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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 22:43
On peut se poser la question de savoir si le récent regain de "piraterie" en Mer rouge, noté un peu partout, ressort d'une réalité ou d'une psychose partagée, ou de fausses alertes. En tout cas, c'est ce qui ressort d'un dernier bulletin d'information diffusé par le centre d'opération de l'Union européenne Atalanta. C'est un fait : on a noté ces dernières semaines une augmentation de la présence de petits skiffs dans le détroit de Bab El Mandeb et du sud de la Mer rouge. Entre 7 et 15 skiffs avec 2-3 personnes à bord ont ainsi été reperés, selon les dernières estimations. Ces navires conduisent, parfois, des manoeuvres erratiques ou d'approche des navires marchands qui pourraient laisser penser à des attaques pirates. Certains rapports font même état de tirs d'armes légères en l'air.

Mais même si la piraterie n'est pas exclue, aucun des rapports reçus ne paraît directement lié à la piraterie,
notent les experts maritimes européens. Un seul cas a été recensé, dans l'année, comme une attaque de pirates dans le détroit de Bab El Mandeb. En revanche, cette zone est historiquement connue comme étant utilisée par des contrebandiers (de tout poil) qui utilisent de petits bateaux rapides. Ainsi le nombre de skiffs utilisés et le nombre de personnes à bord fait davantage penser à des activités de contrebande (ou de pêche) qu'à des activités de piraterie proprement dite... C'est peut-être important à signaler. On sait effectivement qu'un certain nombre d'alertes par les navires marchands sont de fausses alertes. Ils perçoivent comme un bateau pirate ce qui est ni plus ni moins un bateau pêcheur, un peu rapide (le même que ceux utilisés par les pirates).
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 22:38
Si l’on veut comprendre l’actualité et le futur de la république du Caucase mouvementée, il faut lire cet ouvrage. De tout temps, ce bout de terre a été disputé par les empires voisins, turcs ou iraniens notamment, et s’est battu pour préserver sinon son indépendance du moins son autonomie. Et de tout temps, la Géorgie a eu un rapport amour – haine avec la Russie, et s’est retournée vers l’Occident (le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la France notamment) pour contrer l’ombre du « grand frère » russe. Souvent en vain....

Pour autant, dire que l’histoire se répète aujourd’hui comme hier est erroné. Et c’est tout l’intérêt de cet ouvrage de pouvoir dresser le portrait tout en subtilités et nuances d’un pays qui reste attachant malgré ses divisions et ses extravagances. Pierre Razoux est un « spécialiste des conflits » ayant notamment écrit sur le Moyen-Orient. Il a travaillé au ministère de la Défense français et britannique et est chercheur au Collège de l'OTAN à Rome.

• Histoire de la Géorgie, Pierre Razoux (éditions Perrin, Paris, avril 2009, 408 pages, 21,50 Euros)
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 17:19
Il y aura bien un protocole "irlandais" sur la défense (ainsi que la fiscalité et la famille) ajouté à un Traité européen. Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement, réunis en sommet à Bruxelles sont tombés d'accord sur ce point, ce vendredi.

Ce sont surtout le Royaume-Uni et l'Irlande qui ont tenu les derniers rounds de négociation, dans la journée, pour finir par tomber d'accord sur une formule de compromis. Le Royaume-Uni ne voulait pas être tenu de ratifier à nouveau le Traité de Lisbonne, l'Irlande voulait une décision à valeur juridique "constitutionnelle" immédiatement pour convaincre ses électeurs de repasser au vote et éliminer tout risque d'un nouveau vote "Non". Au final, le dispositif est le suivant : 1) une décision du Conseil européen comprend un ensemble de positions - notamment en matière de défense - destiné à éclaircir les questions de défense pour les Irlandais, elle a valeur juridique (de droit dérivé) et entre en vigueur en même temps que le Traité de Lisbonne ; 2) elle sera transformée en protocole du Traité (donc un texte à valeur de droit primaire ou constitutionnel) mais pas tout de suite : dans le
prochain traité qui sera soumis à ratification (sans doute celui de l'adhésion de la Croatie) ; 3) cette décision est accompagné d'une déclaration unilatérale de l'Irlande - à valeur plus politique que juridique - qui sera annexée au Traité soumis à la ratification des Irlandais (et à l'instrument de ratification irlandais du Traité).

