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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 16:00
La république tchèque pourrait acquérir 4 avions Casa C-295 M du constructeur européen EADS pour remplacer ses vieux avions de transport Antonov An26. La ministre de la Défense tchèque, Vlasta Parkanova, a soumis ce projet pour approbation au gouvernement (démissionnaire). Les avions devraient être livrés entre 2009 et 2011. L'objectif, est selon le porte-parole du ministère de la Défense, Andrei Cirtek, de renforcer l'autonomie aérienne lors de missions humanitaires ou d'évacuations de citoyens étrangers et la capacité d'action des unités tchèques en opération à l'étranger.

Un achat qui démontre aussi - outre les raisons financières - que les Tchèques ont un certain "pragmatisme européen", dans leurs achats et équipements militaires, sans doute largement plus affirmé que ne le laissent supposer leur option politique, qu'on peut qualifier de "très atlantiste".

Selon EADS, en effet, le
C-295 peut assumer un grand nombre de missions assignées aux avions de transport plus lourds comme le C-130 Hercules, pour un coût très inférieur (un gain de plus d’un tiers par heure de vol selon le constructeur). Depuis le début de sa commercialisation en 2001, 66 unités ont été vendues - selon EADS - à neuf opérateurs basés en Espagne, en Pologne, en Jordanie, en Algérie, au Brésil, au Portugal, en Finlande et au Chili. 44 sont déjà opérationnels. Plutôt que le C-130, son vrai concurrent est d'ailleurs le C27J du consortium americano-italien Lockeed - Alenia. Un C-295 en service dans l'armée polonaise s'était écrasé, en janvier 2008, à l'atterrissage sur l'aéroport de Miroslawiec (nord-ouest de la Pologne), faisant 20 morts.

(mise à jour) A noter que le concurrent Alenia, évincé, qui voit ainsi lui échapper un contrat d'environ 1 million de couronnes tchèques pourrait porter plainte à Bruxelles auprès de l'autorité de concurrence. La signature du contrat quelques jours avant le départ de la Ministre est en effet critiquée dans certains milieux à Prague.

(photo : EADS)
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 08:55
Le projet européen de construire un nouvel avion militaire tous terrains, Airbus A400M, a pris du retard. Entre 3 à 5 ans. Un retard confirmé par Louis Gallois, le PDG d’EADS. Et la perte pour l’entreprise se chiffre déjà entre 2 et 3 milliards d’euros. Pour autant faut-il crier haro sur le patient malade ? Non ! Ce pour quatre raisons. Premièrement, en pratique, qu’est-ce qu’un retard de 3 ou 4 ans pour un avion qui va durer près d’un demi-siècle et alors qu’aucune solution réellement alternative n’existe. Deuxièmement, au niveau opérationnel, l’Airbus A400M donne une vraie autonomie et capacité d’action aux armées européennes pour intervenir sur presque tous les terrains, loin d’Europe. Troisième raison, la réalité industrielle et économique. Le chiffre de 40 000 emplois – donné par EADS – donne la mesure du défi aujourd’hui en pleine crise économique et ses possibilités à l’export demeurent intactes. Enfin, ce projet a des retombées technologiques qui vont irriguer, durant des années, la recherche et donner à l’Europe une vraie avance.
Alors, serrer les vis, renégocier certains aspects du contrat… Oui ! Abandonner ou remettre en cause ce programme. Non ! Ce serait une grossière erreur scientifique et commerciale comme économique et stratégique. Bref, une erreur politique. L’Europe s’en mordra les doigts pour longtemps. Très longtemps…

NB : Nous publions aujourd'hui dans Europolitique un dossier complet de 8 pages sur ce projet : les retards, ses causes, les solutions, les positions des Etats membres. Pour télécharger le dossier.
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 17:00
Louis Gallois, le PDG d'EADS, est venu aujourd'hui (24 mars) à Bruxelles pour expliquer aux députés de l'Assemblée de l'Union européenne occidentale (UEO) la position de sa société dans les retards de l'A400M. Très intéressant car il confirme certains postulats et avance des chiffres plus précis, en matière de retard, de pertes économiques et de la renégociation en cours du contrat avec les Etats.

La cause du retard, avoir
accepté un calendrier infaisable, avec une organisation et un contrat pas adaptés.

