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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 08:02
« C’est l’acte le plus important que nous ayons pu faire. Et nous étions unis pour cela ». Voilà comment Dimitrij Rupel, le Ministre slovène des affaires étrangères, qui préside actuellement l’Union européenne, a commenté, le 18 février, la mission « Etat de droit » que l’Europe a décidé de lancer au Kosovo.

Une opération exceptionnelle de par son ampleur. Plus de 2000 policiers, magistrats, douaniers vont prendre en charge un territoire grand comme un ou deux départements français. Ils auront pour tâche « d’assister » les institutions du Kosovo dans la recherche de la stabilité, en « développant et renforçant un système « multiethnique » et « indépendant » de justice, de police et de douanes. Une unité spéciale, d’environ 500 hommes, constituée notamment de gendarmes français et de carabinieri italiens aura en charge plus spécifiquement le contrôle des foules. De façon graduelle, ils vont ainsi remplacer les effectifs déployés sous les couleurs de l’ONU depuis 1999. La passation officielle de flambeau – entre l’Europe et l’Onu – devrait avoir lieu le 15 juin prochain.

Le mandat d’action de cette mission sera très large, plus large que jamais aucune mission européenne n’a eu. Il donne, en effet, le droit dans certaines situations à son commandant, le général Français Yves de Kermabon, de revoir ou d’annuler les décisions des institutions du Kosovo. De fait, le nouvel Etat indépendant sera placé sous une surveillance, pour ne pas dire une tutelle européenne.

L’unité des 27 – vantée par le ministre slovène - n’est pas qu’une façade diplomatique. Tous les Etats membres ont, en effet, approuvé cette mission et y participeront, y compris les plus réticents à l’indépendance (Chypre, Espagne, Slovaquie, Roumanie…). Seul Malte fera défaut, en fait surtout pour des raisons d’effectifs. La Suisse, comme la Turquie ont aussi annoncé leur participation, tout comme les Etats-Unis. Ce qui est, aussi, une première : voir des Américains sous commandement d'une bannière bleue à étoiles, ne s’est jamais vraiment produit !
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 22:02
Les 27 ont approuvé, le 13 février, le plan d’opération (OpPlan) pour la mission « Eulex (Etat de droit) Kosovo » — un des derniers éléments de programmation nécessaires pour le lancement d’une mission dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) — et la décision de lancement de la mission. Ce texte devait être adopté formellement, par la procédure écrite simplifiée, dite procédure de silence, qui se termine le 15 février à minuit.

Un lancement très politique. La décision de lancer la mission, avant la proclamation par les Kosovars de leur indépendance répond à un double impératif. Politiquement, il évite aux pays réticents de devoir se prononcer indirectement sur le Kosovo en tant que nouvel Etat et permet de maintenir le consensus européen atteint au Sommet de décembre. Juridiquement, il permet de continuer à se baser l’opération sur la résolution 1244 de l’Onu applicable au Kosovo, « partie intégrante de la Serbie ». Tous les Etats ont approuvé ce schéma, Chypre pratiquant une « abstention constructive ».

Préparation. Cette décision était, en fait, préparée depuis longtemps, depuis de longs mois. Les dernières réunions n’ont été faites que pour « finaliser les derniers aspects » du plan opérationnel et la stratégie vis-à-vis de l’opinion publique. L’OpPlan avait ainsi été présenté en dernier lieu au Comité politique et de sécurité (COPS) le 8 février, puis examiné pour certaines « retouches » par les groupes de travail » (comité Civcom chargé des aspects civils de la gestion de crise), et la procédure écrite a été lancée par le Coreper, le 13 février. 

Calendrier. Les deux actions communes — établissant la mission « Eulex » et fixant le mandat du représentant spécial de l’UE – adoptés le 4 février – ainsi que la décision de lancement de l’opération devaient être publiées au JOUE avant lundi. Le Conops, adopté le 4 février et l’OpPlan, classés « confidentiel défense » ne seront pas publiés. Le mandat d’action de « Eulex » sera très large — plus large que jamais aucune mission européenne n’a eu —, puisqu’il donne le droit, dans certains cas, au chef de mission ou au représentant spécial de l’UE de revoir ou d’annuler les décisions des institutions du Kosovo.

Montée en puissance. La mission va se déployer de façon graduelle, aux cotés de la mission de police, justice et douanes des Nations-Unies (UNMIK). Le relais officiel devrait être assuré vers le 15 juin, date prévue pour la déclaration de « pleine capacité opérationnelle ». Plus d’une centaine de personnes sont déjà présents sur place, dans le cadre de la mission préparatoire (EUPT).
D’un point de vue formel, la mission EUPT devrait être prolongée jusqu’à la déclaration de « pleine capacité opérationnelle ». Ce afin de préserver notamment la continuité des contrats et appels d’offres lancée par la mission préparatoire.

