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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 08:10
Le premier navire de la nouvelle génération de démineurs de la marine suédoise a été livré le 6 novembre. Le Vinga est le premier d'une série de cinq navires de déminage ; deux suivants suivront au printemps de 2009 et à l'été 2010, les cinq navires devraient tous être livrés aux forces armées.

Ces navires pourront fournir des "possibilités sans précédent" pour détecter et détruire tous les types de mines sous l'eau, explique la marine suédoise. Un sonar dans l'eau permet de détecter les plus petits détails et le nouveau submersible est plus sûr et plus rapide pour désamorcer les mines. La plus grand nouveauté réside dans la capacité du navire à se défendre seul contre des attaques aériennes (les autres navires de déminage existant sont dépendants d'un autre navire qui doit être présent sur zone pour les protéger des frappes aériennes).

Un projet européen. Cette livraison est importante ; l'Union européenne lance en effet, le 10 novembre, un projet européen de déminage des mers les plus contaminées (Baltique, surtout, Manche et Méditérannée également) auquel devraient participer les pays riverains (Suède, Pays-Bas, Italie notamment).

Selon les estimations, plusieurs dizaines de milliers de mines, déposées au cours des guerres mondiales, sont encore au fond de la mer Baltique.
Des mines qui peuvent causer une menace et des dégâts à la pêche ou le travail sous-marin, notamment comme le projet de gazoduc à travers la mer Baltique.

Photo: Ministère de la défense Suédois - Peter Nilsson/Kockums
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 21:00
Le ministre de la Défense, Nikolaï Tsonev a réceptionné, le 3 novembre, les 52 véhicules « Hummer », don des Etats-Unis aux armées de terre bulgares. Estimé à 16 millions de dollars, ce don est une récompense pour l'engagement bulgare en Irak et en Afghanistan aux côtés des Américains. Il provient en effet du Fond de solidarité du gouvernement américain.

Quelques uns de ses véhicules vont être déployés immédiatement en Géorgie, dans la mission des observateurs de l'Union européenne (EUMM), où servent actuellement cinq Bulgares.
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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 12:25
Le gouvernement finlandais - en accord avec la présidente de la république (la Finlande vit en cohabition) - a décidé. La Finlande ne signera pas le traité d’Oslo qui prévoit l'interdiction des bombes à sous-munitions, en décembre 2008. Cette position sera réexaminée "lorsque les études sur la capacité des forces armées finlandaises auront été réalisées ainsi que sur l’existence, la disponibilité et le coût de systèmes alternatifs". Explication : l'armée finlandaise a fait de cette arme un instrument de la défense du territoire (détails dans le précédent article).

Le gouvernement finlandais - cependant - n'est pas avare de contradictions : il soutient "l'universalité" et les objectifs du Traité et participera à la mise en place du traité d’Oslo par le biais de son action de déminage humanitaire. Elle a au moins l'avantage de la franchise. De nombreux Etats signent le Traité sans en avoir l'intention de l'appliquer.
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 09:50
Les budgets militaires dans l'Union européenne seront-ils les premières victimes de la crise ? En tout cas, malgré les rappels à l'ordre du secrétaire général de l'Otan à certaines de ses ouailles, certains Etats ont déjà annoncé revoir leurs prévisions de dépenses pour 2009. Voici quelques exemples...

En baisse

• En Irlande, le budget 2009 annoncé par le ministre Willy O'Dea le 13 octobre est un des plus "rudes" des dernières années. Il est en baisse, s'établissant à 817,5 millions d'euros (contre 840 millions en 2008) Il prévoit certaines fermetures de casernes comme Longford, Monaghan, Rockhill House dans le Letterkenny et Lifford Military Post, selon The Independent.

• En Roumanie, le ministre de la Défense Melescanu a précisé qu’en raison de la crise financière le budget militaire 2009 pourrait passer de 2,38% à 1,5% du PIB ! Et l’achat des avions de combat pourrait être reporté à l’année prochaine.

• En Slovaquie, le Premier ministre, Robert Fico (SMER) ne serait pas opposé à une réduction du budget de la Défense, prévu à hauteur de 1,03 milliard d’euros en 2009, selon la chaine d'infos TA 3. En revanche, le parti national, SNS, de Jan Slota - qui fait partie de la coalition gouvernementale - souhaiterait le contraire : une rallonge devrait être accordée aux Forces armées, selon lui en récupérant l’argent gagné de la vente des biens immobiliers excédentaires du ministère de la Défense.

