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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 06:27
Après les Britanniques, un autre général Allemand (4 étoiles) vient critiquer ouvertement la stratégie menée par les Occidentaux et l'Otan en Afghanistan. Là encore, le gradé n'est pas n'importe qui. Mais le général Egon Ramms (au centre), commandant de l'Allied Joint Force de l'Otan, qui dans une interview que vient de publier l'hebdomadaire Stern, assène quelques vérités.

Il met en garde contre la tentation de présenter tout insurgé comme un taliban. Il est de plus en plus clair qu'il faille séparer les rebelles locaux et les mercenaires étrangers, estime-t-il. Jugeant souhaitable de pouvoir négocier avec certains.

Il critique aussi la manière proclamer comme "succès" à chaque fois qu'un insurgé est tué. Alors que "tuer n'est pas une in en soi" et est contre toute la "pensée humanitaire".

Il cite en exemple la méthode néerlandaise menée en Uruzgan, qui ont mené dès le début une politique avec des experts agricoles, de développement pour améliorer la situation de la population ; résultat, la situation y est plus calme que dans la région voisine d'Helmand.

Enfin, il considère, élément stratégique majeur, que "l'Alliance ne devrait pas essayer de contrôler tout le pays mais seulement les zones où la population est la plus nombreuse". Et, dans ce cas, avoir un renfort de 25 000 hommes n'est pas nécessaire (comme demandé par les Américains). Mais 10 000 peuvent suffire.

Photo : NATO photo by U.S. Air Force Senior Master Sgt. Andrew E. Lynch - de gauche à droite : Afghan President Hamid Karzai, U.S. Army Gen. Dan K. McNeill, outgoing NATO International Security Assistance Force Commander; German army Gen. Egon Ramms, commander of NATO’s Allied Joint Force Command Brunssum; and U.S. Army Gen. David D. McKiernan, incoming ISAF commander (3 juin 2008).
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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 16:19
C'est un véritable coup dur pour le gouvernement tchèque de couleur ODS (Chrétien-Démocrate, Eurosceptique), à la veille de sa prise de fonction à la tête de l'Union européenne et alors que les Américains et l'Otan veulent augmenter notablement la présence  militaire occidentale en Afghanistan. Le gouvernement voulait d'ailleurs augmenter le contingent tchèque (400 hommes sous mandat de l'ISAF, dans la province du Logar, à l'est) pour les porter à 645 hommes. Mais la chambre des députés l'a refusé. Confirmant ainsi la détermination de l'opposition de "casser les pieds" au gouvernement sur ce sujet sensible.

Retrait d'ici mars si pas de nouvelle décision. Il a manqué, en effet, deux voix au gouvernement pour obtenir la majorité de 101 voix nécessaires (99 voix contre 75 voix, et 18 abstentions). Le vote avait lieu vendredi. Le retrait n'est cependant pas immédiat. Une décision de cabinet permet de maintenir les troupes jusqu'à mars. Et le gouvernement du Premier ministre Topolonek peut faire une nouvelle tentative pour obtenir la majorité dans les 60 jours à venir. Mais sans autorisation après ce délai, il devra retirer ses troupes en Afghanistan comme au Kosovo.
 
Pas de battlegroup de l'UE !
Cette décision ne concerne pas que l'Afghanistan. Mais toutes les missions extérieures pour l'armée tchèque. La chambre des députés a en effet rejeté la proposition du grouvernement qui fixe de manière annuelle les contingents utilisés à l'extérieur du pays. Qu'il s'agisse de l'Afghanistan ou du Kosovo (où une augmentation de troupes était également envisagée, pour faire passer le contingent de 400 environ à 550). Mais aussi de la possibilité pour la république tchèque de participer à un des battlegroups européens (avec les Slovaques). Ou du déploiement possible dans les pays baltes de 75 soldats et 4 chasseurs Jas-39 Gripen dans le cadre de la surveillance aérienne de l'Otan sur le nord-est de l'Europe, effectuée par rotation par plusieurs pays.

