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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 17:40
Un avion radar français, Boeing E 3F (que l'on connait mieux sous le nom générique d'Awacs), est en fonction à Djibouti depuis hier (jeudi 27 août) dans le cadre de l'opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta, avec un équipage de 18 membres et 11 mécaniciens. Venant du 36ème escadron de détection et de contrôle aéroporté (EDCA) d’Avord, il répond à une demande du commandant d'opération d'Atalanta qui souhaitait avoir des moyens plus importants face à la vaste étendue de zone à couvrir (des rivages de la Mer rouge aux Seychelles dans l'Océan indien). Avec la fin des moussons, et les craintes d'une reprise plus offensive des pirates, les capacités de l'Awacs seront bien utiles sur place (lire également "attention au retour offensif").

Ce type d'avion a plusieurs avantages et pourra apporter un complément appréciable portant aux moyens déjà engagés : avions de patrouille maritime P3 Orion (allemand, japonais) ou Dassault Atlantique 2 (français), hélicoptères des navires. Il a une autonomie assez large (entre 8 et 12 heures en vol, sans compter un possible ravitaillement en vol), une vitesse de déplacement rapide (plus de 800 kms/h) et, surtout, une capacité de détection aérienne et maritime de longue portée (400 kms). En outre, il peut servir de centre de commandement et de contrôle des autres moyens déployés (notamment aérien) ou de relais radio pour les navires. Enfin, toutes les images qu'il recueille peuvent être vues, en temps réel, au Centre national des opérations aériennes, à Lyon, et relayés à Paris, à Balard à l'Etat-Major de l'armée de l'air, voire sur d'autres centres opérationnels (à Northwood au QG de l'Otan ou de EUNAVFOR). Très utile non seulement en matière opérationnelle mais également au niveau politique, voire juridique (comme commencement de preuve pour les poursuites judiciaires).

 L'avion devrait y rester deux - trois semaines. Si le test est concluant, l'expérience pourrait être prolongée, d'autres Etats participant à l'opération, ainsi que l'OTAN, disposent de ce type d'appareils.

(Crédit photo : Sirpa Air Cyril Amboise : avion en vol. Sirpa Air / EMA : Cabine de pilotage)
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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 17:10
Les pirates - à bord d'un navire capturé (le Win Far) - n'ont pas hésité, mardi soir (26 août, 20h) à tirer sur un hélicoptère américain de la CTF151 qui le survolait. Plus de peur que de mal apparemment. L'hélicoptère SH-60 appartenant à l'escadron HSL 49 embarqué à bord de l'USS Chancellorsville (CG 62) "n'a pas été touché. Et aucun membre de l'équipage n'a été blessé", annonce le QG de la CTF151 à Bahrein. En fait, ce n'est qu'en retournant sur leur navire d'attache et revoyant les militaires se sont aperçus de l'incident, en revisionnant les bandes enregistrées par leur radar (FLIR). Le Win Far, un bateau taiwanais capturé le 9 avril avec ses 30 membres d'équipage, a servi à plusieurs reprises de bateau-mère aux pirates, notamment dans l'attaque du Maersk-Alabama. C'était un vol de routine, assure la CTF151. Mais on sait que les forces internationales dans la région ont choisi d'avoir une attitude offensive sur les bateaux mères pour réduire la portée d'action des pirates (lire Premier bilan). C'est à la première fois que des tirs contre un hélicoptère de la force internationale sont ainsi rapportés. Ce qui confirme les inquiétudes face à un possible durcissement de la confrontation pirates - militaires. Pour voir la video enregistrée

