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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 12:55

SoldatsPolonaisHommage-Pl1004.jpgDans l'accident de l'avion présidentiel polonais près de Smolensk, ce ne sont pas seulement certains leaders, responsables politiques, économiques et militaires qu'a perdu la Pologne, c'est une partie de son âme. Dans cet avion se trouvaient, en effet, des responsables de tous les partis (PiS, PO, SLD) mais aussi des représentants et proches des fusillés de Katyn, et des responsables de Solidarnosc, comme l'égérie des chantiers navals, Anna Walentynowicz. Ainsi que le dernier président de la république polonaise en exil à Londres, Kaczorowski (1). En cela, l'accident ressemble à une perte de la mémoire nationale et résonne étrangement aux yeux des Polonais.

Un changement politique en Pologne ? Ensuite, cet accident se produit alors que les principaux partis politiques polonais posaient leurs pièces pour la future élection présidentielle. Cet évènement, d'une part, oblige à anticiper l'élection mais pourrait aussi rebattre les cartes politiques. La plate-forme civique (PO) parti du Premier ministre pouvait espérer emporter l'élection. Avec la mort de Lech Kaczynski, son parti dirigé par son frère jumeau, Jaroslaw, pourrait renverser la vapeur et l'emporter, à la faveur de l'émotion créée par sa mort. Tout le monde, même ses anciens ennemis comme l'ex-leader de Solidarnosc, Lech Walesa, ou le ministre des Affaires étrangères, Radek Sikorski (2), lui rendent un hommage vibrant au patriote qu'il a été.

Quel est le rôle des Russes ? Autre élément : l'accident ne s'est pas produit n'importe où — mais en Russie —, à un moment clé — quand Russes et Polonais, pour la première fois depuis 70 ans, commémoraient ensemble les cérémonies de Katyn. C'était, en quelque sorte, une réconciliation tardive, douloureuse mais nécessaire entre les deux voisins que tant de conflits ont séparé dans les siècles précédents, et dans les dernières années. La mobilisation russe, au plus haut niveau, de compassion tout d'abord (en mettant certains moyens comme des chambres d'hôtel à disposition des familles) puis judiciaire et politique (pour faire toute la lumière sur cet accident), est donc vitale, à la fois pour le pouvoir russe mais aussi pour le pouvoir polonais. Afin d'éviter que s'insinue, dans une population déjà sensible, l'idée d'une possible implication des services secrets russes dans cet accident. Après tout, Kaczynski comme d'autres n'étaient pas tendres face aux Russes (3). Et il y a des précédents (4). Cette hypothèse n'est cependant pas crédible en l'état.

Pourquoi le pilote a voulu se poser malgré tout ? Le fait que les boites noires aient déjà été retrouvées, et l'association étroite des enquêteurs polonais à leurs homologues russes devraient permettre de faire rapidement la lumière sur les causes de cet accident. Et de confirmer les premières hypothèses des contrôleurs aériens de Smolensk (ancien aéroport militaire) qui ont très vite pointé du doigt le pilote de l'avion polonais et une erreur de pilotage. Si cela s'avérerait juste, on peut cependant se poser d'autres questions. A commencer par celle-ci : qui a ordonné au pilote, malgré tout de se poser à Smolensk ? Les raisons peuvent sembler évidentes, avec de telles personnalités à bord, il ne pouvait être question, face à l'ampleur de l'évènement dans les mémoires polonaises (la célébration de la tragédie de Katyn) de prendre le moindre retard.

Y-en-a-t-il d'autres raisons ? Notamment avarie technique ou condition de l'avion. Les boites noires aussi devraient pouvoir l'expliquer ainsi que l'analyse des restes de l'appareil. Mais effectivement, on peut aussi s'interroger sur les conditions de sécurité de la flotte militaire polonaise. Entre accident (Casa C-295 en janvier 2008), incidents (5) et pannes à répétition (un autre avion polonais a eu un problème technique obligeant personnalités et presse se rendant à Smolensk également à emprunter un autre avion), il y a comme un problème. Le Tupolev Tu-154, un avion vieillissant mal, était-il vraiment adapté pour les transports officiels de cette importance ? Tous les investissements ont-ils vraiment été faits pour sécuriser ces avions ? etc... le débat risque d'être intense, en coulisses, et la responsabilité du ministère de la défense polonais pourrait ressurgir.

