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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 00:00
Né le 14 juillet 1942, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE, Javier Solana de Madariaga, est issu d’une famille espagnole bien connue. L’alchimie politique, diplomatique et européenne, il y a en quelque sorte baigné tout petit. Son grand-oncle Salvador de Madariaga a été le chef de la section désarmement de la Société des Nations, et est ensuite ambassadeur en France et aux Etats-Unis. Opposant au régime franquiste, il prend la voie de l’exil vers Londres en 1936. En 1947 il participe au manifeste d’Oxford sur le libéralisme et est un des fondateurs du Collège d’Europe de Bruges. Le frère aîné de Javier Solana est aussi opposé au régime franquiste et sera emprisonné pour ses activités politiques.

Socialiste dès le début. A 22 ans, en 1964, Javier rejoint aussi clandestinement le parti socialiste espagnol, qui est alors illégal. Comme son père, chimiste, il suit la voie scientifique avec un diplômé de physicien et des études en Espagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Mais il reste engagé : outre-Atlantique, il est notamment président de l’association des étudiants étrangers et participe aux protestations contre la guerre au Vietnam. En 1976, il est  nommé secrétaire fédéral du nouveau parti socialiste. Il siège comme député de Madrid de 1977 à décembre 1995.

Proche de Felipe Gonzalez, Javier Solana rejoint naturellement son cabinet après la victoire historique du PSOE en 1982. Il y restera près de 13 ans, un record de longévité. Ministre de la Culture, puis Ministre de l’Education en 1988, il devient Ministre des Affaires étrangères en 1992. En 1995, l’Espagne préside l’Union européenne. Et Solana porte sur les fonts baptismaux le processus de Barcelone, dont l’objectif est de mieux arrimer et associer les Etats méditerranéens à l’Europe. En décembre 1995, il est nommé secrétaire général de l’OTAN, en remplacement du belge Willy Claes. Evolution logique pour l’homme comme pour le parti dont il reste membre. D’opposant à l’OTAN, l’un comme l’autre sont devenus de chauds partisans d’un atlantisme « raisonnable ».

A la tête de l’OTAN, Solana doit d’abord mettre en application le plan de paix de « Dayton » en Bosnie-Herzégovine avec le déploiement d’une force (IFOR) de 60 000 hommes dans l’ancienne république yougoslave déchirée par plusieurs années de guerre. Mission transformée ensuite en mission de stabilisation (SFOR) conservant plus de 30 000 hommes sur le terrain. Sous son impulsion, l’OTAN affine sa stratégie, intègre ses membres – la France, partiellement, l’Espagne, totalement, rejoignent la structure militaire — négocie des accords, particulièrement avec l’ancien ennemi russe — c’est la naissance du Conseil Otan-Russie. En 1999, l’OTAN intervient à nouveau militairement dans les Balkans, cette fois directement en Serbie pour stopper l’intervention des forces de police et de l’armée au Kosovo. Intervention couronnée de succès militairement et politiquement (avec un petit coup de pouce russe qui délaisse son allié serbe). La province serbe à majorité albanaise sera ensuite placée sous administration internationale, la sécurité étant assurée par l’OTAN (KFOR).

Monsieur PESC. Entre-temps, Solana est passé à d’autres horizons toujours à Bruxelles mais à l’Union européenne. Les Quinze sont tombés d’accord, au Sommet de Cologne, en juillet 1999, pour nommer le socialiste espagnol à une nouvelle fonction créée par le Traité d’Amsterdam, celle de diplomate en chef de l’UE. Fonction qu’il étrenne le 18 octobre 1999. Le traité de Nice ajoute une autre casquette, celle de secrétaire général du Conseil. Ce qui permet à Solana de disposer des moyens administratifs et financiers pour les ambitions tracées par les chefs d’État et de gouvernement européens. Sa discrétion plait. Il est renouvelé en juillet 2004 pour un deuxième mandat de 5 ans. Durant ces années, il est notamment impliqué dans la recherche d’une solution au Proche-Orient et dans le dialogue entamé avec l’Iran par plusieurs pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, Etats-Unis). Une vingtaine d’opérations civiles et militaires sont déployées sur trois continents au titre de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Et l’Union européenne est apparue peu à peu comme un acteur « sérieux » pour les missions de « bons offices ». La dernière en date, importante symboliquement et politiquement, étant le conflit armé du mois d’août 2008 entre la Géorgie et la Russie.