(26 aug., at approximately 8:00 a.m. local time), Somali Pirates aboard Motor Vessel (M/V) Win Far, fired what appeared to be a large caliber weapon at a U.S. Navy SH-60B Helicopter from Helicopter Anti-Submarine Squadron Light (HSL) 49, embarked aboard USS Chancellorsville (CG 62). "No rounds of ammunition struck the SH-60B. The SH-60 crew did not return fire. No personnel injuries resulted from the incident", CTF 151 HQ say. Win Far is a Taiwanese-flagged vessel that was pirated April 6, 2009, and over the past 135 days it has been used as a “mother ship” to conduct other known pirate attacks, most notably the U.S. flagged Maersk-Alabama in April 2009. The helicopter was conducting a routine surveillance flight of M/V Win Far currently held at anchorage by Somali pirates south of Garacad, Somalia when the incident occurred. During the flight, aircrew observed activity, but could not ascertain they were fired upon until their return to Chancellorsville and review of Forward Looking Infrared Radar (FLIR) video, which recorded the incident. The helicopter was approximately 3,000 yards from Win Far when it was fired upon. More than 30 crewmembers remain as hostages aboard the pirated vessel M/V Win Far.
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 17:00
En Pologne, après la mort du capitaine Daniel Ambrozinski en Afghanistan (1) et le coup de gueule, suivi d'une mise à la porte, du chef d'Etat major de l'armée de terre, la polémique fait rage. Et "Skrzypczak" qui est entré à l'armée à 20 ans en 1976 et a fait une partie de la campagne d'Irak est aujourd'hui devenu un symbole, une marque de fabrique du fort en gueule...

Le général Waldemar Skrzypczak, visiblement ému de la mort du capitaine (2), a, en effet, profité de la cérémonie en son hommage, le 16 août, puis de plusieurs interviews données dans la presse, pour régler ses comptes avec le ministre de la Défense, Bogdan Klich, et son administration.
Des propos d'une certaine brutalité, rarement entendus en public, entre un militaire de haut rang et son supérieur politique (à l'exception sans doute du général britannique Richard Dannat).

Une remise en cause du pouvoir politique.
Le premier acte se pose le 16 août, lors de la cérémonie en hommage au capitaine décédé. Le général s'interroge publiquement pour savoir si le moment n'est pas venu que l'armée cesse de fonctionner dans une atmosphère d'accusation sur son incompétence. « Tout indique que (l'armée en) Afghanistan a besoin de plus d'équipement. En tant que commandant, j'ai le droit de dire que nous savons ce qu'il nous faut pour combattre. Aucun des responsables militaires, la bureaucratie, doit nous dire ce que nous devons faire. Nous savons ce qu'il faut pour combattre. Et nous voulons être écoutés. » Une remise en cause, d'une certaine façon, de l'autorité politique et qui a été immédiatement perçue comme telle par le ministre de la Défense. Le général est sur la sellette...

Des "procédures d'équipement trop bureaucratiques".  Le lendemain, même s'il se prévaut de son « droit à l'émotion (...) sur le cercueil de mon soldat », Skrzypczak confirme ses propos et enfonce le clou, particulièrement dans le quotidien Dziennik et la télévision d'info en continue TVN24. Il s'en prend, à nouveau, à la "vaste bureaucratie" qui règne à Varsovie et les procédures "trop bureaucratiques" pour équiper les soldats et les armées (voir ci-dessous), estimant que c'est ce qui a pu causer la mort du capitaine Ambrozinski. Se sentant « responsable » de ses hommes, le général met en cause, nommément, le ministre de la Défense, Bogdan Klich — qui a "une image déformée de la réalité. Il croit que tout est OK. Et ce n'est pas le cas" — et plus généralement son administration — le ministère qui a le pouvoir de sélection de l'équipement militaire est « mal préparé et n'assume pas ses responsabilités ».  « Je pense que quelqu'un va répondre devant la justice du fait que nous n'avons pas les moyens de se battre pour assurer la sécurité des soldats polonais ». Skrzypczak souligne aussi que « L'armée est fatiguée de la peur hystérique et la méfiance. (...) « Nous vivons dans la peur constante. Toute décision doit être contrôlée: si elle était bonne ? pourquoi elle a été prise ? ec.. C’est un manque de confiance pour nous. Si vous ne faites pas confiance aux militaires, quelqu'un doit s’en aller: les forces militaires ou ceux qui ne font pas confiance » (écouter/lire l'interview - en polonais).