Le contenu est assez semblable à celui que j'annonçais sur ce blog (lire ici).

Le texte est fondé sur un double principe qu'on pourrait appeler de "non-prolifération juridique": "la politique défense et de sécurité commune ne porte pas préjudice à la politique de défense de chaque Etat membre, ou à ses obligations. Le Traité de Lisbonne n'affecte pas la politique traditionnelle de neutralité militaire de l'Irlande"  (Union's common security and defence policy) "does not prejudice the security and defence policy of each Member State, including Ireland, or the obligations of any Member State". (and) The Treaty of Lisbon does not affect or prejudice Ireland's traditional policy of military neutrality.

C'est à chaque Etat membre de "déterminer quelle aide ou assistance il procure à l'Etat membre victime d'une attaque terroriste ou d'une agression armée sur son territoire". "It will be for Member States - including Ireland, acting in a spirit of solidarity and without prejudice to its traditional policy of military neutrality - to determine the nature of aid or assistance to be provided to a Member State which is the object of a terrorist attack or the victim of armed aggression on its territory"

"Toute décision de passer à la défense commune requiert une décision unanime du Conseil européen". Any decision to move to a common defence will require a unanimous decision of the European Council.

C'est à chaque Etat membre de "décider de participer à la coopération structurée permanente ou à l'Agence européenne de Défense." It is also a matter for each Member State to decide, in accordance with the provisions of the Treaty of Lisbon and any domestic legal requirements, whether to participate in permanent structured cooperation or the European Defence Agency.

Le Traité de Lisbonne "ne prévoit pas la création d'une armée européenne (comme d'une) conscription pour une formation militaire. Il n'affecte pas le droit de l'Irlande ou de n'importe quel Etat membre de déterminer la nature et le volume de dépenses de défense, come la nature de ses capacités de défense". The Treaty of Lisbon does not provide for the creation of a European army or for conscription to any military formation. It does not affect the right of Ireland or any other Member State to determine the nature and volume of its defence and security expenditure and the nature of its defence capabilities.

It will be a matter for Ireland or any other Member State, to decide, in accordance with any domestic legal requirements, whether or not to participate in any military operation.

Télécharger le texte des conclusions (anglais)
Télécharger le texte des conclusions (français)
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 14:52
Après l'Irlande et la Bulgarie, c'est la Hongrie qui a décidé de participer à l'opération anti-pirates Atalanta, plus exactement au quartier-général d'opération (OHQ) de Northwood (près de Londres). Une participation symbolique puisqu'il s'agira de l'envoi d'un officier "IT administrateur de site". Mais la Hongrie, pays enclavé, ne dispose pas, en tant que telle, de marine. Et cet apport permet de compléter les effectifs de l'Etat-major, qui souffrait depuis le début d'un sous-effectif et, surtout, de compléter son coté multinational. Pour la Hongrie, qui présidera aux destinées de l'Union européenne, en 2011, après l'Espagne et la Belgique, cela permet d'avoir un pied dans une des opérations "phare" de la PESD.
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 09:40
La Diète japonaise a approuvé, vendredi, une loi autorisant l'armée japonaise (les forces d'auto-défense ou SDF) à agir pour protéger des pirates au large de la Somalie les navires marchands qui ont un lien avec le Japon. Est considéré comme un lien avec le pays les navires : 1) battant pavillon du Japon, 2) avec des Japonais - marins ou passagers - à bord, 3) ou opérés par des firmes japonaises. Elle autorise la SDF à ouvrir le feu sur les bateaux pirates qui refusent de s'arrêter après ds tirs de semonce. Ce qui change singulièrement la donne. Les navires de guerre japonais ne sont jusqu'ici qu'autorisés à des tirs de semonces. Et pas plus, sauf circonstances très exceptionnelles ; la Constitution du Japon limitant strictement l'usage de la force à la défense du territoire japonais. Cette opération constitue une première opération du Japon, avec une démonstration de force appuyée, hors de la zone d'action habituelle de la SDF.