(1) Le gouvernement polonais s'est formé en exil dès 1939, d'abord en France (à Angers) puis à Londres à partir de 1940. Il continua de fonctionner après 1945, avec les exilés qui refusaient le nouveau pouvoir mis en place par les communistes et les Russes jusqu'à 1990, aux premières élections démocratiques.

(2) Sikorski qui vient de donner un "salut à la mémoire du président" pour "son patriotisme et de l'honnêteté dns l'engagement politique" par voie de twitter : « Różniliśmy się z Prezydentem,nigdy nie wątpiłem w Jego patriotyzm i szczerość w polityce historycznej.Oddał za nią życie.Cześć Jego Pamięci! »

(3) Lire "quelques souvenirs"

(4) Le premier ministre du gouvernement polonais en exil, le général Władysław Sikorski, sa fille et d'autres membres du gouvernement polonais ont été tués dans un accident d'avion. Le doute existe pour savoir s'il n'a pas été provoqué par les services secrets britanniques à la demande des Russes.

(5) Lire également : Les Polonais ont quelque problème avec leurs F-16

(crédit photo : ministère polonais de la Défense)

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 14:08

GagorGeneral-PL0805.jpg Le chef d'Etat-major polonais, Franciszek Gagor, décédé dans l'accident de l'avion présidentiel polonais, le 10 avril 2010, était un homme convaincu de la nécessaire présence polonaise dans les missions internationales. Très tôt, alors que la Pologne fait encore partie du bloc communiste, il part en mission internationale au Moyen-Orient, auquel il restera très attaché, y effectuant plusieurs séjours. Il sera également un des artisans de la réforme de l'armée polonaise visant à la transformer de force territoriale à une force de projection à l'extérieur, chargé plus particulièrement de la formation et la planification des forces de maintien de la paix.

 Un homme des blindés. Né à Koniuszowa près de Nowy Sącz en 1951, Franciszek Gagor est affecté, en 1973, au 2e régiment de tank, où il sert à plusieurs postes jusqu'en 1978. Il passe alors au collège des officiers de l'infanterie mécanisée à Wrocław comme instructeur responsable de la préparation et de l'entrainement des contingents polonais désignés pour participer aux opérations de maintien de la paix (jusqu'à 1988). Chef de la divsion du maintien de la paix à l'Etat-Major (1993), il devient directeur du bureau des opérations de la paix et du contrôle des armements en 1994 puis directeur du département des affaires militaires étrangèrs (1996-1999). Promu brigadier-général en 1997, il est nommé, en 1999, chef J3 de la direction des opérations à l'Etat-Major des forces armées polonaises, où il reste jusqu'à 2003. Il passe ensuite à Bruxelles comme représentant militaire polonais auprès de l'OTAN et de l'UE (2003-2006). Puis est nommé chef d'Etat-Major (CEMA).

Fort Engagement international

 GagorPetraeus7Avril2010.jpg

Artisan de la transformation de l'armée polonaise. Proche des Américains - décoré de la Légion du mérite par le président Bush - il assure un engagement continu des Polonais d'abord en Irak (1) puis en Afghanistan (Iraqi Freedom et Enduring Freedom). Mais c'est aussi un artisan de l'engagement militaire polonais dans les opérations de l'UE, notamment pour EUFOR Tchad, où la Pologne assura un rôle majeur, en commandant le secteur nord (Iriba). Il fut d'ailleurs décoré pour ce rôle de l'insigne de commandeur de la Légion d’honneur en décembre 2008 par le CEMA français, le général Georgelin à l'occasion de la réunion des Chefs d'Etat-Major des pays du triangle de Weimar (France-Allemagne-Pologne).

Casques bleus au Moyen-Orient. Gagor a servi très tôt, et à plusieurs reprises, dans les forces des Casques bleus des Nations-Unies déployées au Moyen-Orient. Interprète principal dans la mission UNEF II chargée de superviser le cessez-le-feu entre l'Egypte et Israël (1976), il sert également à plusieurs reprises dans les forces des Nations-unies chargées de surveiller le désengagement du Golan (conflit Israël - Syrie) : comme officier (1980-1981, puis commandant le bataillon polonais (1985-1986), chef adjoint chargé de la logistique (1989-1990) et enfin commandant de la FNUOD (août 2003 - janvier 2004).