• En Hongrie, le ministre de la défense, Imre Szekeres avait promis à Jaap de Hoop Scheffer, d'augmenter de 0,2 % annuellement la part du PIB consacrée à la défense sur les cinq prochaines années. Cela signifait une hausse annuelle de 7 % des dépenses de défense pour l'année prochaine, pour atteindre un montant de 338,39 milliards de forints (1,358 milliards d'euros), soit1,17% du PIB. Cela, c'était au moment du sommet de l'Otan dans la capitale hongroise, le 9 octobre. Aujourd'hui, après la tornade financière qui a secoué le pays, cet objectif va être revu.

A suivre...

En hausse

• En France, le budget "Défense" s'élève - selon le projet de loi de finances 2009 présenté par le gouverment - à 32 Milliards € (hors pensions), en augmentation de 1,6 milliard d'euros par rapport à 2008 (soit + 5,4 %).

• Au Royaume-Uni, le budget 2008-2009 a été taillé à hauteur de 29,1 milliards de £ (environ 35,9 milliards d'euros), sans compter les éventuels suppléments votés en cours d'année (nb : l'année budgétaire va de mars à mars).

Dans nombre de pays européens (France, Bulgarie, Irlande, Pologne, Royaume-Uni...), l'heure est aussi à la rationalisation des dépenses, la fermeture et le regroupement de bases ainsi que la vente concomittante des biens publics est ainsi à l'ordre du jour pour pallier à ces problèmes budgétaires (garder les budgets défense en équilibre ou éviter des baisses plus fortes).

Pour comparaison,

- aux Etats-Unis, le budget militaire continue de galoper. Opérations en Irak et surtout en Afghanistan obligent. Selon le projet de budget 2009 - le dernier déposé par l'administration Bush - le montant affecté est de 651 milliards de $, en augmentation de 68 milliards (contre 583 estimé en 2008 et 560 en 2007). Ce budget inclut ainsi plus de 100 milliards d'euros consacré à la "lutte globale contre le terrorisme". Depuis 2001, le budget ordinaire de la Défense (hors dépenses lutte terrorisme) a augmenté de 74% précise le Pentagone.

- en Russie, selon le projet de budget fédéral pour 2009-2011, le budget militaire augmentera de 45%, a expliqué le président du comité de la Douma pour la défense, Viktor Zavarzine à Ria Novosti. En 2009, ainsi les dépenses militaires russes augmenteront de 25,7%. Le montant brut des dépenses militaires fixé à près de 1.277,5 milliards de roubles (36 milliards d'euros) reste "relativement modeste" au regard des autres budgets européens. A une réserve près : il ne tient pas compte du budget de l'intérieur (certaines troupes d'élite dépendent du ministère de l'intérieur).
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 23:59
Après la nomination de John Hutton comme ministre de la défense, au Royaume-Uni, le ministère de la Défense a annoncé la constitution complète du ministère, et notamment celle de la Baroness Taylor of Bolton.

Une pro Otan au poste de Ministre chargée des relations internationales de défense

• la Baroness Taylor of Bolton, qui occupait le poste de Ministre pour le soutien et les équipements de Défense, passe en effet à une nouvelle fonction, ministre pour la défense et la sécurité internationale, chargée des relations avec l'Otan, la Pesd et les autres sujets internationaux. Elle continuera à s'occuper des questions de défense à la chambre des Lords. Elle n'est pas spécialement connue pour être un "pied tendre". Elle était notamment plutôt considérée comme un des plus fermes tenants de l'intervention en Iraq.  Sa première déclaration ne témoigne pas d'une appétence spécifique pour l'Europe de la Défense : "L'OTAN est la clé de la sécurité du Royaume-Uni et joue actuellement un rôle opérationnel essentiel en Afghanistan et ailleurs. Sa transformation et le développement de la politique européenne de sécurité et  de défense sont d'une immense importance." a-t-elle déclaré (en original cela donne : "I am delighted to have been offered this new and exciting portfolio by the Prime Minister. NATO is key to the UK's security and is currently playing an essential operational role in Afghanistan and elsewhere. Its transformation and the development of European Security & Defence Policy are of immense importance"). Née le 2 juillet 1947 au Lancashire, elle a été élue dans la circonscription de Bolton Ouest. Elle était secrétaire privée de Fred Mulley - qui a été secrétaire d'Etat à l'Education et la Science (1975-76) puis à la Défense (1976-77). Elle a été aussi "shadow" secrétaire d'Etat à l'Education. Elle a été aussi présidente du comité de sécurité et de renseignement, chargé de surveiller le fonctionnement des services Mi5 et Mi6. (fiche Cv de la chambre des lords)

Quentin Davies (MP) devient le nouveau Ministre pour le soutien et les équipements de Défense.

