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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 08:09

La programmation de la mission militaire de l'UE contribuant à la formation des forces de sécurité somalis (selon le nom officiel : "EU Military Mission to contribute to the training of Somali Security Forces") évolue lentement. Cela fait maintenant plus de six mois qu’on en discute au sein des groupes du travail ou du Comité politique et de
sécurité (COPS). Le premier document mis en circulation date de début juillet ! Mais aucune décision définitive n’a toujours été prise. Les Européens peaufinent leurs plans ! Mais hésitent encore à s'engager dans une mission de nature bien différente...

Une décision en janvier ?

Une option stratégique a été adoptée au conseil des ministres de la Défense de novembre dernier, avec l’adoption d’un concept de gestion de crise (1). Et plusieurs MSO (options stratégiques militaires) ont été successivement discutées pour aiguiller le travail des militaires et planificateurs (2).L'Espagne a accepté le rôle de Nation-Cadre (3) et un planificateur a été désigné. Mais le lancement officiel tarde.

Pour un proche de Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE à la politique étrangère, il n'y a pas d'ambiguité :  "Le changement institutionnel a sans doute légèrement retardé la prise de décisions. Mais, très prochainement, une décision pourrait être prise". Peut-être dès le Conseil de janvier (le premier qui sera présidé dans le format "Traité de Lisbonne" par la Haute représentante), voire celui de février, selon certains avis, en tout cas avant le délai de mai 2010 avancé par certains diplomates d'Etats membres. Le COPS se réunit, vendredi, et a sur sa table ce dossier pour "déblayer" les derniers points difficiles. Et le groupe des diplomates peaufine un projet de décision du Conseil. La discussion est de plusieurs natures d'après le témoignage d'un expert du dossier.

Les questions qui restent en discussion

Une discussion est d'ordre politique : Faut-il ou non que les Européens s'engagent dans cette région du monde ? Faut-il une nouvelle mission PESD ? Ne faut-il pas laisser plutôt la place à des actions bilatérales ? Dans cette discussion, on retrouve celui que j'appelle "l'hésitant historique" - le Royaume-Uni (4) -, mais aussi les Pays-Bas. Mais d'après un membre du COPS, si ces hésitations existent encore, d'autres problèmes plus "techniques" sont aussi évoqués. Une autre façon d'évoquer des réticences politiques diront les pessimistes, le signe que la plupart des Européens sont entrés dans la discussion concrète, diront les optimistes. Il est aussi un fait qui ne peut être laissé de coté : l'engagement américain et britannique au Yémen principalement et en faveur de l'Amisom, également, Les questions "techniques" sont diverses. On peut les résumer à trois essentiellement :

1° Comment s’assurer que les militaires somaliens, ainsi formés, ne vont pas ensuite retourner leurs armes ? Question d’autant plus cruciale à la lumière des
derniers attentats en Somalie (lire aussi :
Redoutable découverte des Ougandais: deux rebelles somalis avaient été formés par eux).

2° Comment payer et équiper les militaires ainsi formés ? Question délicate alors qu’officiellement l’UE ne finance pas ce type de prestations. La solution pourrait passer par l’Union africaine et une collaboration avec les Etats-Unis (notamment pour les armes) pourrait s’esquisser.

3° Comment assurer un accompagnement médical ? La situation en Ouganda ne paraît pas suffisante en matière médicale. Et il pourrait être nécessaire d’avoir une structure type Rôle 2 sur place.

Le contenu de la formation : des modules plutôt qu'une formation de base

Certaines questions ont été résolues, notamment le lieu (l'Ouganda) et le contenu de la formation : plutôt qu'une formation de base (comme les Français l’ont assuré à Djibouti en 2009) et comme l’assurent déjà les Ougandais, les Européens proposeraient d'assurer la tenue de modules spécifiques comme sur l’encadrement, sur certaines procédures (arrestations ou appréhensions de suspects, etc.). Ce qui a plusieurs avantages : ménager l'Union africaine, nécessiter moins d'hommes, "avoir une réelle valeur ajoutée" plus en phase avec la tradition européenne. résoudre une question politique (qui heurte certains pays, former des militaires au combat n'est pas vraiment une mission traditionnelle de l'UE davantage orientée vers l'Etat de droit ou le peacekeaping). En matière d'effectif, il ne semble pas vraiment avoir de problèmes : les Etats ayant déjà annoncé leur participation chiffrée (Espagne, France, Hongrie, Slovénie...) assurant déjà l'effectif suffisant pour démarrer la mission.

Nom de code de l'opération : Eutra

Last but not least : le nom de code de l'opération : ce serait "Eutra" (comme EU Training).

Lire également :

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 00:11
C'est une lettre de quelques paragraphes, envoyée par la Commission de l'Union Africaine (UA) à l'ambassadeur suédois en poste à Nairobi, qui représente, lui, l'Union européenne. La lettre peut paraître bien anodine. Mais elle est le préalable nécessaire à la mise en place de l'opération militaire de l'UE. L'UA confirme ainsi l'intérêt de l'Union africaine à voir se développer la mission de l'UE pour former les soldats somaliens.