Irak - Koweit. Gagor est le commandant en second du contingent militaire polonais engagé dans l'opération "Tempête du désert" menée par une coalition internationale sous la direction des Etats-Unis. Il est ensuite (1991-1992) le commandant adjoint des observateurs des Nations-Unies (UNIKOM) chargés de surveiller le cessez-le-feu entre le Koweit et l'Irak. Il y reviendra en 2003 comme commandant en chef.

 

(photo : avec le général Petraeus, commandant des forces US en Irak et Afghanistan, à Varsovie, le 7 avril 2010 - AP)


(1) NB : il faut rappeler qu'avec les Britanniques et les Australiens, les forces polonaises ont été les seules à faire partie des "forces d'entrée en premier" lors de l'offensive US en Irak en 2003.

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 10:41

 AvionTupolev154Officiel-Pl.jpgL'avion présidentiel polonais - un Tupolev Tu-154 M - s'est crashé en Russie, samedi matin, près de Smolensk, alors qu'il s'apprêtait à atterir sur l'aéroport de Siewiernyk. L'accident n'a pas fait de survivants. Il y a 96 tués (bilan revu à la baisse après les premières estimations qui parlaient de 130 morts). Elles se rendaient à Katyn, pour rendre hommage aux milliers de prisonniers polonais exécutés il y a 70 ans, au printemps 1940.

Appareil politique et militaire décapité

Aucun survivant. Le président Lech Kaczinski et sa femme étaient à bord, entourés de nombreuses personnalités de premier plan de la République de Pologne : le vice-président de la Diète, Jerzy SZMAJDZINSKI, candidat aux présidentielles pour la gauche SLD, et l'autre vice-président de la Diète (PiS) Krzysztof PUTRA ; le président de la Banque centrale, Sławomir SKRZYPEK ; le vice-ministre de la Défense, Stanislaw KOMOROWSKI ; le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Andrzej KREMER ; le président de l'Institut de la mémoire nationale, Janusz KURTYKA ; le dernier président du gouvernement polonais en exil (1990!), Ryszard KACZOROWSKI,ainsi que de nombreux députés ou sénateurs, des proches des victimes de Katyn ainsi que des anciens de Solidarnosc, comme Anna WALENTYNOWICZ (militante des chantiers navals). 

 Etat-Major décapité. Le président était aussi accompagné d'une centaine d'officiers, dont le chef d'Etat-Major, Franciszek GĄGOR (membre du comité militaire de l'UE) ; le chef de la sécurité nationale, Alkesander SZCZYGŁO ; le général commandant des forces armées en opération, Bronislaw KWIATKOWSKI ; le commandant de la force aérienne, Andrzej BŁASIK ; le commandant de la Force terrestre, Maj.-Gen. Tadeusz BUK ; le commmandant des forces spéciales, Maj.-Gen. Włodzimierz POTASIŃSKI ; le vice-amiral de la marine, Andrzej KARWETA ; le directeur du centre de formation, Gen. bryg. Brig. Kazimierz GILARSKI. C'est une partie de la direction de l'armée polonaise qui se trouve ainsi décapitée. Une armée déjà endeuillée par la catastrophe du Casa C-295M, en janvier 2008, qui avait fait 20 morts, dont plusieurs responsables de l'armée de l'air.

tvp_plDeuil.pngLa liste définitive des personnalités disparues

Le Conseil des ministres polonais s'est réuni en urgence samedi. Les drapeaux officiels ont été descendus dans toutes les casernes et mis en berne ainsi sur tous les batiments officiels. Les sites webs gouvernementaux et publics portent le signe du deuil. Les journaux s'affichent en noir & blanc. L'émotion est intense en Pologne, on parle d'un "nouveau drame de Katyn" 70 ans après le massacre d'officiers polonais par les troupes soviétiques. Au niveau des autorités européennes, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rassmussen, a été un des premiers à exprimer ses condoléances. A 15h, l'Union européenne a publié un communiqué officiel (télécharger). Selon nos informations, Cathy Ashton, diplomate en chef de l'UE, qui devait se rendre en visite en Pologne ces jours prochains, a décidé - en accord avec les autorités polonaises de reporter sa visite. Les drapeaux des institutions européennes seront mis en berne lundi.

NB : Gazeta Wyborcza sort une édition spéciale sur l'accident de l'avion présidentiel à Smolensk: télécharger


Les causes de l'accident

La météo. La météo était mauvaise avec beaucoup de brouillard. L'avion présidentiel a tenté à plusieurs reprises d'atterrir (4 fois selon la radio polonaise). La quatrième a été fatale. L'avion, volant très bas, et aurait accroché des arbres à 300-400 mètres de la piste de l'aéroport, aurait pris feu et se se serait désintégré.

