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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 19:09

Le fameux sommet avec les Etats-Unis, décommandé sous la présidence espagnole par l’administration Obama aura bien lieu, en novembre (le 20 novembre), à… Lisbonne ! Ce sera le premier tenu sous le nouveau format du Traité européen. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et son homologue de la Commission, José-Manuel Barroso, viennent de le confirmer officiellement. Mais il faut remarquer que Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pourtant chargée de la politique étrangère, ne fait pas partie des « puissances invitantes ».

Le président Obama et tous les chefs de gouvernement (ou d’Etat) de l’UE faisant le déplacement pour le sommet de l’OTAN, c’est plus pratique pour tout le monde… « Le lien transatlantique est unique » insiste le « duo » présidentiel dans ses idéaux de démocratie et de droits de l’homme, de lutte contre le terrorisme et de prévention de la prolifération des armes de destruction massive ». Les sujets de friction ne manquent pas, à commencer par les aides à l’industrie aéronautique (un cessez-le-feu à l’OMC sera-t-il proclamé entre Airbus et Boeing) et le difficile accord sur les échanges de données. Les sujets où la relation peut s’approfondir sont encore plus nombreux, à commencer par le sort de l’Afghanistan-Pakistan, où on ne sait plus trop quelle stratégie est poursuivie par les Américains, ou le processus de paix au Moyen-Orient. Sans compter les questions économiques comme la régulation financière, l’aide aux banques, le relèvement des déficits…

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 07:21

Après Jean-Louis Falconi venu tout droit du cabinet de Bernard Kouchner comme ambassadeur du COPS, il y a un an, c'est une autre arrivée directe d'un cabinet ministériel qui marque la représentation française à Bruxelles. Le vice-Amiral d'escadre Xavier Païtard, chef du cabinet militaire d'Hervé Morin, prend, le 1er septembre, la tête de la représentation militaire française auprès de l'UE (et de l'OTAN) en remplacement du général De Rousiers (armée de l'air), nommé inspecteur général des armées. Un marin remplace un aviateur. Enfin un marin qui aime bien l'air également.

Dans les airs, un pilote de chasse apprécié des Américains

Né en 1954, diplômé de l'école navale (promotion 1974), Païtard a, en effet, été pilote de chasse de l'aéronautique navale d'abord sur Super Etendard à bord des portes-avions Clemenceau ou du Foch (1980-1983). Fait d'arme, il vole à bord d'avions de combat américains A-7 Corsair (dans le cadre d'un programme d'échanges) et est engagé dans des missions de combat lors de l'intervention sur l'île de la Grenade et pendant la guerre du Liban (1983-84). Il continue de voler ensuite sur Super-Etendard, sert à l'Etat-Major du groupe aéronaval en mer d'Arabie avant de prendre le commandement de la flottille 11F (1988-1990).

Des engagements en Bosnie et aux Comores

Nommé capitaine de frégate, il intègre l'école supérieure de guerre navale et l'école atomique de Cherbourg, dont il sort avec le brevet d'ingénieur atomicien. Chef du groupement opérations sur le porte-avions Clemenceau (1992-1994), il prend part aux opérations aériennes dans l'Adriatique et au-dessus de la Bosnie (guerre d'ex-yougoslavie). Il prend ensuite le commandement de la (célèbre) frégate Floréal (1994-1996), dont le moindre des faits d'armes, alors, sera l'intervention en 1995 aux Grandes Comores après le coup d'Etat du mercenaire français Bob Denard. Il dirige ensuite, à l'état-major de la marine, les destinées du Charles de Gaulle, le porte-avions emblème de la Royale, lancé à l'eau (non sans difficultés) en 1999.

Allers et retour entre le national et le multinational

Horizon plus calme, ensuite, Xavier Païtard dirige la planification et de l’élaboration des programmes d’études au collège de défense de l’Otan avant d'occuper la responsabilité de la cellule “relations extérieures" chez Michèle Alliot-Marie (MAM) quand elle était ministre de la Défense (2001-2003). Il passe ensuite à Norfolk comme chef de la mission militaire française puis comme responsable de la division “capacités futures, recherche et technologie du commandement allié pour la transformation” de l’OTAN (2004-2005), avant de revenir chez MAM, en 2005, comme son chef de cabinet militaire. Poste auquel il continuera au changement de ministre avec Hervé Morin.

