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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 19:07
Les négociations qui vont s'ouvrir à Genève le 15 octobre entre Géorgiens et Russes sont une "discussion pas une conférence. C'est le terme choisi dans l’accord de cessez le feu qui met fin aux opérations militaires" a expliqué un haut diplomate européen. La différence est importante : "Ce n'est pas une rencontre en une fois. Mais le début d’un processus, en vue de régler les problèmes sur le terrain". Le but n'est pas "d'imposer un schéma mais permettre aux parties de s'exprimer, faciliter la discussion et des engagements pour régler les problèmes les plus urgents".

Une réunion toutes les deux semaines
La réunion devrait commencer la veille (le 14 octobre) par un dîner donné par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, au nom de l'UE, avec les deux parties, et les coprésidents (Alexander Stubb, pour l'Osce, et Ban Ki Moon, pour l'Onu). Elle se poursuivra par une première réunion plénière le 15, au Palais des Nations de Genève.

Les deux points à l'ordre du jour
"Il n'y a pas d'ordre du jour précis" pour ces premières réunions. "L'idée est de se mettre au travail, entre les parties, quelques semaines après une confrontation". Mais ce qui est en discussion, ce sont les "deux points prévus par l'accord de cessez-le-feu : la stabilité sur le terrain, et la situation des personnes et réfugiés". Mais on a déjà un ordre d'idée des questions à résoudre. 1. "Sur la stabilité, "il faut prévoir une procédure, un code de conduite, (une hiérarchie des décisions), voir ce qu'on peut régler sur place ou ce qui peut être à un autre niveau". 2. Pour les réfugiés. "Il faut faciliter le retour à la vie civile normale, la circulation biens et personnes", etc. Il y a des points où il faut aller vite. "L’hiver vient, nous sommes en région de montagne, et il y a encore des gens sur les tentes".

Aller vite et être concret
 Notre volonté est de "poursuivre un rythme soutenu d'aller assez vite. Une réunion devrait avoir lieu toutes les deux semaines" explique ce diplomate. "Nous voulons garder le même tempo, le même rythme pour éviter l'enlisement sur le terrain qui puisse aggraver la sécurité et provoquer une situation incontrôlable" pour avoir un "retour aussi rapide que possible à la normale sur le terrain". "Des questions majeures doivent aussi être abordées" dont certaines "remontent à la Géorgie au début de son indépendance, depuis août mais aussi de la situation depuis 1992". Le statut des territorires sera abordé sans doute. Mais dans un second temps. "Si on commence par là, on n'arrivera à rien". Il faut une approche bottom up (du bas vers le haut". Des problèmes concrets aux problèmes plus sensibles, plus politiques.

Participation des Ossètes et Abkhazes aux groupes de travail
Le discussion se passera en session formelle en plénière et dans deux groupes de travail : un sur la stabilité (questions de sécurité), l'autre sur les réfugiés et déplacés (questions humanitaires et de vie courante). Les Ossètes et Abkhazes ne seront pas présents en plénière mais bien présents dans les gropes de travail. Dans ces groupes, le principe est de "prendre en cause toutes les parties", de façon informelle, "pour aborder les problèmes concrets, avec tous ceux que çà concerne" explique notre haut diplomate. Ainsi autour de la table il n'y aura "pas de nom de l'entité représentée, juste le nom de la personne. Ce sont des artifices diplomatiques, certes" reconnait notre interlocuteur. Mais "ces artifices sont utilisés par les diplomates depuis des siècles, et sans cela on n’arrêterait pas de se faire la guerre".

Un trio d'Européens à la présidence de la plénière
La plénière aura un fonctionnement plus formel, avec identification des personnes par entités - sous entendus sans représentation officielle des Ossètes et Abkhazes. Elle sera coprésidée par les trois organisations présentes dans la région - l'UE, l'ONU et l'OSCE, les "trois institutions ont, en commun, d'avoir des observateurs sur le terrain, l'expérience du concret". De fait, cependant, ce sera surtout un trio d'Européens qui sera aux commandes : respectivement, Pierre Morel (UE / EUMM) - français, ancien ambassadeur à Moscou représentant spécial en Asie Centrale -; Johan Verbeke (Monug), diplomate belge ancien chef de cabinet de la ministre Neyts, au Liban et à l'Onu ; Terhi Hakala - diplomate finlandaise, ancienne chef du secteur Europe de l'Est-Asie centrale à Helsinki (OSCE). Outre la coprésidence, les Russes, Géorgiens et Américains (sans doute Daniel Fried, le sous-secrétaire d'Etat à l'Europe).