Kevan Jones (MP) est le sous-secrétaire d'Etat pour les anciens combattants (les vétérans).

Bob Ainsworth reste ministre chargé des forces armées.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 14:49
Dans une lettre adressée à la Chambre basse des Pays-Bas, l'Etat a officiellement reconnu, dimanche, sa responsabilité dans la maladie d'un ancien canonnier de la marine. Celui-ci avait été atteint de Leucémie après avoir travaillé régulièrement avec un détergent PX-10. Il semble clair ainsi que d'autres soldats qui ont des problèmes de santé dus à l'utilisation de solvants volatifs (produits contenant du benzène, toluène ou xylène) - plusieurs dizaines - pourraient être concernés, indique le ministère.

Les dossiers sont à l'étude.
Cela concerne principalement des anciens employés chargés de l'entretien des armes, mais il y a aussi d'anciens responsables de torpilles et aussi des employés civils de la marine. La plupart du temps, le travail était effectué "sans protection, de sorte que le contact avec la substance par les mains était courant". Phénomène d'autre plus nocif pour la santé que l'intervention se déroulait dans des atmosphères confinées "non-ventilées, sur de petits espaces, en particulier sur les navires". Facteur aggravant, dans certains cas, les armureries servaient de lieux pour se restaurer ou dormir. Depuis 1989, le PX-10 n'est plus vraiment utilisé car il y a d'autres produits de substitution.
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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 11:55
L'actuel ministre du Commerce, John Hutton, va devenir ministre de la Défense dans le cadre d'un remaniement plus profond destiné à donner un second souffle au gouvernement de Gordon Brown. Il succède ainsi à Des Browne, dont la dernière apparition en public aura été la réunion informelle des Ministres de la Défense à Deauville. Des Browne est ainsi dégagé du gouvernement (un poste de compensation lui sera offert). John Hutton sera remplacé à son poste par... Peter Mandelson, l'actuel commissaire européen au Commerce qui quitte Bruxelles (après avoir été aux négociations de l'OMC sans y réussir vraiment d'ailleurs).

Député du Labour (le parti travailliste) depuis 1992, John Hutton est réputé proche de Tony Blair. Ministre de la santé sous Tony Blair, puis secrétaire d'Etat au Travail et aux pensions (quand Plunkett démissionne), c'est un peu l'homme des missions difficiles. Outre les Affaires sociales, il s'est toujours un peu intéressé aux questions de sécurité et de défense, il a notamment siégé à la commission "Affaires intérieures" et "Défense" de la chambre des communes. A son nouveau poste, il va devoir d'abord gérer une armée britannique, engagée sur deux terrains difficiles, Irak et Afghanistan, et en proie à de solides difficultés financières et matérielles.

A suivre...
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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 21:56
L'ancien chef d'Etat-Major de l'armée suisse, Christophe Keckeis, qui a quitté ses fonctions fin 2007, vient de jeter un pavé dans la mare de la politique de sécurité suisse. Ancien pilote (sur Mirage III au départ), il fonce en piqué sur la défense suisse, trop sûre et trop repliée sur elle-même. C'est dans l'Hebdo ce jeudi, un excellent article de Pierre-André Stauffer, où il précise que la défense suisse doit évoluer, arrêter de "vouloir faire tout elle-même" et se rapprocher nettement de l'Europe de défense.