Enjeux politiques. La guerre en Afghanistan n'est pas très populaire en république Tchèque. Et les socio-démocrates avaient déjà montré leur hostilité à son égard. Au-delà, il y a d'autres enjeux. On sait que l'ODS (parti au pouvoir) tient à faire ratifier le traité visant à l'installation dans le pays d'un radar dans le cadre du bouclier antimissile américain. Et que les socio-démocrates tiennent à la ratification du traité de Lisbonne, auquel est hostile l'ODS. Celle-ci a d'ailleurs repoussé le vote à plus tard. Dans le même temps, se poursuivent des tractations sur un "pacte de non-agression" entre l'opposition et la majorité durant la présidence tchèque (au 1er semestre 2009). Mais le prix demandé par l'opposition (ratification du traité de Lisbonne et élections anticipées à la fin de l'année) se montre trop élevé pour le parti au pouvoir. La décision de refus d'envoi de troupes à l'étranger apparaît ainsi comme un élément de plus dans la confrontation entre les deux forces politiques principales en république Tchèque. A la veille de la prise de fonction de la présidence tchèque, çà ne fait pas très sérieux tout de même...

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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 08:10

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 07:30
L'impression était visible depuis quelques semaines. La participation britannique à certains projets de l'Europe de la défense ne reposait pas uniquement sur l'enthousiasme européen de la nouvelle équipe politique à la tête du ministère de la Défense ou d'un retournement de situation. Cette impression avait été oralement confirmée, très officiellement, directement par une "petite phrase" de Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse au Sommet. Dont il faut, en général, examiner plus en détail toutes les locutions. Il n'y a pas, en général, que le brio du discours.

Une brigade française. Mon confrère Merchet le confirme sur son blog, et surtout le précise, aujourd'hui par une information venue des armées françaises. Il y aura bien une augmentation des troupes françaises en Afghanistan. Dans l'Est du pays. Le nombre reste encore imprécis. Mais il sera surement calqué sur celui des Britanniques. Une brigade, la "french brigade", regroupant les effectifs déjà présents (à Kaboul notamment) et les nouveaux renforts sera ainsi formée.

Une pièce rendue aux Britanniques. Le tempo était bien calculé et prévisible. Les Britanniques en cédant (en partie, en petite partie) sur quelques "idées" françaises comme le renforcement partiel du quartier général à Bruxelles, le budget pluriannuel pour l'agence européenne de défense et l'augmentation de ses effectifs ainsi que la coopération industrielle renforcée avaient exigé certaines capacités et engagements français supplémentaires en Afghanistan. Ceci explique également la "certaine" réticence allemande à ne pas trop soutenir la PESD (c'est un euphémisme). Les Allemands, déjà présents, mais au Nord du pays, coincés par une période électorale peu propices à ce genre d'engagement, ne tiennent sans doute pas à etre obligés de faire une contribution identique à celle faite par les Français.

Un autre enjeu : les postes à l'Otan
. Pour la France, autant ce semestre aura été "européen", autant le prochain sera "otanien". C'est un des autres enjeux de cette grande partie de cartes et de redistribution des rôles qui se déroule actuellement sur le plan de la défense européenne (Otan et Ue) : si je participe à hauteur en Afghanistan, il faut des postes-clés. Une discussion entamée déjà avec les partenaires britanniques et allemands. Une des idées défendues étant un rééquilibrage des rôles en faveur du couple franco-britannique. Et la construction d'un pilier européen réel pour l'Otan. Plus exactement, ce que voulaient les Américains depuis le début, que les Européens prennent en charge la gestion de leur sécurité sur le continent. En gros, l'Otan "territoriale" dirigée par les Européens ; l'Otan "extérieure" dirigée par les Américains.

Dernier enjeu : économique. Le dernier enjeu est lui, beaucoup, plus concret. Il s'agit de la restructuration de l'industrie européenne : liens croisés, fusions, regroupements sont actuellement à l'étude. Et l'idée là est d'avoir des champions industriels européens plus forts dans chacun des secteurs clés économiques. L'ouverture des marchés de la défense, avec l'adoption de la directive Transferts (*) et bientôt celle sur les marchés publics, normalement, en est le versant juridique et devrait accélérer ce processus. Le Ministre de la défense, Hervé Morin en avait évoqué quelques mots à Northwood au début du mois (lire ici), Français et Britanniques (avec les Allemands) ont des "deals" à faire. Là encore, l'Afghanistan sert de test.

