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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 16:06

RosalindMarsdenDarfour-Fco0910.jpgC'est finalement l'ancien ambassadeur britannique au Soudan, le Dr Rosalind Marsden, qui a été désignée comme représentant spécial de l'UE pour remplacer le Danois Torben Brylle, qui part vers d'autres horizons.

Dans sa feuille de route dressée par Lady Ashton, la diplomate en chef de l'Union, la préparation du referendum à Abyei et le Sud Soudan et une "attention soutenue" à la situation délicate du Darfour... Entrée effective en fonction : 1er septembre.

Rosalind Marsden a pour elle de bien connaître le pays où elle a été ambassadeur de sa Gracieuse majesté durant ces trois dernières années (avril 2007 à mai 2010). Indispensable étant donné les évènements à venir. Elle est plutôt une habituée des postes "chauds". Elle a été en poste à Basra en Irak (2006-2007) et à Kaboul en Afghanistan (2003-2006). Elle a également officié au Foreign Office comme chef du département des Nations-Unies (1996) ou chef de section du département des Communautés européennes (1983-1985).

(crédit photo : FCO - visite aux forces de la Minuad en 2009)

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 11:00
Une délégation de 138 observateurs de l’Union européenne (UE), dirigée par l’eurodéputée belge PS, Véronique de Keyser, a commencé à se déployer actuellement au Soudan, pour observer la préparation des élections et la campagne électorale : 58 observateurs sont déjà arrivés ou en voie de l'être. Ils seront renforcés pour la durée de l’élection par 80 suivants observateurs ainsi qu'une délégation du Parlement européen. Le Soudan organise des élections générales les 11 et 18 avril prochains. Un pays qui n'est pas petit (2,5 millions de km2) ni pacifique. Autant dire que la mission de V. De Keyser ne sera pas de tout repos.  « Il est évident que nous ne pourrons nous déplacer dans chaque bureau de vote, nous allons prendre des échantillons (...). Nous allons tirer nos conclusions non seulement de nos observations mais aussi des tendances dans différentes régions et des données », a-t-elle déclaré, selon l'AFP, lors d'une conférence de presse à Kharthoum. « C'est une étape importante dans la mise en place de l’accord de paix global et l’avenir politique du Soudan » a expliqué, pour sa part, à Bruxelles Catherine Ashton, Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. « Le rôle des observateurs européens n’est pas de valider les candidatures et les résultats mais seulement de vérifier que le processus d’élection respecte les critères internationaux d’élection démocratique et sincère » a-t-elle ajouté.
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 00:40
Il est rare qu’une mission de stabilisation de paix se termine, en temps et en heure. D'ordinaire, on joue les prolongations. C’est, en cela, que la cérémonie de clôture de la mission militaire européenne « Eufor » au Tchad et en République centrafricaine, dimanche 15 mars, n’est pas anodine. Certes, cette mission se termine et une autre commence – celle des Nations-Unies (Minurcat II). Mais c'était bien le but de la mission Eufor - se mettre en place rapidement pour permettre à la Minurcat de trouver le temps de se déployer. Et, bien entendu, tous les problèmes ne sont pas réglés. Les réfugiés sont toujours là aussi nombreux, voire plus. Les déplacés également, même si certains ont pu revenir dans leur localité d’origine, plus ou moins définitivement, au moins pour le temps des récoltes. Les tensions entre le Tchad et le Soudan continuent, par rebelles interposés. Et les « bandits », issus souvent des rangs des rebelles comme ceux de l’armée régulière continuent à mener, de temps à autre, leurs ripailles, souvent dans la ville même d'Abéché. Mais il est un fait sur le terrain : Premièrement, la situation ne s’est pas aggravée. C’est déjà beaucoup. Et, deuxièmement, ce n’est plus totalement une zone de non-droit. les « bandits » de tous chemins savent qu’ils ont un peu plus de danger à mener leurs actions.