Son mandat se termine le 31 octobre 2009. Mais il ne portera pas le titre de Ministre des affaires étrangères de l’UE, créé par la Constitution européenne, et dont il avait rêvé...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans La PeSDC: comment çà marche
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 23:53
Si vous voulez avoir tous le détail des ordres du jour des Conseils des Ministres tels que le prévoit la présidence suédoise.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 21:04
C'est un document relativement anodin - le rapport du groupe de travail régional sur le trafic de drogues dans les Balkans - qui a mis le feu aux poudres... Un document au demeurant intéressant puisqu'il décrit les différents réseaux, moyens et routes employées pour acheminer la drogue en Europe ; les différents pays des Balkans constituant la voix royale pour la drogue en provenant de l'Afghanistan, via la Turquie.

Mais horreur ! Au chapitre Kosovo, page 20, on trouve parmi les routes d'approvisionnement celle-là : « Afghanistan – Pakistan – Iran – Turkey – by sea transport to Turkish Republic of Northern Cyprus – by sea transport to Europe (as an alternative to Balkan route) » ! Inutile de vous dire qu'elle a causé la fureur de la délégation chypriote qui a obtenu un rectificatif du document. « areas of the Republic of Cyprus in which the Government of the Republic of Cyprus does not exercise effective control »

A noter que selon les experts d'Eulex, la mission déployée au Kosovo, environ 70% de l'héroïne arrivant en Europe passe plutôt par la route « Afghanistan – Turkey – Bulgaria – Macedonia – Kosovo and further distribution to Western Europe or even via Albania. » ... On attend la protestation de la Grèce qui ne saurait pas tarder... vu le terme "Macédoine" employé au lieu de l'habituel Fyrom. La république yougoslave de Macédoine n'ayant pas vu reconnaître son nom dans les instances internationales du fait du veto grec qui estime que ce nom appartient à son patrimoine historique : la Macédoine d'Alexandre !

Pour télécharger le rapport (en anglais)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Elargissement UE
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 19:10
Le portrait que dresse Salomé Zourabichli dans son livre la "tragédie géorgienne" est pour le moins décapant. Et en tout cas très loin de la biographie "particulièrement hagiographique écrite à deux mains avec le fils d'André Glucksman ("ton nom s'écrit liberté") et conçue par les lobbyistes bruxellois du président".

A l'école du KGB ... ? "Il est expliqué qu'il vient d'une famille de patriotes géorgiens et de l'intelligentsia. Vrai mais à moitié. Il oublie de préciser que cette famille patriote fait quelque chose qu'à la fin des années 80, aucune famille géorgienne patriote n'aurait fait : envoyer le jeune Micha faire son service militaire dans l'armée soviétique. Chacun cherchait, au contraire, par tous les moyens, à échapper à cette obligation. (...) Qui plus est dans les forces spéciales du ministère de l'Intérieur, dont le quartier général se trouve à Kiev. Décision surprenante, qui nécessite de surcroît des appuis en haut lieu. Nul doute que l'oncle du jeune Micha, Temour Alassania, haut fonctionnaire soviétique aux Nations-Unies, position de haute confiance liée au KGB, ait eu un rôle déterminant dans cette décision et sa réalisation." L'auteur va plus loin (...)
"La spécialité qu'il choisit - les relations internationales (qu'il étude à l'université de Kiev) - est elle-même dans l'Union soviétique d'alors et parce qu'elle mène aux contacts avec l'étranger, à la carrière diplomatique, ou aux instituts prestigieux, le "domaine réservé du KGB".