Testé en Afghanistan, vendu partout ailleurs. Comme me l'avait résumé un expert du dossier à l'Otan, les Français vont expérimenter "certains matériels" (software aérien, guidage bombe, etc.). Un enjeu à la fois militaire et technique (test grandeur nature) et avant tout industriel. "Quand vous avez un matériel utilisé, testé en Afghanistan, dans le cadre d'une opération de l'Otan, devant les alliés, c'est une démonstration grandeur nature, pour ceux qui sont vos potentiels acheteurs. Une solide garantie d'achat. Vous pouvez ensuite utiliser l'argument "testé à l'Otan" comme argument de vente." L'engagement d'avions comme le Rafale sur le terrain ne relève donc pas uniquement d'une prestation militaire. De même que le "prêt" des nouveaux véhicules Panhard aux observateurs français en Géorgie n'est pas un don totalement gratuit...

(*) apparemment malgré l'accord obtenu entre le Parlement européen et le Conseil, certains Etats membres semblent réticents à rejoindre le compromis et préféreraient retarder au maximum l'accord.
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 07:27

Jacques de Maio est  le responsable au Comité international de la Croix-Rouge pour la région Afghanistan – Pakistan – Inde et Népal. Il était de passage à Bruxelles récemment. Et, naturellement, la conversation que nous avons eu une bonne heure durant a roulé sur la situation en Afghanistan et au Pakistan voisin. Un témoignage à rapprocher de celui de Vendrell, l'ancien représentant spécial de l'UE dans la région. Edifiant...

Comment qualifiez-vous ce qui se passe en Afghanistan.
Il faut être clair, c’est une guerre. Plus précisément un « conflit armé interne avec une dimension internationale ». On a du mal à comprendre cela dans certaines capitales. Mais c’est la réalité. Nous avons d’un côté un gouvernement, soutenu par une coalition internationale, face à des mouvements d’opposition armés. Que l’on dise qu’on est dans une opération internationale visant à la sécurité, à la reconstruction du pays, c’est une qualification politique, valable pour la presse, les électeurs. Pour le CICR, cela ne doit pas masquer la réalité de la guerre.


Comment en avez-vous la preuve ?
Nous sommes la seule organisation à être déployée dans des régions où aucun acteur international humanitaire n’est présent, et à avoir un dialogue avec l’opposition armée. Et ce que nous voyons, c’est la guerre. Plus que la reconstruction, avec des projets qui ont pour objectif affiché de gagner les « cœurs et les esprits », et donc de favoriser l'établissement du gouvernement dans tout le pays.


Vous parlez d’opposition armée ?
Oui. On voit clairement cette opposition comme une partie au conflit. Il est clair qu’elle ne répond pas aux standards du mouvement rebelle classique, en uniforme, qui administre une partie du territoire. Mais elle est suffisamment structurée pour qu’on ait un dialogue avec elle, sur la façon dont elle conduit le conflit, et sur l'espace humanitaire. L’opposition ne se résume cependant pas aux Talibans. C’est une nébuleuse complexe, avec des mouvances locales et internationales.


Vous semblez assez négatifs sur les missions de reconstruction menées par la coalition. Elle sont utiles, cependant, pour la population ?
Il ne s'agit pas d'être positif ou négatif, mais simplement de distinguer les choses: les opérations menées dans le cadre des Cimic ou équipes provinciales de reconstruction (PRT) découlent d'une logique politico-militaire. S'il n’y a pas de doute que certaines – pas toutes - représentent un impact pertinent, social, économique, médical et humanitaire suivant les cas, elles ne peuvent se prévaloir d'une mission "humanitaire".

En effet, pour le CICR, une action humanitaire c’est une évaluation indépendante des besoins, et une réponse impartiale aux besoins constatés. Les objectifs et modalités de mise en œuvre des PRTs les rendent inacceptable pour l’opposition, qui les interprète comme l’imposition déguisée d’un modèle de société qu'ils rejettent.

Il est essentiel de préserver une distinction claire entre l'humanitaire et le politico-militaire, puisque la confusion des genres se traduit par un rejet – de plus en plus meurtrier – de l'action humanitaire réelle sur le terrain, perçue comme le fer-de-lance, ou l'outil, d'une stratégie globale de leurs ennemis.