La démission au bout du chemin. La coupe est dès lors pleine. Et le départ du bouillant général programmé. Malgré quelques tentatives de réconciliation, trop de paroles avaient coulé publiquement pour qu'un exemple ne soit pas fait. Le général Skrzypczak qui a brûlé ses dernières cartouches (il est en fin de carrière), tire conséquence de ses propos et se remet « à disposition » du président, Lech Kaczinski, « suite à la perte de confiance en ma personne par le ministre de la Défense » (2). Décision actée le 20 août.

Un sous équipement dramatique. Le général dénonce des faits précis. Certains équipements, pourtant ultra-nécessaires, mettent des années à arriver sur le terrain. Les soldats manquent de « radios portatives, de systèmes
brouilleurs (pour éviter les IAD), d'engins de vision nocturne. (...) Une simple demande simple comme des mitrailleurs pour des hélicoptères prend une éternité avant d'arriver ». Selon lui, également, « l'argent consacré aux armements et à l'armée sont mal dépensés ».  Il est un fait également énoncé par le militaire : l'armée n'arrive pas à suivre le rythme de renouvellement des équipements imposé par les Américains. Exemples à l'appui, plusieurs militaires revenus d'Afghanistan affirment devoir acheter leurs propres équipements (écouter ou lire le reportage de TVN24). Les familles également confirment. La veuve du capitaine Ambrozinski témoigne: Mon mari a dû s'acheter sur ses deniers "chaussures, lunettes, gilets pare-balles... et même un convertisseur de données pour cartes". Dans certains bases, "la nourriture n'est pas satisfaisante". Autre problème, que Natalia Ambrozinski dénonce : le transport. Les Polonais "dépendent des Américains. Mais ceux-ci ont la priorité. Alors les Polonais attendent. Il faut parfois attendre plusieurs jours sur une base pour aller dans l'autre. C'est humiliant" (écouter ou lire l'autre reportage de TVN24).

Sentiment d'amertume de ne pas avoir été écouté. Démissionné illico, le général continue de l'ouvrir. Il l'a un peu mauvaise, comme il le confie au quotidien Rzespospolita, encore récemment (lire l'article, en polonais). Suis-je gagnant ou perdant ? « Je ne sais pas très bien. Je me sens mal. J'espère simplement que la poussière retombée, l'armée sera gagnante. Alors seulement je me sentirais victorieux. Car
ce que j'ai fait, je l'ai fait pour le bien de mes soldats. ». Un sentiment d'amertume également, car le militaire a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme et n'a pas été entendu. Il persiste et signe encore aujourd'hui. « J'ai envoyé plusieurs documents. Et ceux-ci sont à disposition de tous ceux qui en sont soucieux ». Se défendant de vouloir éluder le contrôle politique, il précise « J'ai présenté des allégations précises.  Pourtant, ils n'ont rien fait ». Le ministre rétorque, mettant en avant les demandes irrationnelles du soldat. Skrzypczak est coutumier des coups d'éclat. En 2007, il avait menacé de démissionner si "ses" soldats, accusés de crime de guerre pour avoir mené une attaque contre des civils sans défense en Afghanistan étaient condamnés.

Contexte difficile. L'armée polonaise vit actuellement une période intense de réformes, avec la mise en place de la professionnalisation, l'abandon de la conscription, dans un contexte économique difficile (plusieurs décisions d'équipement ont été supprimées) et alors qu'il lui est demandé de plus en plus d'efforts pour l'Afghanistan (après celui requis en Irak). Après des années d'engagement, la grogne monte. Les soldats polonais, placés en zone à risque, ne sont pas vraiment bien équipés, et moins payés, que leurs voisins américains ou européens.
La décision annoncée début août du Ministre de la Défense d'envoyer 200 hommes en renfort pour l'opération de l'OTAN a été un peu une goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Elle a d'ailleurs été vite démentie par le Premier ministre, jugeant qu'une évaluation était d'abord nécessaire s'il fallait plus d'hommes ou davantage d'équipements plus performants.