A la tête de représentation militaire française à Bruxelles, le vice-amiral d'escadre participera aux réunions des comités militaires tant de l'UE que de l'OTAN (la France ayant abandonné en même que sa réintégration à l'OTAN le fait d'avoir deux représentants militaires à Bruxelles). Il aura notamment comme tâche de mettre en musique la réintégration des Français dans les différents comités de l'OTAN (déjà entamée) mais aussi de renforcer l'Europe de la Défense - contrepartie avancée à la réintégration de la France dans l'OTAN et promesse qui n'a pas vraiment été tenue (du moins pas encore).

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 12:15

Le résultat est tombé hier, des machines à broyer des statistiques d'Eurostat. Au 1er janvier 2010, la population de l'UE27 est estimée à 501,1 millions de personnes, contre 499,7 millions au 1er janvier 2009.

La population de l'UE27 s'est accrue de 1,4 million de personnes en 2009, soit un taux annuel de 2,7 pour 1000 habitants. Cette hausse résulte pour un tiers de l'accroissement naturel (naissances - 0,5 million de personnes +1,0‰) et pour deux tiers du solde migratoire (0,9 million +1,7‰). Par rapport à 2008 : il y a un léger recul du taux brut de natalité, tandis que le solde migratoire s'est réduit de façon plus significative.

Les Irlandais, Britanniques, Français et Suédois champions du bébé

Les taux de natalité les plus élevés ont été enregistrés en Irlande (16,8‰), au Royaume-Uni (12,8‰), en France (12,7‰), à Chypre (12,2‰) et en Suède (12,0‰) et les plus faibles en Allemagne (7,9‰), en Autriche (9,1‰), au Portugal (9,4‰), en Italie (9,5‰) ainsi  qu'en Lettonie et en Hongrie (9,6‰ chacun). La mortalité est plus forte globalement dans les pays d'Europe centrale. Le solde naturel (naissances - mortalité) est ainsi le plus fort en Irlande (+10,2‰). La France (+4,3‰) se classe en 3e position, juste après Chypre (+5,5‰), et devant le Luxembourg (+4,0‰) et le Royaume-Uni (+3,7‰). L'Allemagne est en bas du tableau (-2,3‰) devant la Hongrie (-3,4‰), la Bulgarie, la Lettonie (-3,6‰).

Télécharger la synthèse statistique

Des statistiques importantes au plan des décisions (analyse)

Le cap du demi-milliard est symbolique au plan extérieur. Il reste loin du milliard dépassé de la Chine ou de l'Inde mais loin devant également les Etats-Unis (310 millions), le Brésil (200 millions), la Russie (140 millions) ou le Japon (120 millions).

Ces statistiques ont aussi une importance au plan interne, en termes de relations de pouvoir, à plus ou moins long terme. Le calcul de la double majorité (amorcé avec le Traité de Nice, renforcé avec le Traité de Lisbonne) se fait, effectivement, en fonction de ces statistiques. Il est intéressant ainsi d'observer que, avec la dynamique démographique, l'écart entre la France et l'Allemagne tend à se réduire, d'environ 600.000 habitants par an (3/4 du à l'accroissement de la population française, 1/4 due à l'accroissement). Si ce rythme se poursuit, d'ici un quart de siècle, le couple franco-allemand sera à égalité de voix au Conseil ! Pure fiction peut-être...

Quant à la répartition des sièges au Parlement européen, qui sont désormais répartis à chaque législature (en vertu d'une résolution d'octobre 2007 selon le principe de proportionnalité dégressive), elle pourrait aussi varier et octroyer à la France (comme à l'Espagne), au moins un siège de plus, dès la prochaine législature (2014-2019).

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 08:56

La Belgique qui vient de prendre la présidence tournante de l'UE n'a peut-être qu'un gouvernement "strapontin". Mais elle pourrait peut-être en remonter à certains gouvernements, un peu trop assis dans leur fauteuil conforbtable. Et, en attendant, elle a toujours des chanteurs et une poésie européenne qui font une entrée en matière à cette présidence louable.