Même si la chambre des conseillers, dominée par l'opposition, a voté contre la proposition de loi, celle-ci a pu passer grâce à l'appui massif de la Chambre des représentants, dominée par la coalition au pouvoir (parti démocratique libéral et Komeito). Cette loi permet de changer la base juridique d'action pour les forces déployées dans le golfe d'Aden (deux navires et deux avions patrouilleurs).

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 01:52
Score écrasant au Bundestag. L'assemblée fédérale allemande a approuvé, jeudi, l'extension de l'opération anti-pirates de l'Union européenne "Atalanta" aux Seychelles. 475 députés ont voté pour (CDU/CSU, SPD, FPD et Grünen) et 42 contre (Die Linke). Le budget reste inchangé. L'opération prévoit - comme à l'origine - un maximum de 1400 hommes engagés. L'Allemagne s'est engagée à fournir en permanence une frégate sur zone, avec 2 hélicoptères, et un détachement de protection de 10 hommes. Un chiffre qui varie. Ainsi début mai, elle avait trois navires en action ainsi qu'un avion P3 Orion.

Quant aux Suisses, l'engagement se précise. La commission sécurité du Conseil national (l'assemblée suisse représentant le peuple) a voté, mardi, par 15 voix contre 11 pour l'engagement de militaires suisses (une trentaine au sein d'Atalanta). En revanche, elle n'a pas estimé nécessaire de modifier la loi suisse d'engagement militaire à l'étranger. Le budget affecté à cette opération sera de 9,8 millions de francs suisses. Le contingent suisse sera formé d'une équipe médicale, des officiers d'état-major, deux équipes de la sensibilisation et de formations et trois spécialistes des questions juridiques.

(mise à jour 28 juin) la commission sécurité du Conseil des Etats (l'assemblée suisse représentant les cantons) a voté, le 26 juin, dans le même sens, à une majorité nette (10 voix contre 1) pour l'engagement des Suisses dans Atalanta. En revanche, l'opinion est plus partagée du coté des commissions des affaires extérieures des deux assemblées : celle du Conseil national a marqué son hostilité à cette opération tandis que celle du Conseil des Etats l'a approuvé. Le Parlement suisse doit débattre de cette question à l'automne.
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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 03:00
Le rapport de la présidence de l'UE sur la politique de défense européenne présenté traditionnellement au sommet européen est souvent l'occasion de brosser un tour d'ensemble à la fois des opérations et du développement des capacités militaires et civiles. Les lecteurs assidus de ce web ne seront pas vraiment surpris. Quelques éléments à noter (avec quelques ajouts...).

