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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 23:55
La firme italienne aéronautique, Agusta, pourrait devoir rembourser des aides d'Etat perçues pour le développement des modèles hélicoptère A139 (devenu AW139 ensuite) et hélicoptère-avion Ba609 que la Commission européenne estime illégalement perçue, révèle le quotidien "la Stampa" de samedi. Une enquête avait été ouverte en 2003, suite à une plainte française. Pour les Italiens - qui invoquent l'article 296 du Traité - il n'y pas lieu à sanctions car ils s'agit d'intérêts essentiels à la sécurité nationale. Berlusconi est d'ailleurs intervenu auprès du président de la Commission, JM. Barroso pour essayer d'éviter une condamnation et trouver un arrangement. Pour la Commission, qui s'appuie notamment sur la jurisprudence de la Cour de justice (1), il s'agit de programmes à des fins plus civiles que militaires.

L'histoire remonte à six ans, quand la Commission reçoit une plainte d'une société française sur la loi italienne visant à octroyer des aides Recherche & Développement  dans le secteur aéronautique. L'aide concerne six dossiers, dont l'hélicoptère A109. En 2005, la Commission avait étendu l'enquête à une vingtaine de dossiers tout aussi litigieux, et émet de sérieux doutes quant à l'aspect militaire des aides. En mars 2008, elle rend un premier avis demandant le remboursement par Finmeccanica et Avio d'un montant global d'aides supérieur à 450 millions d'euros sur un montant global de près de 3 milliards d'euros reçus mais estime qu'il lui faut poursuivre l'enquête sur les deux aides aux hélicoptères.


(1) La Cour de justice avait en 2008 émis un premier arrêt dans le secteur d'armement, justement à propos d'un marché public dont Agusta était bénéficiaire, qui donnait la ligne à suivre pour apprécier le critère "d'intérêt légitime de sécurité nationale" (lire ici). La directive "marchés publics de défense", adoptée en juillet, incite également à ouvrir des marchés jusqu'ici protégés.

(crédit photo : Agusta Westland)
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 01:00
La réunion en Allemagne, à la mi-octobre, entre les partenaires de l'Airbus A400M sera-t-elle la réunion décisive ? En tout cas, plusieurs ministres veulent y croire. Coté Espagnol comme coté Belge, on se veut ainsi optimiste. Je suis "très confiante sur nos capacités à trouver un accord qui est important pour l'industrie aérospatiale européenne" avait expliqué la ministre espagnole Carme Chacon, lors de la réunion des ministres de la Défense, fin septembre, à Göteborg.

Pas la peine d'attendre plus longtemps. Pour Pieter de Crem, le ministre Belge de la Défense, il est important d'aboutir. On ne peut plus traîner. « Nous collectons les réponses des dernières questions du Castelet (la réunion organisée entre les partenaires de l'A400M, le 24 juillet).
Nous avons un panel de solutions et devrons décider. Ce n’est pas la peine d’attendre plus longtemps. » avait-il expliqué lors d'une interview.« L’important aussi est de voir l’avion voler - le plus rapide sera le mieux- et de constater que ce n’est pas juste un projet. C'est un projet très important pour notre industrie aéronautique européenne et pour tous nos partenaires français, allemands, britanniques (coté belge, la livraison étant prévue pour 2018, la pression est moins forte). Et certains ont vraiment besoin de cet avion. »

Chacun doit tenir ses obligations. Quant aux hypothèses de renégociation des quantités ou du prix, De Crem est très clair « Nous avons un accord initial et devons le tenir. Pour la Belgique, notre intention n’est pas de réduire les commandes — quand on s’engage pour un nombre défini d’avions, on doit tenir ». Sur le prix, il se veut particulièrement ferme : « L
es coupures de budgets affectent tous les budgets de nos pays. Ce serait une illusion de penser que le ministre de la Défense puisse revenir devant le Conseil des ministres en disant : désolé, il me faut plus d'argent car le contrat n’a pu être respecté. C'est impensable».