Elle est simple pour Louis Gallois : « EADS a sous-estimé la capacité et la complexité du programme. Nous avons accepté une livraison de l’avion en six ans et demi. Alors qu’on ne connaît pas de programme de ce type livré en moins de 12 ans. Pour répondre à la demande de deux de nos clients Français et Britanniques, qui avaient des difficultés de transport, nous avons accepté un calendrier exagérément ambitieux.» Des discussions sont toujours en cours avec l’OCCAR. « Si nous livrions l’avion dans une amplitude de 10 ans, nous serions encore la référence dans ce domaine.» Soit si je calcule bien, un retard d'au minimum 3-4 ans voire un peu plus.

A cela s’est ajoutée, précise Louis Gallois, une «organisation exagérement complexe» chez EADS, avec un partage de fonctions entre Airbus et les opérateurs militaires. «Nous avons réorganisé le programme sous tutelle exclusive Airbus, en créant business unit « Airbus military ». Cette organisation est désormais effective. »

Enfin, « notre entreprise a sous-évalué les ambitions et les enjeux. On a signé un contrat commercial, qui n'est pas forcément adapté à ce type d’avion, en assumant les risques, sans programme d’évaluation des risques, sans prototype, en commençant de zéro«Cela a été une erreur majeure de notre entreprise.» reconnaît Louis Gallois. « Maintenant il faut revoir le contrat de manière à revenir à la réalité : le calendrier, les standards nécessaires ».

Les conséquences : plus de 2 milliards d'euros de perte, sans compter les pénalités

«Le programme coûte cher pour EADS». Et Louis Gallois d'affirmer que « la perte programmée est supérieure à 2 milliards d’euros alors que le premier vol n’a pas eu lieu». Les pénalités que pourraient devoir verser EADS s'élèvent, selon lui, à « 1,4 Milliards d’euros. Mais pour l’instant nous n’avons rien payé. Nous verserons cette pénalité quand les avions seront livrés. Ils sont déjà provisionné dans nos comptes». A noter qu'une partie seulement des pénalités sont provisionnés dans les 2 milliards d'euros.

La résiliation du contrat ou la réduction des commandes est possible mais pas sans conséquences économiques...

 « Effectivement au 31 mars, si le premier vol n’a pas lieu - et il n’aura pas lieu -, par un consensus, les nations peuvent mettre un terme au contrat.
Et ensuite nous avons 60 jours pour rendre les 5,7 Milliards reçus au titre des fonds reçus pour la prélivraison des avions. » a confirmé Gallois. Mais de préciser : « il faut un accord à l’unanimité. Nous n’en sommes pas dans la situation. »  Mais, au détour d'une phrase lâchée, Louis Gallois a clairement averti ses interlocuteurs : « Toute réduction de commandes ne sera pas sans effet. Tout d'abord, le prix ne pourra être le même. Et ensuite ce n’est pas sans conséquences industrielles ». Autrement dit économiques... Environ 40 000 emplois dépendraient de ce programme chez Airbus et ses sous-traitants, selon un responsable d'EADS, dont un tiers en France.

Et de préciser également - en cas de doute que le développement militaire est nécessaire pour l'équilibre d'Airbus : « L'ouverture sur le marché militaire permet d'équilibrer par une activité plus régulière, une activité civile, plus cyclique ».

Pour faire face au gap de transport, des solutions transitoires existent et EADS est prêt à les étudier
 
Comme certains Etats ont « évoqué une réduction de la cible, de la quantité commandée - a confirmé Louis Gallois -, pour dégager des financements pour réduire le gap capacitaire et l’achat peut-être d’avions américains pour faire face à ce manque de capacités, « EADS est prêt à regarder cette question » a-t-il précisé. «Nous sommes conscients du retard», a-t-il ajouté. «Nous allons proposer à nos clients, particulièrement Français et Britannique, des solutions de transition pour faire face au gap transitoire : des avions cargos légers, des A330 de transport (pour la longue distance), et la prolongation des capacités actuelles par travaux de maintenance.» De là à payer pour cette solution, il y a un pas que le président d'EADS s'est refusé à franchir. Quand je l'ai interrogé (entre l'ascenseur et sa voiture), pour savoir s'il allait payer à ses clients une location d'avions C130, il a eu un sourire. « Je n'ai jamais dit çà. C'est vous qui le dites ».

Premier vol avant la fin de l'année.


« Le premier vol, je l'espère à la fin de l'année. Mais cela dépendra de la faisabilité du Fadec » (le système logiciel de contrôle du moteur).

Un avion remarquable technologiquement ...