Va et vient entre plénière et groupes de travail
Entre la plénière et les groupes de travail, il y aura un "va et vient. On travaille ainsi à plusieurs étages". Ces principes ont été "acceptés par tous". Aux plénières chaque délégation siégeront les représentants spéciaux ou vice ministres, selon le principe 1+3 (1 représentant et 3 conseillers). Dans les groupes de travail siégeront plutôt des experts, selon le principe 1+5 (1 représentant, 5 conseillers).

Pas de changement de format de la Mission d'observation EUMM Georgia
Répondant à certains propos des Russes, le diplomate a dénié tout projet d'armer les observateurs européens. "Une approche a été arrêtée par l’UE. Elle assume entièrement les engagements pris. Elle le fait avec ses moyens et son expérience" a-t-il déclaré.

La conception européenne, l'expérience...
Il y a deux conceptions "une conception militaire territoriale du contrôle d’une zone, cette approche existe (mais) l’approche européenne est différente, c'est une approche d’accompagnement au retour à la vie civile en misant sur le civil". Et d'ajouter : nos observateurs ont des expériences multiples : à Pristina, Beyrouth, Aceh, Skopje... je ne dis pas pas automatiquement qu'elle est meilleure que d’autres méthodes, mais c’est notre conception" de l'intervention européenne, a-t-il ajouté.
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 19:59
Selon un proche de Medvedev, le président russe, les observateurs internationaux qui doivent se déployer dans la zone de sécurité, près de l'Ossétie du Sud et à l'Abkhazie "doivent être armés pour remplir des fonctions policières et maintenir l'ordre". Cette proposition n'est pas nouvelle selon Sergueï Prikhodko, conseiller du chef de l'Etat russe, dans un propos rapporté par l'agence Novosti. "Au cours des négociations avec M. Sarkozy, le président russe a répété à plusieurs reprises que les observateurs de l'UE devraient être armés", a-t-il déclaré. Autre précision du conseiller présidentiel : il faut renforcer la mission de l'Union européenne. "Plus ils seront nombreux, mieux cela sera. (...) Loin d'être allergiques à leur présence, nous sommes prêts à coopérer avec eux" a-t-il ajouté. 

Une idée justifiée. Cette demande (offre) pourrait être discutée au plus haut niveau. Medvedev et Sarkozy se rencontrent en marge de la World Policy Conference à Evian, le 8 octobre. Vu la configuration sur le terrain (entre des tirs contre des policiers géorgiens et un "attentat" contre des "soldats de la paix" russes en Ossétie du sud, le format de la mission peut apparaître un peu léger. Et son renforcement peut apparaître nécessaire.

Nouvel appel à contribution? Presque la majorité des effectifs étant des militaires ou des policiers, l'armement du personnel ne semble pas pose vraiment de problème pratique. Sur l'augmentation des effectifs, cela implique de faire un nouvel appel à contribution aux pays européens. Mais cela ne devrait pas poser de problèmes. Outre les pays européens, plusieurs pays tiers voisins, telle la Turquie avaient fait une offre de service. Offre bien notée par Javier Solana, le Haut représentant, qui avait ainsi indiqué aux Turcs qu'ils pourraient sans doute participer à une relève.

Autres points de discussion. En attendant, il faudra que les forces russes qui ont commencé à se retirer des différents postes dans la zone de sécurité respectent intégralement leur parole. Ce qui devrait également au centre des discussions d'Evian (avec la poursuite des négociations internationales à Genève sur la situation dans le Caucase, prévue pour le 14-15 octobre). 
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 23:18
1er octobre. Dans les délais, comme prévu dans l’accord de cessez-le-feu signé avec les Russes, ce qui en soi même une "heureuse surprise" de l'Europe de la Défense, les Observateurs de l’UE se sont déployé en Géorgie. Et Javier Solana, le Haut représentant de l'Union était présent hier à Tbilissi pour saluer l'évènement (son discours ici).