Effectif.
La mission sera dirigée par le français Yves de Kermabon ; Roy Reeve, qui assurait la direction de l’EUPT, devenant son adjoint. Elle sera composée d’environ 1900 personnes ; chiffre pouvant être augmenté à 2200. Les 27 ont, en effet, reconnu la nécessité d’une réserve supplémentaire de 300 personnes pour certaines tâches (maintien de l’ordre, police des frontières et douanes) et dégagé le budget adéquat au niveau communautaire. Cette réserve pourra être déclenchée, si le chef d’opération le demande ; le COPS devra approuver cette demande. Tous les Etats membres devraient participer à la mission « Eulex », y compris les plus réticents à l’indépendance (Chypre, Espagne, Slovaquie, Roumanie…). Seul ferait défaut selon nos informations (Malte). Cinq Etats tiers devraient aussi participer : Norvège, Suisse, Croatie, Turquie et Etats-Unis. Différents documents doivent être encore finalisés, surtout avec les Etats qui ne disposent pas d’accord cadre avec l'UE (Etats-Unis…). La plupart du personnel a été sélectionné, lors d’une deuxième phase de recrutement mené en janvier. Un troisième appel à contributions devrait être fait pour compléter les effectifs manquants et recruter la réserve supplémentaire de 300 personnes.

(texte paru dans Europolitique, février 2008)
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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 22:32
L'eurodéputé allemand Karl von Wogau (PPE-DE), président de la sous-commission Défense du Parlement européen, s'est rendu avec deux autres députés de la Commission, du 6 au 8 février 2008, au Kosovo. Quelques jours avant la proclamation de l'indépendance. La délégation du PE a rencontré différents responsables: de la future mission « Eulex » de l'UE (Roy Reeve), de la mission civile de l'UE (Jonas Jonsson et Renzo Daviddi), de la Kfor (Général Gerhard Stelz), d’ONGs et des autorités locales. Récit…

« A Pristina, il faisait froid et gris. Cela a un peu renforcé l’atmosphère générale de déprime qui nous a frappée en arrivant dans le pays, en traversant les villes et les villages. Les bâtiments ne sont pas très gais. Beaucoup de gris, de béton, des ruines. Souvent les constructions, qui semblent avoir été entamées il y a dix ans, ne sont pas terminées. Il manque le toit, des murs, la maison est inhabitable. Les rues laissent une impression de saleté, bouteilles et déchets plastiques sont en nombre.

De tous nos entretiens, un problème est ressorti : à coté de la question de la sécurité politique, c’est la situation économique et sociale qui est le plus problématique. En effet, si chacun pressent qu’il peut y avoir des tensions, localement, l’indépendance pourrait se dérouler sans grand éclat de violence. Ou du moins cela restera contrôlable. Les minorités serbes peuvent être protégées. Les forces de la KFOR nous ont confirmé avoir suffisamment de moyens pour cela. « Le principal risque est de retrouver le pont de Mitrovica bloqué non par des Albanais ou des Serbes mais par… les équipes de télévision » nous a confié un militaire. Plus sérieusement, l’incertitude demeure, une fois les lampions de la fête éteints, et les caméras parties. Que va-t-il alors se passer pour les Serbes ? On perçoit bien que Belgrade soutient la minorité serbe, en versant des subsides aux personnes, en mettant en place des structures parallèles (sécurité sociale, écoles…), pour les convaincre de rester, voire de revenir (pour ceux qui sont partis). Mais notre impression est que les Serbes qui vivent à l’extérieur ne vont pas revenir volontairement dans le pays. Ce même sentiment prévaut d’ailleurs aussi pour les Albanais expatriés, qu’on ne voit pas revenir, avec l’absence de perspective économique du pays.

Pour la plupart des habitants, il y a en effet peu de perspectives. Beaucoup de personnes n’ont pas de travail (NB: le chômage atteint entre 50 et 80% selon des statistiques peu fiables). La formation scolaire est une catastrophe (NB: 50% de la population a moins de 20 ans et les écoles manquent d’enseignants). Il y a aussi un manque crucial d’infrastructures générales. Le problème d’énergie est récurrent, avec une fourniture variable durant la journée. Certes, nombre de Kosovars pensent qu’après l’indépendance, cela va changer, que les entreprises vont venir, et que le pays deviendra un pays florissant. Mais, du coté des représentants internationaux, on considère que c'est un rêve. Passé le moment de l’indépendance, c’est davantage l’incertitude sociale et économique qui pourrait régner et être une réelle menace pour le pays, sans compter l'influence de la criminalité organisée. On peut se légitimement se demander : qu’a vraiment fait le pays, et les instances internationales, ces dernières années, pour en arriver à une situation aussi grave économiquement ? Et que fera l’Europe, si l'influence du crime organisé grandit ? Faudra-t-il aider un gouvernement corrompu ?