Louis Gallois a tenu à défendre la technologie retenue pour l'A400M. «L'A400M est un avion unique, il sera encore au service en 2050, il faut donc qu’il soit au niveau technologique pour vivre 30-40 ans.» Il combine dans un seul volume les fonctions d'un avion stratégique et tactique. «Il peut emporter 37 Tonnes en mission stratégique. Il a des fonctions analogues à celles d’un avion moderne de chasse et a une complexité supérieure aux deux chasseurs européens les plus récents (Eurofighter et Rafale). Il aura une certification civile, ce qui est une première pour un avion militaire. Cela représente une énorme contrainte technique. Mais c'est aussi une sécurité pour cet avion, car cela le protège de réglementations des années à venir qui peuvent conduire à l'interdiction des avions militaires dans les couloirs aériens civils» a-t-il ajouté. Enfin, le rapport coût performance est remarquable, c'est peu connu.

... qui n'a pas de concurrent et a un "vrai" avenir commercial

Aucun appareil de ce type n'est disponible sur le marché. Même de l'autre côté de l'Atlantique. « Les Américains ne développent pas d'avion concurrent » assure Louis Gallois. Au contraire. « Ils suivent de près notre programme et nous demandent de les tenir étroitement informés. Ils nous disent que cet avion les intéresse. Car il vient combler un manque entre le C27 ou le C130 (plus petits) et le C17 ou le C5 (plus grand) ». Une fois dégagées des difficultés, et les premières livraisons actuelles, l'A400M pourra s'attaquer au marché à l'export. Et il est « important ». Car il s'agit à terme de remplacer les quelque 3000 C130 actuellement en service.
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 22:21

Les ministres de la Défense participant au programme Airbus A400M, réunis en marge de la réunion informelle des Ministres de la défense, à Prague, le 12 mars, ont convenu de proposer un moratoire de trois mois à l’industriel EADS chargé de concevoir et fabriquer ce nouvel avion militaire européen.

Le programme a pris un tel retard — trois ans selon EADS à cinq ans selon d’autres sources — que certains Ministres avaient évoqué, plus ou moins officiellement, l’idée de se retirer du programme ou d’exiger de solides contreparties. Le contrat signé entre les Etats – via l'Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) – et l’industriel permet en effet aux commanditaires de se retirer du programme au printemps 2009.

L’idée du moratoire consiste donc à permettre aux pays commanditaires d’engager des discussions avec le constructeur pour essayer de faire le point sur l'état du programme, ses difficultés de mise en oeuvre et la question des éventuelles pénalités financières, dans un climat apaisé.

Pour Hervé Morin, le ministre français de la Défense, cette idée d’un moratoire a été acceptée par les sept pays qui participent au programme. « Le principe (est) que les nations reprennent la main avec dans les discussions », a-t-il expliqué. « Aucun Etat ne prendra de décision sans avoir évoqué cette question avec les autres », a-t-il ensuite ajouté. La Ministre espagnole de la Défense, Carme Chacon, a confirmé cette approche positive. « Nous souhaitons tous que l’industrie de défense pèse ». Pour le ministre allemand de la Défense, le contrat doit être respecté.

Ce sujet pourrait être évoqué, au moins de façon bilatérale, au sommet européen des 19 et 20 mars.

© Nicolas Gros-Verheyde / Europolitique

 

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 06:28
C'était le 20 février 2003. Le Portugal dirigé alors par le Premier ministre, José-Manuel Barroso (aujourd'hui président de la Commission européenne), fervent admirateur de Georges Bush, entérine dans une nouvelle loi de programmation militaire la réorientation de certaines de ses dépenses, vers un programme d'achat plus conforme aux vues de l'allié américain. L'Airbus A400M - auquel le Portugal participe depuis le début - est dans la ligne de mire. Le Portugal suspend l'achat (3 avions) et sa participation au programme. Un mois plus tard à peine, les Etats-Unis - aidés par certains de leurs alliés - déclenchent ce qu'on appelle la troisième guerre d'Irak.

L'objectif officiel est de diminuer les dépenses.
L’Airbus A400M est « si cher » qu’il est préférable d’acheter le Lockheed C130J (Super Hercules) explique alors un porte-parole du Ministère de la Défense. « Les concurrents américains nous ont présenté une offre qui permet d’acheter le double des avions ». On peut avoir un doute sur cette approche comptable. Car, en se retirant du programme, le Portugal renonce aussi aux contreparties pour sa petite industrie aéronautique (dans le consortium Airbus A400M, les Portugais devaient concevoir le design du fuselage). Ce qu'il gagne en gain budgétaire, il le perd en perte industrielle. De plus, cette réorientation s'accompagne d'achats de matériels, comme des sous-marins, dont l'utilité immédiate paraît futile si l'objectif est de redresser les comptes.