  Ne me quitte pas par Brian Molko, le chanteur de Placebo, ca vaut aussi son pesant d'émotion

Et n'oublions pas que la dernière présidence belge a été tout... sauf calme en évènements, avec notamment les attentats du Wall Trade center.
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 22:00

On peut se demander ce qui se passe au niveau européen avec cette crise du ciel. Il a fallu cinq jours de blocage aérien quasi total sur plus de la moitié de l'Europe pour que commencent à s'esquisser des premières décisions et réunions en commun. C'est seulement aujourd'hui qu'une réunion s'est tenue au niveau politique entre ministres des Transports (par téléconférence). Réunion il faut le dire davantage provoquée par les récriminations des compagnies aériennes que par le souci de résoudre la question des milliers de citoyens restés en rade à l'étranger. Bizaremment aucun plan d'évacuation n'a été organisé ni coordonné en commun.

Quelle occasion ratée ...  Cela aurait peut-être pu l'occasion de tester ou, au moins, d'expérimenter la protection consulaire en commun (innovation du Traité de Lisbonne) ou de mobiliser les moyens disponibles. Après tout, une des premières missions de la PeSDC est de procéder à l'évacuation et au rapatriment de ses citoyens bloqués à l'étranger. Ce n'est sans doute pas le cas d'école-type pour une intervention d'avions ou de bateaux militaires (1) ; nos concitoyens ne sont pas en danger. Mais nécessité fait loi. On aurait peut-être pu aussi innové en testant l'affrêtement de trains spéciaux qui auraient pu utilement faire la navette entre le sud de l'Europe - où les aéroports sont restés globalement ouverts - et le nord de l'Europe qui est totalement bloqué. Mais non rien ou, bien, peu de choses.

... Encore ! On a l'impression que l'Europe hoquette. Il est étonnant de voir, depuis plusieurs mois, se succéder les crises (humanitaire à Haïti, politique au Khirghizstan, économique avec la Grèce, citoyenne avec ce nuage islandais), et donner à l'Union européenne, des opportunités "formidables" à la fois de prouver son efficacité, son utilité et d'avancer des solutions pour l'avenir, et de voir comment les leaders européens répugnent à s'en saisir, pris pris d'un soudain accès de timidité alors que rien n'empêche une action. Au contraire, tout le monde attendait l'Europe.

Mais voilà, la Commission européenne rêve, dans les nuages, de grandeur, cherche désespérement des projets concrets... alors qu'ils sont là, à portée de main, comme rarement ils ont été : aide humanitaire, soutien économique, assistance aux citoyens... Il suffirait d'un peu de détermination politique, d'un zeste d'originalité saupoudrée d'un poil de réactivité et d'audace...

(1) Lire aussi : la Royal Navy a été réquisitionnée

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 14:26

23062007-003-.jpgPatriote instransigeant, fleurtant souvent sur la vague d'un nationalisme douteux, Lech Kaczinski, le président polonais décédé dans l'accident d'avion présidentiel, le 10 avril 2010, était un homme qui ne doutait pas de son destin et n'était pas avare de coups médiatiques voire de provocations. Sa première apparition publique, il l'a faite à 12 ans, dans un film pour enfants où il jouait avec son frère jumeau Jaroslaw : "l'histoire des petits voyons qui ont décroché la lune".

Opposant anti-communiste de la première heure, juriste, catholique fervent, il avait rejoint, avec son frère Jaroslaw, le syndicat "Solidarnosc". Elu président de la république en 2005, il avait émaillé les milieux européens de son coté rugueux et anti-conformiste, hostile à un trop grand dirigisme de Bruxelles mais, en même temps, convaincu d'une certaine solidarité européenne.

Quelques souvenirs...