Certes les représentants de l’UE cherchent à se démarquer de l’administration de l’ONU en indiquant qu’ils ne sont pas là pour la remplacer, ni administrer le pays, mais juste apporter un soutien aux autorités locales. - sauf en matière de criminalité organisée, où l’UE sera en première ligne. Ils espèrent profiter du fait que les Kosovars voient dans cette arrivée, le début d’un chemin vers l’Europe. Nous avons été frappés par la bonne préparation européenne, notamment de la mission « Eulex, Etat de droit ». Mais certains problèmes demeurent, notamment dans les relations entre les forces de l’Otan et de l'UE. Les Turcs ont ainsi bloqué la signature d’un document commun régulant l’échange d’informations entre les différentes forces. Des instructions ont donc été données à chaque troupe, mais de façon séparée, avec un risque d’interprétation différente.

Le plus important, à moyen et long terme, pour l'Europe nous paraît de: maintenir la sécurité et de donner des perspectives. Il faut améliorer l’infrastructure générale – surtout en matière d’électricité – , la formation et de l’éducation. L’exemple du Lycée Loyola – que nous avons visité - et le travail qui y est fait est très encourageant. Que de jeunes kosovars, garçons et filles apprennent ensemble, voilà le futur du Kosovo.

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 23:29
Entretien avec le général Olivier Jumelet, commandant la Task force Nord de la Kfor (publié dans Europolitique)

• Comment jaugez-vous la situation de la sécurité avec les évènements politiques qui s’annoncent ?
Pour l’instant, c’est calme. Nous n’avons pas de souci particulier. De façon générale, on reste assez optimiste. Tout devrait se passer correctement. La situation demeure cependant sensible pour des raisons politiques, car la population n’a pas de visibilité sur son avenir, et a besoin d’en avoir. On peut sentir une certaine impatience, une certaine nervosité dans la population, quelle que soit son origine. Ca peut donc déraper, s’enflammer, rapidement. Mais on ne sait pas ni où, ni quand, ni sous quelle forme. Nous restons donc très vigilants car n’importe quoi peut déclencher une flambée de violences. Un accident de bus scolaire ou des jeunes un peu éméchés peuvent suffire...

• Une incursion de l’armée serbe est-elle plausible ?
Nous n’avons pas d’indication et pas d’inquiétude non plus. Les Serbes n’en ont pas les moyens. Ils seraient repoussés immédiatement. Et ils le savent parfaitement.

• Et de groupes armés ou paramilitaires ?
Nous n’avons pas de pression de groupes armés venant de Serbie ou d’Albanie. La Garde du Saint Roi Lazare (coté serbe) et l’AKSh (l’Armée nationale albanaise) sont plus des chimères qu’autre chose. Ces pseudo groupes n’ont pas vraiment de consistance même s’ils essaient d’exister avec des déclarations. On ne peut cependant négliger que des Serbes ou Albanais venant de l’extérieur tentent de créer des désordres. Mais ils le feront pour appuyer des Kosovars. Le principal risque se situe donc à l’intérieur.

• Ce risque existe ?
Je ne pense pas que la population ait envie de s’autodétruire ou poussée suicidaire. On craint davantage des actions individuelles ou de petits groupes, qui créent une étincelle et met le feu aux poudres. On sent pas une réelle volonté d’en découdre. Il y a plutôt une défiance réciproque. Ils disent : ils vont nous attaquer, et pas on va les attaquer.

• Et à Mitrovica ?
C’est pour nous une préoccupation constate car les deux communautés sont face à face. Mais il existe aussi d’autres zones de ce type : à Pristina ou au sud Enclaves assez importantes serbes en . On a tendance à croire que tous les Serbes sont au Nord de l’Ibar. Or il n'y a que 40 000 Sebes au nord de l'Ibar. Et il y a 100 000 dans tout le pays qui peuvent présenter un risque soit parce qu’il sont agressés, soit parce qu’ils peuvent réagir.

• Comment voyez-vous la présence de la Kfor : courte, longue ?
Je la vois pour plusieurs années. C’est la mission de la Kfor de créer un espace de sécurité de créer. Si on peut le conforter, tant mieux, c’est un des buts. C’est très long. (Presque 10 ans). Quand la Kfor partira, cela voudra dire que le Kosovo sera sur des rails. Cette région ne posera plus de problème. C’est un atout aussi pour le Kosovo. Il faut aussi voir que la présence internationale est une source de revenu pour le Kosovo. En travaux, emploi de personnel local, chaque force représente une petite économie pour le Kosovo. Ce qui explique aussi qu’elle soit bien vue.