Uniforme blanc, béret bleu, brassard bleu aux 12 étoiles jaunes… les observateurs – qu’ils soient militaires, policiers, civils – ont désormais tous le même uniforme. Seuls les véhicules blindés – une cinquantaine – n’ont pas été repeints. Trop rapide. Mais des stickers bleus, collés de chaque coté, ainsi que les plaques d’immatriculation « EummXX » identifient bien les véhicules.

Les observateurs proviennent de différentes origines. Et ce ne sera pas la moindre gageure pour cette opération que de faire travailler selon les mêmes méthodes, les mêmes capacités de réaction face aux possibles incidents, le gendarme mobile ou le carabinieri – de corps militaire – le policier allemand ou polonais, les experts de droits de l’homme suédois ou autrichiens. Ils n’ont pas été entraînés ensemble. Paradoxalement cette mission civile recèle tout autant – voire plus de difficultés – qu’une opération militaire, où l’Otan aidant, les mêmes modus operandi ont pu naître…



Maintenant il faudra que les Russes tiennent leur engagement : se retirer de la zone de sécurité (buffer zone) qui sépare la Géorgie (intérieure) de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, d'ici au 10 octobre. Il va falloir négocier les modalités du retrait, les modalités des patrouilles dans cette zone, et surtout la présence des forces géorgiennes dans cette zone (qui normalement pourrait être interdite). L'armée, Etat dans l'Etat russe, ne se laissera sans doute pas dompter aussi rapidement par ses politiques. Et la diplomatie européenne devra, peut être, montrer ses muscles d'ici le 10 octobre... Bien que la Russie ait montré - à plusieurs signes depuis quelques semaines - sa volonté de retrouver toute sa place dans le "concert des nations".
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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 19:05

Le rapport annuel du bureau de "l'intelligence service" tchèque n'est, cette année, pas passé inaperçu. Il y dénonce un très fort activisme russe sur son sol (lire ici, version tchèque). "Les activités d’espionnage russes en République tchèque atteignent une intensité et un niveau extrêmement importants" est-il mentionné. "Pour imposer leurs intérêts, les services de renseignements de la Fédération russe ont cherché, au cours de l’année écoulée, à contacter et influencer des personnes et des sujets au sein de la société civique, dans la sphère politique et dans les médias". Une campagne à long terme, selon les services tchèques, qui vise à décrédibiliser l'UE et l'Otan, isoler les Américains, et rétablir le contrôle des Russes sur leur périmètre immédiat. Contre-offensive liée à l'implantation d'une partie du bouclier anti-missile américain en république tchèque. Une campagne qui s'inscrit dans un contexte plus général où l'espionnage russe déploie aussi une activité intense de collecte d'informations économiques. Un constat partagé par une deuxième rapport, du renseignement militaire, cette fois, publié lundi.

En Finlande, une étude commandée par la Surêté d'Etat (Supo), arrive à des conclusions similaires. L'auteur, Matti Lauha, souligne cependant que l'espionnage russe est plus intéressé par les aspects stratégiques et politiques, que proprement économiques. Comme couverture, la Russie utilise souvent ses ambassades, consultats et autres établissements qui b énéficient de l'immunité diplomatique. Et l'espion chérit particulièrement certaines professions comme le chercheur, le reporter ou le businessman. La Finlande expulse ainsi, chaque année de deux à trois diplomates russes, a révélé le directeur de Supo dans des interviews, remarque Helsingin Sanomat. Mais peu de ces cas sont révélées au public. De 1992 à 2006, période de l'étude, il y a juste eu deux cas entourés de publicité : un officiel du ministère des Affaires étrangères trouvé en possession de documents sensibles et deux illégaux russes pris en entrant en Finlande, en route vers Londres.

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 20:20
Une mission européenne de défense quand elle démarre, cela parait bien ordinaire. Il faut aménager le batiment, l'extérieur, et l'intérieur. Installer chaises, tables, cloisons, relier les téléphones, etc. Puis aménager le PC de permanence : une carte suffisamment grande de la zone, radios, ordinateurs... Avant que cela soit opérationnel et présentable, cela ressemble donc plus à un campement de vacances où arrivent les uns après les autres  Puis ensuite, il s'agit de prendre contact avec les autorités du pays, faire quelques déclarations aux médias, dans différentes langues. Et enfin réceptionner les premières troupes constituées qui vont aller sur le terrain. Dans cette vidéo - l'arrivée des véhicules et des observateurs italiens. On peut remarquer que les carabinieri tout encore empreints de leur corps militaire n'ont pas vraiment eu le temps d'enlever leur uniforme et ont gardé la gestuelle militaire qui, d'ordinaire, est laissée de coté dans les missions civiles de l'UE.