NB : Le vol d'essai de l'Airbus pourrait avoir lieu d'ici la fin de l'année. Les derniers essais moteurs sont satisfaisants, selon Marshall Aerospace (la société testeuse du moteur). Louis Gallois, le PDG d'EADS parlait d'une fourchette comprise entre décembre 2009 et février 2010, avec une forte probabilité que ce soit en décembre 2009. Un vol qui pourrait même être avancé au 30 novembre, selon les dernières prévisions.
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 19:04
Hésitation ultime. Les Néerlandais qui ont commandé 85 avions de chasse JSF (Joint strike fighter) se tâtent sérieusement. Un des principaux partis de la coalition au pouvoir, le PVDA (social-démocrate) souhaiterait revoir le montant de la commande. Le coût de la commande n'est pas mineur : près de 10 milliards de $ (6,1 milliards $ de l'époque), ce qui, aujourd'hui, en pleine période d'austérité semble malvenu. Des représentants de l’armée de l’air américaine et du producteur d’armes Lockheed Martin sont ont donc fait le déplacement, hier, jusqu'à la Haye, pour rencontrer des députés et des journalistes, ainsi que le secrétaire d'Etat à la défense, Jack de Vries (CDA), un chaud partisan du JSF "meilleur et en définitive moins cher que d'autres candidats".

La menace est claire.
Tous les moyens ont été utilisés. Coté bâton, le vice-président de Lockheed, Tom Burbage, qui menace : si les Pays-Bas écartent en totalité ou en partie le projet JSF, "les futurs contrats iront à des pays qui participent pleinement". Coté carotte, pour ajouter le geste à la parole, le néerlandais Stork Fokker a annoncé le même jour une "bonne" nouvelle : il assurerait pour le JSF, la production de flaperons, des ailerons mobiles. Une commande de départ qui devrait signifier un premier chiffre d’affaires de 200 millions de dollars qui pourrait monter à plus d'un milliard de dollars... à condition que les Pays-Bas achètent effectivement le JSF. 100 emplois tout d'abord, le double ensuite (lire le communiqué). Un bienheureux hasard...

NB : Le principal concurrent du JSF est le Gripen Suédois,
Eurofighter et Rafale avaient jeté l'éponge (lire également : Saab baisse le prix de son Gripen pour arracher le marché aux Pays-Bas - Avion de chasse: les Pays-Bas ont-ils favorisé le F-35 ?).
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 20:38
Un avion C17 de la "Capacité de transport stratégique de l'OTAN" (SAC) a effectué sa première mission d'appui de longue portée, avec un vol vers l'Afghanistan, afin de livrer du matériel à Mazar-i-Charif pour approvisionner les troupes suédoises déployées sur le terrain afghan. La SAC a été formé entre douze pays membres de l'Otan ou du Partenariat pour la paix * (Bulgarie, Estonie, Finlande *, Hongrie, Lituanie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovénie, Suède *, Roumanie et Etats-Unis). Elle est basée sur la base de Papa (Hongrie). Elle comprendra à terme trois avions C17 Globemaster III - le premier est arrivé fin juillet, le deuxième le 21 septembre, le troisième arrivera en octobre. Elle est destinée à permettre aux Etats participants de mener des missions aéroportées pour ses troupes en opération - que celle-ci soit sous couvert de l'OTAN, de l'UE ou de l'ONU.
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 23:37
Il n'y a pas que l'Airbus A400M à avoir de "petits" soucis techniques La livraison des avions de transport C-130 par le constructeur américain Lockheed à la Pologne a pris du retard. Raison technique avance le constructeur. Ces avions doivent être mis aux mêmes normes que les avions US. Sur les 5 appareils C 130 E, prévus d'être livrés, un seul a déjà été livré, en mars dernier. Le coût du programme - 98,4 millions de $ est normalement pris en charge par une subvention du Pentagone. Mais avec le retard, le prix augmente de 13,1 millions de $. Et les Polonais ne veulent pas payer la douloureuse. Du coup, celle-ci sera partagée entre le constructeur (6 millions) et le gouvernement (7,1 millions). Les Polonais veulent aussi des avions de remplacement, notamment la location d'un ou deux avions venant de la base de Ramstein, durant une période d'un an. Ces avions devraient arriver d'ici novembre.
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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 21:42
Le Finlandais Patria a construit un F-18 Hornet biplace à partir de deux fuselages d’avions endommagés Hornet simple place. Le premier Hornet monoplace avait été endommagé en vol dans un exercice de nuit en novembre 2001 près de Karstula. Une autre partie est venue d'un avion biplace canadien. Et un nouveau fuselage a presqu'entièrement été construit par Patria. Un tel changement n'a été réalisé nulle part ailleurs. Et le constructeur finlandais n'est pas peu fier. Le chasseur devrait voler pour la première fois en octobre. Coût du changement : 15 millions d'euros. Ce n'est pas donné...

(mis à jour le 22 janvier) Pas de chance ! On apprend que cet Hornet (HN468) s'est écrasé à Juupajoki, dans une région sans habitation. Les pilotes se sont éjectés et ont pu s'en tirer sans trop de dommages (des blessures sans trop de gravité selon les médias finlandais). 