Comment le CICR continue à être présent dans ces zones où les autres organisations sont absentes ?
Nous avons tissé avec les groupes et les communautés, depuis 20 ans que nous sommes présents dans la région, une relation historique. Beaucoup de gens qui travaillent avec les Talibans ou, sous son ombrelle, avaient déjà pris les armes, il y a vingt ans, contre le gouvernement alors soutenu par l'URSS. Et ils étaient les bienvenus dans les capitales occidentales. J’étais là-bas comme jeune délégué. Et je retrouve des gens qui tiennent le même discours.


Que disent-ils ?
Beaucoup d'Afghans refusent ce modèle de société qui leur est apporté ou imposé. Pour eux, il n’y a pas grande différence entre leur lutte d'il y a 20 ans, contre un gouvernement central soutenu par des puissances externes, qui impose un modèle de société, et aujourd'hui. Leur discours est le même: «nous refusons d'être soumis". Ce n’est évidemment pas représentatif du peuple afghan en totalité, puisque nombreux sont ceux qui soutiennent le gouvernement de Kaboul et acceptent les troupes étrangères. Mais ce sentiment est très fort dans l’opposition et au sein d'une bonne partie de la population à l’Est et au Sud du pays.


Le mouvement gagne-t-il ?
Le CICR n'est pas compétent – dans tous les sens du terme – pour se prononcer sur "qui gagne la guerre". En revanche, on perçoit un durcissement du conflit. De part et d'autre, on peut aussi dire qu'on gagne du "terrain" dans certaines régions ou domaines stratégiques.


Les violations du droit international humanitaire semblent courantes en Afghanistan. Ce droit est-il respecté par les rebelles ?
Le CICR détecte et documente les violations du droit et intervient auprès des autorités responsables, quelles qu'elles soient et où qu'elles se trouvent, de manière strictement confidentielle, afin de prévenir des dégâts humains. Pour ce qui est de l'opposition armée, il faut bien voir que nous avons affaire à un mouvement qui a un référentiel doctrinal qui puise ses sources dans l’Islam et les traditions locales. Le droit international n'est pas sa référence immédiate, mais son contenu - le droit de la guerre – est valable et leur parle: le fait de tuer un non-combattant (civil, blessé, prisonnier) est généralement proscrit par l’Islam et par les codes d'honneur. Mais comment définir et distinguer le non-combattant du participant actif aux hostilités? A partir de quel moment, dans quelles circonstances la mort d’un non-combattant est-elle acceptable? Qu'est-ce que la torture? Ce sont là des questions de fond pour tout le monde.


Les bombardements de civils constituent cependant une violation du DIH ?
Oui. Les bombardements de civils sont prohibés par la convention de Genève. Mais un civil mort sous les bombes ne résulte pas automatiquement d'une violation du droit international humanitaire. De même, l'intervention réponse militaire pour « extraire » une patrouille coincée dans une embuscade et annihiler l’opposition n’est évidemment pas en soi une violation du droit international. C’est une analyse, au cas par cas, et les commandants d’opération doivent trouver le bon équilibre entre impératif militaire et obligation humanitaire. En clair, atteindre leur objectif de combat tout en assurant la protection des civils, le respect des principes de précaution, distinction et proportionnalité. La première obligation de chacun des belligérants est de se distinguer des civils, de ne pas les exposer à des attaques. Cela peut viser l’opposition armée lorsqu'elle se fond dans la population, comme les forces de la coalition quand elles établissent un poste avancé à proximité d'une zone habitée.


Et les prisonniers de guerre, ou les détenus à Bagram ?
On ne peut pas parler de prisonniers de guerre. Car ce n’est pas un conflit international. Mais il y a plusieurs milliers de prisonniers dont plusieurs centaines aux mains de la coalition, ou des Américains. Il y a de tout : du criminel de droit commun au militant Taleban. Il y a aussi les « internés», comme à Bagram, détenus sans chef d'inculpation. Cela n'est pas automatiquement une violation du DIH. Il est prévu dans le cadre d'un conflit armé, pour des raisons impératives de sécurité. Mais le traitement de ces internés doit obéir à certaines règles, qui font l'objet d'évaluations sur place par le CICR et de discussions avec les autorités.