La capacité militaire de l’UE démontrée
Au-delà, l’UE a prouvé qu’elle était capable de mettre sur pied une mission militaire d’une ampleur nouvelle pour elle : près de 4000 hommes projetés à plus de 5000 Kms, sur un terrain aride, difficile, où le manque d’eau et de nourriture se combinent avec l’hostilité des éléments et la violence de l’homme. Certains think-tanks basés aux Etats-Unis, à la réflexion sans doute profonde mais un peu orientée, et d'autres cassandres pariaient sur un échec de la mission. Désolé. Il n’en a été rien. Malgré toutes les difficultés prévisibles ou survenues – l’attaque des rebelles du 1er février notamment, les hélicoptères en nombre insuffisant également – la mission a pu se mettre sur pied. Les relèves ont bien été effectuées en temps et heure. Les unités multinationales se sont bien accoutumées à travailler ensemble – même si quelque petits différents sont survenus de temps en temps (plutôt normal pour une opération de cette ampleur). En tout ce sont près de 10 000 militaires qui se sont ainsi relayé tout au long de cette année. 

La mission a échappé à quatre dangers et je lui décernerai donc 4 étoiles.

* Tout d’abord le fait même que la mission a existé avec aussi peu de "grands pays fondateurs" participants. Qui aurait pu imaginer au début de la politique de défense – c’est-à-dire il y a quelques années à peine - que l’Europe pourrait conduire une opération militaire avec un seul des pays fondateurs de l’Europe de la défense à bord (la France). Ni le Royaume-Uni (qui a envoyé quelques hommes de renseignement), ni l’Allemagne n’ont participé à l’opération. Et l’Espagne et l’Italie n’ont apporté qu’une contribution – certes utile — l'hôpital de rôle 2 pour les Italiens, des rotations d'avions pour les Espagnols – mais somme toute modeste. De fait, cette opération n’a été possible qu’avec la participation des pays neutres ou non membres de l’OTAN ou récemment arrivés dans l’Union européenne. Quelle belle preuve d’intégration. Notons ainsi la participation notable de l’Irlande, de la Pologne, de la Suède et de la Finlande. C'est la 1ere étoile. Et aussi l'assentiment des 27 Etats membres qui, unanimes, même s'ils ne participaient ont soutenu la mission (et l'ont financé, un peu, par l'intermédiaire du mécanisme Athena).

** Ensuite, le fait de surmonter les difficultés logistiques. Et elles ne manquaient pas, à commencer par le transport des troupes et matériels, par bateau, route et air. Le défi était, en effet, de pouvoir amener tout le matériel sur place, de construire une sorte de petite ville, alors qu’il y a une pénurie d’avions dans tous les pays européens, que ceux qui restent sont souvent poussifs (les mécaniciens d’Eufor n’ont pas chômé pour réparer les pannes) ou pris sur d’autres théâtres d’opération (Afghanistan, l'affaire du Ponant a dérouté un ou deux avions…). Alors. Chacun s’y est mis, prêtant qui un avion pour 10 jours, qui pour 3 rotations. Et on ne saluera jamais assez le rôle de tous ceux qui ont assuré cette logistique. Et qui vont travailler encore jusqu’au bout pour tout rapatrier. 2e étoile.

*** N’oublions pas l’autre défi, celui de l’impartialité. Il était loin d’être gagné. Au début de la mission, les critiques étaient nombreuses et pouvaient trouver un certain fondement. De tout temps, le Tchad a, en effet, été considéré comme une arrière cour française. Pour la France libre, c'est même une terre mythique. La France, qui a été un des initiateurs (avec le Royaume-Uni) et principaux contributeurs de l’opération, entendait aussi honorer son accord de coopération militaire intense avec le gouvernement de N’Djamena. La présence d’un fort contingent français dans Eufor, comme le concours apportés par les autres soldats français présents au titre de la mission militaire Epervier, pouvaient être synonymes d’une confusion. Le moindre geste, la moindre photo pouvaient tout faire déraper. L’attaque des rebelles et la contre-attaque de l’armée tchadienne a, par exemple, placé les soldats et corps médicaux d’Eufor devant un dilemme : que faire non seulement durant l’attaque – ce qui est somme toute solutionnable – mais surtout après l’attaque, en cas d’afflux de blessés ? Le médecin français d’Epervier – tenu à un accord d’assistance avec les militaires Tchadiens – pouvait-il requérir et utiliser les installations d’Eufor pour soigner des blessés graves de l’armée tchadienne ? La solution s’est faite avec pragmatisme et délicatesse. Le serment d’Hippocrate aidant, les cas ont été pris en charge simplement là où la politique aurait été bien embarrassée (Heureusement qu'aucune photo n’a circulé comme celle de ce médecin italien à l’embarquement d’un avion français rapatriant les militaires tchadiens blessés sur l’hôpital de N’Djamena). Un an après, il est clair dans tous les esprits que cette mission avait sa chaîne de commandement et d’action autonome, son objectif propre et son autonomie d’action, et personne ne remet en cause la double casquette d'un pays membre (c'était la France au Tchad, ce pourrait être la Roumanie en Moldavie, ou la République Tchèque en Israël). L'UE y a gagné une étoile. Sa troisième.