Retourné par la CIA ... ? "Il y a dans sa biographie, une page un peu plus obscure, celle de son passage à Washington, à l'Université, où on ne sait pas ce qu'il a étudié et combien de temps. L'hypothèse qu'il ait pu à ce moment être aussi recruté par les services américains, et suivre une formation accélérée, a été évoquée. Elle permettrait d'expliquer pourquoi les Américains ont été aussi peu curieux sur les états de service de son oncle et son rôle actif auprès du jeune président géorgien..."

Digne héritier de
Chevardnadzé. "C'est Chevardnadzé qui l'a fait venir dans son "Mouvement des citoyens ", parti gouvernemental qui rassemble autour du " vieux loup " toute la classe politique géorgienne, devenant ainsi un nouveau parti unique, modèle que Micha reprendra ensuite avec son Mouvement national. Les mentors de Micha sont aussi les fidèles de Chevardnadzé : ainsi Lana Gogoberidzé, fille d'un des plus redoutables tchékistes géorgiens de la première heure, dont le nom est lié aux pires répressions, fidèle parmi les fidèles de Chevardnadzé, à laquelle Micha ne refuse rien, et qu'il finira par renommer ministre conseiller à l'ambassade à Paris à 80 ans passés. Guela Charkviani, interprète d'anglais auprès de Chevardnadzé durant des années, devenu conseiller personnel de Micha et confident, puis son ambassadeur à Londres."
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Asie centrale-Géorgie-Russie
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 18:10
Georgienne par la naissance, diplomate française de profession, Salomé Zourabichvili se retrouve, en mars 2004, en quelques jours bombardée Ministre des Affaires étrangères du président géorgien fraîchement nommé, Micha Saakachvili. Elle découvre un pays d’origine qu’elle n’a jamais vraiment connu. Mais son entrée au gouvernement ressemble rapidement à un vrai parcours du combattant, semé d’embûches et de déceptions. Après la période enjouée de la « révolution des Roses », le quotidien géorgien se révèle rempli de chausse-trappes politiques. Et la diplomate est rapidement virée sans ménagement par le président. Devenue aujourd’hui un des leaders de l’opposition, elle garde de toute cette période, une certaine amertume qui transparaît dans l’écriture.

Mais cet ouvrage a le mérite de démonter les faux-semblants démocratiques et économiques du pays - ce qu’elle dénomme « le village Potemkine » -, la stratégie permanente de tension du président géorgien et son ego surdimensionné, et la complexité de la vie politique géorgienne, faite de retournements permanents.

Elle démonte la succession d’attentats, vrais ou faux, qui émaillent la vie publique de cette république du Caucase. "Comme cette grenade qui roule et n'explose pas, pratiquement au pied de la tribune présidentielle, sur la place emplie de monde (300 000 personnes ou plus)", le jour de la visite de George Bush à Tbilissi, "à l’insu des services secrets américains et géorgiens". "Elle sera découverte très opportunément une fois Air Force One dans les airs ! Par les services géorgiens qui auront démontré ainsi leur savoir-faire ! D'ailleurs leur efficacité ne s'arrêtera pas là et, bientôt, ils arrêteront un pauvre garçon un peu demeuré qui, jusqu'à ce sjour, se demande dans une prison géorgienne ce qui a bien pu lui arriver. Mais, sans parents et sans défense, il apparaît comme la victime parfaite de ce traquenard !"

Sa galerie de portraits de Saakachvili, de ses proches comme des ténors de l’opposition, croqués parfois avec férocité, vaut le détour. Elle démonte "les apparences : une équipe jeune qui n’a pas connu le communisme, qui a été éduquée à l’étranger et qui peut se targuer de rupture avec le système précédent. La réalité n’est pas aussi simple. Les dirigeants de la révolution ont tous des liens avec le système précédent. Liens familiaux, liens financiers, liens politiques."