C'est, en effet, une des tâches majeures de l'AMISOM que d'assister à la mise en place d'un plan de stabilisation et de sécurité nationale en Somalie. L'AMISOM a d'ailleurs déjà entraîné des troupes, avec la France et Djibouti - rappelle la lettre, en fournissant dans une caserne militaire de quoi recevoir un soutien nécessaire en nourriture, services sociaux et formation. Ce type de services devrait être fourni aux futures recrues "dans l'objectif d'assurer leur subsistance et éviter de les perdre dans des clans de milices et des extremistes".


Un accord cadre. L'Union africaine propose ainsi d'avoir un accord cadre entre les deux institutions "pour définir les rôles et responsabilités de chaque entité, durant et après l'entraîenement". Une équipe pourrait ainsi être mise en place pour mettre au point un projet d'accord, prenant en considération la planification européenne.
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 06:10

DrapeauErythrée

La volonté de l'UE de s'impliquer davantage dans la Corne de l'Afrique (1) n'est pas un vain mot. L'UE a assurément dans la région un rôle à jouer. Le général Pierre-Michel Joana - qui exerce des actions civiles maintentant en tant que conseiller Afrique auprès de l'Union
européenne et est le représentant personnel de Javier Solana (2) pour la Somalie -, a ainsi été reçu longuement par le président de la République erythréen, début novembre.
Une audience plutôt exceptionnelle. « L'ambassadeur des Etats-Unis qui est là, depuis plus 2 ans, attend toujours d'être reçu »

Un signe d'ouverture

Le fait même d'avoir un entretien est, en soit, un évènement. L'Erythrée reste, en effet, un pays mystérieux, fermé au monde, surnommé l'Albanie de l'Afrique et considéré par plusieurs pays comme le point de passage des livraisons d'armes et de l'influence iranienne dans la région. La façon dont le diplomate européen a été reçu et la longueur de l'entretien - « près de deux heures et demi ! » - est un signe, a précisé le général Joana. « Les Erythréens avaient visiblement besoin de parler. Ils sont sous la menace de sanctions de l'ONU et cherchent à plaider leur cause. Ce pays qui ressemble plus à Corée du Nord ou à l'Albanie est plutôt fatigué de l’isolement et cherche à lâcher du lest pour reprendre le dialogue. » « En fait, ils semblent plutôt préoccupés par l’avenir du Soudan plus déstabilisateur pour eux que la Somalie. » a-t-il commenté, lors d'une séance de la sous-Commission Défense du PE.

Un langage différent

Alors que l'Erythrée est le seul Etat de la région à ne pas soutenir le gouvernement fédéral de transition de Somalie et même à le condamner en termes très durs, cette fois il y avait « une ouverture » selon Joana. Le président « nous a dit que "Le GFT est le pire des gouvernements". Mais il a reconnu aussi que (le GFT) "devait participer à des discussions". Il a critiqué le rôle de l’AMISOM mais n’a pas demandé son départ » (comme auparavant). Pour Joana, il y a là une évolution. Certes l’Erythrée « n’a pas abandonné tout espoir de chasser (le gouvernement somalien). Mais il semble se résigner à l'accepter. (...) Et le langage bien différent de ce que répétait l’ambassadeur erythréen à Bruxelles – qui en était encore à parler du GFT comme d'un gouvernement illégitime qu'il fallait chasser, etc. »

Opération de séduction ou évolution politique

Le général Joana ne veut pas se leurrer : « C'était une grande opération de séduction. Il ne faut pas être naïf. Mais on sent une évolution dans le discours. ». « Est-ce de la manipulation ou du double langage ? Il faudra voir... »

(1) Lire : L’UE veut s’impliquer davantage dans la Corne de l’Afrique

(2) Le général français Joana a quitté le service d'active. Il a notamment commandé l'opération Eusec (assistance à la sécurité) au Congo. Son titre officiel est encore incertain, avec l'arrivée de la nouvelle Haute représentante, Catherine Ashton.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 14:52
Les 27 ministres des Affaires étrangères ont adopté, mardi, une approche "globale" sur la Corne de l'Afrique. Objectif : s'attaquer aux « causes profondes de l'instabilité dans la région » et briser le « cercle vicieux de conflits qui perpétuent le déclin du développement, les déplacements forcés et les migrations aussi bien que la confiance déclinante dans des Etats faibles ».

Cette "stratégie" reste rédigée en termes assez généraux (on est dans la diplomatie pas dans l'action militaire). Elle appelle ainsi à être plus actif dans la région (à travers notamment les envoyés spéciaux), à renforcer les synergies à travers les instruments de l'UE, à construire des partenariats avec d'autres acteurs dans la région (Union africaine d'abord mais aussi Ligue arabe ou Etats-Unis). Mais les Européens sont bien conscients que cette région est source de problèmes. Et le simple fait qu'il existe désormais une stratégie commune et "globale" est un point important de développement pour des actions futures.