Les opérations

Géorgie (EUMM). "Depuis son déploiement, la mission a effectué près de 3 600 patrouilles, de jour comme de nuit" (EUMM est la seule force à faire des patrouilles de nuit - contrairement à la MONUG et l'OSCE - près d'un tiers des patrouilles ont lieu de nuit, ce qui selon un expert du dossier "permet de sécuriser mais aussi dédramatiser" les possibles incidents). Seul bémol : "les incidents fréquents rappellent encore que la situation à proximité de la ligne administrative reste instable." Une volatilité que j'avais pu constater sur place en novembre dernier (lire le reportage). Deux points positifs néanmoins : "Une majorité des déplacés internes du conflit d'août ont pu regagner leurs domiciles et villages. (Et) la mission de l'UE a pris des mesures visant à éviter que les incidents ne débouchent sur un conflit, en concluant notamment des mémorandums d'accord avec les ministères de la défense et de l'intérieur de la Géorgie et en participant à l'établissement d'un mécanisme de prévention et de réaction en matière d'incidents (IPRM)" . NB : Un accord important qui permet de "déminer" par avance tout enchaînement d'incident. Faut-il préciser qu'avec le veto mis par la Russie à la continuation de la MONUG en Abkhazie et de l'OSCE en Ossétie (qui ont jusqu'au 30 juin pour partir), la mission européenne EUMM reste la seule mission internationale présente sur le terrain. Et la question de la prolongation de son mandat se pose (il se termine le 15 septembre prochain normalement).

Afghanistan (Eupol) : On sait que cette mission EUPOL a eu toutes les peines du monde, depuis des années, à se déployer... "La décision de doubler progressivement les effectifs de la mission est actuellement mise en oeuvre." explique le rapport (NB : on en serait à environ 350 personnes recrutées environ sur 400). "La mission est déployée à Kaboul et dans seize provinces afghanes, au sein notamment des équipes provinciales de reconstruction et des commandements régionaux. Les préparatifs en vue de son déploiement vers les deux provinces orientales sont en cours." La mision Eupol s'oriente plus généralement vers l'"Etat de droit au sens large : (...) la coopération entre la police et les services du procureur général, l'aide à l'élaboration des actes législatifs essentiels et l'encadrement des interlocuteurs clés au sein du bureau du procureur général et de la Cour suprême". "Un important programme "formation des formateurs" a (égalament été lancé, qui porte notamment sur la formation des forces de police afghanes à leur mission et action lors des prochaines élections. L'objectif est de parvenir, grâce à l'effet de levier, à former 35 000 policiers d'ici les élections législatives de 2010." Elle agit aussi pour renforcer la "
police municipale de Kaboul et la sécurité dans la ville, la réforme de la police, la police des frontières...". NB : Il s'agit ainsi de bien se coordonner avec la nouvelle force de formation de police de l'OTAN, la NTM-A, qui aura une vocation plus directement opérationnelle, visant à former des forces de maintien de l'ordre et de sécurisation, avec intervention de plusieurs Etats membres participant à la force de gendarmerie européenne (Italie, France, Pays-Bas, Pologne, Turquie...). En gros, on a un partage assez classique vu de France, une force civile, urbaine et judiciaire pour Eupol ; une force semi-militarisée, rurale et dédiée au maintien de l'ordre pour la NTM-A.
 

Atalanta Somalie (Eunavfor). La mission "phare" de l'Union européenne est décrite en un nombre de paragraphes plus important. Beaucoup a déjà été dit sur ce blog (lire Atalanta 6 mois, premier bilan). Un seul point sur lequel j'ai peu insisté: la mise en place de "10 accords cadres de coopération avec les forces navales d'autres Etats qui sont déployés dans la région" (NB : par exemple la Chine, la Russie, l'Arabie Saoudite, le Japon...).

Les autres opérations sont également détaillées.
Dans les Balkans : Althea Bosnie (et la question de l'évolution de son mandat), Eulex Kosovo (et son plein déploiement et le premier bilan, détaillé ici),
Eubam Moldavie-Ukraine (qui fait son apparition au titre des missions de la PESD - jusqu'ici c'était une mission hybride, entre développement et défense) - Au Moyen-Orient : Eupol Copps Palestine (et son évolution vers une mission Etat de droit), Eubam Rafah (touours suspendue en attendant un accord des parties et la réouverture de la bande de Gaza), Eujust Lex Iraq (qui entame une phase pilote de déploiement hors de Bagdad, si la "sécurité" le permet)
En Afrique : Eupol RD Congo (son mandat est prolongé
jusqu'au 30 juin 2010, son extension vers le système judiciaire décidée depuis plus d'un an, l'établissement de deux postes dans l'est du pays - retardé par le climat de guerre de la fin d'année dernière - est désormais effectif à Goma et Bukavu) et Eusec RD Congo (la chaîne de paiement a été étendue à tout le personnel de l'armée, et la mission de EUSEC supervise des projets sur les droits de l'homme ou les infrastructures financées par la CE ou les Etats membres, et l'opération "prolongée jusqu'au 30 septembre 2009"), ainsi que la mission de formation des armées de Guinée Bissau.