Anti-russe naturellement. Méfiant, voire hostile de son voisin russe, il avait milité contre vents et marées pour la signature puis la mise en oeuvre d'un bouclier anti-missiles, clairement destiné dans son esprit à faire face à une nouvelle menace du grand voisin oriental (et non pas à lutter contre une menace iranienne comme le défendaient officiellement les Américains). Alors que le changement de gouvernement s'opérait outre-Atlantique, il avait bataillé contre son gouvernement, n'hésitant pas à envoyer ses propres émissaires pour tenter de préserver la voie originelle prévue par l'administration Bush. Engagé aux cotés des Géorgiens, dès les premiers jours, il n'avait pas hésité à faire une visite sur le terrain. Visite émaillée d'un incident, des inconnus ayant fait feu sur la voiture présidentielle (1).

La Bataille de Lisbonne. Hostile à une trop grande intégration communautaire, il avait mené avec ses collègues européens une dure bataille lors de la négociation du Traité de Lisbonne. De longues discussions avaient été nécessaires en juin 2007, pour arriver à un compromis. Le président n'hésitant pas à sortir à plusieurs reprises du bureau de Nicolas Sarkozy (où se tenaient les discussions) pour se concerter avec son frère jumeau, resté à Varsovie. Kaczinski n'avait pas hésité à revendiquer l'adoption d'une autre méthode de calcul de la majorité (la racine carrée), en invoquant tous les arguments possibles, notamment les pertes polonaises lors de la seconde guerre mondiale. « Sans la guerre, la Pologne n'aurait pas 38 millions d'habitants mais beaucoup plus », indiquait-il lors d'une conférence de presse. A Lisbonne, encore, en cotobre 2007, au moment de mettre la main final sur le traité, il n'avait pas hésité à revendiquer le droit à exiger le respect des demandes polonaises : « On a eu un accord à Bruxelles, il faut le respecter, c’est notre droit, si nos demandes ne sont pas réalisées, il faut reporter la discussion. » 

Un appel à la solidarité européenne très personnel. S'il n'était pas avare de commentaires peu amènes sur la bureaucratie bruxelloise, il avait aussi certaines convictions européennes, notamment sur la solidarité. Un mot qui revenait souvent dans sa bouche. En juin 2007, justement, alors que je l'interrogeais sur le sens de ce mot pour lui, il avait défendu un fort engagement international de la Pologne : dans les missions de maintien de la paix (au Liban, par exemple), en en faveur de l'élargissement à l'Ukraine, la Moldavie et les Balkans, mais aussi pour les pays en développement. « Nous bénéficions de la solidarité européenne (à travers les financements européens) et nous ne voulons pas l'oublier. Nous saurons aussi exprimer cette solidarité à notre tour. En participant aux actions de l'UE dans les autres pays : en Afrique, en Asie. La contribution polonaise actuelle est basse. Mais on contribue. Et on contribuera encore plus dans l'avenir. Définitivement, la Pologne est prête à donner aux autres. »

Coup médiatique. Au sommet d'octobre 2008, alors qu'il était en conflit larvé depuis le début avec son Premier ministre qui refusait qu'il siège à la table du sommet européen, il n'avait pas hésité, à entrer par la porte réservée à la presse. Ce qui lui avait permis de traverser toute la salle de presse, longuement, et de se payer ainsi un succès médiatique sans précédent. 

Evolution... Peu à peu cependant, il s'était assagi, était devenu un peu plus européen, notamment au gré de l'évolution de l'électorat polonais. La montée en puissance des subventions agricoles notamment faisant basculer l'électorat paysan d'un sceptiscime européen à un enthousiasme non dénué d'intérêt.

(1) Tirs contre le président polonais en Géorgie: gros doute ...

(2) Le président du PIS pour une armée et un président de l'UE fort!

(crédit photo : NGV - lors de la conférence de presse du sommet de juin 2007)

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 12:49

CartonJaune2.jpgLa triple présence - voulue par le Traité de Lisbonne - d'un président du Conseil européen, d'un président de la Commission européenne et d'un Haut représentant pour les affaires étrangères commence à virer au ridicule. Hier, suite aux attentats de Moscou, les journalistes accrédités ont reçu trois communiqués : à 12h05 Cathy Ashton, à 12h25 José Manuel Barroso, à 12h35, Herman Van Rompuy. Que disent-ils tous ? La même chose. Que dire d'autre d'ailleurs ? Compatir, adresser les condoléances aux victimes, exprimer la solidarité de l'Union européenne. Mais nous ne sommes pas dans une cour de récréation. Où chacun pousse son petit bout de nez, pour dire je suis le plus meilleur car je suis le plus rapide. C'est même indécent et irrespectueux des victimes. Et à chaque évènement, c'est pareil. Une petite course à l'échalotte pour être le premier. Il faut dorénavant sortir le carton jaune, le carton d'avertissement...