Quatre sujets sont particulièrement au centre de l'attention des Européens :

la médiation et le dialogue pour la prévention des conflits. "L'UE doit être prêt à être un médiateur et à soutenir la médiation comme un acteur sur des questions de nature politique et technique".

le suivi des accords de paix. L'UE soutient déjà de façon technique et financière la participation à des mécanismes d'observation ou de garantie (comme l'accord d'Alger entre l'Ehiopie et l'Erythrée). L'UE veut s'engager davantage notamment sur les litiges de frontière, particulièrement entre l'Erythrée et Djibouti, mais aussi sur tous les autres,
nombreux dans la région, Soudan-Ethiopie, Somalie-Kenya, Ouganda-Kenya, Soudan Tchad. L'UE veut mettre l'accent en 2010 et 2011 sur le Soudan (élections antionales, référendum sur le statut du sud Soudan et Abyei).

le processus politique et les élections. Une série d'élections
vont avoir lieu prochainement dans la région : Soudan et Ethiopie en 2010, Ouganda en 2011, Kenya en 2012, Somaliland au plus tôt en 2010... Mais c'st surtout en Somalie où le mandat du gouvernement fédéral de transition vient à échéance fin aout 2011, et l'organisation d'un référendum sur la nouvelle constitution, qui suscite l'attention.

l'intégration économique et les changements climatiques. La question de le vie des Africains de l'Est est cruciale. En 2009, près de 20 millions de personnes - selon le rapport de l'UE - sont menacées par les conflits, la mauvaise gouvernance et les catastrophes naturelles (dites : changements climatiques, ca fait plus moderne -:)). L'UE est particulièrement attentive à la question du Bassin du Nil. Un point crucial étant le réferendum de 2011 dans le sud Soudan et le partage des ressources en eau.
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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 21:14
La majorité est sans appel : 479 voix pour, 96 contre, et 54 contreLa résolution était proposée par 5 groupes (chrétiens démocrates du PPE, sociaux et démocrates S&D, libéraux et démocrates ALDE, souverainistes EFD, euroconservateurs ECR), les groupes verts et communistes étaient plutôt contre.

Outre les habituelles condamnations de violations du
droit humanitaire international et l'appel à la cessation immédiate des hostilités, elle met en valeur quatre points :

Le soutien au gouvernement somalien : "son soutien au GFT, placé sous la direction du président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, ainsi qu'à la volonté exprimée par le président de respecter les principes définis dans l'accord de paix de Djibouti", ce n'est rien, juste des mots, mais un soutien international à un gouvernement en difficulté n'est pas mineur.

• Oui à la poursuite d'Atalanta, mais sceptiques sur son extension au sud. L
e Parlement "invite le Conseil à prolonger l'opération d'un an" (*). Même si le pouvoir du Parlement est quasi-nul en matière de PESD, cette forme d'approbation est aussi nécessaire pour donner une légitimité démocratique qui manque actuellement aux missions de la PESD. Plus intéressante est l'avis du parlement qui explique « être favorable à une éventuelle extension de la zone d'opération vers le sud en fonction des activités des pirates (NB : vers le Canal de Mozambique), mais souligne que cette extension ne doit pas affecter l'objet premier de la mission, à savoir protéger les convois du PAM et des autres navires vulnérables, de la flotte de commerce ou de pêche ». Ce qui rejoint, en soi, l'avis du Read-Admiral Hudson qui commande l'opération. Mieux les parlementaires insistent : « la stratégie de sécurité poursuivie et menée par l'opération Atalanta doit s'imposer et qu'il faut même renforcer ses moyens et étendre la zone d'action des forces déployées pour l'opération ». Ce n'est pas un simple satisfecit, c'est un soutien sans appel à une extension.

Appel aux navires à suivre les conseils d'Atalanta. Au passage, les eurodéputés déplorent un fait : que « 35 à 40 % des navires croisant dans la zone ne soient pas enregistrés auprès de l'instance de coordination centrale de la sécurité maritime, et qu'ils ne soient en conséquence pas informés des menaces spécifiques en matière de sécurité; demande dès lors aux États membres de veiller à ce que tous leurs navires soient enregistrés. » Et les parlementaires d'inviter « tous les navires à suivre les recommandations de la force navale ».