Les Français, arrivés le 24 septembre, se sont déployé sur le secteur de Gori - qui inclut la zone tampon entre Géorgie (intérieure) et Ossétie du sud. Une équipe de cinq officiers assure le commandement de l'unité régionale et les 31 gendarmes forment 6 des 12 "unités d'observations". Les autres unités étant assurées par des effectifs bulgare, polonais, maltais et luxembourgeois.
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 23:03
Eumm Georgie est en cours de déploiement. Quelques jours à peine après la décision des 27 ministres des affaires étrangères, ses responsables ont pris leurs quartiers à Tbilissi, la capitale géorgienne, sur les hauteurs dans une ancienne datcha de... Béria (qui a servi depuis de résidence officielle pour le gouvernement géorgien vis-à-vis de ses hotes de marque).

Une mission de 340 personnes
Le nombre d'observateurs a été augmenté à 250, la mission comptant au total 340 personnes (Etat-major, soutien, personnel locaux). Tout le monde devrait être là d'ici la fin de la semaine. Pour une fois, il n'a pas été difficile de convaincre les Etats membres de fournir des hommes, au contraire tous voulaient participer (voir article précédent). Ce lundi, le chef de mission, Hansjörg Haber, a rencontré le vice-ministre géorgien des Affaires étrangères, Giorgi Bokeria. Un accord fixant le statut de la mission (Soma) devrait être signé prochainement.

Détail des effectifs
22 Etats membres devraient ainsi participer. Voici les derniers chiffres (obtenus du terrain et recoupés avec certaines capitales, mais cela peut encore varier) :
43 Français (31 gendarmes mobiles venant de plusieurs escadrons + 5 chefs de groupe + 7 à l'Etat-major)
25 Allemands (dans un premier temps sur une offre de 40, décision du cabinet fédéral le 24.09)
35-40 Italiens (carabinieri, décision du Conseil des ministres le 19.09)
26 Polonais (policiers et militaires)
25 Suédois (civils de la Folke Bernadotte Academy, spécialistes du Swedish Rescue Services Agency et 6 policiers du National Police Board, lire le témoignage de Ann-Christine Ollson qui vient de partir là-bas).
20 Roumains
16 Britanniques
12 Néerlandais (3 militaires de la Maréchaussee (= gendarmerie) et 9 civils)
10 Bulgares (venant du Ministère de la défense et du Ministère de l'intérieur)
10 Grecs (2 officiers d'Etat-major et 8 officiers des trois armes, en civil, sans armes, + deux véhicules type Hummer)
10 Espagnols (Guardia Civil)
10 Finlandais
10 Danois
9 Estoniens
5 Tchèques
5 Lituaniens
4 Autrichiens (3 policiers et 1 expert des droits de l'homme - annonce du ministre des affaires étrangères)
4 Irlandais
3 Hongrois
3 Lettons (ministères de la Défense, Intérieur et Affaires étrangères - décision du cabinet du Premier ministre du 16.09)
2 Luxembourgeois (2 policiers + une aide logistique de transport via Cargolux)
2 Maltais (militaires de la compagnie C - force de réaction rapide)
Nb : certains effectifs prennent en compte uniquement les observateurs, d'autres les personnels à l'Etat-Major. Dès que j'aurai plus de précision, je le mentionnerai.

On recrute encore
L'Union européenne a, par ailleurs publié un nouvel appel à recrutement pour pourvoir les postes non remplis ou d'autres postes : responsable de marchés publics, finances, juridique, soutien général, transport, conseiller médical, officiers de sécurité, de transport, etc... (fiches de postes à télécharger ici). Date limite : 26 septembre 17h00. Autres renseignements ici

(Crédit Photo. 1 :Sirpa gendarmerie – ADC BALSAMO - 2 : police suédoise, Ann-Christine Ollson)
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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 21:03
La mission des observateurs européens (EUMM) en Géorgie a souffert très vite... d'un trop plein de contributions. "Tous les Etats veulent participer". Heureusement pourrait-on dire ! Car avec le refus des Russes d'augmenter les observateurs de l'OSCE, c'est d'une certaine façon, les observateurs de l'UE qui vont compenser.