Les raisons de ce retrait sont plutôt très politiques.
Il s'agit surtout d'un geste permettant de montrer toute la fidélité du nouveau gouvernement portugais à l'allié américain. Nous sommes alors en pleine crise irakienne qui provoque un schisme en Europe - non pas entre la vieille Europe et les nouveaux Etats membres, ni entre les modernes et les conservateurs comme on l'a souvent dit, à tort -, mais entre les Atlantistes - adeptes d'une politique d'une grande puissance - et les partisans d'une politique multinationale onusienne et européenne (1). Dans les pays qui produisent l'A400M la division est nette : l'Espagne et le Royaume-Uni se sont rangés dans le camp américain - rejoints par l'Italie et le Portugal - tandis que la France, l’Allemagne, la Belgique et même la Turquie ont marqué leurs réserves à cette intervention (lire Louis Michel à l'époque). Les Américains ont d'ailleurs fait pression sur les Italiens (avec succès - dès l'arrivée de Berlusconi au pouvoir, l'Italie se retire) comme sur les Britanniques pour qu'ils se retirent du programme (les Britanniques résisteront, eux !). Ils tentent aussi de faire pression par tous moyens sur les Allemands et les Français. Dans les motivations américaines, il n'y a, bien sûr, pas uniquement que des raisons politiques mais bien entendu industrielles. C'est l'occasion pour certains proches de l'administration Bush... et de Lockheed d'éliminer un concurrent notable.

La décision portugaise de retrait du programme A400 est prise, en fait, dès les premiers jours du gouvernement de coalition des droites (PSD - CSD) en mai 2002. Le ministre portugais de la défense, Paulo Portas (un des leaders du CSD) est aussi un atlantiste invétéré. Il est assez proche de Bruce P. Jackson, lobbyiste américain très actif sur l'affaire irakienne, proche de Dick Cheney (2)... et vice-président de Lockheed-Martin. A la Wehrkunde (la conférence de la sécurité) de Münich début février 2003, les Etats-Unis cherchent à isoler les Allemands et les Français. A la manoeuvre : le portugais Paulo Portas qui apostrophe le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, dans les couloirs évoquant Münich, et les dangers du pacifisme "dangereux en 1938, dangereux dans les années 1980" et... Bruce Jackson qui explique doctement aux journalistes combien les Franco-Allemands sont isolés face aux 18 Etats qui ont signé pour une intervention en Irak (3).

Alors... l'abandon de l'Airbus A400M par l'équipe Barroso-Porta : une simple motivation budgétaire, personne n'y croit vraiment... Mais pour Airbus, l'annulation des commandes italienne et portugaise (19 avions) est un coup dur et, même une perte sèche qu'on peut chiffrer à un peu plus de 2 milliards d'euros ! (ce qui équivaut aux pertes actuelles !).

(1) Parmi les "nouveaux" : Chypre, Malte et la république Tchèque n'ont pas signé la lettre (le président Havel n'a en effet signé qu'à titre personnel, quelques jours avant son départ du gouvernement, la lettre des 10). La Suède, la Finlande, l'Autriche (entrés dans l'UE en 1995) sont plus catégoriques et pour la poursuite des inspections. Parmi les "anciens", l'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni, le Danemark sont pour le déclenchement de l'intervention US. On compte dans les deux camps des gouvernements socio-démocrates (Royaume-Uni), voire même ex-communistes (Pologne), et libéraux ou chrétiens-démocrates.

(2) Ancien agent du renseignement militaire (jusqu'à 1990), il fut aussi actif en Bosnie et Croatie durant la guerre civile. Il travailla pour Lehman Brothers. Puis il oeuvra ensuite pour l'intégation à l'OTAN des pays d'Europe de l'Est et des Balkans à la tête du « US Committee on NATO » jusqu’à 2002. Il convainca notamment la Pologne de s'équiper du F16. Il réitéra ce type d'action de lobbying politique avec le « Committee of the Liberation of Iraq », cercle néoconservateur qui milita pour l'intervention en Irak et fut notamment sinon l'inspirateur des lettres "des 8" et "des 10". Pour un aperçu plus complet du personnage. Sacré BPJ

(3) Lire "Allies at War" de Phillip H. Gordon et Jeremy Shapiro

(Photo : Commission européenne)
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 22:43
La république Tchèque achètera bien 107 véhicules blindés Pandur II à la firme autrichienne Steyr. Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, l'a confirmé à la presse. Prix global de l'opération : 14,4 milliards de couronnes (près de 500 millions d'euros). "Un achat qui n'est pas sans contrepartie. Environ 153% d'offsets font partie de l'accord. La plupart d'entre eux étant des retombées directes. Certaines firmes tchèques prendront part directement à la production. Ce qui pourrait concerner 4000 emplois" a expliqué Mirek Topolanek. Essentiellement dans les villes de Šternberku et Novém Jičíně.