Feu vert à l'opération de formation des militaires somaliens, sous conditions. Le Parlement estime nécessaire "le déploiement d'une nouvelle opération PESD d'ampleur limitée parallèlement à l'opération Atalanta pour contribuer à la formation des forces de sécurité du GFT. Car « la lutte contre la piraterie ne sera fructueuse que si l'on s'attaque aux causes du phénomène, qui se trouvent à terre, et résident dans la pauvreté et dans la carence de l'État, et ne peuvent être éradiquées que par l'établissement de la paix, du développement et d'un État en Somalie ». Le Parlement « insiste » cependant « sur le fait que l'adoption du concept ne préjuge en rien de la décision d'activer une mission, laquelle ne peut être décidée qu'après un examen plus approfondi de la situation sur le terrain, en s'assurant que les droits de l'homme sont respectés, que les salaires sont payés, que l'équipement est livré et que les forces de sécurité formées sont intégrées dans des structures de commandement sous contrôle de l'État, de telle sorte qu'à leur retour, elles ne se retournent pas contre le gouvernement qu'elles sont censées protéger ». En fait toutes sortes de conditions sur lesquelles les planificateurs planchent déjà. Mais qui ne peuvent être garantis à 100%...
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 12:52
Il y a un problème britannique sur le projet d'opération de formation des soldats somaliens en Ouganda. C'était ce qui se murmurait dans les couloirs du Conseil. Lors de la réunion des Ministres de la Défense, le représentant britannique avait d’ailleurs confirmé ses réserves, exprimés dans les groupes de travail préparatoires, en insistant sur le mot « possible » pour le lancement d’une opération, préférant étudier les autres options (ce qui signifie pas d'opération européenne ou un simple chèque versé à'Amisom). Des réserves confirmées tant par les Européens que par les Français. « Le Royaume-Uni demeure réservé sur l’opération et attend des précisions », a expliqué Pierre Lellouche (lors de l'audition au Parlement sur la Somalie). Une position soutenue en sous-mains par les Néerlandais (pour des raisons budgétaires et idéologiques) et dans une mesure plus tempérée par les pays baltes (pour des raisons financières, ils sont « rincés » m'a confirmé un diplomate européen ; effectivement le gouvernement n'a « plus un sou » m'a confirmé un Letton). Coté Britannique, gageons que cette "réticence" tient certainement à l'habitude toute britannique de refuser à la PeSDC les moyens de son développement. Mais elle n’est peut-être pas aussi dépouvue d'arrière-pensée, plus stratégique. Le Royaume-Uni n’a peut-être pas aussi le même intérêt que ses autres partenaires européens à conforter le gouvernement fédéral de transition en Somalie. L’autonomie, quasi-indépendance actuelle du Somaliland (l’ancienne Somalie britannique) ne serait peut-être pas pour déplaire à Londres... Enfin ce que j'en dis
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 07:00
L'opération d'assistance à la formation des soldats somaliens (Eutrain ou Eusecfor) est relativement simple à monter, de l'avis des spécialistes militaires chargés du dossier. Mais, encore faut-il que des choix soient faits, rapidement, afin de pouvoir poursuivre la planification.

Une approbation de principe qui reste à préciser. En fait, l’approbation par les 27 Ministres des Affaires étrangères et de la Défense, mardi, du concept de gestion de crises a surtout été un geste symbolique. Un feu vert politique de principe. Beaucoup de choses sont encore à écrire. Et,
m'ont assuré des experts du dossier, « des choix restent à faire » « pour avoir un vrai concept stratégique ». Si ces choix sont faits - « cela pourrait être fait dans les jours qui viennent » affirment plusieurs sources concordantes, tant à l'UE que dans certains Etats membres - « l’action commune pourrait ensuite être adoptée dans la foulée, d’ici la fin décembre ». Le chef d’opération sera alors nommé (un général Espagnol puisque l'Espagne a accepté le rôle de nation-cadre). Et la définition du Concept d'opération comme du plan d'opération pourront être finalisées. L’opération serait alors lancée, vraisemblablement, au printemps (sous présidence espagnole). Sauf si un caillou politique se met sur la route (article à suivre), l'UE est, en tout cas, bien décidée à accélérer l'opération. Et les partenaires africains l'attendent.

Un montage ad hoc. Le montage de la chaîne de commandement pourrait être assez original pour une opération militaire et plus proche de ce qui se fait pour les missions civiles. La relative simplicité opérationnelle de la mission ne nécessite pas, en effet, de mettre en place tout le dispositif habituel des opérations militaires, lourd et inadéquat, pour ce type de mission (OHQ, FHQ...). Il n’y a, en effet, pas de déploiement opérationnel, ni de check point ni de patrouilles. En Ouganda, la menace militaire est limitée et le risque s'il n'est pas nul est faible. Ensuite, si certaines questions logistiques peuvent se poser, elles ne sont pas de l’ordre de celles posées au Tchad.

Une chaîne de commandement ramassée
. Parmi les solutions existantes, on peut activer un des 5 OHQ existant au plan national (Paris, Rome, Postdam, Northwood, Larissa). Solution qui semble difficile : « Cela coûterait plus cher, prendrait du temps et serait un peu démesuré par rapport à la conduite de la mission » explique un officier. La seule solution, peu couteuse et rapide, serait d’adjoindre l’OHQ à Northwood. « Cela aurait une logique dans la continuité de l’opération Atalanta. » Mais les deux opérations sont en fait très différentes. Et Northwood paraît bien loin du terrain. Une autre solution est d’activer l’OHQ de l’État-Major. « Cela aurait une logique si on veut permettre d’assurer le lien avec la Commission européenne », et conforter l’approche globale, « elle a l'avantage de pouvoir être mise en place rapidement - quelques officiers de plus à l'Etat-Major, et elle n’est peu chère ». Mais... On sait que cette solution se heurte toujours à un veto politique de plusieurs Etats membres (Royaume-Uni en tête). La dernière solution envisagée n’existe pas dans les concepts existants mais elle a pour l'instant la faveur des responsables européens. Ce serait une solution ad hoc. Il n’y aurait qu’un chef de mission (et non pas un commandant d’opération et un commandant de force). Il pourrait être basé soit sur place en Ouganda, soit plutôt à Nairobi – près de l’Union africaine, et du commandement de l'Amisom, ce qui serait très logique -, quitte à faire des déplacements à Bruxelles ou vers le centre de formation en Ouganda. Quant au noyau de commandement nécessaire, il serait lui aussi, assez ramassé, d’une vingtaine de personnes.