Exemple : "Nino Bourjanadzé, la présidente du Parlement, 34 ans (aujourd'hui dans l'opposition), est une enfant de la Nomenklatura soviétique. Née en province, ayant fait ses études en Russie, au prestigieux MGIMO (Institut des relations internationales), elle est issue d'une famille qui a servi le régime, le Parti et l'URSS. Son père fait partie de l'entourage immédiat de Chevardnadzé, un de ses amis les plus fidèles au point qu'on la surnomme " la filleule " du Che. Ou encore " la princesse du blé ", en référence aux milliards que son père aurait réalisés grâce au monopole sur les importations de blé, à la période noire de la Géorgie et en écoulant le plus souvent un blé frelaté."

Mais le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili n'est pas non plus épargné (lire ici).

• La tragédie géorgienne 2003-2008, Salomé Zourabichvili (Editions Grasset, Paris, 28 Avril 2009, 336 pages, 18 euros)

A lire également l'interview de celle qui est devenue maintenant une des dirigeantes de l'opposition réalisée ce 5 juillet sur Colisée
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Lectures du week-end
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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 20:00
Députée au Riksdag (le Parlement suédois), Annicka Engblom (1) a choisi de passer quelques jours avec les marins suédois engagés au large de la Somalie dans l'opération anti-piraterie Atalanta. Un voyage facilité par un vieux pote d'école, Jon Wikingsson, qui est aujourd'hui chef du HMS Stockholm (un des navires engagés). Arrivée début juillet à Djibouti, elle a été "embarquée" à bord des navires suédois et raconte son expérience sur sur son blog.

"Je voulais voir de mes propres yeux et entendre avec mes propres oreilles les expériences des équipages" explique-t-elle.
Une deuxième visite "importante dans le cadre dela la préparation d'une possible continuation de la participation de la Suède (à la deuxième phase d'Atalanta), pour éventuellement en assurer le commandement de l'opération." Premier constat (déjà mentionné sur ce blog) : le temps a eu raison des pirates. "Le vent fait que la piraterie en haute mer a diminué". La période de la mousson rend "les pirates plus dépendants de leur navire-mère". Une notion intéressante "à prendre en compte pour une opération ME02" (l'opération actuelle est en effet dénommée ME01 coté suédois, ME comme Marinens insats i EUNAVFOR). Le chargement des navires du PAM la surprend : "Le travail de chargement est beaucoup trop inefficace et prend beaucoup trop de temps. Tout se fait à la main. Cela prend du temps. Et pendant ce temps des gens meurent de faim."

La suite sur
son blog, en suédois (mais un peu de volonté...)

(1) Née en 1967, elle est diplômée de l'académie navale et a travaillé également au 
service radio des forces armées (Försvarets radioanstalt), une agence dépendante du ministère de la Défense chargée du renseignement, des écoutes radio, satellites et web désormais également - l'équivalent toutes proportions gardées de la NSA américaine - surtout tournée vers le voisinage... est). Elle siège au parti "Modéré" de Carl Bildt, le ministre des Affaires étrangères.

(crédit photo : HMS Stockholm - blog d'Annicka)



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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 18:01
Le proviseur en la personne de Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois, qui préside actuellement l'Union européenne a remis, vendredi, son bulletin de notes à l'élève Barroso: pas suffisant pour passer à la session de juillet. Mais il est admis à une session de rattrapage en septembre... C'est en résumé très scolaire ce qui s'est passé ces derniers jours, après d'intenses tractations entre Bruxelles et Stockholm ainsi que quelques capitales européennes.