Pour un accord bilatéral UE-Suisse sur la défense
«Alors que la Suisse conclut ou cherche à conclure des accords bilatéraux avec l’Union européenne sur à peu près tout, elle n’a pas le culot d’en négocier pour sa sécurité.». "Ce qui m'intéresse dans l'UE, c'est qu'elle a un concept de défense", explique Keckeis. La solution la plus simple pour la Suisse - continue-t-il - serait de trouver "une passerelle intelligente pour entrer à petits pas" dans cette Politique européenne de sécurité et de défense.
Ce qui n'est pas facile à faire, les partis politiques (UDC et socialiste) étant en chamaille, note le journaliste. Du coup, Christophe Keckeis indique, en deuxième choix, des «négociations bilatérales avec un petit groupe de pays, nos voisins directs par exemple comme la France ou l’Allemagne, et autres partenaires de confiance…». La France a un petit faible chez lui. «Parce qu’elle a quelque chose qui ressemble à la Suisse.» Elle ne veut pas se laisser «avaler par un grand machin américain ou britannique». Elle a une «attitude très critique à l’égard de l’OTAN, mais sainement critique».

Investir dans la défense et les missions de paix...
Deuxième constat. Pour rester neutres, forts et exclusifs, il faudrait 4,8 milliards de francs par année, or on en est à 3,6. Nous sommes les plus faibles en Europe en termes de pourcentages de PIB investis dans la sécurité du pays, c'est la honte", «la neutralité n’est pas une excuse pour ne rien foutre». Au contraire, la neutralité est «un avantage exclusif», un produit typiquement suisse, «qui nous permet d’aller partout» assèle Keckeis, qui n'a assurément pas sa langue dans la poche. Or, la Suisse n'investit pas assez sur les missions de l'ONU. Les effectifs envoyés sont à 2%, au-dessous des pays de l'Otan (2,7% alors qu'ils avaient promis 4%) et bien loin de l’Irlande dont le pourcentage, atteint 8,1% !

Ce qui suppose de revoir les conditions d'engagement à l'extérieur
L'ancien chef d'Etat-major critique ainsi les limites mises à l'engagement international par le Parlement national : pas plus de 220 hommes par an (250 dans les cas exceptionnels), «alors qu’il en faudrait au moins 500». Et surtout,aucune mission où un soldat risquerait d’y laisser sa peau. Ce qui est une erreur : «Engager des soldats sans envisager qu’ils puissent être tués est une erreur de principe». Il distingue bien ainsi le bourbier en Irak et les missions de paix. Le soldat qui «essaie de produire de la paix et qui tombe en faisant son boulot, c’est un peu comme le délégué du CICR qui risque sa vie pour sauver celle des autres». !

Les six points forts de l'armée suisse en coopération internationale
Entre chefs d’armée, «on sait quels sont nos points forts et nos points faibles, rappelle Christophe Keckeis, qui recevait régulièrement des coups de fil de ses homologues européens : «Mon gouvernement veut aller là ou là… Tu peux me filer un coup de main?». « j’ai toujours su ce que je pouvais proposer», commente-t-il, détaillant les six points forts de l'armée suisse:
1. La gestion de l’espace aérien, car la Suisse «a eu l’intelligence de gérer ensemble les espaces civils et militaires», alors qu’ailleurs c’est souvent la guéguerre entre les deux.
2. Le transport par hélicoptère.
3. La médecine.
4. La lutte contre les armes bactériologiques et chimiques, «car les terroristes ont compris que le procédé était meilleur marché qu’une bombe atomique».
5. Un savoir-faire dans la conduite, la programmation et la gestion.
6. Une capacité intellectuelle «extraordinaire» due au caractère milicien de l’armée (la fameuse armée de milice : conscription + rappel réguliert sous les drapeaux que Keckeis veut conserver). «Nous sommes l’un des rares pays qui peuvent trouver quelqu’un pour travailler dans n’importe quel job.»
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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 12:00
Alors qu'un processus est engagé, au niveau international, pour interdire les bombes à sous-munition (1), la Finlande fait cavalier seul au plan européen, et ne cache pas sa forte réticence à signer une telle convention.

Le ministère finlandais de la Défense l'a clairement exprimé encore récemment : il ne souhaite pas une telle interdiction, pour des raisons à la fois stratégiques et budgétaires. Le gouvernement finlandais doit préciser sa position cet automne avant l'approbation finale du Traité (en décembre).

Trois arguments sont utilisés par les experts militaires finlandais, pour justifier cette utilisation.