Une formation en tandem avec l'Amisom.
La coopération avec l’AMISOM doit encore être affinée. Mais l’idée serait d’impliquer les Africains, en leur confiant soit certains modules de formation (ce qui serait le plus facile), soit de les associer aux modules existants.


Une coopération "logistique" avec les Américains
. Les Etats-Unis pourraient non pas être associé comme un pays tiers mais coopérer étroitement avec l'opération. Les Américains sont, en effet, déjà présents en Ouganda, Ils ont « déjà assuré des formations (NB : plus ou moins directement et officiellement), ils peuvent fournir des équipements, des armes, et également des moyens logistiques aériens pour amener les Somaliens en Ouganda ou les ramener sur le terrain. » m’a ainsi expliqué un diplomate européen. Pour les Européens, cette coopération est importante non seulement en termes logistiques — elle permet d'aller plus vite dans la planification — mais «
c'est aussi, et surtout, un geste politique. Après les Russes au Tchad, les Américains en Ouganda. »

Un coût modique
. L
’opération devrait coûter environ 14 millions d’euros (à rapporter aux 3 millions qu’a coûtés l’opération française à Djibouti). Ce qui est on ne peut plus modique (l'opération en mer coûte un million d'euros par jour en moyenne). Elle aurait une durée d’un an. 
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 16:55
Comme annoncé (lire: La 24e mission de la Pesd "EuSecfor Somalia": feu vert mardi), le Conseil des Ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'UE a « approuvé », mardi, le concept de gestion de crises « concernant une éventuelle mission PESD visant à contribuer à la formation des forces de sécurité du GFT (Gouvernement fédéral de transition) et a demandé que des travaux de planification complémentaires soient menés, sans que cela préjuge de décisions ultérieures sur une éventuelle action PESD ». Une formule alambiquée qui permet, d'une part, d'aller vite en lançant le travail de planification nécessaire une nouvelle opération de la PeSDC, de continuer à travailler sur certains points (sélection des soldats, retour en Somalie...), et, d'autre part, préserve les réticences de certains Etats membres. Bref c'est le principe de l'abstention constructive qui est ainsi mis à l'oeuvre et qu'on pourrait résumer ainsi : je ne suis pas tout à fait d'accord mais je ne bloque pas le processus décisionnel (lire également : L’unanimité pour la politique étrangère de l'UE, un bienfait ?).

Environ 2000 hommes « dans un premier temps » pourraient être formés en Ouganda, « 6000 à terme » selon les Français. L'opération pourrait être bouclée « avant la fin de l'année », a précisé Cristina Gallach, la porte-parole de Javier Solana, le Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE. L
e ministre français de la Défense, Hervé Morin s'est montré plus circonspect. « J'ai appris à être prudent, depuis l'opération Eufor Tchad ». Ce qui paraît plus vraisemblable - un certain nombre de sujets techniques doit être bouclé - est que l'opération soit finalement lancée sous la présidence espagnole. Le premier tour de table au niveau ministériel sur le sujet a néanmoins montré davantage qu'un accord de principe, une nécessité de s'engager, comme ont témoigné plusieurs diplomates européens (suédois, hongrois, espagnol, français...). Certains Etats s'engageant, de façon parfois précise, en termes de contribution en personnel. La planification peut désormais commencer. Elle sera d'un nouveau genre puisqu'elle associera civils et militaires de façon plus intégrée.

Une mission nécessaire. Cette opération n'est « pas risquée. Elle est simple dans son fonctionnement, de petite dimension (une centaine d'hommes), et entre véritablement dans l’esprit européen » a commenté Hervé Morin, sorti parler aux journalistes, entre deux séances de travail. « L’Europe a une responsabilité dans la stabilité du continent africain. (...) Tout le monde a consience qu’il faut faire quelque chose, que lancer une opération de maintien de la paix en Somalie est hors de portée - personne n'a d'ailleurs proposé de s’y engager. La seule solution est donc de remettre sur pied et aider ce gouvernement transitoire » a-t-il plaidé. « Si on ne prend pas en main la reconstruction de l’État somalien, on pourra avoir l'opération Atalanta durant 20 ans, 30 ans, une éternité » a-t-il ajouté. « Atalanta s’attaque aux conséquences, Il faut s’attaquer aux causes ». Son collègue en charge des Affaires européennes, Pierre Lelouche, a insisté, de son coté, sur le risque terroriste de la Somalie. « Ce que nous avons sur place c'est Al Qaida, avec les Shebab » a-t-il expliqué. Le Ministre qui s'est rendu sur place à Djibouti, le mois dernier, en présence des ambassadeurs du COPS qui avaient le déplacement, n'a pas caché sa satisfaction et même une certaine surprise. « Je suis surpris par la rapidité de la prise de conscience des Européens. En cinq semaines, nous sommes arrivés à un accord de principe sur cette opération. Quand j'étais sur place, avec les ambassadeurs du COPS, dans le camp où étaient formés des soldats somaliens par les Français et les Djiboutiens, pour beaucoup, c'était la première fois qu'ils voyaient des soldats somaliens à l'oeuvre, cela a été une prise de conscience » a-t-il ajouté.