L'opposition majeure du Parlement. Après un entretien avec Nicolas Sarkozy (un hasard sans doute -:)), le Premier ministre suédois qui tenait à voir avaliser la candidature de Barroso (qui a promis aux Suédois en retour un poste d'importance) s'est rendu à l'évidence. «On ne prendra pas de décision sur José Manuel Barroso au mois de juillet mais nous espérons que cette décision sera prise plus tard». La candidature risquait, en effet, de ne pas passer la rampe au Parlement européen en juillet et il vallait mieux repousser à plus tard. Quatre groupes politiques du Parlement - à gauche et au centre (communistes, socialistes et démocrates, verts, libéraux)- refusaient qu'on leur torde la main et de désigner le futur Président de la Commission européenne en juillet. Les Verts emmenés par Dany Cohn-Bendit avaient donné les premiers le la .En sonnant une charge vigoureuse contre le renouvellement du président de la Commission européenne en juillet et contre la personne même de José-Manuel Barroso. Ils avait été suivis par les communistes de la GUE, les Libéraux dirigés par Guy Verhofstadt puis les socialistes et démocrates de Martin Schulz.

Un soutien jamais formalisé. L'ancien Premier ministre portugais était pourtant assuré du soutien "unanime" des 27 chefs d'Etat et de gouvernement, acquis lors du sommet européen de juin. Mais ce soutien n'avait pas été formalisé. Pour des raisons politiques. Certains Etats et non des moindres (France, Allemagne et Belgique dans une certaine mesure) ne souhaitant pas qu'il en soit ainsi. Mais pour des raisons juridiques. Formaliser la nomination du futur président, c'est formellement entamer la procédure de nomination de la nouvelle Commission européenne. Le seul traité applicable étant le Traité de Nice, la Commission doit compter moins de membres que d'Etats membres. Et là est le sérieux problème pour les Etats qui ne veulent pas (ne veulent plus) de cette disposition qui figure dans le Traité de Nice, a été réinscrit dans le projet de Traité constitutionnel et repris, bien que limité dans la valeur, dans le Traité de Lisbonne (avec un report de la mesure de 5 ans et la possibilité laissée au Conseil européen de moduler - ou d'annuler - cette mesure à tout moment. 

L'erreur institutionnelle. On ne changera pas José-Manuel Barroso. Comme en 2004, quand il avait maintenu contre vent et marée la candidature de Buttiglione, le commissaire italien pressenti pour les questions de Justice et d'Affaires intérieures qui avait fait une déclaration peu justifiée sur les homosexuels, il n'a pas senti vraiment les lignes de force et de rupture. Cinq ans à la tête de la Commission, et son président n'a toujours pas compris que passer en force, par dessus le Parlement européen, peut avoir un effet boomerang. Quand l'assemblée est en position d'augmenter son pouvoir, ou en danger de le voir diminuer, il se produit, en général, une réaction d'institution, plus indépendante des liens qu'on veut lui faire endosser. Les députés européens - nouvellement élus - ne voulant pas obéir le doigt sur la couture du pantalon, à des contingences politiques de leur gouvernement.

Le risque pour Barroso. Ce faisant, et le Portugais sait bien le risque qu'il prend. A repousser de trois mois
la décision, la possibilité d'être nommée devient moins sûre. Peuvent surgir d'autres évènements qui bouleversent la donne (notamment l'aggravation de la crise économique et sociale ou des actes terroristes) ou, pire, un autre candidat. Si personne ne s'est pour l'instant profilé sur le poste, contrairement à tout ce que peuvent dire les uns et les autres, les "bons" candidats potentiels ne manquent pas. Il suffit que la course à la candidature soit ouverte. C'est ce qui vient de se passer aujourd'hui...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 17:31
Rien n'est officiel. C'est sûr. Mais des nouvelles provenant d'Helsinki confirment que la Finlande a entamé les préparatifs pour s'engager plus avant dans l'opération européenne anti-piraterie Atalanta en envoyant une frégate sur zone d'ici la fin de l'année (elle a déjà deux officiers à l'Etat-Major). Et ce pourrait être une des offres fermes de la conférence de génération qui s'est ouvert.En tout cas, un des obstacles à cet engagement est (presque) levé.

En Finlande, tout commence (ou tout finit), en effet, par une négociation entre partenaires sociaux.
Même dans le secteur de la défense. Les trois unions concernées (officiers, sous-officiers, cadres) viennent d'aboutir, ainsi, à un accord sur les conditions de service et les principes de recrutement du personnel servant sur le navire envoyé au large de la Somalie. Les militaires ainsi détachés recevront, d'après nos confrères finlandais de Demari, la même indemnité que quand ils sont à l'extérieur de leur port d'attache. Et une prime "Opex - gestion de crise" dont le montant reste encore à fixer.