• La relation entre les militaires de différentes nationalités ne doit pas être facile ?
Ca se passe bien. On est tous militaires. La relation entre un militaire danois, américain, est assez simple car il y a une acceptation commune de ce qu’est la hiérarchie et du commandement. Chaque armée a sa culture, sa particularité. Il y a un esprit différent dans la manière de commander et de réagir. Mais ne sont pas des différences fondamentales. Les vrais fondamentaux militaires restent identiques.

• Il y a des différences, ce n’est pas tout à fait une armée européenne ?
Effectivement, les armements sont différents. Il ne peut y avoir mutualisation des stocks de munition. Chaque nation a donc sa chaîne logistique propre. Ce n’est pas le plus économique. Les statuts aussi sont différents. Et l’application des règlements militaires également. Il y a évidemment au départ, une certaine acclimatation nécessaire des troupes qui arrivent. Mais cela se passe sans difficulté d’autant que les relèves sont échelonnées. Chaque nation a son plan de relève…En attendant, ca fonctionne. On s’arrange pour faire travailler chacun ensemble et avoir la meilleure coordination. Peu importe le cheminement de la balle dans le fusil, ce qui compte est l’effet produit par les armes. Mais clairement si on voulait fonder une armée européenne, il faudra peut être quelques siècles pour y arriver.

• Comment se passe la coopération avec la police kosovare, le KPS ?
S’ils ont besoin de nous, on vient en soutien. Pour le maintien de l’ordre, c’est le KPS qui est en première ligne. Mais ils nous clairement dit que si flambée de violence, il y a, ils peuvent tenir 15 minutes mais pas plus. Les planifications de l’Onu nous sont communiquées. Et nous expliquons, comment nous pouvons intervenir en cas de problème. Nous faisons des exercices en commun. Mais nous sommes pas là pour chercher trafiquants de cigarettes. Eventuellement nous nous intéressons aux trafiquants d’armes car ils sont plus dangereux pour sécurité.

Et avec les Serbes ?
Nous avons de bons contacts avec les Serbes qu’on voit régulièrement. Il y a des rencontres d’Etat major à Etat major.
On produit la sécurité. Et on ne fait pas de répression. Ils le savent, le comprennent et le voient.

• La mission PESD européenne va simplifier la coordination ?
Si cette force européenne est déployée, ce sera intéressant. Certainement. Cette force pourra être plus homogène que ne l’est l’UNMIK police et avoir plus de chance d’être acceptée par la population, avec une volonté peut être plus forte pour le KPS soit opérationnel. Car c’est cela, finalement, l’objectif : avoir une police locale, formée et autonome.

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 22:06
Sur les hauteurs de Pristina, dans le quartier de Gërmaia, un bâtiment, de quelques étages émerge du brouillard. Pas de grand drapeau, ni de décorum mais une plaque discrète et un agent de sécurité, anonyme. Oui, « c’est bien ici » que la mission « Etat de droit » de l’Union européenne (UE) au Kosovo a établi son quartier général, un peu à l’écart du centre de Pristina.

L’enjeu de la mission est cependant primordial. Dès que le Kosovo aura déclaré son indépendance, l’UE aura pour mission de déployer des unités de police, de justice et de douanes pour assister le nouvel Etat dans ces tâches sensibles. 1825 personnes, en tout, dirigés par l’ancien général français de Kermabon, formeront ce qui constitue la plus importante mission « civile » européenne de Défense.

Une centaine de personnes sont déjà à pied d’œuvre, sous la houlette de Roy Reeve. Ce diplomate anglais, qui a déjà œuvré en Arménie et en Géorgie, est un fin connaisseur de la mise en place des nouveaux Etats. Son objectif : que la mission puisse se déployer dès les Ministres des 27 auront donné leur feu vert. Ce qui devrait être chose faite, normalement après le deuxième tour des élections à la présidentielle serbe, en février. Il s’agit de ne rien oublier et de tout préparer. De la logistique (bureaux, véhicules, ordinateurs, radios, logement…) aux plans d’opération et aux relations avec les autres forces présentes, notamment la police kosovare (le KPS) et les forces de l’Otan (la Kfor). Ce qui n’est pas une tâche facile, avec les conditions ambiantes.