A noter : Carme Chacon a proposé que l'Espagne organise durant sa présidence (au 1er semestre 2010), une conférence internationale sur la Somalie - sous les auspices de l'ONU - pour promouvoir le processus de paix et stabilisation dans le pays et lutter contre les causes de la piraterie.


Les contributions des Etats membres. L'opération devrait être de petite dimension. « Il faut environ 100 hommes pour lancer l'opération », selon Hervé Morin, « entre 100 et 200 », selon un autre diplomate européen. Et l'effectif nécessaire paraît pouvoir être atteint sans trop de problèmes. Selon le premier tour de table effectué par les Ministres européens, mardi, la moitié de l'effectif semble déjà "ur la table". L'Espagne a accepté le rôle de nation-cadre pour cette mission et fournira un "effectif substantiel" représentant plusieurs dizaines de formateurs. La France a offert 30 personnes - « Nous aurions pu en fournir plus - a expliqué Hervé Morin - mais ce doit être une opération européenne et non une opération française ». Plusieurs autres Etats qui ont annoncé qu'ils contribueraient à l'opération : Italie, Hongrie (autour de 6 personnes), Portugal, Slovénie). L'Allemagne devrait préciser sa participation (un entretien est prévu, mercredi, entre les ministres de la défense, allemand zu Gutenberg et français Morin). D'autres pays ont montré leur intérêt sans indiquer le principe de contribution (Grèce, Suède, Roumanie, Belgique) ou ont indiqué qu'ils la soutenaient sans pouvoir y contribuer (République Tchèque, pays baltes). Certains pays sont plus prudents (Slovaquie), voire réticents (Pays-Bas). Le Royaume-Uni garde une position ambigüe : il soutient officiellement la préparation de l'opération, et a promis d'y apporter « une contribution importante » (dixit le ministre Morin) mais insiste sur la nécessité de ne pas décider tout de suite d'une opération. Pour ceux qui ont souvenir des débuts d'Atalanta, on retrouve là une position identique, on pourrait assez classique de la diplomatie militaire britannique sur les opérations PeSDC de l'UE.

La première planification intégrée "nouvelle formule". Maintenant, la planification de l'opération va pouvoir commencer. Elle sera menée, pour la première fois, par la nouvelle structure civilo-militaire mise en place autour du Haut-Représentant. Ce sera toujours l'Etat-Major militaire de l'UE qui mènera la planification. Mais avec le soutien direct de la nouvelle direction civilo-militaire CMPD, dirigée par Claude-France Arnould. Ainsi les personnels civils nécessaires seront intégrés à la planification et la suivront de bout en bout. Plusieurs questions sont purement civiles (l'accord avec l'Ouganda, les questions financières, le contrôle de la destination des fonds européens, les marchés publics nécessaires le cas échéant...). Ce qui facilitera ensuite la conduite de l'opération.

(crédit photo : Conseil de l'Union européenne - Carme Chacon avec Hervé Morin, lors du Conseil)
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 09:46
Les 27 ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'Union européenne devraient s'engager un peu plus, mardi 17 novembre, vers une opération d'assistance à la formation des soldats somaliens (EUSEC Somalia ou EUSECFOR *). Les ministres de la Défense devraient ainsi adopter le Concept de gestion de crises (CMC). Celui-ci reposera en grande partie sur le papier d'options présenté par le groupe politico-militaire, un document d'une trentaine de pages (Pour aller plus vite, les experts ont, en effet, décidé de transformer cet "option papers" en CMC).
Ils devraient ainsi demander aux experts de "continuer le travail de planification sans préjuger de possibles conséquences sur une possible action PESD".
La planification de l'opération (concept d'opération - Conops, plan d'opération - OpPlan) va pouvoir être accélérée. L'Action commune pourrait être "adoptée rapidement, peut-être d'ici décembre" et lancée dans la foulée, souligne un diplomate européen. Plusieurs missions d'évaluation (Fact Finding Missions) ont déjà été sur place (Addis-Abeba, Kampala...) et vont continuer leur travail pour établir les modalités pratiques de l'opération.