La décision pourrait être prise politiquement d'ici l'automne. La mission durerait 4 mois environ et serait prévue en 2010. Quant au
navire, cela pourrait être le mouilleur de mines, le Pohjanmaa (01 - photo), qui comprend un équipage de 80 hommes et femmes.

NB : En Finlande, les associations professionnelles ont droit d'existence et négocient les accords salariaux pour les militaires. Et les soldats reçoivent une indemnité de compensation quand ils restent un certain temps hors de leur port d'attache.

(Crédit photo : forces armées finlandaises)

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 17:30
Trois officiers slovènes pourraient rejoindre l'opération maritime anti-pirates Eunavfor Atalanta. Leur participation serait essentiellement destinée à l'Etat-major.
(mis à jour 10 juillet)
Décision confirmée par le gouvernement slovène le 9 juillet. Des trois officiers : un irait à l'OHQ de Northwood, un autre (éventuellement) sur un navire au FHQ et le dernier au FHQ logistique de Djibouti. C'est un gage d'expérience et de formation pour nos officiers, estime-t-on à Ljubjana, la capitale slovène.
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 06:05
Une première conférence de génération de force doit se tenir, ce jeudi, à Bruxelles au Conseil de l'Union européenne pour préparer la prolongation de la force aéronavale européenne anti-piraterie Atalanta en 2010. Il s'agit aussi de prévoir des forces supplémentaires pour l'été et l'automne 2009 (sous commandement néerlandais). Il manque, en effet, encore quelques navires et avions d'ici la fin de l'année.

Etats tiers intéressés.
Tous les Etats membres de l'UE doivent participer à cette conférence ainsi que les Etats tiers habituellement invités (membres de l'OTAN et non membres de l'UE comme la Norvège, la Croatie, la Macédoine et la Turquie). D'autres Etats tiers "particulièrement intéressés" à s'intégrer à l'opération européenne pourraient aussi être présents ou être admis à participer à la génération de forces. L'Australie particulièrement, l'Ukraine (qui a souvent participé aux conférences mais jamais concrétisé ses offres pourrait offrir des commandos) ou Oman.

Etats participant à Atalanta. En l'état des lieux, près d'une vingtaine de pays européens (dont trois Etats n'appartenant par à l'UE - marqués avec une *) participent déjà à l'opération Atalanta ou ont indiqué y participer. Dix d'entre eux fournissent des moyens maritimes ou aériens (Espagne, France,
Royaume-Uni, Allemagne, Grèce, Italie, Suède, Norvège *, Belgique, Pays-Bas). Les autres (Malte, Chypre, Finlande, Lettonie, Bulgarie, Hongrie, Irlande, Slovénie, Croatie *) envoient des hommes dans les Etats-majors d'opération à Northwood, de force sur mer ou logistique à Djibouti. Ajoutons à cette liste, le cas spécifique de la Suisse * dont le gouvernement a décidé la participation mais qui doit encore avoir l'aval de son Parlement, à l'automne. Point qui n'est pas qu'une formalité chez les Helvètes...

Force maritime arabe. A noter que 11 Etats de la région ont annoncé, mardi, leur intention de créer
une force maritime arabe. Elle regrouperait - selon la presse yemenite - l'Arabie Saoudite, Bahrain, Djibouti, l'Egypte, les Emirats arabes unis, la Jordanie, Koweit, Oman, le Qatar, le Soudan et le Yemen). Cette task-force serait coordonnée pour un an par l'Arabie Saoudite.

(NB : la carte illustre l'augmentation de la zone de couverture d'Atalanta, au large des Seychelles - en rouge l'opération telle que lancée à l'origine, en jaune la zone de couverture supplémentaire - Source : Bundestag)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.