Une refonte de la loi sur les équipements. Le gouvernement polonais étudie aussi actuellement la simplification de la loi d'équipement de l'armée.
Est en cause, notamment, la recherche par la Pologne de contreparties (en termes de retombées économiques ou d'emploi) auprès des industriels à qui elle achète du matériel. Selon la loi polonaise, tout achat portant sur plus de 5 millions de Zlotys doit être compensé. Ces "offsets" utiles en termes économiques sont souvent longs à négocier et retardent l'arrivée des équipements nécessaires.

NB : un remplaçant pourrait être nommé. Il s'agit du général Tadeusz Buk, un ancien de l'Irak également (du 9e contingent polonais) qui a notamment rétabli l'ordre dans la province où les troupes polonaises étaient stationnées.

(1) Parmi les 10 morts polonais depuis le début de l'engagement en Afghanistan (dont un dans un accident de la route), c'est
le premier officier de ce grade à décéder.
(2) Le capitaine n'a pas sauté sur une mine mais a été victime d'un snipper, d'un tireur d'élite.
(3) Formule consacrée en Pologne où la démission d'un général est délicate d'un point de vue juridique.

(crédit photo : TVN24)

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Armées européennes
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 16:24
L'administration Obama semble vouloir tirer un trait définitif sur l'installation d'un bouclier anti-missiles en Pologne et République Tchèque. Cette installation voulue par l'administration Bush ne semble plus en odeur de sainteté à Washington. Il faut dire que les dernières informations n'étaient pas follement optimistes pour la réalisation de ce bouclier (lire ici). Cette fois, même si aucune décision n'est encore prise de façon définitive, la messe semble être dite.

Des solutions alternatives (mobile, bateaux, Israël, Turquie, Balkans). Le gouvernement américain prépare déjà des solutions alternatives, souligne un lobbyiste,
Riki Ellisson, président de la Missile Defence Advocacy Alliance, dans un article fouillé de Gazeta Wyborcza. Lors d'une conférence qui s'est tenue récemment où le Pentagone a exposé ses plans futurs, les généraux n'ont jamais mentionné le plan original concernant la Pologne et la république Tchèque. Mais d'autres possibilités sont évoquées : notamment l'installation d'intercepteur mobile de lance-missiles (une solution proposée par le puissant constructeur américain Boeing...), voire l'installation sur des bateaux - une solution qui a le mérite de pouvoir être adaptée à tous temps - ou alors la construction de bases dans des pays plus exposés (à la menace iranienne ou autre). On parle d'Israël, de la Turquie ou des Balkans.

La raison de cette évolution : ne pas brusquer la Russie. L'administration Obama a pris conscience que « beaucoup de problèmes globaux peuvent être facilement résolus ensemble avec Moscou » raconte Ellisson. Notamment en matière de désarmement, une priorité des Démocrates. Et nos amis polonais brodent sur ce thème. Reste maintenant à obtenir de Moscou des contreparties sérieuses à ce qui constitue, malgré tout, un sérieux retrait et un vrai changement dans la doctrine américaine de défense. Mais il y aussi d'autres "bonnes" raisons à cette évolution : tout d'abord, le coût du projet de bouclier fixe anti-missiles et ensuite les sérieux doutes des experts de l'administration Obama sur sa capacité réelle opérationnelle.