Ce n'est pas sérieux
!

Cela ne sert vraiment à rien d'avoir fait le Traité de Lisbonne, si c'est pour arriver à ce genre de procédés ! Madame, Messieurs, un peu d'ordre. Agissez dans l'esprit (et la lettre) des nouvelles institutions : de façon groupée. Un petit communiqué signé par les trois mêmes aura sans doute plus de force que le communiqué de chacun signé dans son coin...

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 09:40
(humeur) Le tremblement de terre au Chili a suscité une vague de communiqués sans précédent, venant de la Commission européenne. Chacun y es allé de sa petite déclaration disant en général à peu près la même chose : d'abord la commissaire à l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, ensuite de la Haute représentante Catherine Ashton, qui raconte sa conversation avec la ministre des Affaires étrangères du Chili — "I underlined that I was very impressed with the professional way in which the Chilean authorities are handling the situation." (!) —, puis le président de la Commission qui confie son émotion et ajoute "j'ai demandé de débloquer une somme de 3 millions d'euros". Etc... Ce sans compter les réactions des autres instances européennes.

Une certaine impression de désordre...
On a l'impression que le "marquage" à la culotte entre commissaires devient la règle au Berlaymont, le siège de la Commission. Et que Catherine Ashton court après son ombre. On lui reprochait de ne pas être en Haïti, elle se justifie avec une argumentation recevable, puis s'y rend aujourd'hui alors que la commissaire K. Georgieva est sur place (cf. calendrier officiel). La semaine dernière, elle était en Ukraine, prenant la place du commissaire Füle (chargé de la politique du voisinage) mais "brosse" le conseil informel des Ministres de la défense (où aucun autre commissaire ne peut la remplacer, suscitant au passage de vives réactions qui ne seront pas faciles à relever).

Pour un armistice entre commissaires... Certes, le Traité de Lisbonne a bousculé les habitudes, en instaurant de nouvelles fonctions et institutions au sein de l'Union européenne. Mais ce n'est vraiment pas une surprise, cela fait des années qu'il est sur la table (le dispositif reprenant celui du Traité constitutionnel). Et la plupart des responsables au pouvoir à Bruxelles en ont suivi le développement. De plus, autant, on peut légitimement se poser des questions sur le rôle du président du Conseil européen, dont les fonctions ne sont que peu détaillées par le Traité ; autant, pour les fonctions des commissaires et de la Haute représentante, elles sont cadrées. Le président Barroso, la vice-présidente Ashton et les commissaires devraient trouver facilement un modus vivendi qui évite les duplications et fasse cesser la petite gue-guerre de la présence médiatique nocive.

Revenir aux fondamentaux...
Le Traité de Lisbonne n'a, en effet, pas enlevé toute compétence externe aux commissaires. Quand il y a un désastre d'ordre humanitaire, la commissaire qui occupe cette fonction. Quand il s'agit d'un pays de la politique du voisinage, le commissaire à cet effet. Quand il s'agit de questions plus diplomatiques, globales ou touchant à la politique de sécurité, la Haute représentante. Etc... Et ce n'est pas "l'arrivée" du Haut représentant à la Commission européenne qui doit bousculer toutes les fonctions ni conduire à ce que la Haute représentante s'occupe... de tout et soit partout. Catherine Ashton devrait pouvoir concentrer son action sur les sujets dont elle a le "monopole".
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 15:30
Image-19.pngLe ministère belge de la Défense s'apprête à lancer, officiellement, son propre site pour la future présidence belge. Ouverture officielle, le 1er mars. Mais vous pouvez déjà y accéder, ici. Objectif : donner toutes les informations avant la rencontre informelle des Ministres de la Défense, les... 23 et 24 septembre, à l'International Convention Centre (ICC) de Gand !