 



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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 19:52
La présence des engins d'Eurocopter en Afghanistan a un atout opérationnel mais également industriel. Les 4 et 10 août, annonce l'Etat-Major (français) des armées, les hélicoptères Tigre ont effectué les épreuves de tir de certification sur le champ de tir de Darulaman et de Bagram, respectivement au sud et au nord de Kaboul.

Da
ns des conditions aussi réalistes que possibles, les hélicoptères ont tiré au canon de 30mm et des roquettes de 68 mm sur des objectifs désignés par des contrôleurs avancés. Ce qui leur permet d'atteindre la pleine capacité opérationnelle.


Photo : L'hélicoptère Tigre, au canon 30 mms et lancement de leurres (© Ministère de la Défense / ECPAD)
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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 20:43
(Brève d'été) L'UE met à jour, le 29 juillet, la liste des embargos sur les exportations d’armes en application des règles du conseil de sécurité de l’ONU ou de l’OSCE. Télécharger ici
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 11:17
Les acteurs de l’Airbus A400M semblent s’acheminer vers une solution. En tout cas, côté français, on espère bien que la rencontre au Castelet, entre tous les ministres de la Défense concernés (Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Turquie, Belgique), le vendredi 24 juillet, permettra de réaffirmer la continuité du programme du transporteur européen et d’en finir avec la polémique publique, sous-jacente depuis quelques mois. La plupart des acteurs sont, en fait, déterminés à enterrer la hache de guerre et continuer tant bien que mal à soutenir le programme. Inutile de tergiverser. Il s’agit autant d’une question stratégique – opérationnelle et industrielle -, que politique ou économique. Il n’y a pas vraiment d’autre solution disponible sur le marché à terme. Reste à résoudre l’équation britannique.

Le retrait des Britanniques n'est plus d'actualité. Le Royaume-Uni est, en effet, pris à la gorge tant au niveau budgétaire qu’opérationnel. Et le gouvernement doit obtenir de ses partenaires des concessions visibles qui lui permettent de justifier, notamment vis-à-vis de ses parlementaires, un soutien réaffirmé à l’Airbus A400M alors que, par ailleurs, les coupes affectent d’autres de ses programmes. Mais l’arrêt du programme total semble être une solution ultime inenvisageable même de l’autre côté de la Manche. Tout simplement pour des raisons économiques. Les industriels locaux sont d’ailleurs montés au créneau et ont averti des possibles conséquences de l’arrêt de toute participation britannique, au point de vue social – « 8000 emplois en danger » - comme industriel. « The probability that in 15 years time the UK has a fully-fledged composite wing manufacturer will reduce substantially, » a dit, en juin, Ian Godden, chief executive of the Society of British Aerospace Companies (SBAC). « If the UK government does not fund [the work] then Germany and Spain will pick it up. » Alors que les Etats-Unis procèdent à des arrêts de programmes, dont vont pâtir en premier lieu l’industrie britannique, ce serait un nouveau coup dur.

Des modalités d'accord. Au Castelet, ne sera pas trouvée « la » solution. Mais les modalités de renégociation du contrat. Va s’entamer alors une deuxième phase de négociations sur la nature et le montant des compensations, l’étalement des livraisons, etc.. Les efforts pourraient aussi porter sur la livraison aussi rapide que possible d’une version light de l’avion, dès 2012 (avec l’équipement d’autoprotection, de décollage et d’atterrissage) mais sans toutes les options raffinées électroniques (TRN, TM-LLF…), qui seraient alors livrées dans une version 2. Une solution qui paraît plus raisonnable que le programme prévu au départ qui ressemblait davantage à l’exercice du prestidigitateur qu’à celui d’un industriel. Et une concession à l’industriel.
Pour les Britanniques, un aménagement spécifique pourrait être fait avec la suspension des versements à l’avionneur. Et celui celui-ci pourrait être tenu de verser des compensations additives, aux indemnités de retard, pour faire face aux solutions palliatives (location de C130J ou C17 supplémentaires).
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 19:42
La première directive en matière de marchés publics de la défense et de la sécurité est entrée en vigueur le 21 juillet. Elle oblige à recourir aux appels d'offre publics ou la négociation de gré à gré avec certaines garanties de transparence pour les "gros" marchés de défense et de sécurité. Ce qui devrait changer quelque peu la mentalité des passeurs d'ordre, les gouvernements et ministères de la défense. Meme si la question des offsets (compensation) n'est pas abordée. Les 27 Etats membres de l'UE ont deux ans pour transposer cette directive. Texte également applicable à la Norvège ou l'Islande (en savoir plus : page "marchés publics" de la Commission européenne). Lire aussi "les remarques des uns et des autres".

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.