'Althea » a déjà expliqué le général, reprenant les propos de Solana.

Lire aussi sur la position néerlandaise (mai 2009) ou sur les différents avis en présence (mars 2009)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Balkans-Bosnie-Kosovo
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 07:55

La participation de la Norvège à l'opération européenne anti-pirates "EUNAVFOR Atalanta" peut étonner. Pourquoi ce pays membre de l'Otan et non membre de l'UE a décidé de s'associer à l'opération de la seconde et non de la première ? Cette implication, la ministre norvégienne de la Défense, Anne-Grete Strøm-Erichsen, l'a justifié devant son parlement national, récemment.

Une raison, très stratégique. Parmi les différentes raisons évoquées (lutte nécessaire contre la piraterie, nécessité de maintenir le rang maritime de la Norvège, soutien direct aux efforts de l'ONU, complément à la politique norvégienne d'engagement humanitaire dans la région...), il en est une plus stratégique: « L'UE renforce son engagement global. L'UE devient, de plus en plus, un acteur de la politique étrangère et a pour objectif de prendre davantage de responsabilités pour la paix et la sécurité en Europe et dans le monde entier » souligne la Ministre.
Pour la Norvège, cette évolution est « positive ». Nous avons « pour objectif de mener une politique européenne active et de travailler étroitement avec l'UE dans la politique de défense et de sécurité. (...) Il est dans (notre) intérêt d'avoir un aperçu et de la capacité de participer à la politique de sécurité et la coopération militaire qui est actuellement en cours d'élaboration au sein de l'UE, tant dans les projets que de la contribution en matériel aux opérations civiles de l'UE. » Mais la Ministre confie aussi être « préoccupée par le fait que l'OTAN et l'UE devraient se compléter plutôt que de rivaliser les unes avec les autres ».

Quelle leçon en tirer ? Autrement dit la PESD marche, elle se développe. Et ce n'est pas un l'UE qui le souligne mais un non membre. C'est important pour un pays comme la Norvège d'y participer (comme elle participe déjà aux politiques économiques de l'UE via l'accord sur l'Espace économique européen). Car le pays ne peut se contenter de rester uniquement dans l'OTAN. En même temps, il est important que la politique européenne de défense qui s'émancipe ne vienne pas à trop diverger de celle menée par l'OTAN. Même si rien n'est encore précisé, il ne semble pas exclu que la Norvège participe de façon plus nette à plusieurs opérations civiles ou militaires de la PESD.
Cette participation en laisse présager d'autres.

En filigrane : le débat sur l'adhésion. De façon plus générale, cette position participe d'un débat, plus politique celui-là, sur une éventuelle adhésion du pays à l'UE. Débat difficile quand on sait que les Norvégiens ont, déjà, à deux reprises repoussé cette opportunité (alors que tout était prêt). Mais ce débat pourrait, sans doute, se trouver relancer avec la demande islandaise d'adhésion. La Norvège resterait, en effet, un des seuls pays nordiques à ne pas faire partie de l'UE et quasiment toute seule dans l'EEE (avec le Liechtenstein).

NB : L'accord conclu en 2004 entre la Norvège et l'UE
lui permet quand elle participe à une opération de l'UE, de participer à la prise des décisions tant au niveau de la planification de l'opération que de la conduite de l'opération, notamment à travers la présence dans le Comité des contributeurs et l'implication d'officiers dans l'Etat-major (elle n'a cependant pas - contrairement aux Etats membres - de droit de veto sur l'arrêt ou la poursuite de l'opération et la définition de son format).

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 17:00
Alors que la frégate belge Louise-Marie est désormais arrivée à Djibouti, dernière pièce de la rotation quadri-mestrielle, et que l'opération Atalanta entre dans une nouvelle phase, avant le bilan d'un an, il est temps de remettre à jour les principaux moyens engagés dans l'opération européenne de lutte anti-piraterie, "Eunavfor Atalanta". Car cela a quelque peu changé depuis la dernière mise à jour.