AccidentAvionPresid-RTRuss.png

Mais pas uniquement. Selon les informations recueillies par le quotidien polonais Gazeta auprès des sources militaires, les services du contrôle aérien russe ont déconseillé à tous les avions d'atterrir, proposé de se dérouter sur Minsk. L'aéroport de Smolensk n'a pas de système de guidage des avions par temps de brouillard (c'est un ancien aéroport militaire qui n'est que depuis peu ouvert au trafic civil). Mais la tour de contrôle russe ne pouvait interdire à l'avion présidentiel polonais qui, pour une raison inconnue, a persisté à vouloir atterrir sur l'aéroport. Ainsi, 30 minutes avant l'accident, un avion militaire russe Il-76, qui transportait les fonctionnaires russes de la sécurité nationale, a fait demi-tour pour aller atterrir ailleurs.

AccidentTupolevPresidentiel.jpg

Ce n'est pas la première fois qu'un Tu-154 a un accident : on recense une soixantaine d'incidents de vols dont plus d'une trentaine mortels pour cet appareil conçu dans les années 1960, mis en service dans les années 1970 et qui a été produit à près de 1000 exemplaires.

(crédits photo : armée polonaise, télévision russe, télévision polonaise)

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 11:01
Les dépenses de défense du Royaume-Uni ont continuellement augmenté depuis plus de dix ans. Et à un rythme largement supérieur à l'inflation et aux autres dépenses. Gordon Brown l'a reconnu lui-même, lors d'une séance de questions-réponses avec les députés à la chambre des communes le 17 mars. Ces dépenses « sont passées de 21 milliards de £ en 1997 à environ 40 milliards £ cette année ». La hausse en termes réels du budget de défense a ainsi été «de 12 % au cours des 13 dernières années», ce pour un certain nombre de raisons, notamment les opérations. En cause, évidemment l'Afghanistan et l'Irak, qui ont occasionné une dépense « de 17 milliards £ de plus » sur le budget de la défense.
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 17:26
Des appareils en parfait état de marche, à un prix d'ami. Une affaire ! C'est ce que les Polonais avaient cru en signant ce contrat de fourniture d'appareils de transport avec les Américains, des Hercules C130E rénovés. La réalité est légèrement différente. Tout d'abord, la commande a été honorée avec du retard. Portant sur cinq appareils, elle n'est pas toujours achevée (1) et ne devrait pas l'être avant la fin 2011. Ce qui provoque la grogne dans les rangs de l'armée de l'air polonaise qui comptait sur ses appareils notamment pour l'Afghanistan. Ensuite, le prix de la facture a augmenté proportionnellement avec le retard... De 94 millions de $, il est passé à 111,5 millions $, ce sans compter la location d'avions de remplacement que les Américains ont accepté de prendre en charge (2). Ce que les Polonais refusent, même si le prix de départ n'était pas très cher : un prix d'ami. Enfin la fiabilité ne semble pas au rendez-vous...

Les appareils ne sont pas de prime jeunesse ni d'une fiabilité extrême. C'est le moins qu'on puisse dire...  Sur les deux appareils actuellement en Afghanistan, un est cloué au sol, attendant toujours d'être réparé, alors que la réparation aurait dû être terminée fin janvier.  Le second des appareils a fait un atterrissage d'urgence, début février, sur la base de Mazar-e-Sharif, à la suite d'une panne qui aurait pu coûter la vie à son équipage. Au point que la commission de sécurité polonaise a estimé plus sage de leur interdire de voler tant que toute la lumière ne sera pas faite.

Les C130 ont mal à leurs pièces de rechange. Selon ce qu'en rapporte le quotidien Rzeczpospolita, le chef de la force aérienne, le général Andrzew Błazik, a d'ailleurs mis en garde le ministère de la défense polonais que ces « avions sont en mauvais état. Il y a beaucoup de pannes avec le C130 » explique-t-il. Autre problème évoqué, le « manque de pièces de rechange (...) qui provoque des immobilisations de l'appareil » (NB : un problème commun dans nombre de flottes européennes, pour les Transall également).