Les Capacités...

Au plan civil, le principal travail de ce premier semestre 2009 a porté sur "la mise au point et la mise en oeuvre d'un environnement logiciel "Goalkeeper" et la disponibilité des experts civils, avec l'établissement d'un "inventaire des disponibilités pour la réserve d'experts affectés aux équipes d'intervention civile. Un site web sécurisé a été présenté au début de 2009 (et il sera mis à la disposition des missions PESD ..."

Au plan militaire,
c'est la mise en place d'un réseau sécurisé destiné aux opérations de l'UE (UE OPS WAN) qui me paraît intéressante. "Une accréditation initiale et des services opérationnels pour le niveau SECRET UE ont été fournis à l'EMUE et aux EMO en France, en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Grèce. Les EMF en Suède et en Allemagne sont en cours d'accréditation à l'OPS WAN. L'EMF en Italie doit être connecté l'année prochaine." Et une étude sur l'interopérabilité de l'Etat-Major de l'UE avec l'OTAN ou Finabel est en cours. Sinon, le travail de "conceptualisation" continue avec la mise au point d'un "concept sur les opérations spéciales",  la mise à jour des "concepts de réaction rapide". La mise à jour du concept de réaction rapide aérien et maritime est entamé, l'examen de la nécessité d'un concept de réaction rapide terrestre.  Enfin, avis aux amateurs, il manque encore quelques Etats membres pour prendre le tour des garde des Battlegroups en 2012 (entraînement assuré, efficacité limitée -;)...

Télécharger le rapport en français / en anglais
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 22:45
Les "garanties" données à l'Irlande pour faciliter la tenue d'un deuxième référendum sur le Traité de Lisbonne seront au centre des discussions du Sommet européen les 18 et 19 juin. Ou du moins, les 27 Chefs d'Etat et de gouvernement pourront en approuver les principaux éléments. Les diplomates irlandais, aidés des juristes du Conseil ont, en effet, travaillé sur plusieurs projets. Et l'on est proche d'un accord global. Selon les premiers éléments, il existera ainsi quatre garanties "irlandaises". Trois seront inscrites dans une décision à valeur juridique, par exemple une décision du Conseil européen (qui a valeur juridique) : sur la politique de défense et la neutralité, sur la fiscalité, sur la famille, l'éducation et l'éthique. La dernière garantie (sur la politique sociale et le droit du travail) sera inscrite dans une déclaration "solennelle" à valeur uniquement politique.

Clarifier, expliquer, préciser, dédramatiser... En matière de PESD, il s'agit essentiellement - comme l'explique un diplomate européen - «de clarifier le texte du Traité de Lisbonne - non pas de le modifier (ce qui nécessiterait une nouvelle ratification du Traité) -, d'expliquer de façon générale que l'adoption du nouveau Traité ne signifie pas que l'Irlande renonce à la neutralité, qu'elle n'aboutit pas à créer cette "armée européenne" » (idée qui tourne comme un leitmotiv chez certains euro sceptiques, a été évoquée par certains dans la campagne sur le Non, et ne reposent sur aucun projet concret européen), ou à augmenter les dépenses militaires. Toute la difficulté - explique ce diplomate - a été de donner des garanties à l'Irlande sans mettre en portafaux les autres pays, notamment les Neutres (Autriche, Finlande, Suède...) qui ont déjà ratifié le texte.