Dans le Golfe d'Aden et l'Océan indien, il y actuellement 13 navires (frégates essentiellement), 
4 avions (3 patrouilleurs maritimes, P3 Orion basés à Djibouti et Atlantique II basé actuellement à Mombasa + Awacs). Soit plus de 2000 hommes mobilisés. (NB : Les deux avions "Merlin III" luxembourgeois ne sont pas encore arrivés). Neuf pays participent sur place à l'opération (voir liste des navires et avions ci-dessous) dont un n'est pas membre de l'UE. Et une petite dizaine d'autres (Bulgarie, Croatie*, Chypre, Finlande, Malte, Hongrie, Irlande, Malte, Pologne, Espagne, Royaume-Uni, Slovénie, Suisse*) ont envoyé du personnel dans l'Etats-major d'opération (OHQ), de force (FHQ) ou logistique (FHQ logistique). Par ailleurs, un officier de liaison US est présent au quartier-général de Northwood. Et des officiers de liaison des pays riverains (Yémen, Djibouti...) se trouvent à bord de certains bateaux de la force.

*Pays non membres de l'UE

Liste des navires et avions présents sur la zone :

 

Pays-Bas : la frégate « Evertsen » (F-805) a assuré la relève, le 3 août, de l'espagnol Numancia, comme navire amiral. Sortie récemment des chantiers navals (2001 avec mise en service en 2005), elle peut accueillir un dispositif de commandement et embarque un hélicoptère Lynx (NH-90). 

Allemagne. La frégate « Brandenburg » (F-215) et la frégate anti sous-marine « Bremen » (F-207), avec un équipage d’environ 200 personnes et deux hélicoptères de type Sea Lynx Mk 88 A (navire équivalent à celui du Rheinland-Pfalz envoyé en début d’opération).

Belgique. La frégate « Louise-Marie » (F-931) et ses 169 hommes et femmes vient d'arriver sur zone.

Espagne. Une frégate « Canarias » (F-82, avec un équipage de 193 personnes (dont 44 sont des femmes) ainsi qu'une équipe de commandos Marines (16) et deux hélicoptères Sikorsky SH60 avec leur équipe de pilotes et de mécaniciens de 19 personnes + un avion de surveillance P3-Orion (100 hommes).

France. Les frégates « Lafayette » (F-210) et « Germinal » (F-732). (NB : Au besoin, les navires basés à la Réunion ou à Djibouti peuvent venir en renfort).

Grèce. La frégate « Adrias » (F-459), avec un équipage de 200 personnes et son hélicoptère Lynx.

Italie. La frégate « Maestrale » (F-570), qui était fin août en visite officielle aux Seychelles.

Norvège. La frégate « Fridtjof Nansen » (F-310) qui signe là la première participation d’un État ne faisant pas partie de l’UE. Avec 150 personnes à bord : un équipage de 115 officiers et marins, ainsi que 35 spécialistes, dont une unité des forces spéciales navales, interprètes, police militaire et un juriste. Le navire est équipé pour détenir jusqu'à 8 pirates à bord.

Suède. Le navire de soutien HMS Trossö (A-264) et deux corvettes HMS Malmo (K-12) et le HMS Stockholm (K-11).


Fiche signalétique

Commandant de l'opération : Contre-amiral Peter Hudson (Britannique). Bio, lire : "Changement surprise à la tête d'Atalanta: Jones démissionne".

Commandant adjoint de l'opération : Contre-amiral Thorsten Kähler (Allemand)

Quartier général d'opération (OHQ) : Northwood (Royaume-Uni)

Commandant de la force (par rotation tous les 4 mois) : Commodore Pieter Bindt (Néerlandais) jusqu’à décembre 2009. Lire "un commandant et une frégate "made in Nederland" pour Atalanta".

Quartier général de la force (FHQ) : frégate "Evertsen" (Pays-Bas).

Base logistique (LHQ) : Djibouti - sur la base aérienne militaire française

Durée : 12 décembre 2008 au 12 décembre 2010 (l'opération a été renouvelée, lire : les Ministres confirment) divisée par périodes de 4 mois.

Financement : 8,3 millions d'euros pour 2009, répartis selon une clé de répartition (PIB) entre les 26 Etats membres participant à la PESD (mécanisme Athena) - finançant essentiellement l'Etat-Major -, les différents moyens envoyés sont à la charge des budgets nationaux des pays qui les envoient.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 23:55
Des Etats-Unis qui mènent une politique "unilatéraliste". Des résultats qui ne sont pas à la hauteur des efforts internationaux depuis 8 ans. Une stratégie militaire basée sur la puissance aérienne qui est une erreur en soi. Une Europe très présente mais pas puissante et qui devrait être plus unie. Un soutien à la gouvernance qui est un échec... Si ce n'était l'en-tête, on aurait dû mal à y croire, pensant plutôt à un pamphlet d'opposants à la guerre d'Afghanistan ou à des vues d'utopiste européen en chambre. Que nenni ! Ce document publié, en plein mois d'août, provient de la très sérieuse commission des affaires étrangères de la Chambre des communes britannique (1). Et les députés s'y sont donnés à fond.  On pourrait dire pour reprendre cette phrase de la bataille de Fontenoy (en 1745) : messieurs les Anglais, tirez les premiers". Ils ont dégainé...