Le nombre d'observateurs pourrait finalement etre supérieur : entre 250 et 300, dont à peu près la moitié seront des militaires en civil.

Mais cela pose quelques problèmes diplomatiques : "Et il faut donc faire le tri entre toutes les propositions, demander à certains de revoir à la baisse leur offre, de la requalifier (si les personnels ne conviennent pas tout à fait), de la fortifier au besoin (en matériels notamment). Le tout "sans froisser ni mécontenter personne" explique un expert. Les groupes de travail du Conseil de l'union européenne sont donc en train de finaliser l'offre finale (avec le chef de mission et son adjoint).

Cela pose des problèmes pratiques, également: il faut trouver des équipements pour tout le monde. Et de l'aveu d'un de plusieurs responsables, il "manque des véhicules, surtout des véhicules blindés". En effet, contrairement à d'autres missions civiles, devant la rapidité de mise en place de la mission, et pour éviter le casse-tête régulier des appels d'offres publics, les responsables de l'opération ont demandé à chaque pays contributeur de fournir l'équipement et le matériel de chaque homme envoyé.

Coté budget apparemment pas trop de problème. Celui-ci devrait être revu à la hausse. On mentionne maintenant le chiffre de 35 millions d'euros minimum (au lieu de 31 millions) sur le budget communautaire. Le budget complet de l'opération est cependant supérieur puisqu'une partie des frais est supportée par chaque Etat membre (une répartion à 40% Ue / 60% Etat, selon le ministre italien de la Défense La Russa).

Au niveau opérationne, les observateurs pourraient évoluer par groupe de 2 ou 3 + 1 interprète, à bord d'un véhicule blindé, muni de tous les moyens de communication (fourni de manière homogène par l'EUMM afin d'être calé sur la même fréquence). Chaque groupe d'observateurs sera regroupé dans une "'Unité d'observation opérationnelle". Il devrait y avoir une dizaine d'unités au total. Le déploiement pourrait intervenir en deux vagues principales : le 22 septembre et le 25 septembre, selon les premiers éléments du Plan d'opération (OpPlan).

Voici les deuxièmes offres (chiffres à confirmer et qui vont encore évoluer - le total dépasse les 300):
60 Français (un escadron de gendarmerie mobile)
40 Allemands (décision du cabinet fédéral le 24.09)
40 Italiens (carabinieri, décision du Conseil des ministres le 19.09i)
30 Polonais (10 policiers et 20 militaires)
25 Suédois (civils de la Folke Bernadotte Academy, du Swedish Rescue Services Agency et policiers du National Police Board - décision du 18.09), les premiers partent cette semaine.
20 Roumains
20 Britanniques
20 Finlandais et Danois (10 Finlandais)
12 Néerlandais (3 militaires de la Maréchaussee (= gendarmerie) et 9 civils - décision du cabinet du Premier ministre du 19.09)
10 Belges (décision de principe du cabinet)
10 Bulgares (venant du Ministère de la défense et du Ministère de l'intérieur)
10 Grecs (2 officiers d'Etat-major et 8 officiers des trois armes, en civil, sans armes, + deux véhicules type Hummer)
10 Espagnols (Guardia Civil)
10 Hongrois
10 Lituaniens
10 Tchèques
9 Estoniens (déclaration de Urmas Paet, ministre des affaires étrangères)
5 Lettons (venant des ministères de la Défense, Intérieur et Affaires étrangères - décision du cabinet du Premier ministre du 16.09)
4 Autrichiens (3 policiers et 1 expert des droits de l'homme - annonce du ministre des affaires étrangères)
2 Luxembourgeois (2 policiers + une aide logistique de transport via Cargolux)

(photo : observateurs de l'OSCE)
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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 18:55
La nouvelle devrait être rendue officielle rapidement. C'est un général français de gendarmerie, en civil, le général Gilles Janvier (*) qui va prendre le commandement adjoint de la mission des observateurs européens (EUMM) en Géorgie, aux cotés du diplomate allemand chevronné, ancien ambassadeur à Moscou, Hansjörg Haber.