Ainsi pour la clause de solidarité, il précise que c'est à chaque Etat membre de déterminer les moyens par lequel il entend soutenir l'Etat attaqué (moyens qui ne sont pas automatiquement militaire, mais peuvent être diplomatique ou humanitaire). Il rappelle que l
a participation à la coopération structurée permanente est du ressort de la volonté de chaque Etat membre.
Comme la participation à l'Agence européenne de défense, d'ailleurs (ce qui serait nouveau puisque l'Irlande participe déjà aux travaux de l'agence). Il clarifie
la participation à des opérations militaires, en précisant qu'elle reste fondée sur le volontariat - ni l'Irlande ni d'autres Etats membres ne peuvent être tenus d'y participer. La participation à une opération militaire de l'Irlande - selon le projet de déclaration - sera conditionnée à trois éléments : 1) une autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU, 2) l'accord du gouvernement irlandais, 3) l'approbation du parlement irlandais (Dail Eireann).

La formule adoptée au Sommet européen devrait ainsi être sensiblement proche du projet de texte préparé par le gouvernement irlandais (et publié dans l'Irish Times) :
*   "The Union’s action on the international scene is guided by the principles of democracy, the rule of law, the universality and indivisibility of human rights and fundamental freedoms, respect for human dignity, the principles of equality and solidarity, and respect for the principles of the United Nations Charter and international law.
    * The Union’s common security and defence policy is an integral part of the common foreign and security policy and provides the Union with an operational capacity to undertake missions outside the Union for peace-keeping, conflict prevention and strengthening international security in accordance with the principles of the United Nations Charter. It does not prejudice the specific character of the security and defence policy of Ireland.
    * The Lisbon Treaty does not affect or prejudice Ireland’s traditional policy of military neutrality.
    * It will be for Ireland, acting in a spirit of solidarity and without prejudice to its traditional policy of military neutrality, to determine the nature of aid or assistance to be provided to a Member State which is the object of a terrorist attack or the victim of armed aggression on its territory. Any decision to move to a common defence will require a unanimous decision of the European Council. It would be a matter for the Member States, including Ireland, to decide, in accordance with the provisions of the Treaty of Lisbon and with their respective constitutional requirements, whether or not to adopt a common defence.
    * Nothing in this Section affects or prejudices the position or policy of any other Member State on security and defence.
    * It is also a matter for each Member State to decide, in accordance with the provisions of the Lisbon Treaty and any domestic legal requirements, whether to participate in permanent structured co-operation or the European Defence Agency.
    * The Treaty of Lisbon does not provide for the creation of a European army or for conscription to any military formation,
    * It does not affect the right of Ireland or any other Member State to determine the nature and volume of its defence and security expenditure and the nature of its defence capabilities.
    * It will be a matter for Ireland or any other Member State to decide, in accordance with any domestic legal requirement, whether or not to participate in any military operation.

It reiterates that the participation of contingents of the Irish Defence Forces in overseas operations, including those carried out under the European common security and defence policy requires (a) the authorisation of the operation by the Security Council of the General Assembly of the United Nations, (b) the agreement of the Irish Government, and (c) the approval of Dáil Éireann, in accordance with Irish law.

Ireland notes that nothing obliges it to participate in permanent structured co-operation as provided for in the Treaty on European Union. Any decision enabling Ireland to participate will require the approval of Dáil Éireann in accordance with Irish law.

Ireland notes also that nothing obliges it to participate in the European Defence Agency, or in specific projects or programmes initiated under its auspices. Any decision to participate in such projects or programmes will be subject to national decision-making and the approval of Dáil Éireann in accordance with Irish law. Ireland declares that it will participate only in those projects and programmes that contribute to enhancing the capabilities required for participation in UN-mandated missions for peace-keeping, conflict prevention and strengthening international security, in accordance with the principles of the United Nations Charter.