La procédure d'appel d'offres ne date pas d'hier. Elle a été lancée il y a quatre ans. Steyr avait failli gagné le premier contrat. Ce contrat avait été signé, en juin 2006, la veille de la démission de l'ancien ministre de la Défense, Karel Kühnl
. Ce qui avait semé comme un doute sur sa validité politique. Patria, le concurrent finlandais avait d'ailleurs protesté. Le contrat avait été interrompu,  les essais qui avaient eu lieu n'ayant pas été concluants selon les Tchèques. Le marché d'origine concernait alors 199 véhicules pour 21 milliards de couronnes. Si le contrat passé aujourd'hui est inférieur, le prix par véhicule est en revanche lui bien supérieur... 134 millions de couronnes (4,7 millions d'euros) contre 105 millions de couronnes (3,7 millions d'euros) dans la version précédente.
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 07:51
C'est le Spiegel qui l'affirme. Tenant en cela des informations venant du ministère de la Défense allemand. Berlin réfléchirait à interrompre sa participation au programme Airbus A400M. Plus exactement, "Si Airbus n'indique pas rapidement quand et comment il pourra résoudre les problèmes (techniques), le responsable des programme d'acquisition allemands, Rüdiger Wolf, pourrait conseiller, au moment opportun, au ministre de la Défense Franz Josef Jung, de mettre fin au contrat", souligne le journal (1).

Une solution tout à fait plausible, au moins juridiquement.
Le retrait du programme n'était en effet jusqu'ici pas possible (sauf à payer un dédit important - ce qui suffisait à faire taire tout début de vélléité de quitter le programme). A partir d'avril, cela deviendra possible, puisque le contrat signé entre l'OCCAR - pour les Etats participant - et l'industriel EADS permet de dénoncer le contrat et récupérer les sommes, en cas de retard de 14 mois sur le premier vol. Le premier vol aurait du avoir lieu en janvier 2008. Et l'OCCAR n'attend pas de premier vol avant l'été 2009.

Une menace plus qu'une réalité. En avril 2009, une fenêtre sera donc ouverte. Fenêtre dans lequel pourrait s'engouffrer le ministre de la Défense allemand, d'après nos confrères allemands... Mais j'ai comme un doute sur la possibilité de passage à l'acte, pour au moins trois raisons :
philosophique. Jusqu'à il y a peu, le gouvernement allemand estimait, devant le Bundestag, impossible de revoir ce contrat dans un sens ou un autre. Que ce soit pour certaines spécifications ou pour renoncer aux indemnisations, "le gouvernement n'est disposé à renoncer à son droit contractuel" répondait le Ministère. En cela, l'Allemagne avait pour principe de dire "tout le contrat, rien que le contrat" ou comme le veut la formule latine : "pacta sunt servanda".
opérationnel, abandonner le programme veut dire trouver une autre solution. Et rapidement ! Il n'y en a pas 36000 sur le marché mais une : le bon vieux C130 relooké dans sa dernière version le J. Mais ces machines ont un prix également. A la question posé par un parlementaire sur une solution intérimaire, le ministère de la Défense avait d'ailleurs répondu "Keine". C'est clair...
social et économique. D'après le gouvernement allemand lui-même, environ 10 000 emplois dépendent de ce programme : 3 300 emplois directs et 7 150 emplois indirects. La conjoncture n'est peut-être pas idéale pour mettre ces personnes au chômage, même partiel... Surtout à quelques mois des élections générales (qui se tiennent en septembre)!

Un coup de négociation alors ? Pourquoi ce coup de sang allemand, ou cette petite fuite acerbe de l'administration de la défense. Sans doute parce qu'il s'agit de monter d'un cran la position allemande dans les négociations entamées entre l'industriel, les Etats membres et OCCAR. Alors que celui-ci doit remettre une évaluation du programme et des solutions, il s'agit de remettre les pendules à l'heure, en agitant une menace dissuasive, plus digne de la menace nucléaire, afin d'éviter que certaines solutions qui ne plaisent pas à Berlin ne s'échafaudent : notamment une renonciation aux indemnités de retard (comme le demandent les Français) ou une augmentation du prix (comme le demande EADS).