Le
tout est dit de façon tranquille, non agressive, avec délicatesse, pourrait-on dire, mais non sans la pointe d'ironie qui tue. Très britannique, en somme. Avec une conclusion édifiante: "La plupart des observations recueillies arrivent à la conclusion que l'engagement de l'OTAN en Afghanistan n'a pas été, du moins jusqu'à présent, un succès". (...) "C'est un moment critique et pour le futur de l'Alliance. Sans une distribution plus équitable des responsabilités et risques (entre les alliés), l'effort de l'Otan sera prochainement inhibé et sa réputation d'alliance militaire, capable d'entreprendre des opérations hors de sa zone, sérieusement endommagé". On comprend ainsi mieux le changement de stratégie américain entamé par le nouveau général McChrystal. Ce n'est pas un épilogue. C'est la dernière chance de vaincre et de garder ses alliés.

L'engagement britannique en Afghanistan depuis 2001 n'est pas mineur. Le Royaume de sa Très gracieuse majesté a dépensé dans ce qui a constitué  plus de 1 milliard de livres dans les opérations militaires et 1,65 milliard £ en aide au développement. Dans le pays, il y a actuellement à peu près 9000 Britanniques  et 210 civils. Depuis mai 2006, le Royaume-Uni est présent dans le sud de l'Afghanistan, dans la province d'Helmand. Un engagement payé au prix lourd (avec celui des Canadiens et des Américains). Le cap des 200 morts a été franchi, à la mi-août.

Le dommage collatéral représente un danger en lui-même. Plusieurs paragraphes sont consacrés à certains sujets assez légèrement tabous dans les milieux officiels, comme les pertes civiles (NB : environ 4 fois les pertes alliées) et le traitement des détenus. Autrement dit les dommages collatéraux. "L'usage de la puissance aérienne et des actes d'une insensibilité culturelle considérable de la part de certaines forces de coalition sur une période longue ont causé des perceptions négatives chez (l'Afghan de la rue) sur l'effort international et militaire en Afghanistan". Les députés approuvent donc le changement de stratégie et de lignes directrices décidées par le nouveau chef des opérations de l'IFAS, le général américain Stanley McChrystal. Les députés "appellent le gouvernement" (britannique) à prendre des mesures "de protection approprié et plus proactives pour protéger les civils dans le futur". Les conditions dans lesquels sont traités les prisonniers et détenus aux mains des autorités afghanes reste aussi une "préoccupation importante" (le traitement des prisonniers détenus par les forces britanniques sera intégré dans le rapport annuel sur les Droits de l'homme).

Le danger d'une charge militaire inégalement répartie. Les "caveats" posés par plusieurs nations de l'Otan sont un problème persistant pour la force militaire. Et le coupable est nommé. "Tandis que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada tendent à voir l'Afghanistan comme une opération de contre insurrection, l'Allemagne et quelques autres (NB :
On peut nommer l'Italie, la Finlande, notamment) regardent cela comme une mission de stabilisation". Au point que selon certains observateurs, certaines forces ne représentent que "peu de choses en termes d'action militaire". Le risque est également à un horizon rapide de voir certains pays très engagés militairement partir : les Pays-Bas et le Canada (NB : très engagés dans le Sud, l'un en Uruzgan, l'autre dans la province de Kandahar) ont déjà décidé de ne pas étendre le mandat de leurs troupes, au-delà de 2010 et 2011 respectivement - ce qui pourrait "exacerber les problèmes existants".