**** Enfin saluons la tactique politique de l'Europe dans laquelle cette mission s'est déroulée. Vis-à-vis du Soudan comme du Tchad dont les rapports sont plus qu'aigre doux. Les Européens ont su passer sous silence certains incidents comme celui des tirs sur les véhicules belges et ne pas surenchérir à ce qui pouvait passer soit pour une "erreur", soit une tentative de provocation. Comment ne pas mentionner également que cette mission est une des premières depuis ... où des troupes russes sont sous un commandement européen. Quel symbole aussi de voir des hélicoptères à étoile rouge voisiner avec ceux des Polonais. Et cependant cela a bien failli capoter. Il faut voir que les négociations de cette présence qui avaient démarré avant l’été se sont nouées au moment du conflit russo – géorgien. Alors que les Etats-Unis et l’OTAN mènent une politique – au moins grand public de boycott russe (les chefs d'Etat major russe et américain se rencontrent discrètement en Finlande mais c'est une autre histoire), les Européens ne coupent pas les ponts avec la Russie et, au contraire, l’associent à leur opération. Joli tour de force. Avec un beau doublé même. Puisqu’à quelques milliers de kilomètres de là, quelques jours après, des policiers américains se joignent à la mission Eulex au Kosovo – alors que la Russie condamnait de toutes ses forces (au moins publiquement) le déploiement d’une force européenne dans cette région qu’elle considère partie intégrante de la Serbie. L’Europe y a gagné la capacité d’agréger à ses missions les forces mondiales. 4e étoile.

Au sortir de cette mission, somme toute modeste en durée et en investissement humain, l’Europe y a gagné ses 4 étoiles de puissance moyenne, en capacité d’intervenir sur tous les terrains difficiles. Sans trop de casse (*). On déplore (seulement) un mort, le sergent Paulin, qui faisait partie des "forces d'entrée en premier", décédé en tout début d'opération. Hommage lui soit rendu.
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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 09:00
Cérémonies en tous sens au Tchad et en République centrafricaine ces jours-ci. Le 15 mars, en effet, à la date prévue (c'est une rareté à signaler dans les missions de paix), les Européens de l'EUFOR plieront bagage - du moins une partie d'entre eux - et remettront officiellement les clés de leurs bases et le mandat de leur mission au commandant des Nations-Unies. La force onusienne de la Minurcat II assurant le relais. En fait, certains hommes vont rester sur place, le temps d'assurer le retrait et le rapatriement de certains matériels. D'autres vont simplement changer de béret. Plusieurs nations ayant décidé de rester dans la Minurcat II - à la demande du secrétaire général des Nations-Unies d'ailleurs.

Quelques cérémonies vont être organisées sur place à N'Djamena : le 14 mars, en présence des autorités du Tchad. Le 15 mars, avec une parade militaire et la remise des médailles de l'opération. Parallèlement, une autre cérémonie aura lieu à Birao, en Centrafrique, avec le chef adjoint de la mission et le ministre de la Défense centrafricain. A suivre... La fin d'un beau défi (voir mon reportage lors du tout début de l'opération). Une conférence de presse sera organisée à Bruxelles le 18 mars pour clôturer l'opération.
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 20:30
La Russie devrait assurer pour la Minurcat II - la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) - la fonction de support médical de Role 2 en envoyant un hôpital militaire de campagne, selon l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, cité par Ria Novosti, ainsi qu'une unité de génie. Elles viendront ainsi en supplément à son groupe aérien héliporté qui termine son déploiement.