La troisième de votre priorité est l’accès aux soins, est-il assuré ?
Non. Il y a un gros problème d’accès aux soins, et de santé en général. S'il y a des indicateurs positifs sur une grande partie territoire, grâce à l’effort national et international, la population dans le sud et l’est, dans certaines zones rurales tendues reste très isolée et vulnérable. Les taux de mortalité enfantine, ou lors des accouchements, par exemple, restent extraordinairement élevés. Si en plus vous êtes un membre de l’opposition blessé – ou suspecté tel -, vous avez encore moins de chances d’avoir accès à des soins.


Vous êtes pessimiste alors ?
Je ne me permettrais pas. Mais ce conflit n’est pas près de se terminer. D’autant que ce conflit n’est pas isolé…


Le Pakistan voisin ?
Oui. Ce qui se passe dans les provinces frontalières du nord-ouest (NWFP) et les zones tribales est grave, et les dégâts humanitaires importants. Là aussi, c’est un conflit armé non international, qui est le résultat à la fois d’une dynamique locale de conflit et des liens avec l’Afghanistan (NB : la frontière est poreuse et fluide). L’insécurité est tout à fait comparable à ce qui se passe en Afghanistan. Et la réponse humanitaire est loin d'être suffisante. Nous sommes très peu déployés dans ces zones, mais les autres acteurs humanitaires ne le sont pas du tout. Le Pakistan est un sujet à la fois spécifique et indissociable de la problématique afghane. 2008 a été une année difficile, d’un point de vue économique, politique mais aussi avec la dégradation de la sécurité. 2009 s’annonce très inquiétante, avec très peu de monde qui peut aller sur place, constater, voir et agir.


Alors…
On a envie de dire : intéressez vous à cette question (de l’Afghanistan, du Pakistan), il y a des besoins...


NB: Les quatre missions du CICR en Afghanistan
1° Diffusion du droit internationale humanitaire
2° Protection des détenus
3° Aide médicale
4° Intermédiaire neutre pour les déplaces, prises d’otage.

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 09:11

Le président de la fédération de la Bundeswehr, le colonel Bernhard Gertz, n'y est pas allé de main morte, lors de sa dernière conférence de presse, sur la politique menée par son gouvernement en Afghanistan (Nb : Le soldat quitte ses fonctions et il pouvait peut-être plus aisément exprimer sa pensée que jamais). Ce qu'il dit en un mot, selon notre confrère Thomas Wigold : le gouvernement fédéral (allemend) porte "une part de responsabilité" dans l'aggravation de la situation de sécurité en Afghanistan. Et quand il parle de gouvernement allemand, on pourrait adresser - je pense - la même critique à nombre de gouvernements occidentaux et également à l'Union européenne.


Le faible engagement civil. En premier lieu, il cite la mauvaise performance allemande dans la formation de la police afghane. Affichée comme une priorité, elle n'a pas progressé, compte tenu des dépenses et du faible nombre de policiers allemands (et l'UE ne semble pas en meilleure situation, le premier objectif de recrutement d'environ 200 personnes pour la formation de la police n'a pas été atteint, voir les difficultés de recrutement). Ensuite, tout le monde souligne que la priorité en Afghanistan n'est pas uniquement militaire. Alors - explique-t-il - le Bundestag (assemblée des députés) devrait non seulement réfléchir sur le nombre, les fonctions et le coût des militaires engagés mais aussi sur les moyens et le personnel civil (affaires étrangères, intérieur ou développement...).


L'erreur stratégique de départ. Gertz souligne surtout ce quiproquo initial qui dure, et perturbe, toute la stratégie occidentale en Afghanistan : "Honnêtement, nous ne sommes pas allés dans ce pays, parce que nous voulions aider les gens, mais avant tout,  pour maîtriser le risque de terrorisme pour le monde occidental. Mais je crains - ajoute-t-il, qu'entretemps on s'aperçoive que cette double approche n'était pas vraiment bonne".

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 21:07
Le Commandant en chef britannique, Sir Jock Stirrup, vient de critiquer le possible transfert de soldats d'Irak en Afghanistan et de façon plus générale l'effort supplémentaire qui est demandé aux forces britanniques dans le pays. C'était ce week-end sur la BBC au "Andrew Marr Show".