Une Europe dispersée qui pèse peu. Les députés estiment (gentiment) que "l'effort de l'UE n'a pas vraiment atteint son potentiel". Pourtant ce n'est pas faute d'engagement. Tout d'abord financier : "depuis la conférence des donateurs de Tokyo en 2001, la Commission européenne a versé environ 200 millions d'euros par ans (1 milliard jusqu'à 2006, + 610 millions pour la période 2007-2010). En comptant les Etats membres et le budget communautaire, c'est ainsi près de 5,2 milliards de $ qui ont été déboursés et 2,3 milliards $ sont programmés pour la période 2008-2011". Coté humain aussi l'engagement n'est pas négligeable : "25 des 27 Etats membres fournissent des effectifs à la mission de l'ISAF. Et ils dirigent 10 des 26 équipes provinciales de reconstruction". Sans compter la mission de police (Eupol) ou les missions temporaires, comme celle qui a eu lieu lors des élections présidentielles. En dépit de cela, l'UE ne pèse peu. Il existe un besoin de davantage de cohérence entre les efforts des Etats membres et de l'UE. Le rapport mentionne l'éparpillement à Kaboul entre le représentant spécial de l'UE, la délégation de la Commission, la mission de police et la présence d'ambassades des 16 Etats membres. Un ministre d'un pays de l'UE me signalait récemment combien il avait été choqué lors de sa visite à Kaboul de voir deux délégations différentes de l'UE dans la capitale afghane : celle de la Commission européenne et celle de l'UE. Avis partagé apparemment par la diplomatie britannique qui estime que l'UE pourrait "améliorer son influence et sa position à l'intérieur de l'Afghanistan en harmonisant son message politique et en usant du soutien logistique et financier pour obtenir des progrès politiques du gouvernement afghan en retour de son assistance"...

Un leadership américain unilatéral responsable partiellement de l'échec. Le comportement des Etats-Unis sous l'administration Bush est très sévèrement critiqué (honnetement je n'ai jamais vu une critique aussi brutale). "Nous estimons que la responsabilité de certains,
pas tous, des problèmes en Afghanistan depuis 2001 peut être attribué à la direction de la politique US ces années juste après l'intervention militaire en 2001. Les tendances unilatéralistes des Etats-Unis sous l'administration Bush, et sa concentration sur les objectifs militaires, à l'exclusion d'autres problèmes important stratégiquement, ont donné le ton à la communauté internationale". La situation de sécurité est dramatique. "Particulièrement dans le sud (où une majorité de troupes britanniques sont basées), restera précaire pour beaucoup de temps à venir. Cette instabilité actuelle a un effet dommageable sur les forces de coalition et les efforts engagés dans la reconstruction et le développement". Et le secours ne peut venir des forces de sécurité afghannes.

La réforme de la police, une double erreur. La mise en place d'une réforme de la police - dont l'Allemagne avait la responsabilité avant son transfert à EUPOL - marque le pas. Son évolution trop lente est "décourageante". Pour autant les députés estiment que l'option prise par les Etats-Unis d'assister et former les policiers afghans avec les militaires US est dangereuse. "Le risque est de créer une police de style paramilitaire en opposition avec la force civile comme envisagé originellement et nécessaire pour le futur".

L'échec, coté gouvernance et droits de l'homme. Le constat également n'est pas encourageant. La création d'un système effectif de justice formelle - comme promis dans l'accord de Bonn - est un "échec" et la plupart des Afghans restent dépendants des mécanismes informel, traditionnel. "Huit ans après l'implication de la communauté internationale en Afghanistan, il n'y a virtuellement aucun progrès tangible fait en matière de lutte contre la corruption". Tandis que la proposition de loi sur la famille légalisant le viol dans le cadre du mariage et la soumission des femmes à la Shia représente un "affront" aux valeurs de décence humaine. Quant à la lutte contre les drogues, pour lequel le Royaume-Uni a accepté d'assurer le "lead" international, c'est un "cadeau empoisonné". Le succès dans ce domaine dépend d'une série de facteurs qui dépassent les ressources et le contrôle du Royaume-Uni seul. Les députés recommandent donc de confier cette fonction (en gros s'en débarasser) aux Nations-Unis et à l'ISAF, "mieux outillées pour coordonner l'effort international".

En un mot qu'on pourrait dire une sorte de conclusion : "l'effort international en Afghanistan depuis 2001 a eu beaucoup moins de résultat que promis et son impact a été de façon significative dilué par l'absence de vision et de stratégie unifiée, basée sur les réalités de la politique, de la culture et de l'histoire de l'Afghanistan. Certes, la situation actuelle du pays n'est pas que le résultat des échecs de l'Ouest depuis 2001, des erreurs évitables, incluant les réponses réflexes, la fragmentation et les chevauchements, rendent considérablement plus difficile que jamais l'objectif de stabilisation du pays. "

Rideau...