(mis à jour 28 fév.) La Norvège a également confirmé, le 27 février, envoyé un hopital de campagne pour la Minurcat II. Un groupe d'experts doit être envoyé très rapidement pour préparer ces installations, selon les médias norvégiens qui relatent le propos du major John Sigurd Holtesmo. Environ 150 hommes seront affectés à cet hopital pour la durée d'un an de la mission. Cette participation marque, selon les officiels norvégiens, une ambition africaine plus affirmée. Comme l'explique la ministre de la Défense norvégienne
Anne-Grete Strøm-Erichsen : “Participation in MINURCAT II is an important indication of the Government’s ambition to step up its contribution to UN led peace operations, with particular emphasis on Africa. Norway’s view is that western countries have, to too great an extent, left it to third world countries to provide forces for the UN’s most demanding operations which very frequently relate to countries in Africa. Since our long planned contribution to the UN operation in Darfur was frustrated by the opposition of the Sudanese president last year, it is particularly gratifying that we can make a contribution in neighbouring Chad where the UN has a particular need for a high quality field hospital”

Jusqu'ici, dans le cadre de l'opération européenne EUFOR, la fonction médicale de role 2 est assurée par l'Italie, fonction qui devrait prendre fin en mai.
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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 21:20
Le Conseil des ministres autrichien a décidé, mardi 17 février, de la poursuite de l'engagement du Tchad de l'armée autrichienne, dans un format légèrement réduit. Au lieu de 160, le nouveau contingent sera de 130 soldats. Le contingent autrichien dans l'Eufor comprenait différents éléments - conduite, transport, réparation, soutien, sécurité, médical ainsi que des forces spéciales (Jagdkommando). Ceux-ci ne devraient pas rester. Dans la force de l'ONU, le contingent autrichien assurera en effet surtout des fonctions logistiques et de transport.
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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 22:58
(maj mardi 10 février) Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem (CD&V - chrétiens-démocrates flamands), a confirmé devant la chambre des députés belge la destruction indirecte de deux véhicules de l'EUFOR à la suite d'une attaque d'hélicoptères soudanais à la mi-novembre. Une information publiée sur ce blog (et provenant de l'ONU mais je n'avais pas la nationalité des véhicules et certains détails). Répondant en effet à une question d'un député, Denis Ducarme (du Mouvement réformateur, libéral), le ministre a précisé : « Le 17 novembre 2008, une patrouille de l'EUFOR a été survolée par deux hélicoptères de combat soudanais, en territoire tchadien, à 1200 mètres de la frontière avec le Soudan. La patrouille de l'EUFOR clairement identifiée avec marquage "EUFOR" et panneaux de marquage "haute visibilité" oranges était à l'arrêt. Elle se trouvait dans cette région dans le cadre de son mandat de protection suite à des incidents récents impliquant des populations civiles. Les hélicoptères soudanais ont tiré plusieurs roquettes en direction des véhicules, sans les atteindre, mais mettant le feu à la végétation. La patrouille n'a pas riposté. Il n'y a pas eu de blessés, mais les deux véhicules ont été détruits par l'incendie qui s'est propagé. »  Ces véhicules appartenaient aux forces spéciales (du SPG basé à Flawinne, équipé d'Unimog et de jeeps) chargées de faire du renseignement de l'information.