Un autre coup de semonce, venu de Londres. Autrement plus conséquente me paraît être le coup de semonce venu de Londres, plus exactement de la commission de défense de la Chambre des communes qui, dans son traditionnel rapport sur les équipements militaires, s'inquiète vertement du retard pris par le programme. Les députés britanniques s'interrogent notamment s'il ne serait pas préférable "d'abandonner (le programme) et de prendre (d'autres) décisions pour acheter ou louer d'autres avions afin de ne pas laisser un déficit de capacité dans le transport aérien se créer". Les Britanniques souffrant aujourd'hui d'une capacité aérienne critique, la question est autrement plus conséquente que pour les Allemands - même si la chambre des Communes a d'ordinaire la dent dure pour tous les programmes y compris britanniques...
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 12:02
Le défilé de l'indépendance, aujourd'hui en Estonie, devrait s'enrichir de certains obusiers que le pays vient d'acheter. La Finlande a, en effet, vendu à l’Estonie 36 obusiers légers accompagnés de leurs équipements et munitions, canons acquis en Allemagne au début des années 1990. Prix : deux millions d’euros. La Finlande est un fournisseur régulier de l’Estonie puisque celle-ci a aussi acheté des véhicules blindés Pasi, utilisés en Afghanistan.
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 13:30
Le Conseil des ministres des Relations extérieures de l'Union européenne a adopté, aujourd'hui (lundi 23 février), en point A (sans discussion), une version actualisée de la liste commune des équipements militaires de l'UE, couverts par la position commune de l’Union, qui définit des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d'équipements militaires. Dans le cadre d’un accord global avec le Parlement européen sur le « paquet défense », le Conseil avait, en effet, rendu obligatoire, une liste qui n’était auparavant fixée que de façon facultative. Cette « liste commune sert de référence pour les listes nationales de technologie et équipements militaires des Etats membres. Mais elle ne les remplace pas directement » est-il cependant bien précisé. (Télécharger la décision)
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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 19:58
Bien décidé à emporter le marché public de renouvellement des avions de chasse F-16 néerlandais, face à son concurrent américain F-35 Joint Strike Fighter (JSF), l'avionneur suédois Saab massacre les prix... Il aurait ainsi proposé aux Pays-Bas  "85 chasseurs Gripen pour 4,8 milliards d’euros", lors d'une visite de parlementaires de la commission de la défense. Soit presque un milliard de moins que le montant réservé par le ministère de la Défense (5,7 milliard d'euros) pour remplacer les F-16, selon nos confrères NRC Handelsblad.

Mieux. Les Suédois rajoutent à leur offre une garantie :
un prix fixe pour l'exploitation et la maintenance de l'unité dans les trente prochaines années, d'environ 10 milliards d'euros (alors que pour le F-35 on monte à 14,4 milliards d'euros et encore est-ce une estimation). Alors, trop beau pour être vrai ? Le ministère de la Défense néerlandais ne se prive pas de le dire, en coulisse, soulignant que "tout n'est pas compris" et que le "vrai montant est beaucoup plus élevé". Le JSF revenant pour lui moins cher que le Gripen (d'autant plus que les Néerlandais ont en fait surtout déjà investi près d'un milliard dans le projet F-35). Il cite notamment l'exemple norvégien. En novembre dernier, la Norvège, qui était dans le même dilemne, a finalement opté pour le JSF, ayant constaté que les prix du Gripen étaient de deux à trois fois supérieurs à ce que son constructeur Saab le laissait entendre.

En ces temps de crise, l'offre suédoise est cependant séduisante, d'autant plus que Saab est prêt à inscrire sa garantie noir sur blanc, comme ayant valeur juridique.
Saab a d'ailleurs fait une offre similaire de 2,9 milliards d'euros au Danemark pour l'achat ET l'entretien de 24 avions. Alors... avant que la 2e chambre se prononce, en avril, sur l'achat de deux premiers appareils d'essai F-35, les membres de la Commission Défense aimeraient bien avoir une évaluation précise des avantages comparés, et du vrai coût, des uns et des autres. Un nouvel épisode dans la bataille qui oppose l'avionneur suédois à son concurrent américain.

Photo : ©
Gripen International/ Katsuhiko TOKUNAGA
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