Officier de gendarmerie, né en 1952 à Nice, le général de division Gilles Janvier a commencé sa carrière à Rennes comme chef du peloton de gendarmerie mobile 2/8, et à Berlin comme chef du détachement de sécurité (en 1978).

Il a ensuite servi dans plusieurs postes en France, dans la gendarmerie mobile, la gendarmerie départementale (notamment en Ille-et-Vilaine, de 1996 à 1999), ou les Etats-majors. comme commandant de la région de gendarmerie de Provence-Alpes-Côte d’Azur (2005-2006). Sous directeur au secrétariat général de la Défense nationale en 2003-2005, il était, dans son dernier poste, commandant des écoles de gendarmerie depuis mars 2007, avant de prendre sa retraite.

Au niveau international, il a effectué plusieurs mission : en ex-Yougoslavie (mai-juin 1995), en Albanie (mai-août 1997) comme chef de la mission UEO et a exercé quelques mois comme consultant sécurité aux Etats-Unis (août-octobre 2006).

En Géorgie, il aura pour tâche essentielle d’assurer le commandement "opérationnel" d’une équipe d’environ 200 observateurs, qui pourrait comprendre en fait nombre de militaires ou de policiers, en civils.

(*) A ne pas confondre avec le général Bernard Janvier (qui fut notamment commandant de la Forpronu en 1995 en Bosnie)

(Crédit photo : gendarmerie nationale)
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 13:00
C'est un diplomate allemand, Hansjörg Haber, qui va prendre la tête de la mission EUMM Georgie (et non un candidat bulgare comme mentionné un moment). Il aura comme adjoint un Français, le général Gilles Janvier.

Hansjörg Haber était jusqu'ici en poste à Beyrouth, assurant ainsi la liaison avec la mission Unifil de l'Onu au Liban. Ayant été conseiller politique à Ankara (1992-1996) et ambassadeur à Moscou (1999-2002), directeur adjoint puis directeur du département opérations de maintien de la paix au ministère des affaires étrangères à Berlin (1996-1999, 2002-2006), c'est un peu l'homme de la situation. Il  maitrise à la fois le concept de gestion de crises et le contexte régional. Agé de 55 ans, il parle aussi le russe et le turc, avec des connaissances de Farsi et de certaines langues arabes. Ce qui est plutôt utile dans la région, ou avec les pays avoisinants. (Cv complet ici)

Le couple franco-allemand aux commandes du conflit en Géorgie
Avec la nomination du français Pierre Morel, anciennement représentant spécial en Asie centrale, au poste de représentant spécial sur le conflit géorgien (Cv ici), c'est donc le couple franco-allemand, qui se retrouve aux commandes de l'opération. Ce qui semble logique d'un point de vue politique, vu l'engagement de ces deux pays, l'Allemagne très tôt dans la crise, la France plus tard en tant que présidence de l'UE, aboutissant à un cessez-le-feu puis un accord de retrait. C'est aussi un "juste" équilibre pour l'Allemagne qui n'a plus de citoyen - avec le départ de Jürgen Scholz comme commandant d'Eupol Afghanistan - ni comme représentant spécial de l'UE dans un pays en crise ni à la tête d'une mission civile ou militaire PESD.

(photos : ministère allemand des affaires étrangères - conseil de l'UE - mis à jour 22h)
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 09:58
Une nouvelle carte de l'UNOSAT montre les destructions aux monuments culturels dans la princpale zone de conflit au nord de Tskhinvali en Ossétie du Sud, à la suite du conflit armé entre Russes et Géorgiens. Au final : 3 bâtiments ont été sévèrement endommagés ou totalement détruits, un site un dommage possible dans le toit. 11 sites n'ont pas de dommages visibles, bien que 6 soient dans une zone proche de batiments endommagés par le conflit.

(original anglais)
Damage Summary Findings:
- 3 sites have buildings which are either severely damaged or destroyed;
- 1 site has possible damage to the roof;
- 11 sites have no visible damages, however 6 are located within 100 meters of buildings which were damaged in the conflict and thus may have less-severe damages.
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.