Les engagements de certains Etats pas tenus à 100% ! Le Ministre de la défense a, au passage, remarqué que « Paradoxalement, cette opération humanitaire au Tchad s'avère très dangereuse. » et critiqué « certains engagements d'autres pays européens (qui) n'ont pas été remplis à 100%. » Cette critique peut à mon sens viser la Suède notamment qui avait des forces spéciales sur place au début de l'opération ainsi que la France (*). « Notre rôle principal était de bâtir le campement. La décision que j'ai prise d'envoyer 25 hommes des "special forces" et les circonstances ont fait que le poids de l'opération repose maintenant sur ces derniers et non plus sur ceux qui étaient censés mener cette opération au départ. »

Un petit commentaire. C'est assez original que ce type d'information doive faire le tour de la planète, via New-York et Dublin (c'est une interview du général Nash dans le Irish Times qui a alerté les députés belges). Est-ce un "couac" non seulement dans la communication du Ministre belge mais aussi de l'opération Eufor elle-même ? Je dirai plutôt une certaine prudence, concernant cet incident mettant en cause clairement le Soudan. Alors que les relations entre ce pays et le Tchad allaient vers un mieux, il n'était pas question politiquement de pouvoir alimenter une querelle possible, de "rajouter de l'huile sur le feu". D'autant que la frontière dans la région est pour le moins "fluctuante". Selon un expert du terrain, il n'y a "pas en effet de repère physique bien déterminé (comme en Europe) et l'appréciation de la limite de frontière diffère selon les pays". Précisons que cet incident n'est pas le premier. Comme le rapportent nos collègues irlandais, des avions soudanais viennent régulièrement faire des vols de reconnaissance près de la frontière (le Tchad abritant les forces rebelles au pouvoir en place à Kharthoum). Et
on se souvient qu'un homme des forces spéciales françaises était décédé au début de l'opération.

(*) U
ne mise en cause qui peut paraître injuste car ces deux pays ont rempli les missions qui leur avaient été confiées dans les temps indiqués et selon le principe de la rotation des forces.
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 10:50
La télévision slovène privée Pop-Tv a diffusé un reportage sur les troupes de l'EUFOR au Tchad (maintenant disponible sur YouTube sur le canal de l'armée slovène). L'angle slovène est intéressant car il sort de l'opération pour effectuer un feed-back sur les premières opérations de maintien de paix de l'ONU, entre Israël et l'Egypte... Avec le témoignage d'un ancien peacekeeper slovène (dans l'armée yougoslave alors), qui montre toutes les limites d'une opération militaire et internationale de maintien de paix. La solution est, et reste avant tout politique. Tous les militaires en sont convaincus. Des images plus récentes de Gaza - et le témoignage d'un responsable onusien sur les intérêts des Etats au Conseil de sécurité - complètent cet angle.

Autre intérêt de ce reportage : il montre que, malgré tout ce qui s'est dit ici ou là, la sécurité si elle n'est toujours pas assurée totalement dans la région de l'est du Tchad (la police ne rentrait pas au nombre des objectifs d'Eufor Tchad d'ailleurs) s'est améliorée. Des militaires irlandais et néerlandais racontent notamment l'accrochage de juin avec les rebelles et l'attaque sur les ONGs. Des ONGs, dont les militaires décrivent aussi les limites : construire des camps de réfugiés où la situation est meilleure que dans les villages de l'est du Tchad -
une région qui est pauvre, et où la survie est précaire - n'est pas sans poser problème. De cette inégalité, les organisations humanitaires ont pris conscience, comme le rappelle un officier français, venant aussi aider les habitants de cet est du Tchad

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 08:15

Bonne nouvelle en provenance du Tchad. Les agriculteurs de l’Est du Tchad, dans la zone d'action du bataillon Centre (français et slovène) autour de Farchana ont connu une récolte exceptionnelle vient d'annoncer l'EUFOR, la mission militaire de l'UE au Tchad et RCA.

Premier facteur de ce succès est climatique : les pluies ont été abondantes. "L’Est du Tchad peut sembler quasi-désertique aux yeux d’un occidental", explique le communiqué. "Mais ici, la grande majorité des ethnies a appris à domestiquer ce climat aride et vit de l’agriculture."

Deuxième facteur :  les éleveurs ont respecté, plus que de coutume, les couloirs de transhumance qui leurs sont réservés. La coopération entre l'Eufor et les gendarmes tchadiens a joué. "Ceci a permis d’apaiser les tensions qui surviennent chaque année entre agriculteurs et nomades" selon EUFOR.