(1) Lire également :
Les C130 américains pour la Pologne sont en retard. Eux aussi ... (septembre 2009)
(2) Une grande partie est prise en charge par le programme US : Les C130 Hercules américains livrés en Pologne à partir de mars (mars 2009)
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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 23:17
HelicoSarSikorskyS92b-Uk10.jpgLe Royaume-Uni va privatiser entièrement son service de sauvetage et recherche en mer (Search and Rescue), ont annoncé les ministères de la Défense et du Transport britanniques, le 9 février. Celui-ci était jusqu'ici assuré en partie par les hélicoptères privés de Soteria CHC pour le compte des gardes-côtes (Maritime and Coastguard Agency) et les militaires de la Royal Navy (1) ou de la RAF. Il sera assuré, à compter de 2012, entièrement par le consortium privé, Soteria, associant CHC Helicopter Corporation, Thales UK, la Royal Bank of Scotland et Sikorsky.

Les hélicoptères seront basés sur 12 bases réparties sur tout le territoire. Le contrat, d'un montant de 6 milliards de livres sur 25 ans, doit encore être finalisé dans l'année. Le nombre d'hélicoptères en service devrait cependant diminuer, passant de 38 à 24 selon la BBC. Ce qui suscite quelques craintes. Mais ce seront des Sikorsky
S92, plus moderne et plus rapide que les anciens Sea King (utilisés dans la Navy), assure le ministère de la défense britannique.

(1) Le HMS Gannet, un escadron de la flotte aérienne de la Royal Navy, basé à Prestwick en Ecosse, disposait de 3 hélicoptères Sea King Mk5, pour couvrir tout le nord du Royaume-Uni (Ecosse, nord de l'Angleterre, Irlande du Nord).

(crédit photo : MCA - Sikorsky S92)
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 23:55

Le ministre de la Défense grec, Evangelos Vénizélos, a annoncé, la semaine dernière, vouloir explorer une nouvelle philosophie dans les relations greco-turques, en reconnaissant notamment que la Grèce ne devrait, ni s’attendre, ni se préparer à une guerre généralisée avec la Turquie mais à des crises militaires de courte durée, susceptibles d’être exploitées sur le plan diplomatique ultérieurement.

Lors d'une réunion avec la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, jeudi à Athènes, il a ainsi estimé que les violations de la chasse turque au-dessus de la mer Egée (ou du moins ce que la Grèce considère comme des violations de son territoire) ne sont « rien d’autre que des pressions politiques, visant à conduire la Grèce à la table des négociations diplomatiques, dans des conditions plus difficiles pour elle ». Pour le ministre, si la Grèce s’attendait à une guerre généralisée, cela signifierait, en fait, remettre en question l’ensemble des relations internationales et ses alliances (*).

Une volonté de détente avec les voisins. De façon plus générale, le Pasok - qui gouverne désormais en Grèce - semble vouloir ainsi enclencher un nouveau climat plus détendu avec ses voisins. En témoigne également la tentative de régler, enfin, de façon définitive, la question du nom de la république voisine de Macédoine issue de l'ex-Yougoslavie. Contentieux qui bloque l'adhésion de ce pays à l'OTAN comme les négociations vers l'adhésion à l'UE.

Un pays qui vit au-dessus de ses moyens. Il y a aussi des nécessités très terre-à-terre, bien économiques à cette révision géostratégique. Avec 2,8% du PIB consacrés aux dépenses militaires, la Grèce a un des plus forts taux de dépense du continent devant la Bulgarie (2,6%), la France (2,3%), le Royaume-Uni (2,2%) (**). Et les dépenses ont fait un bond de 11% entre 2007 et 2008. Mais le déficit public a atteint, lui aussi, un record : près de 13% selon le gouvernement. Et cela nécessite des mesures drastiques. Il paraît ainsi certain que certaines dépenses militaires et, particulièrement, certains engagements d'équipement devront être réexaminées.

Une politique d'achats revue. On comprend ainsi la prudence avec laquelle le ministre de la défense grec a répondu à son homologue français, Hervé Morin qui lui rendait visite, lundi 23 novembre. La France est, en effet, en première ligne pour plusieurs équipements grecs lancés par l'ancien gouvernement (lire : La Grèce fait son marché en France (mais pas de Rafale?). Concernant les frégates, Vénizélos a expliqué sa volonté de continuer les négociations pour une "aussi grande implication grecque que possible dans le transfert de technologie et la meilleure valeur ajoutée grecque » Autrement dit de meilleurs contreparties pour la Grèce. Concernant les hélicoptères NH-90 et Puma, il y a encore nécessité de « recherche de solutions communes » ; aux Français de régler les problèmes qui surgissent sur le NH90, ce qui permettra d'avancer sur le Puma. Quant à l'achat d'avions de chasse, cela semble plutôt mal parti pour le Rafale. Et les déclarations du ministre sur la Turquie laissent plutôt entendre que la Grèce veut mettre une pédale douce sur ce type d'achat. 