On pourrait ajouter aussi à cette liste : la crise économique (un formidable accélérateur de réalité) et la prise de conscience que le risque futur est rapidement évolutif (hier la Lybie, aujourd'hui le "presque" meilleur ami de l'Occident, en ce moment, l'Iran, demain  qui ? et où ?) Dans ce cas effectivement une solution "mobile", "déplaçable" paraît finement intelligente... (lire l'article).
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 23:40
Le (jeune) Ministre des affaires étrangères de Finlande, Alexander Stubb (ancien député européen), estime qu’il faut réorienter les crédits européens davantage vers la politique étrangère. « Il faut diminuer les aides agricoles et orienter plus de crédits aux innovations, à la technologie et surtout à la politique étrangère et de sécurité » a-t-il expliqué dans un entretien au journal Nykypäivä. Dans le budget de l’UE pour 2010, la politique étrangère et de sécurité n'aura que 282 millions d'euros sur le total de 138 milliards, souligne-t-il. C’est trop peu pour lui. Car « il s'agit d'un domaine où l'UE est très utile sur la scène mondiale ».

(photo : Alexander Stubb à la réunion ministérielle de l'Otan en discussion avec B. Kouchner, août 2008. Crédit : Otan)
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 23:07
(Brève d'été) Après une action combinée UE-Japon (voir ci-dessous), c'est avec le navire sud-coréen de la CTF151, Daejoyoung, que les navires et hélicoptères d'EUNAVFOR ont répondu, mercredi 26 août au matin, à l'appel d'urgence du navire italien MV Southern Cross, attaqué par un skiff avec 5 personnes à bord à 80 miles nautiques au sud de Al Mukkala (Position 13.09 Nord, 48.45 Est). Plusieurs coups sont tirés en direction de la cabine de pilotage. Le navire marchand réussit cependant, par diverses manoeuvres, à semer ses poursuivants. Le skiff abandonne la poursuite et s'enfuit vers le sud (à la recherche d'une autre cible). La frégate norvégienne d'EUNAVFOR, Fridtjof Nansen, et un hélicoptère sud-coréen, se rapprochent. Peu après, le Bremen, la frégate allemande d'EUNAVFOR, envoit également un hélicoptère à la recherche du bateau pirate. Dans l'après-midi, un bateau suspect était repéré. Une équipe de visite du Fridtjof Nansen effectue un contrôle, trouve des armes. Mais rien de suffisant pour entraîner des poursuites. Le Skiff est libéré au crépuscule.

The EU NAVFOR Norwegian warship HNOMS Fridtjof Nansen, in cooperation with a South Korean navy helicopter  from CTF 151 responded to an emergency call from the Italian MV Southern Cross, in the late morning of 26 August. The Southern Cross was transiting the Gulf of Aden, some 80 nautical miles south of Al Mukkala. The skiff with five people on board broke off the attack after having fired several shots to the pilot house of Southern Cross and escaped to the south. The attack was successfully thwarted by the Southern Cross herself. The EU NAVFOR German warship FGS Bremen also launched her helicopter to join the search for the pirate skiff. In the afternoon FGS Bremen’s helicopter detected a suspicious skiff. HNOMS Fridtjof Nansen launched her fast rhibs with her boarding team and conducted a boarding. Weapons were seen thrown overboard. The skiff was released at dusk.
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 23:00

S'il ne s'agissait d'otages, de personnes, on pourrait dire que ce qui s'est passé tout au long de ces dernières semaines le long des côtes somaliennes ressemble à s'y méprendre à une opération "grande braderie" ou "soldes d'été". Les pirates ne détiendraient, selon les derniers rapports des renseignements européens, que 4 navires (NB : 6 navires et 123 membres d'équipage - dont 42 Philippins - d'après Ecoterra). En quelques semaines, les pirates ont ainsi libéré, le plus souvent contre monnaie sonnante et trébuchante, la plupart des navires qu'ils détenaient. Le remorqueur italien Buccaneer et le cargo allemand MV Hansa Stavanger, tous deux détenus depuis quatre mois environ, ont été libérés l'un le 11 août, l'autre le 4 août - lire les nouvelles de l'été à Atalanta - tandis que les deux navires malaisiens et indonésien travaillant pour Total ont été libérés le 3 août après près de 8 mois de détention !