(1) texte diffusé par le quotidien Irish Times
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 17:30
Après le retour du destroyer russe Admiral Panteleyev à la maison (à Vladivostok), la flotte russe n'abandonnera pas la zone. Selon l'agence de presse Ria Novosti, le commandant de la flotte russe du Pacifique, le Vice-Admiral Konstantin Sidenko, a ordonné la préparation d'une nouvelle force qui devrait partir vers le Golfe d'Aden d'ici quelques semaines, au plus tard début juillet.

(
Mise à jour: 26 juin) Cette task force partira, le 29 juin, vers le Golfe d'Aden a confirmé le QG de la flotte russe. Elle sera centrée autour du destroyer "Admiral Tributs" (un destroyer anti-missiles de la classe Udaloy, armé de missiles mer-mer, de canons 100mm et 30mm), doté de deux hélicoptères Ka-27 Helix, d'un ravitailleur - le Boris Butoma -, d'un remorqueur de sauvetage, MB-99, et d'une unité d'infanterie de marine.

Actuellement sur zone, selon les Russes, opèrent 35 navires de 16 nationalités différentes. Auxquels il faut ajouter les huit avions de patrouille maritime et environ une trentaine d'hélicoptères embarqués à bord des bateaux (NB : la force européenne EUNAVFOR Atalanta représente un tiers de cette force). Ce qui commence à être une force normalement suffisante, si elle est bien coordonnée pour ramener un peu d'ordre dans la zone.

Durant ces deux mois de présence, depuis le 27 avril, l'Admiral Panteleyev a escorté 41 navires marchands. Il a déjoué une attaque pirates pendant qu'il escortait un convoi de six navires. Il avait saisi 29 personnes, considérées comme pirates suspects, avant de le libérer, dans des conditions peu élucidées, en les remettant aux autorités de leur pays d'origine (Iran, Pakistan) pour jugement.

Summary : Russia's Pacific Fleet task force led by the Admiral Panteleyev destroyer is heading back to its base in Vladivostok after an anti-piracy mission in the Gulf of Aden. According Ria Novosti, The commander of Russia's Pacific Fleet, Vice Admiral Konstantin Sidenkohas issued an order for the preparation of a new task force to be sent on a tour of duty in the area which is currently patrolled by around 35 warships from the navies of 16 countries. The task force will comprise a warship with two helicopters, a rescue tugboat, a tanker and a unit of naval infantry. The ships will most likely depart for the Gulf of Aden at the beginning of July, and will be the fourth Russian grouping to join the international anti-piracy efforts off the Somali coast. During the tour of duty, the Admiral Panteleyev escorted a total of 41 commercial vessels along the shipping lanes in the pirate-infested waters.
(update 26th june) The task force will comprise the Admiral Tributs destroyer
(an Udaloy class missile destroyer armed with anti-ship missiles, 30-mm and 100-mm guns, and two Ka-27 Helix helicopters), the Boris Butoma tanker and the MB-99 salvage tug. It will head to the Gulf of Aden on June 29.

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 01:32
3 avions d'EUNAVFOR (1 Espagnol, 1 Français, et 1 Allemand), 3 avions Américains de la task force CTF 151 basée à Bahrein et 2 avions Japonais, faites le compte. Vous y êtes. Cela fait 8 avions, déployées au large de la Somalie, sur lesquel les forces multinationales peuvent compter pour surveiller la vaste zone d'océan dans lesquelles oeuvrent les pirates.

Si pour des Français ou des Américains, c'est un peu une opération de routine, pour les Japonais, c'est un évènement. Puisqu'elle conduit, pour la première fois, les aviateurs nippons hors de leur territoire.

Coté mécanique, tout le monde est équipé d'avions P3 Orion... sauf les Français qui se distinguent avec leur Atlantique 2 (au moment de la photo, il était... en vol)

(Source : Bundeswehr/Christin K.)

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.