Le brouillard, la neige, la température (jusqu’à –17°), les coupures électriques (deux ou trois fois par jour), et la circulation routière, « hasardeuse », ne facilitent pas les déplacements. 1200 autres policiers, magistrats et douaniers, sont en phase de recrutement, à Bruxelles et Pristina. Ils seront complétés par 500 gendarmes français, carabinieri italiens et policiers polonais, qui formeront l’Unité spéciale d’intervention, chargée du maintien de l’ordre. La leçon des drames de Croatie et Bosnie, en 1991-1992, semble avoir payé. Cette fois, les Européens n’entendent pas être pris par surprise.
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 01:49
Mitrovica. Le 3e régiment d’infanterie de marine de Vannes commence à prendre ses quartiers à la « Concession », le bâtiment qui surplombe le pont principal de Mitrovica et sert, aussi, accessoirement de centre culturel et… de boîte de nuit aux habitants ! « Section par section, on vient prendre les consignes auprès de nos homologues de la brigade franco-allemande » explique le lieutenant Léo Suret, tout juste arrivé. Avant d’assurer la relève, officiellement prévue fin janvier, la garde est ainsi assurée en doublon durant plusieurs jours. « Ce qui nous donne toutes les cartes en main, pour bien maîtriser la solution ensuite ». Pour ce jeune lieutenant, frais émoulu de Saint-Cyr Coëtquidan, l’école des officiers de l’armée, et tout juste arrivé au régiment, « c’est une chance » de partir aussi vite en mission extérieure à un moment aussi crucial.

Les "projecteurs braqués sur nous". L’ancienne province serbe de Yougoslavie, placée sous administration provisoire de l’Onu, pourrait en effet proclamer son indépendance en février ou mars. Et toute la question va être de savoir comment réagira alors la minorité serbe du Kosovo. « Nous savons bien que tous les projecteurs sont braqués sur nous. » explique le lieutenant. La rivière Ibar qui sépare Mitrovica en deux, au nord les Serbes essentiellement, au sud les Albanais, marque en effet une sorte de frontière impalpable. Et le pont principal de Mitrovica, renommé par les Français « pont Austerlitz », est « symbolique. » S’il n’est pas le seul pont, « c’est le plus névralgique car il met en présence directement les deux communautés ». Les hommes du 3e Rima vont d’ailleurs valider leur formation entamée en Bretagne, de « contrôle de foule », sur le terrain, avec les gendarmes et carabinieri, italiens.

"Ne pas se fier au calme apparent". La Brigade franco-allemande qui tient le terrain l’a, en effet, averti. Il ne faut pas se fier au calme apparent. « Cela peut être calme. Ca se tend le matin et çà prend feu l’après-midi ». La surveillance est donc quotidienne. D’abord de visu, du haut du toit, où on a une vue directe sur le pont et ses alentours ; ensuite, grâce aux caméras braquées en permanence et aux écrans de contrôle. Enfin, les patrouilles quotidiennes – parfois par moins 10 ou 20° — permettent de tâter le pouls de la population. Toute la difficulté de cette mission est, justement, de ne pas se laisser surprendre. Le plus grand enjeu, explique le lieutenant Suret : « motiver les hommes et éviter la monotonie ».

(article paru dans Ouest-France)

© Photo : NGV
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 22:15
« Ne pas se fier au calme au calme apparent, c’est toute la difficulté de cette mission » raconte le capitaine Ucheida, de la brigade franco-allemande, qui termine sa mission de 4 mois. Quand il transmet la consigne au régiment d’infanterie de marine (français) qui les relève, c’est cette consigne qu’il veut faire passer. « Cela peut être calme. Ca se tend le matin et çà prend feu l’après-midi ».

Logés à « La Concession », le bâtiment et qui continue de servir centre culturel… et de boite de nuit le vendredi soir!, les militaires ont là un poste d’observation de choix. Ils surplombent le principal pont de Mitrovica (renommé Pont « Austerlitz » par la Kfor) gardé nuit et jour par les hommes du KPS (la police kosovare) et de l’Unmik Police (Onu).

Mitrovica ville de séparation ?
Un tel déploiement de force peut paraître superflu, tant la ville respire la vie. Mais Mitrovica c’est une ville symbole, une ville frontière. Ville symbole car c’est là, qu’éclate les incidents qui firent au total 19 morts et plusieurs centaines de blessés. Car la rivière Ibar sépare le « Kosovo albanais », au sud, du « Kosovo serbe », au nord. Cette frontière n’est pas vraiment parfaite. En effet, une nette majorité (100000 environ) des « Kosovars d’origine serbe » (K.O.S. dans le langage « politiquement correct » de l’Otan) vivent dans d’autres régions, à Pristina ou au sud du pays, en zone américaine. Ce nord Kosovo, terres arides d’extraction de minerai et de montagne, aux routes impraticables l’hiver, n’abrite que 60 000 serbes. Seules quelques dizaines de Kosovars d’origine albanaise (K.O.A.) sont restés, à Mitrovica, dans les zones d’habitation mixtes — les tours ou le quartier de la Petite Bosnie — et dans quelques enclaves villageoises albanaises. Ce Nord vit tourné vers Belgrade. Les affiches électorales montrent les différents partis politiques de la campagne présidentielle. Et les bureaux de vote ont été ouverts pour l’élection présidentielle en Serbie. En revanche, presqu’aucun votant – 43 dans le secteur de Nothing Hill selon le capitaine Petit – n’ont voté aux récentes élections législatives au Kosovo.