Cette opération "déstockage" peut être interprétée de différentes façons.
1ère explication : un peu comme en Bourse, les pirates sont décidés à réaliser leurs profits, avant de partir pour d'autres aventures, ou parce qu'ils ont besoin d'argent frais pour investir ailleurs.
2e explication : La pression internationale joue. Les pirates veulent donc réduire la voilure pour éviter d'être pris de travers et de subir une attaque. De plus, avoir autant de bateaux aussi longtemps mobilise beaucoup d'hommes. Autre option : une réorganisation s'est produite au sein des pirates.
3e explication : les relatifs succès de la force internationale déployée ont eu un effet sur le personnel. Même si dans un pays, où le revenu moyen est de quelques dollars, et la vie humaine a moins de valeur qu'en Europe, l'effet "répression" joue. Depuis juin 2008, selon mes statistiques, les forces internationales (UE, Otan, Inde, Russie...) ont ainsi appréhendé plus de 400 personnes suspectes de piraterie, dont 250 traduits en justice (1), 140 désarmés, ainsi qu'une quarantaine de tués. Cela ne suffit pas à supprimer la piraterie. Mais, au regard de la relative impunité qui régnait auparavant, c'est un signal très clair. Faire un acte de piraterie devient, aujourd'hui moins assuré du succès qu'hier - la probabilité de réussir l'attaque est de 1 sur 5 en ce moment (1 sur 3 en moyenne en 2008, 1 sur 4 au premier trimestre 2009) - et un peu plus risqué - le risque de se faire prendre peut être estimé à 1 sur 3 environ. Cependant l'atout des millions à gagner reste tentant (les rançons versées cet été dépasseraient les 10 millions d'euros) dans un pays (Somalie) un des plus pauvres de la planète.
4e explication : sans oublier ce qui précède, les pirates sont surtout occupés à vider leurs stocks, pour repartir à l'attaque (avec de l'argent frais - et des placements -, après s'être rééquipé en armes et en hommes). C'est un peu le sentiment d'ailleurs de Pieter Bindt, le nouveau commandant (sur le "théatre") de l'opération anti-piraterie de l'UE.

Davantage d'attaques et plus loin. Se confiant à un journaliste du quotidien néerlandais, De Volkskrant, qui est à bord de l'Evertsen, la frégate néerlandaise, Pieter Bindt estime, en effet, que "Le nombre d’offensives contre des navires marchands augmentera ces prochains temps. (...) Et la zone d’activité des pirates au large de la Somalie va s’agrandir." Avec les récentes libérations, beaucoup de pirates ont, de nouveau, les mains libres – et l’argent nécessaire – pour prendre de nouveaux otages. "Leur grenier est presque vide. Ils veulent le remplir." assure le commandant néerlandais. Simultanément, "les pirates étendent leur rayon d’action, maintenant que la mousson touche à sa fin. Plus la mer est calme, plus leur portée est grande. Il est de ce fait plus difficile d’intercepter les pirates ou de prévenir une attaque après un appel au secours." (lire l'article du Volkskrant - en néerlandais).

(1)
Ce chiffre comprend les suspects remis essentiellement au Kenya (environ 110), mais aussi aux Seychelles, Yémen, Puntland(Somalie) et quelques uns rapatriés aux Pays-Bas, France et Etats-Unis. Certains suspects ont été libérés après une enquête préliminaire. La plupart des autres sont en instance de jugement. 37 hommes ont été condamnés à 3 ans de prison au Kenya le 15 avril 2009. Lire le bilan anti-piraterie remis à jour régulièrement.