Troisième facteur : les patrouilles quotidiennes des soldats européens. L’amélioration de la situation sécuritaire de nombreuses zones cultivables, situées à proximité de la frontière soudanaise, a permis de les cultiver, à nouveau. Et certaines des populations déplacées ont décidé de conserver les récoltes sur place - au lieu de revenir dans les camps des déplacés. Nombre d’entre eux sont restés dans les villages, ramenant petit à petit de la vie dans ces régions frontalières, souligne l'Eufor se basant sur un recensement effectué par le UNHCR (Haut commissariat aux Réfugiés).

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 16:35
Pour la mission militaire de l'UE (Eufor) au Tchad et en république centrafricaine, les prochains mois seront rythmés par le passage de témoin à la force de l'ONU. Du personnel est en cours de recrutement à l’ONU et pourrait commencer à être déployé début février (un chef vient d'être nommé). L'objectif est d'assurer une transition « douce » avec l'EUFOR et de préparer l’accueil des troupes supplémentaires.

Cette transition ne sera pas aussi facile qu'espéré. Car, pour l'instant, peu de pays - mis à part ceux participant à l'Eufor - se sont empressés de faire des offres. Et la situation humanitaire comme sécuritaire reste précaire. Tandis que les relations avec le Soudan demeurent instables. Deux véhicules de l'Eufor ont ainsi été détruits par les Soudanais. Dans la zone de Birak, deux hélicoptères soudanais Mi24 ont ouvert le feu, le 15 novembre, sur une patrouille de l’Eufor, sans faire de victimes.
A noter qu'une conférence des donateurs aura lieu début 2009 à Bruxelles pour doter le fonds d’affectation spéciale, permettant notamment de former la nouvelle force de sécurité tchadienne – le Détachement intégré de sécurité (DIS) - dont le gouvernement entend doubler l'effectif.

La situation humanitaire et sécuritaire précaire

Dissuation militaire nécessaire face au banditisme. « Les vols de voitures occupées, vols à main armée et crimes visant le personnel humanitaire et les citoyens et réfugiés tchadiens se sont poursuivis. Les attaques menées par des bandits lourdement armés constituent la menace la plus immédiate et la plus constante pesant sur la population civile et les opérations humanitaires » explique le rapport de Ban Ki Moon publié début décembre. « Il s’agit d’une menace de nature criminelle, qui se manifeste essentiellement par l’utilisation d’armements militaires, y compris des armes lourdes. Contrer cette menace exige davantage que des activités de police : la dissuasion militaire s’impose. Lorsqu’elle ne suffit pas, l’intervention militaire est nécessaire. ».
Attaques répétées. Le camp de réfugiés de Sam Oundja qui abrite 3 000 réfugiés du Darfour a été attaqué par un groupe armé non identifié le 8 novembre. À la suite de cette attaque, l’EUFOR a évacué neuf travailleurs humanitaires vers Birao. La zone de Birak est aussi tendue. Des villages autour de la ville ont été attaqués début novembre faisant 8 tués et 240 maisons détruites (sur 300).
Assistance durable. On estime qu’environ 500 000 personnes reçoivent actuellement une assistance. «Faute de conditions de sécurité suffisantes, il est peu probable que les réfugiés retournent dans leurs lieux d’origine. Ils continueront donc à dépendre dans une large mesure de l’assistance extérieure.»