Madame Ashton est prévenue, et peut déjà le mettre sur son agenda

Ce site est déjà, en place, depuis quelques semaines. Mais les Belges ont, fort diplomatiquement, attendu la fin de l'informelle Défense des Espagnols. Il contient encore peu d'informations mais va s'épaissir au fur et à mesure qu'on se rapprochera de l'évènement. Il y a du temps après tout. On est encore sous présidence espagnole. Pour l'instant, on trouve toute une série de liens, notamment vers les ministères de défense nationaux, ainsi que des photos des opérations. Toujours utile... .

Et ce en 4 langues : les 3 du pays (néerlandais, français, allemand) + l'anglais. Une petite leçon de multiliguisme pour la plupart des sites officiels européens qui restent, depuis des années, monolingues.
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 23:40
Image-18.pngLes ministres de la Justice pourraient avoir, dès jeudi 25, un premier débat sur l'adhésion à la Convention européenne des Droits de l'homme. Si le principe, inscrit dans le Traité de Lisbonne (article 6 § 2 TUE), paraît a priori assez simple, il recèle aussi de nombreuses questions, plutôt délicates politiquement ou juridiquement. Autrement dit, les divergences sont au coin du bois...

Une obligation.
L'adhésion à la CEDH n'est pas seulement une possibilité, c'est une obligation. A accomplir de façon prioritaire. Le programme de Stockholm adopté en 2009, prévoit ainsi que l'UE doit adhérer "rapidement" à la CEDH. Les présidences l'ont bien compris. Le travail a ainsi été entamé dès la présidence... suédoise. Plusieurs réunions se sont tenues, dès le mois de décembre 2009 au niveau des experts JAI des Etats membres. Un membre de la Cour de Justice de l'UE a ensuite été associé aux travaux. Quant à la présidence espagnole, elle s'est fixée comme objectif que les directives de négociation soient approuvées avant la fin du semestre. Un séminaire s'est tenu à Madrid, début février 2010, réunissant la plupart des acteurs concernés, y compris l'Agence des droits fondamentaux. On attend maintenant une proposition de recommandation de la Commission — celle-ci a été invitée "à présenter de toute urgence une proposition sur l'adhésion" — et il faudra aussi que les Etats membres s'entendent sur un certain nombre de questions.

Parmi les questions délicates :
• Quelle sera le champ  de l'adhésion de l'UE ? Outre la convention proprement dite, à quels protocoles additionnels l'UE adhérera-t-elle ? (la possibilité de recours individuels, par exemple ?) ;
• Comment seront garantis
le monopole de la Cour de justice de l'UE en matière d'interprétation du droit de l'Union, la non-affectation des compétences de l'Union, la situation particulière des États membres à l'égard de la CEDH ? ;
• Faut-il concevoir un mécanisme de "co-défendeur", permettant, dans certains cas, que "l'UE et l'État membre concerné puissent être parties dans toute procédure devant la CEDH" ? (on a vu que l'Allemagne a déjà exprimé vertement son opposition à ce dispositif, lire ici) ;
• L'UE sera-t-elle représentée, et comment, au sein des instances du Conseil de l'Europe qui exercent des fonctions liées à la CEDH, par exemple l'Assemblée parlementaire (compétente pour la nomination de juges) ou le Comité des ministres (pour la surveillance de l'exécution des arrêts) ?
• Quelles seront les relations entre la Cour de justice de l'Union européenne et la Cour européenne des droits de l'homme ?

Certaines questions sont plus institutionnelles et internes à l'UE:
• Qui sera le négociateur ou le chef de l'équipe de négociation de l'UE ?
• Quel sera le rôle du Parlement ? On l'a vu dans l'affaire Swift, le rôle du Parlement n'est pas négligeable. Il faut déterminer quel sera son rôle "au cours des discussions préliminaires" comme "pendant les négociations avec le Conseil de l'Europe"
Pour rappel, selon l'article 218 § 10 du TFUE,
"le Parlement européen est immédiatement et pleinement informé à toutes les étapes de la procédure".

(crédit photo : Cour européenne des Droits de l'homme)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.