Argument stratégique : le pays, qui a une frontière de 1200 kms avec la Russie, qui ne fait pas partie de l'Alliance militaire atlantique, revendique une "neutralité active". Et même si un débat s'est engagé sur la nécessité d'une adhésion à l'Otan (2), le pays ne semble pas pressé de prendre le pas et d'abandonner cette position. Dans le concept finlandais, la neutralité ne s'entend pas comme un "zéro défense", mais s'appuie plutôt sur une armée moderne et active (comme pour la Suisse). La neutralité suppose d'avoir "des armes crédibles" dit-on souvent en Finlande. « La bombe à sous-munition a un très grand rôle dans la crédibilité, l’autonomie et la prévention de la défense finlandaise », a affirmé à plusieurs reprises dans la presse nationale, le ministre de la Défense, Jyri Häkämies.

Argument budgétaire : le ministère de la Défense considère que cette interdiction va lui coûter cher. L'équipement en bombes à sous-munitions lui a coûté environ 30 millions d'euros. Les détruire reviendrait à 7-8 millions d'euros. Soit une perte globale de 40 millions d'euros pour les militaires. Et aucun budget n'est prévu.

Argument tactique : selon les militaires Finlandais, il n'y a pas actuellement "d'alternative possible", de moyens de subtitution, à court terme (avant 5 ou 10 ans). Sauf à recourir aux armes intelligentes. Et là on retombe sur la difficile équation budgétaire. L'armée finlandaise n'a pas les moyens d'acquérir ces armes. Aucun budget n'est prévu.

Ironie de l'histoire. L'armée finlandaise s'était justement équipée en bombes-sous munitions pour remplacer les mines anti-personnel (utilisées en armes défensives le long de sa frontière avec la Russie, mais interdites ensuite par la Convention d'Ottawa, entrée en vigueur en 1997).

Une position gênante diplomatiquement. Cette position de la Finlande s'avère plutôt gênante puisqu'elle la range aux cotés des pays qui ont refusé de participer au processus d'interdiction d'Oslo et qui souvent produisent ces armes et utilisent abondamment ces armes (Russie, Etats-Unis, Chine, Inde, Pakistan ou Israël). Elle l'isole au niveau de l'Union européenne (même la France pourtant peu enthousiaste à ce genre d'interdictions s'est rangée). Une position d'autant plus inconfortable que le pays préside actuellement l'OSCE - et que l'assemblée parlementaire de l'OSCE s'est prononcée clairement en faveur de cette interdiction. (Voir aussi le site de Handicap international sur les bombes à sous-munitions)

(1) Engagé en 2007 à l'initiative de la Norvège, les négociations pour l'interdiction de ces bombes ont abouti à un accord à Dublin en mai dernier, 111 pays s'engageant à le signer, la signature doit intervenir à Oslo en décembre. Télécharger le texte de la Convention.

(2) Le ministre finlandais des Affaires étrangères, A. Stubb, est pour cette adhésion - comme plusieurs hommes politiques conservateurs ou libéraux. La présidente de la République, T. Halonen, comme plusieurs autres hommes politiques, plutôt socio-démocrates (mais pas seulement).
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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 09:00
... C'est un rapport du très sérieux comité "défense" de la Chambre des Communes qui l'affirme. L'armée britannique a de plus en plus de mal à recruter et à conserver ces recrues. Le nombre de personnes qualifiées rejoignant les militaires diminue. Le nombre de militaires rompant leur contrat avant terme augmente.

Le rythme des opérations en cause. Cette tendance n'est pas nouvelle. La différence est maintenant - note le rapport - que "nos forces armées fonctionnent à un tempo plus élevé que jamais auparavant mais les engagements (nb : en Irak et Afghanistan) dépassent les niveaux pour lesquels elles ont recrutées". Ce qui met le personnel de service sous une pression extrême et contribue à l'augmentation des démissions. Les points critiques où il manque du personnel augmentent, le rapport en dénombre 25. Les conditions de travail, l'impact du tempo opérationnel ('intervalle entre les opérations, etc.), l'absence de prévisibilité et le mauvais équilibre vie privée / vie professionnelle ont des "conséquences graves pour le personnel et leur famille", et sont un facteur important dans la décision de départ anticipée.

Des mesures insuffisantes.
Si certaines mesures ont été présentées, pour améliorer la situation, la "situation de l'effectif ne s'améliore pas", s'inquiètent les députés. Ils recommandent d'améliorer la situation du logement, de créer des ponts entre société militaire et civile par de meilleurs programmes de gestion de ressources humaines, de renforcer les équipes de recrutement et les services sociaux des armées, de réorganiser la grille de salaires (télécharger le rapport).
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.