Le KPS – la police kosovare – exerce partout. Mais elle est « serbe » au nord, et très majoritairement albanaise dans le reste du pays. L’énergie provient de Serbie au nord, du Kosovo au sud. Les policiers serbes reçoivent d’ailleurs aussi un salaire de Belgrade. Les retraités serbes une pension… Les voitures affichent les plaques serbes «  KM » pour « Kosovo i Metohija » (nom serbe du Kosovo), les Kosovars ont un signe « KS » entre plusieurs chiffres. Même les réseaux de téléphone mobile sont séparés : serbe au nord (avec le 38 comme indicatif), kosovar ailleurs (avec le 377, l’indicatif de… Monaco, les Telecom de la Principauté gérant, ici, le réseau). Si la séparation est bien visible, les imbrications sont plus discrètes. La Serbie fournit de l’électricité aussi au Kosovo. Quelques véhicules circulent sans plaque : habitants d’une enclave qui reviennent voir leur famille, Albanais ou Serbes en transit dans l’autre « zone », ou véhicules volées. La police a décidé de fermer les yeux. Tel village « albanais », situé dans les hauteurs (les sommets culminent autour de 2000 mètres), l’hiver, ne peut circuler qu’en passant par la « zone serbe », donc devient une véritable enclave.

« High visibility, low profile ». C’est la doctrine de l’Otan. Autrement dit se montrer un maximum, mais garder un profil non agressif. Les soldats circulent sans gilet pare-balle mais ceux-ci restent dans les véhicules). Le fusil mitrailleur est-il avec un chargeur, bien visible. Mais il n’est pas enclenché (la balle n’est normalement pas engagée dans le canon). Et il se porte dans le dos, en temps ordinaire. Pas question de déambuler dans les villages l’arme à la hanche. Durant nos trois jours de patrouille, aucun soldat européen n’aura dérogé à cette règle. Les Américains restent une exception. « Ils sont traumatisés par ce qui se passe en Irak et croient que c’est partout l’Irak » confie un militaire.

Le KTM (Kosovo Tactical Reserve Maneuver Battalion) a été placé en alerte dans la zone nord. Le bataillon de réserve de la Kfor, composé du 2ème Bataillon d`infanterie (portugais) dirigé par le Colonel Magalhaes, patrouille régulièrement à MItrovica. Objectif : aujourd’hui : le « Barbecue » (monument à la gloire des héros miniers de l’ex-Yougoslavie qui domine la ville) en passant par « Montmartre » (le quartier résidentiel de Mitrovica) et retour par « Passy ». A chaque entrée de zone, arrêt, la robuste radio militaire des Portugais crépite. La patrouille se signale à son PC de compagnie. Seul hic : la radio portugaise n’est pas reliée au PC français de la Concession à quelques mètres de là. Si problème il y a, ce sera aux quartiers généraux de communiquer entre eux et d’assurer le relais… Les Portugais relèvent méthodiquement toute affiche politique ou annonçant un rassemblement. Photographie numérique, relevé typographique et résumé sont consignés sur un carnet et feront l’objet d’un rapport qui montera au Quartier général. « Nous notons aussi les véhicules étrangers – cela remonte à Interpol ». ainsi que les prix. Toute augmentation soudaine peut être un signe de tension » explique le sous-Lieutenant Laroche, chargé de l’information à la Task force Nord.

« Nothing Hill » le dernier camp avancé de la Kfor, plus rudimentaire que les autres. Effectivement nous sommes un peu au milieu de nul part. Une patrouille mixte franco-américaine, prend le relais, avec qui nous allons faire les derniers kilomètres qui séparent de la Serbie. Un détachement de la Garde nationale de l’Iowa, d’ordinaire stationné au sud du Kosovo, a pris son tour de garde au nord. Par rotation, « afin de mieux connaître le terrain », chaque Task force de l’Otan dépêche dans la zone une compagnie. « Que ce soient les Américains est un hasard » précisent les militaires. Mais l’intérêt stratégique n’échappe à personne. Montrer aux Serbes sur leur frontière — pardon la « limite administrative » — que les Américains, neuf ans après les frappes de l’Otan sont toujours là. Les Serbes savent pertinemment que frapper un Américain n’a pas le même poids que frapper un Européen.
 Et effectivement, les grands gaillards de la Garde nationale de l’Iowa, au pas lent et décontracté, malgré tout, avec l’écusson aux 50 étoiles sur l’épaule, ne passent pas vraiment inaperçus dans ce village de Lezak, plutôt vide. La population vaque à ses obligations. Un œil apparemment distrait, l’autre en éveil. La politique n’est pas loin. Le serbe rencontré, qui travaille au « relais » électrique, fait le signe des trois doigts, en guise d’au-revoir, le signe de ralliement des radicaux serbes. Message bien reçu. Un autre, chargé de « distribuer le courrier », entame une conversation qui vire à la polémique. Les mots plus rudes (« enculés d’Albanais ») succèdent aux mots convenus, que l’interprète se garde bien de traduire, lissant la conversation. La patrouille décroche pour éviter toute provocation supplémentaire. L’homme a, apparemment, d’autres fonctions que de distribuer le courrier…