Concept de la force de l’Onu

Zone d'opérations plus vaste. La force de l'ONU reprendrait les missions de l’Eufor — prévenir les hostilités, rassurer la population civile, améliorer l’acheminement de l’assistance humanitaire, assurer la protection du personnel et des installations des Nations-Unies — mais sur une zone d’opérations plus vaste, et avec des responsabilités supplémentaires, consistant notamment à assurer des conditions de sécurité propices au déploiement récemment engagé d’un détachement intégré de sécurité (DIS) légèrement armé.
Effectif. L'effectif sera donc supérieur à celui de l'Eufor : 4900 hommes a demandé le secrétaire général. En-dessous du premier chiffre de 6000 annoncé par l'ONU. Mais au-dessus de ce que voulaient les autorités tchadiennes. Celles-ci ont refusé en effet un déploiement d’une force trop importante, acceptant d'abord 3000 puis 3500 hommes, 4500 et enfin 4900 hommes, après négociation entre Déby et le secrétaire général de l’ONU à Doha. (la force de l'UE compte environ 3700 hommes).
Six sites au Tchad, la force de l'ONU sera répartie sur six sites (à raison d’un demi-bataillon d’environ 400 hommes par site), initialement Iriba, Guéréda, Farchana et Goz Beida (sites de l'Eufor), et par la suite Bahai et Koukou-Goz Amer (deux sites à créer), et devrait être capable d’effectuer « 24 patrouilles de sécurité quotidiennement ». Un mémorandum d’accord doit officialiser l’accord entre l’ONU et le Gouvernement tchadien sur le transfert à la MINURCAT de l’utilisation de tous les sites de l’EUFOR, ainsi que les infrastructures connexes et, surtout, les droits relatifs au forage et à l’usage de puits d’eau.
Réserve mobile. Une réserve mobile, de la taille d’un bataillon (800 hommes), devra assurer une capacité de montée en puissance en cas de menace nouvelle. Le tout appuyé par 18 hélicoptères.
Détachement léger en Centrafrique. La présence de la Minurcat II sera réduite dans le pays. Un petit détachement militaire d’une quinzaine d’officiers pourrait suffire, chargé « d’assurer la liaison avec les autorités locales et les principaux acteurs, de maintenir une connaissance circonscrite de la situation, et d’évaluer l’état de l’aérodrome deBirao et de déterminer les travaux d’entretien nécessaires ». En effet, tant du côté de l’Eufor que de l’Onu , on estime qu’il n’existe pas de menace durable et majeure dans cette région. Les principaux risques se situant au nord-ouest et au sud-est du pays (ce qui supposerait à la fois un changement de mandat pour laMinurcat II et des forces plus conséquentes entre 500 et 1000 hommes).
Lente montée en puissance. Les bataillons de secteur, la force de réserve, ainsi que l’appui logistique, la force de transport (route et air), la capacité médicale sera basée à Abéché durant la première phase de transition. Les déploiements de troupes et de matériel seront extrêmement limités durant la saison des pluies. Le plein effectif ne sera atteint qu’en octobre 2009. Soit le même délai qu’a mis Eufor à monter en puissance (on peut s'interroger pourquoi tant de temps, alors que l’Onu a eu plus d’un an pour se préparer).
Appui logistique français ? Un "appui in extremis" pourra être demandé à certains Etats membres de l'ONU "pour assurer la sûreté et la sécurité du personnel et des installations des Nations Unies", ainsi que la logistique, "dans l’éventualité où la force des Nations Unies ne serait pas en mesure de faire face à la situation" (on pense bien sûr à la France et son opération Epervier qui seront, dans ce cas, le plus à même de fournir ce soutien).

Une force installée dans la durée.

Six critères ont été fixés par l’ONU pour mettre fin à la Minurcat II. Des critères, logiques, mais qui, vu la situation sur place, laissent augurer d’une présence longue de la force de l’ONU :
a) Retour volontaire et réinstallation dans des conditions sûres d’une masse critique de personnes déplacées;
b) Démilitarisation des camps de réfugiés et de personnes déplacées, attestée par une diminution de la présence d’armes, de la violence et des violations des droits de l’homme;
c) Capacité des autorités locales de protéger comme il se doit les réfugiés, les personnes déplacées, les civils et les humanitaires;
d) Capacité des organes nationaux de police de maintenir l’ordre public en faisant respecter les normes internationales relatives aux droits de l’homme;
e) Instauration progressive d’un pouvoir judiciaire indépendant et efficace dans l’est du Tchad, contribuant à mettre fin à l’impunité, attestée par une augmentation sensible des moyens et de l’indépendance du secteur de la justice, et du respect manifesté à son égard;
f) Système pénitentiaire renforcé dans l’est du Tchad, fondé sur une administration pénitentiaire respectueuse des droits de l’homme.

A noter qu'en complément de la force de l'ONU, une force de paix et de sécurité (FPS) - tchado-soudanaise - serait déployée le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan, avec la mise en place de postes d’observation, le Tchad et le Soudan devraient chacun déployer un millier de soldats à leurs frontières respectives.
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.