(1) Intitulé "Global security : Afghanistan and Pakistan" , il peut être téléchargé ici.

NB : Notons au passage combien il est étonnant (et regrettable) que le Parlement européen ne se soit pas penché plus sérieusement pour réfléchir sur cet engagement européen en Afghanistan : ses défauts, les moyens de l'améliorer voire d'étudier des sorties. Car c'est bien cela qui manque. A ce défaut - dû à une incroyable pusillanimité -, il devra être remédié rapidement si cette assemblée entend, comme elle le proclame, exercer ses droits en matière de politique étrangère. Espérons que la nouvelle commission des affaires étrangères du PE saura se saisir de la question de façon plus vigoureuse que l'ancienne.
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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 23:58
La décision était attendue. L'Union européenne devrait prolonger d'un an la mission d'assistance à la réfome du secteur de sécurité en RD Congo (1). Elle avait déjà prolongé, en juin, d'une durée équivalente la mission EUPOL, d'assistance à la réforme de la police et du secteur judiciaire. Plutôt que d'adopter une simple décision de prolongation, l'action commune (la décision qui fonde la mission), a été remodelée, certaines dispositions étant "clarifiées". En fait, c'est l'orientation de la mission qui est redessiné à la lumière des premiers résultats et des évolutions dans le pays.

L'objectif fixé à la mission a sensiblement évolué. De "
contribuer à l'achèvement de l'intégration des différentes factions armées en RDC et de contribuer aux efforts congolais de restructuration et de reconstruction de l'armée congolaise", il est devenu : "assister les autorités congolaises dans la mise en place d'un appareil de défense capable de garantir la sécurité des Congolais". Ce afin de "créer les conditions permettant la mise en oeuvre à court et à moyen termes des orientations retenues par les autorités congolaises dans le plan révisé de la réforme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC)." Un plan approuvé, fin mai par le Président de la république du Congo.

Le détail des missions d'Eusec change légèrement. Il n'y plus de mention spécifique de la réforme de la chaine de paiements - action primordiale développée au cours des dernières actions et qui est considérée comme achevée - mais de façon plus extensive de : "l'opérationnalisation de la mise en oeuvre du plan révisé de réforme des FARDC à travers le développement de plans détaillés pour reconstruire les FARDC, notamment dans les domaines suivants: administration, capacités opérationnelles, budget et finances, formation, logistique, droits de l'homme et lutte contre les violences sexuelles, ainsi que ressources humaines." Une attention supplémentaire doit être portée aux droits de l'homme et questions de genre" qui sont mentionnées sur une ligne à part.


La mission est plus structurée. Plutôt que d'un bureau, on parle désormais d'un Quartier-général à Kinshasa, terme plus proprement militaire. Avec une direction,
un département soutien administratif et logistique de la mission, et un département de conseillers, au niveau stratégique, affectés aux différentes structures du ministère de la défense. La plupart des conseillers sont basés à Kinshasa. Mais des détachements sont expressément prévus "dans les quatre régions militaires de l'est de la RDC". On a en quelque sorte une mission d'assistance technique militaire de l'UE à l'armée d'un autre pays. Le changement peut ne pas être sémantique. Et l'importance du Congo, un des plus grands (et plus riches potentiellement) pays d'Afrique, n'est pas à nier.

L'importance de cette mission n'est pas à relativiser. L'armée au Congo est à la fois la solution et un problème. Nombre d'exactions (jusqu'au viol ou au meurtre) dans l'Est du Congo sont le fait de l'armée "régulière" en campagne, aux effectifs mal tenus. Les autorités congolaises ont cependant promis, en juillet dernier, d'y mettre bon ordre et de désormais sanctionner de façon nette tout écart à la discipline. Le Congo est aussi un facteur de stabilité indéniable dans cette région des Grands lacs, tourmentée, d'Afrique. La décision le rappelle sans ambiguité : « La situation actuelle en matière de sécurité en RDC pourrait se dégrader, ce qui aurait des répercussions potentiellement graves sur le processus de renforcement de la démocratie, de l'État de droit et de la sécurité au niveau international et régional. Un engagement continu de l'UE en termes d'effort politique et de ressources contribuera à asseoir la stabilité dans la région. »

Le montant consacré est légèrement augmenté : de 8,45 millions d'euros pour la période de 15 mois juillet 2008-septembre 2009, on passe ainsi à 10,9 millions d'euros pour la période d'un an à venir (octobre 2009-septembre 2010). Une somme financée sur le budget de l'UE (la mission Eusec Congo est une mission civile, même si elle est composée en grande partie de militaires et a pour objet la défense d'un pays tiers). La mission compte 60 personnes actuellement. Elle pourrait être augmentée, notamment avec la contribution de pays tiers (non UE). Précision ultime : la mission est actuellement dirigée par le général français Jean-Paul Michel.
 