(*) On a l'impression que le commentaire écrit il y a 50 ans et que vient de republier Ekathimerini reste en partie toujours vrai : «On paper, both Greek and Turkish military units constitute half of NATO’s land forces. The Turks have 20 divisions and the Greeks 12 in NATO but, in both countries, the greatest proportion of their military is concerned with domestic security and is not available to NATO. The size of the area being defended is out of proportion. Greek and Turkish forces could play a decisive role in the event of any local dispute but would not be capable of acting as a deterrent to a powerful aggressor or keep it at bay for any length of time » écrivait Michalis Katsigeras en... 1959 !

(**) Source : OTAN, dépenses 2008

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 01:45
C'est un CSU, Chrétien-démocrate bavarois, le baron Karl-Theodor zu Guttenberg, qui hérite du portefeuille du ministère de la Défense dans le nouveau gouvernement Merkel qui vient d'être formé samedi. Il succède à Franz-Josef Jung, parti au ministère du Travail. Il devra notamment mener à bien la campagne d'Afghanistan. Et notamment augmenter les effectifs affectés à la formation de l'armée et de la police afghanes comme l'a prévu l'accord de gouvernement.

Un jeunot... Agé de seulement 37 ans - il est né le 5 décembre 1971 -, après son baccalauréat en 1991, Karl-Théodor n'a pas vraiment un parcours qui le prédestinait au ministère de la Défense, mis à part un service militaire effectué aux chasseurs alpins de la 23e brigade d'infanterie de montagne de Mittenwald (dont le signe est l'Edelweis) et est officier de réserve. Il fait des études de droit et sciences politiques à Bayreuth et Münich. Sa thèse en doctorat (obtenue en 2007) porte sur un sujet d'avenir : Constitution et traité constitutionnel : "étapes du développement constitutionnel aux USA et dans l'Union européenne". Il entre dans l'entreprise familiale Guttenberg, où il ne fait qu'un tour, pour surtout entrer en politique. Membre de la CSU, il en franchit les étapes pour devenir secrétaire de l'Union sociale-chrétienne bavaroise en 2008. Il est nommé ensuite ministre de l'Economie dans le gouvernement fédéral en février 2009, où il affiche un libéralisme bien trempé, s'opposant notamment à la mise en place d'un salaire minimum.

Le fils de... Baron, Karl-Theodor est issu d'une famille noble de la plus haute extraction, franque depuis l'origine, et a toujours été "bien" entouré. Son père Enoch est musicien et écologiste avant l'heure puisqu'un des fondateurs de la  Ligue pour l'Environnement et Conservation de la Nature en Allemagne (BUND). Son grand-père, officier dans la Wehrmacht, participa à l'attentat contre Hitler le 20 juillet 1944. A la libération, il opte pour la CSU où se montra un vibrant opposant à la politique Ost-Europa de Willy Brandt (il a écrit plusieurs ouvrages sur ce sujet : Die neue Ostpolitik, et également écrit un ouvrage (en 1970) sur le futur de l'Europe). Sa mère s'est remariée avec Adolf von Ribbentrop, le fils du ministre des Affaires étrangères d'Hitler de 1938 à 1945, condamné par le tribunal de Nüremberg et exécuté.
Karl-Theodor
a épousé Stephanie, comtesse de Bismarck-Schönhausen (arrière-arrière-petite-fille d'Otto von Bismarck), fondatrice d'une association de lutte contre la pédopornographie, "Innocence en danger", avec la ministre de la Famille, Von der Leyen. Ils ont deux filles.
Karl-Theodor avec Stéphanie, sa femme. (Crédit photo : zu Guttenberg)

A noter que le ministre des Affaires étrangères est le chef du parti libéral FDP Guido Westerwelle. Et que le ministre de la santé, Philip Rössler, vietnamien d'origine (adopté par une famille allemande) est un ancien officier médecin de la Bundeswehr.
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:09
97 millions d'euros supplémentaires à trouver pour l'année 2010, à ajouter aux 127 millions d'euros déjà prévues par les prévisions pluriannuelles d'économie, le nouveau chef d'Etat major de l'armée belge, Delcourt, a de quoi passer quelques nuits blanches. 97 millions c'est davantage que l'ensemble des opérations extérieures (qui se montent à 82 millions d'euros, environ*). Le gouvernement fédéral belge est, en effet, confronté (comme quasiment tous les gouvernements européens) à une baisse drastique de ses recettes. Et chaque ministère a été prié de faire des économies (**).