Gate 1, c’est comme son nom l’indique, la porte d’entrée principale entre Belgrade et la Serbie, au nord, et Pristina et le Kosovo au sud. Ce sera sûrement un des enjeux principaux de sécurité des prochaines semaines. Qui tiendra ce poste assurera l’intégrité territoriale de la province. Certes, on ne dit pas « frontière » officiellement on parle de « limite administrative nord ». Mais la réalité est similaire. Un poste de douanes, des policiers de l’Unmik d’un coté, du KPS de l’autre. Et deux visions du contrôle. A l’entrée sans le territoire, c’est le KPS qui officie. L’accueil est plutôt débonnaire, un rapide coup d’œil, le plus souvent doublé d’une poignée de main quand c’est un voisin ou une connaissance. A la sortie, le contrôle est plus sévère. Le douanier de l’Unmik – un Ghanéen lors de notre passage - est plus rigoureux. Apercevant les soldats de la Kfor, un passager fait le signe des trois doigts, tout hilare. Inutile de préciser qu’aucune plaque kosovare ne hasarde à Gate 1. Fin du périple…

La Kfor en quelques mots. Forte de 16 000 hommes aujourd’hui, la force de l’Otan (kfor) a été déployée à partir du 12 juin 1999, après un accord militaro-technique avec les Serbes sur leur retrait militaire (le 9 juin) et la résolution de l’Onu (le 10 juin). Depuis 2006, elle est organisée en cinq Task Forces multinationales (MNTF), quadrillant tout le territoire, commandée par une nation-cadre : Etats-Unis (est), Irlande (et Royaume-Uni, au centre), Turquie (alternativement avec l’Allemagne, sud), Italie (Ouest), France (nord). Elle comprend deux forces – non sectorisées – le KTM (bataillon de réserve) et la MSU (force de police) qui ont vocation à intervenir dans tout le Kosovo. Depuis le 1er septembre 2007, la KFOR est commandée par le général de corps d'armée français Xavier Bout de Marnhac. Le quartier général est basé à Pristina à « Film city ».

Cité photo : NGV - janvier 2008
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 13:01
undefinedJe reviens de quelques jours au Kosovo - un reportage dans la partie nord essentiellement - entre Mitrovica et la frontière avec la Serbie - avec les militaires français, portugais, italiens et américains. Intéressant de voir ce qui se passe sur le terrain - une situation calme, en apparence, mais où les communautés vivent néanmoins séparées, où n'importe quel incident peut néanmoins déclencher l'insurmontable. Intéressant également de voir comment la mission européenne "Eulex" monte en puisssance.  Vous pouvez lire un premier article paru dans Ouest-France. Deux autres articles plus complet sont également parus dans Europolitique.
(ici patrouille franco-américaine à Lesak, au nord du Kosovo)
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17 janvier 2001 3 17 /01 /janvier /2001 09:32
(article publié dans France-Soir 2001)

La communication très maitrisée de l'Otan.
Quand il est question de cancers ou d’autres maladies chez ses soldats envoyés dans les Balkans, l’Otan n’entend pas laisser la communication lui échapper. Résultat... le pire ! Quand le général-major Van Hoof est venu hier rendre compte à la presse de la réunion qu’il présidait du comité des chefs des services de santé militaires (Comeds) des 19 pays membres de l’organisation militaire, il est apparu entouré des hommes en bleus et noirs de l’organisation militaire. Au point que le général, qui n’est cependant pas connu en Belgique pour être un adepte de la langue de bois - au contraire c’est même un des premiers à s’être sérieusement penché sur la question de la maladie des Balkans - a été sérieusement dompté par la discipline Otanienne. Fait symptomatique, face à la presse, alors que la plupart des questions se dirigeait vers le général belge, le porte-parole de l’Otan, Mark Laity, s’est arrogé le droit de répondre, ou engageait un médecin-colonel (plus sûr) de l’armée américaine d’apporter ses commentaires.