Télécharger le projet de décision

(1)
La mission avait été prolongée en mai jusqu'à fin septembre, une prolongation courte pour des raisons politico-diplomatiques: l'UE attendait essentiellement d'avoir certains échos coté Kinshasa, notamment l'approbation de ce plan révisé. Il ne pouvait être question dans un document de l'UE de faire reposer l'objectif sur un plan qui n'avait pas encore été officiellement approuvé par les autorités nationales du pays concerné (Kabila se serait fait un peu tirer l'oreille pour approuver ce plan...).
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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 23:59
Deux petits avions de patrouille maritime, des Swearingen Merlin III, vont être basés aux Seychelles pour faire face à une possible résurgence de la piraterie à la fin de la mousson dans l'Océan indien. Ils seront sous le commandement de la force anti-piraterie de l'UE (Eunavfor Atalanta). Un accord est intervenu après des discussions entre le gouvernement des Seychelles, le Haut commissaire britannique dans l'archipel et l'ambassade de France - qui représentent l'UE dans ces iles ; les discussions se poursuivent pour une coopération plus importante (1). Ce dispositif complète donc l'Awacs déjà arrivé à Djibouti (lire ici).

Les deux
Swearingen Merlin III, seront fournis par le gouvernement luxembourgeois, et assurés par la compagnie CAE Aviation basée au Luxembourg. L'équipage et ses mécaniciens seront stationnés dans l'ile. L'avion peut rester 6 heures en vol. Il est équipé de radar, de détecteurs jour et nuit. Outre la surveillance des eaux à la demande du PC d'Atalanta, une partie de formation des gardes côtes seychellois à ce type d'observation pourrait être prodigué.

Cae aviation est une petite société fondée en 1971 spécialisée dans certaines activités : aéronautques (Surveillance et reconnaissance aérienne, transport/ larguage parachutistes, renseignement et analyse d'images, étude géophysique...), ainsi que de maintenance, de conception ou/et distribution de matériels avioniques . Elle travaille principalement pour le gouverment luxembourgeois et l'OTAN mais elle prête son concours à certaines opérations de l'UE. Ainsi un avion a été dépêché un Casa  à Malte dans le cadre de la lutte contre l'immigration clandestine, afin de renforcer (et former) les forces maltaises.

(1) Parmi les dispositions envisagées, un accord de livraison des pirates se heurte à plusieurs difficultés. Parmi celles-là : l'une d'ordre juridique, la procédure pénale des Seychelles est plus difficile que celui du Kenya, qui reste calqué sur le droit britannique (du coup pour avoir des juristes connaissant toutes les finesses de la loi et surtout pouvoir l'appliquer sur les bateaux européens n'est pas évident). L'autre est d'ordre pratique, la justice du pays est moins outillée" que celle du Kenya pour faire face à un afflux de pirates, l'ile n'est pas bien riche, elle ne compte qu'une seule prison et le nombre de juges criminels n'est pas légion.

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 20:46
(Brève d'été) Sir David Richards succède à Richard Dannat comme chef d'Etat-Major de l'armée britannique. Né en 1952, engagé à 19 ans dans l'artillerie, il sert en Extrême-Orient et en Allemagne (29e Commando Regiment Royal Artillery, 11e brigade blindée, 3e Regiment Royal Horse Artillerie...) sans compter les tours opérationnels en Irlande du Nord, où l'armée est appelée à la rescousse face au "terroristes" de l'IRA. Promu brigadier général en 1996, il sert au quartier-général britannique d'opérations à partir de 1998 : il supervise notamment les interventions à Timor Est (1999) et au Sierre Leone (2000). Chef du corps de réaction rapide allié en avril 2001, il sert en Afghanistan, à l'IFAS entre mai 206 et février 2007, période pendant laquelle l'OTAN étend sa présence au sud et à l'est du pays. Puis il devient commandant en chef de l'armée de terre. Marié à Caroline, il a deux filles (Joanna et Pippa).
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.