Cette mission est d'un nouveau genre. Cette fois, il ne s'agit pas de conseiller ou d'assister un Etat sur sa réforme de sécurité (comme au Congo) ou de former de l'encadrement (comme en Afghanistan) mais bel et bien de donner une formation de base à des soldats destinés à aller au front. C'est la première mission "non Petersberg" et, en fait, la première application du Traité de Lisbonne qui élargit le champ des missions traditionnelles d'interposition ou de rétablissement de la paix aux "missions de conseil et d'assistance en matière militaire" (article 43). Au niveau international, cette opération devrait reposer sur les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU n°1772, 1863 et, surtout, sur la résolution 1872 qui demande "instamment à ses Etats membres de contribuer au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour les institutions de sécurité somaliennes et d’offrir une assistance technique pour la formation et l’équipement des forces de sécurité somaliennes" (il ne serait pas ainsi nécessaire d'avoir formellement une nouvelle décision du Conseil de sécurité. Mais une résolution saluant l'effort de l'UE serait bienvenue et conforterait l'opération européenne).

La nécessité de former rapidement les forces de sécurité somaliennes est la résultante de l'absence d'engagement de la communauté internationale. Après l'échec de l'opération Restore Hope et le retrait des forces de l'ONU, aucun Etat de l'hémisphère nord ne veut aller s'engager directement sur le terrain en Somalie dans ce qui ressemble en un piège. Les troupes de l'AMISOM, elles-mêmes souffrent d'un déficit (environ 5200 hommes sur un objectif fixé en 2006 à près de 8000 hommes).

• L'opération se déroulerait essentiellement en Ouganda où sont déjà formés des soldats somaliens par les forces ougandaises (UDPF), sous l'égide de l'AMISOM (la force de paix de l'Union Africaine). La formation et l'entraînement des soldats somaliens fait d'ailleurs partie du mandat de l'AMISOM. Pour certains formateurs, comme les Français, cela ne devrait pas poser de problèmes. Des éléments de la Légion étrangère, issus des Forces françaises basées à Djibouti (FFDJ), sont ainsi déjà venus former, à Singo (district de Kiboga), les forces africaines partant en mission pour l'AMISOM en Somalie.
Soldats de la Légion formant les militaires (ougandais) pour l'AMISOM (crédit : DICOD)

L'opération vise à former environ 1000 à 2000 soldats. La formation de base est assez courte - quelques semaines - et davantage destinée à apprendre aux soldats les rudiments de base de l'action militaire en groupe : obéir, tir de combat, mise en place et contrôle d'un checkpoint, respect des principes du droit de la guerre (on ne tire pas sur une croix-rouge ou un croissant rouge, etc...), premiers secours,... Elle vise aussi à détecter les éléments qui pourront servir d'encadrement (sous-officier ou officier). Une seconde formation plus élaborée pourrait avoir lieu pour ceux-ci. Bref, comme l'explique un diplomate européen, cette opération vise à donner "à la Somalie un embryon de force en commençant par la formation de base et en allant si possible vers des formations de commandement." Cette formation s'intègre, en effet, dans un projet plus global du gouvernement somalien visant à restructurer ses forces armées et à constituer une nouvelle force de sécurité de 6000 hommes.

Des troupes somaliennes ont déjà été formées : 1) en Ouganda par l'Union Africaine, avec le soutien des Américains : environ un millier de soldats auraient déjà été formés par les Ougandais depuis un an (certains recevant une formation longue de six mois, à l'école militaire de l'UDPF - les forces ougandaises - de Bihanga) - un autre bataillon est en formation ; 2) à Djibouti par les Français (500 personnes recevant une formation rapide de quelques semaines en août et octobre) et les Djiboutiens. Mais le nombre reste encore insuffisant par rapport à l'objectif fixé.

• Selon les premières évaluations, pour former 2000 soldats, il faudrait environ 400 formateurs dont certains pourraient être fournis par les pays de l'Union Africaine. L'UE pourrait en fournir jusqu'à 200. Les Etats-Unis et la Russie sont également intéressés pour soutenir cette formation (pas automatiquement avec des formateurs). Coté de l'UE, ce n'est cependant pas encore l'enthousiasme forcené. "Beaucoup de pays étaient au départ réservés sur cette opération, il y a beaucoup de progrès" note un diplomate européen. Une dizaine d'Etats sont ainsi prêts à s'engager dans cette mission ou à la soutenir : France, Espagne, Finlande, Chypre, Luxembourg, Allemagne (Pologne, Hongrie étudient le soutien).

• L'encadrement des soldats ainsi formés devrait être assuré, à leur retour en Somalie, par les soldats de l'AMISOM (ceux formés par les Ougandais accompagnent déjà les troupes de maintien de la paix de ce pays).


Concernant leur paiement des militaires somaliens - y compris le contrôle de la destination de l'argent -, un point clé du dispositif, une des pistes suivies pourrait être de suivre la même piste que pour les financements internationaux. L'ONU a mis en place le Fonds d’affectation spéciale pour la sécurité pour la Somalie et un Fonds d’affectation spéciale pour l’AMISOM. Au niveau du Gouvernement somalien, c'est le cabinet Price Waterhouse Cooper qui a été chargé de superviser la réception des fonds internationaux, leur gestion et de veiller à ce que les objectifs des bailleurs de fonds soient respectés.