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 23:59

On ne connait pas encore tous les détails de l'intervention norvégienne sur le skiff suspect. Mais l'un au moins mérite d'être raconté... Il vaut son pesant de mots... C'est le commandant du navire norvégien, Ole Morten Sandquist, lui-même qui le raconte.

Quand les militaires aident les "suspects" à reconfigurer leur GPS

Après avoir désarmé les pirates suspects, les marins norvégiens les laissent libres et s'éloignent... quand quelque chose de bizarre attire l'attention de l'officier de quart du Fridtjof Nansen, la frégate norvégienne. Les "pirates" agitent, en effet, moults tee-shirts comme un signal pour attirer leur attention. Les Norvégiens reviennent alors près du skiff. Avec l'interprète du navire, ils saisissent le problème.

Les "suspects" n'avaient tout bonnement plus idée où ils étaient et surtout comment regagner la terre ferme. "Le GPS qu'ils avaient à bord était prédéfini. Et aucun des sept ne savait l'utiliser. Ils n'avaient aucune idée de la direction pour revenir sur la terre ferme" explique Ole Morten Sandquist. Se pose alors un problème de conscience aux militaires norvégiens : ne rien faire c'était condamner ces sept hommes à "s'égarer dans le vaste océan et mourir éventuellement de soif ou de faim".

Les Norvégiens, héritiers des Vikings, n'en sont pas moins charitables. Ils ont alors "aidé à reconfigurer le GPS pour qu'ils puissent atteindre le continent". Une mission qui ne figure pas tout à fait sur la "feuille de route" de l'action commune de l'UE.... mais correspond tout de même aux règles de solidarité entre gens de mer (que sont malgré tout les pirates !).

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 17:15

(Analyse) Les récents feux de forêts en Grèce ou en Italie, les inondations à Taïwan auparavant, le crash de l'A310 de la Yemenia Airways au large des Comores, au début de l'été, le démontrent : l'action de sécurité civile si elle a pour premier objectif de sauver des vies (et/ou préserver l'environnement) est aussi un acte, à visée hautement diplomatique, surtout quand il se produit hors de l'Union européenne.

Un exercice de haute politique

L'intervention démontre, d'une part, la présence aux cotés des victimes et des parents, des citoyens. Elle manifeste aussi (et surtout) au(x) pays directement touché(s) de la région, la preuve de la capacité d'intervention, de la puissance du pays (de l'Union européenne quand c'est le cas) qui envoie les forces. En soi, c'est donc un acte politique pur. A l'occasion d'une catastrophe, cela permet de renouer des contacts, d'ouvrir une nouvelle phase de relations ou de fermer la page d'une querelle ancienne, avec un pays tiers.

NB : Quand l'intervention se produit à l'intérieur de l'UE, elle est une marque d'une solidarité, d'une solidité du continent, qui a valeur d'exemple à la fois de l'unité politique et de la capacité d'action opérationnelle.

Entre la PESD et l'action humanitaire

La protection civile constitue ainsi le maillon manquant de la gestion de crises : entre les missions de la PESD qu'elles soient sous forme d'interposition militaire (type Tchad) ou civile (type Géorgie ou Gaza), de rétablissement de l'Etat de droit (Kosovo, Iraq ou Congo) et les missions d'aide humanitaire proprement dit (menée par Echo) ou de développement, elle constitue une marque de puissance civile. Certes cette vision peut paraître très française et peu partagée par tous en Europe.

L'excellent papier de Michel Barnier, remis à la Commission européenne, il y a trois ans, en mai 2006 (télécharger ici), avait été reçu franchement à l'époque, et rangé soigneusement sur une étagère, considéré comme trop démesuré à certains. Plus récemment, lors de la présidence française, certains Etats membres s'étaient opposés à un concept commun d'évacuation des citoyens à l'étranger (lire un exercice à défaut de concept). Mais peu à peu, les esprits évoluent. Et le débat idéologique s'amoindrit.