Officiellement le général Van Hoof dément
Solidement encadré, le général Van Hoof n’a ainsi pu que se fendre d’un démenti, bien innocent. « Nous ne trouvons pas dans les données disponibles une maladie atypique liée aux Balkans, il s’agit de plaintes très générales ». « D'après les donnés disponibles, a-t-il ajouté, nous ne pouvons identifier aucune augmentation de cancers sanguins ou de mort chez les militaires qui sont allés en mission dans les Balkans par rapport aux soldats non déployés ».

Il y a un syndrome dont les causes ne sont pas expliquées
Une opinion  qui n’est pas, d’après nos informations, aussi consensuelle. Avant même cette réunion un haut responsable militaire ne nous confiait-il pas que tous les symptômes spécifiques (fatigue chronique, perte de mémoire, problèmes de peau récurrents...) objet des plaintes des soldats revenus des opérations en ex-Yougoslavie forment bel et bien un « syndrome » dont les causes ne sont pas expliquées. D’ailleurs, sous couvert d’un discours policé, le général van Hoof a tenu à adresser un net avertissement aux forces militaires de l’Atlantique-Nord : « Il est important d’écouter les inquiétudes de la santé des militaires » a-t-il déclaré « et de procéder à toutes les  analyses médicales, y compris des études indépendantes de la situation ». Aussi a-t-il annoncé « le lancement d'une étude épidémiologique et l’élaboration « de principes communs de sécurité des soldats pour les opérations » de maintien de la paix.

Pas plus d'effet qu'une cigarette
En attendant de connaître cette réalité, il faut se réjouir d’une grande découverte, à la Pif-gadget, de l’Otan. Le plus sérieusement  du monde, le colonel de l’US Army David Lam a asséné sa « réalité scientifique : Celui qui fume une cigarette sur un an court autant de risque de radioactivité que celui qui détient un obus-flèche de 30 mms à 15 cms du corps ». Le tabac, la nouvelle arme atomique de l’Otan !
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9 janvier 2001 2 09 /01 /janvier /2001 09:46
(article paru dans France-Soir 2001)
Le « syndrome des Balkans » a atteint Bruxelles. Cet ensemble de symptômes inexplicables et de cancers inexpliqués dont souffrent certains soldats revenus des missions de paix dans les Balkans a occupé la journée des trois institutions principales de la capitale européenne. A la Commission, au conseil des ministres et à l’Otan, les réunions se sont donc succédées. Comme si tout d’un coup, les États européens et américains prenaient conscience que les armes modernes, même « propres », peuvent aussi faire des victimes dans le propre rang des.. militaires. Mais les principaux responsables politiques et militaires ont surtout convenu qu’il était urgent de... continuer à se réunir.

Des réunions à la pelle. Convoqué à la demande de l’Italie, le comité politique de l’Otan n’a pu ainsi se résoudre à décréter un moratoire sur l’usage des armes à l'uranium appauvri. Des études relatives à cette matière et à ses effets sur la santé pourraient cependant être engagées sous la responsabilité des États membres et d'organisations extérieures. Le principal organe décisionnel de  l'OTAN, le Conseil de l'Atlantique-Nord, se réunit mercredi pour en discuter. Lundi suivant, ce sera au tour des chefs des services de  santé des forces armées d’aborder la question. La seconde réunion de ce mardi, conduite sous l’égide des Suédois, réunissait les ambassadeurs des quinze États membres. Dire qu’elle n’a débouché sur rien serait un euphémisme.

La Commission européenne dans le jeu. De fait, dans la guerre de communication, c’est la Commission européenne qui semble avoir pris l’avantage. En demandant à un groupe d'experts indépendants de rendre d’ici février un avis scientifique sur l'éventualité  d'un lien entre l'utilisation de ces munitions et l'apparition de cancers chez des militaires ayant servi dans la région, l’institution communautaire entend prendre ses responsabilités. Son porte-parole Gunnar Wiegand estime en effet que ''plusieurs centaines voire plusieurs milliers'' de membres de son personnel et de personnes sous contrat se trouvaient dans les Balkans lorsque ces munitions ont été utilisées au cours de la décennie passée. Dans cette réunionnite aiguë, peu d’experts ont cependant mentionné les travaux déjà menés sur la question, par les Pays-Bas depuis 1997, et plus récemment par les Belges. Ils prouvent sinon un lien direct avec des armes à uranium enrichi, du moins un ensemble de symptômes inexplicables lié à l’envoi de troupes dans les Balkans qui atteindraient environ 5 % des militaires revenus de la région. Un homme aurait pu, peut être expliquer cette situation, Javier Solana. Mais le « Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune » plus connu comme secrétaire général de l’Otan jusqu’à 1999, durant les frappes sur la Yougoslavie, a choisi de se taire. C’est çà la transparence vous dit-on !
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.