L'armée est destinée à fondre. Le chef d'Etat major avait d'ailleurs confié dans une réunion avec les syndicats, en juillet, qu'il était prêt à dire "non" à toute nouvelle mission internationale sans moyen nouveau. Des restructurations sont à prévoir. Un plan de baisse des effectifs est déjà engagés. De 38.000 personnes aujourd'hui (dont 2000 civils), celle-ci devait encore fondre, passant à 34.000 personnes en 2013, 30.000 en 2015 (contre 44.000 en 1994, soit une baisse d'un quart des effectifs). Et presque la moitié des bases vont être fermées. Avec des regroupements à prévoir. Ce qui va engendrer des difficultés dans l'armée et des mouvements de grogne à prévoir.

Autre enjeu : les équipements et investissements.
La situation d'équipement des troupes n'est pas au top. En Afghanistan, raconte un syndicaliste de la FGTB, les gilets pare-balles sont en nombre limités. Résultat, chacun avant de sortir est obligé d'en emprunter. La participation au programme A400M, aux programmes européens comme Musis ... pourrait-elle être revue ? Enfin, coté opérations extérieures, chaque mission va être examinée de près. La perspective de renfort à l'IFAS, envisagée un moment par le gouvernement, s'éloigne ; de même que la prise de commandement de l'opération Atalanta (qui aurait nécessité un engagement plus important).

Spécialisation à venir. Cette restructuration profonde n'est pas isolée en Europe. La crise économique, et budgétaire, oblige à des choix douloureux et accélère les restructurations. De fait, surtout les armées des petits et moyens Etats membres n'ont plus vraiment le choix : maintenir un nombre important de personnel sous les armes, de nombreuses bases militaires et une certaine palette d'équipements coûte relativement chère. Et l'efficacité de cette armée demeure limitée (car le montant consacré en volume) reste limité. Deux solutions existent alors : le pooling (la mise en commun d'équipement), délicat et difficile à mettre en place, ou la spécialisation. C'est un des travaux menés sous l'égide de l'Agence européenne de la Défense: repérer les meilleures spécialités existant dans les armées européennes. L'armée belge a ainsi deux spécialités à son actif - le déminage et le service de santé - qui pourraient être développées au profit des autres armées (européennes) et seraient sans doute utiles dans les opérations internationales.

(*) La Cour des comptes a un jugement particulièrement sévère, ce depuis plusieurs années, sur la comptabilisation des dépenses consacrées aux opérations extérieures "réparties de manière peu transparente sur plusieurs programmes budgétaires" et sur le fait de n'avoir "aucune information précise sur le coût de revient par opération ni sur le financement des dépenses".

(**) Le budget fédéral est de 51 milliards d'euros, dont 2,8 milliards d'euros pour la Défense. Ce budget est relativement faible car une bonne partie des activités publiques en Belgique est assumée par les 3 régions (économie, transport...) ou les 3 communautés (éducation, culture...)
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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 20:46
(Brève d'été) Sir David Richards succède à Richard Dannat comme chef d'Etat-Major de l'armée britannique. Né en 1952, engagé à 19 ans dans l'artillerie, il sert en Extrême-Orient et en Allemagne (29e Commando Regiment Royal Artillery, 11e brigade blindée, 3e Regiment Royal Horse Artillerie...) sans compter les tours opérationnels en Irlande du Nord, où l'armée est appelée à la rescousse face au "terroristes" de l'IRA. Promu brigadier général en 1996, il sert au quartier-général britannique d'opérations à partir de 1998 : il supervise notamment les interventions à Timor Est (1999) et au Sierre Leone (2000). Chef du corps de réaction rapide allié en avril 2001, il sert en Afghanistan, à l'IFAS entre mai 206 et février 2007, période pendant laquelle l'OTAN étend sa présence au sud et à l'est du pays. Puis il devient commandant en chef de l'armée de terre. Marié à Caroline, il a deux filles (Joanna et Pippa).
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Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.