Une évolution des esprits nécessaire

Le Royaume-Uni, la Suède et (dans la mesure de leurs moyens), la Pologne ou la Bulgarie sont devenus des supporters de cette politique. Il ne s'agit pas d'une vision continentale opposée à une vision atlantiste, car les Etats-Unis ont déjà tracé la voie, ou d'une Europe intégrationniste opposée à l'Europe des Nations. Car, effet (bénéfique?) de la crise économique, la plupart des Etats ont compris qu'ils ne  pouvaient plus entretenir des forces trop surévaluées, pesant trop lourd sur leur budget. La solution est alors (pour ce surplus utilisable quelques jours par an) de mutualiser certains moyens pour, dans les cas exceptionnels, pouvoir faire appel au voisin, voire à des moyens disponibles (de façon fédérale) au niveau de l'Union européenne. Là réside encore le débat. La volonté de la présidence suédoise de développer la gestion civile des crises (lire le papier de Malmström) est à remarquer.

En espérant que cette fois-ci, le débat ne s'enlisera pas et que des solutions pratiques, pragmatiques surgiront... comme en matière de feux de forêts (en Grèce) où la mutualisation temporaire de Canadair pour les feux de forêt montre son utilité (même si elle n'est pas encore parfaite).
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 23:08
Dans une action combinée entre les navires de l'opération européenne antipiraterie EUNAVFOR Atalanta et l'avion de patrouille japonais, un skiff pirate suspect a été stoppé et désarmé.

Approche combinée avion-hélico-marins. L'avion patrouilleur Orion japonais avait remarqué un skiff suspect, avec 7 personnes à bord, le matin du 22 août, à 80 miles des cotes
d'Aden et à moins de 5 miles de navires marchands. Le navire norvégien, Fridtjof Nansen, a lancé deux bateaux rapides à l'abordage tandis que, le navire amiral d'Atalanta, le néerlandais Evertsen envoyait un hélicoptère. Celui-ci lança des tirs de semonce. Tandis que les marins norvégiens encerclaient le skiff suspect et appréhendaient les pirates.

Des armes mais pas de preuve d'acte de piraterie. A bord ils trouvent "4 kalachnikovs, deux pistolets, un lance-grenade RPG, des cartouches, du carburant et des échelles" raconte le commandant du navire norvégien,
Ole Morten Sandquist. "Mais aucun matériel de pêche". Cependant après plusieurs heures d'interrogatoire et de garde à vue, après consultation du juriste et de la police militaire, les suspects ont finalement été libérés "en raison du manque de preuves pour aller en justice" (il n'y avait pas de flagrant délit). "Dans les eaux internationales, il n'existe aucune loi qui empêche de détenir des armes" explique Sandquist. Les armes ont été détruites.

(mis à jour mar 25 août avec des informations de la marine norvégienne)

In a combined action including EU NAVFOR ships, fast rhibs, a helicopter and a Japanese maritime patrol aircraft, a suspected pirate skiff was stopped and disarmed. In the morning of 22 August, a Japanese maritime patrol aircraft detected and reported a suspect skiff in the Gulf of Aden, some 80 nm east off Aden. The aircraft observed 7 persons on board, a ladder and large amounts of fuel. The skiff was approximately 5 nm away from passing merchant vessels. The Norwegian EU NAVFOR warship HNOMS Fridtjof Nansen reacted immediately and set course to the suspect skiff, launching her two fast rhibs to prepare for boarding. The Netherlands EUNAVFOR warship HNLMS Evertsen immediately launched her helicopter to close and follow the skiff until arrival of the Norwegian fast rhibs. When the first skiff tried to get away, HNLMS Evertsen’s helicopter fired warning shots to stop the skiff. On observing the shots the skiff stopped and was subsequently boarded by Fridtjof Nansen’s boarding team.   Due to lack of positive evidence of a pirate attack the skiff and its crew were finally released.   The discovered ladders, rifles and rocket propelled grenades were seized and disposed of.)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.