• Le financement de l'opération devrait se faire essentiellement par contribution des Etats membres participants  (chaque Etat finançant ses propres troupes). Un financement des charges collectives étant assuré, via le mécanisme Athena, par les 26 Etats membres participant aux actions militaires de la PeSDC (moins le Danemark). Concernant le paiement des soldats, il ne pourra cependant pas être assuré directement par l'UE, l'UE ne pouvant pas financer directement la mise en place d'une force armée. Mais elle contribue déjà de façon indirecte aux actions de stabilité menées en Somalie.

Soutien financier de l'UE à des actions de stabilisation en Somalie. Le budget de l'UE soutient directement l'AMISOM — 35,5 millions d'euros (dont 20,2 millions d'euros déjà engagés) à travers la Facilité de paix pour l'Afrique — et l'Union Africaine
dans son effort pour se doter de capacités pour planifier, gérer et coordonner des opérations de soutien à la paix — 4,7 millions d'euros de l'Instrument de stabilité —, avec mise en place de l'Unité de planification et de gestion stratégique (SPMU Strategic Management and Planning Unit). La SPMU bénéficie de 4 officiers planificateurs européens détachés (budget, ressources humaines, communications, ingénierie) - financée par une contribution supplémentaire de 750.000 euros -. Enfin le programme stratégique de l'UE pour la Somalie — qui couvre aussi bien les aspects politiques, de développement que de sécurité — se monte à 215,4 millions d'euros pour la période 2008-2013 (dont environ 180 millions sur 87 projets déjà identifiés).

(*) J'utilise ce nom par facilité, le
nom de l'opération n'est pas encore défini.

NB : Pour se rendre compte de la situation en Somalie, vous pouvez regarder le reportage de France 2 qui a suivi jusqu'à Mogadiscio avec les militaires de l'Amisom, Mohamed Abdi Gandi, un anthropologue à l'université de Besançon qui a intégré le gouvernement de transition somalien (GFT) : Somalie, portrait d'un démocrate
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Afrique Est - Somalie Ouganda
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 23:40
La contribution européenne d'assistance à l'entraînement des forces de sécurité somaliennes de l'UE se précise.  Ce sera une opération militaire - à mandat non exécutif - menée par l'UE (et non pas une mission civile comme au Congo). Un document de travail a été présenté par le groupe politico-militaire et discuté lors du dernier Comité militaire de l'UE. Et l'objectif est que les Ministres des Affaires étrangères et de la Défense, réunis à Bruxelles les 16 et 17 novembre prochain, approuvent non pas l'action commune (cela paraît un peu rapide), mais au moins le principe stratégique.

Première phase : 2000 soldats. L'objectif est de former « rapidement environ 2000 soldats », a précisé à la presse le général Bentegeat,
après sa dernière intervention au comité militaire de l'UE. « Un chiffre qui n'est pas sorti de notre chapeau mais a été demandé par les Nations-Unies ». Si la plupart des pays se montrent désormais volontaristes, et certains points déjà résolus, trois grandes questions se posent ainsi

1ère question : où former les soldats ? Trois endroits ont été évoqués : Djibouti, Ouganda, Kenya.
Mais l'endroit exact « reste à définir ». Chacun a des avantages et inconvénients. A Djibouti comme au Kenya, il est plus facile de trouver des personnes parlant le Somali. Mais cela est plus délicat au plan géopolitique (avec un risque de déstabilisation de ces pays, surtout à Djibouti). A Kampala (Ouganda), l'avantage est d'avoir une base plus sûre, où sont aussi formés les soldats de l'Amisom.

2e question : comment seront-ils réintégrés ? La réintégration et le paiement des salaires notamment posent question aux militaires. « Comment ces soldats seront-ils réintégrés ? Et surtout, comment seront-ils fidélisés ? Il faut éviter de former des gens qui vont ensuite se retourner contre le gouvernement somalien » explique, en effet, le général Bentegeat.

3e question : comment les payer et qui les paiera ? Plusieurs options pour financer les salaires ont été évoqués. « Des moyens à la fois internes et externes ». On sait que le budget européen ne peut permettre de financer ces salaires : « il n'est pas question pour la Commission d'assurer le paiement de soldats nationaux », affirme un de ses responsables. La même impossibilité existe du coté de l'Union africaine, au moins directement. Il est aussi difficile de fournir l'argent directement au gouvernement somalien, avec le risque d'évaporation et « de ne pas voir finalement les soldats payés, et surtout l'impossibilité d'assurer un contrôle » explique un expert du dossier. Le financement est une chose, le contrôle de la destination en est une autre.
La mise en place d'un "trust fund" alimenté par plusieurs pays, sous contrôle de l'Union africaine, assisté par l'Union européenne, pourrait ainsi être une hypothèse de travail.

L'UE ne sera pas seule. « Le leadership de l'opération restera (d'ailleurs) sous couvert des Nations-Unies ». Ce qui semble signifier qu'il faudra obtenir une résolution du Conseil de sécurité. Les résolutions existantes ne permettant pas de couvrir cette activité. L'UE ne sera pas toute seule :
« D'autres organisations (l'Union africaine particulièrement) et d'autres pays (Etats-Unis notamment mais la Russie aussi est intéressée) seront associés » a précisé le général Bentegeat.
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.