Les soldats de sa Gracieuse majesté l'ouvrent... C'est le deuxième officier britannique de haut rang à exprimer des doutes sur la façon dont la guerre dans cette région est conduite par les Américains et l'Otan. Début octobre, le général de brigade Mark Carleton-Smith, commandant des forces britanniques de l'Alliance, avait considéré, dans une interview au Times, que l'Otan ne pouvait gagner cette guerre engagée il y a huit ans maintenant et que l'objectif devait être désormais de maintenir l'activité des rebelles à un niveau contrôlable par l'armée afghane. Et ce qu'expriment à haute voix les "grands chefs" est également très présent dans les autres grades de l'Army. Le 1er novembre, le major Sebastian Morley, chef d'un commando de forces d'élite britanniques (23 SAS) en Afghanistan démissionnait, après la mort de 4 de ses hommes (et femme), dénonçant l'insuffisance des équipements fournis aux militaires britanniques, responsable selon lui de la mort de plusieurs de ses soldats. "L'absence de véhicules blindés lourds", expliquait-il dans le Daily Telegraph, est une attitude "au mieux désinvolte, au pire criminelle". Une démission loin d'être isolée. Puisqu'elle suivait les départs du Col. Stuart Tootal, du Brigadier Ed Butler et d'un officier commandant le 22e SAS

Des forces à la limite de la rupture. Confirmant à la BBC, ce week-end, que le pays va réduire de façon importante ses troupes en Irak, dès l'année prochaine, Sir Jock Stirrup s'est élevé contre l'idée de transférer tout simplement les troupes ainsi rendues disponibles en Afghanistan. Mettant en avant la "tension" que subissent les forces britanniques, il a expliqué "Ce que nous faisons, nous pouvons le faire pour une courte période. Mais nous ne pouvons pas continuer de le faire, ad infinitum. Nous faisons plus que nos structures de ressources le permettent dans le long terme." Et de continuer. "Il est essentiel de réduire le tempo opérationnel de nos forces armées. On ne peut donc pas, même si la situation l'exige, assurer un transfert "1 pour 1 " en provenance de l'Irak vers l'Afghanistan."

La part injuste du fardeau britannique. Réagissant à la proposition du futur président américain Obama d'augmenter le nombre de militaires en Afghanistan, il a déclaré: "Je suis un peu nerveux, quand les gens utilisent le mot« augmentation » comme s'il s'agissait d'une sorte de panacée". Et de dénoncer le poids injuste du fardeau supporté par l'armée britannique : "Ce qui est clair, c'est que nous avons besoin de plus de forces militaires en Afghanistan. (Mais) ce qui est aussi clair, c'est que tout le monde doit faire sa part (de travail). Comme deuxième plus grand contributeur de troupes en Afghanistan, la première chose que nous disons est que nous ne voulons pas avoir à supporter une part injuste du fardeau".

NB: Le Royaume-Uni a actuellement 4100 hommes en Irak et 7800 en Afghanistan.
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 12:40
La Mission de police (Eupol) de l'Union européenne en Afghanistan a lancé un nouvel appel à recrutement. Plus d'une centaine de postes sont ainsi offerts : une douzaine de postes concernent des emplois déjà publiés mais qui n'ont pas été pourvus, une vingtaine concernent des nouveaux postes. Mais l'essentiel (environ 80) concernent des postes à renouveler (les titutaires partant entre décembre et février 2009).

Du chef adjoint de mission à l'officier de presse - porte parole, en passant par les responsables des marchés publics, les formateurs de policiers ou conseillers, les agents de sécurité, ingénieurs civils, les qualifications recherchées sont assez variées...  La plupart des postes sont à Kaboul, certains à Kandahar, Kunduz, Helmand, Uruzgan... Toutes zones qui ne sont pas automatiquement toutes très sûres. A noter: La prime de risque spéciale est de 30 euros (dans le nord et l'ouest) et 40 euros par jour (dans le sud).

La plupart des recrutements sont faits sous forme de personnel détaché par les Etats membres. Mais certains sont ouverts aux extérieurs contractuels. Date limite pour faire candidature : le 20 novembre. Télécharger la liste des postes offerts. Télécharger la grille des salaires et les diverses allocations.
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 16:06
Dans son interview au Sunday times, le ministre britannique de la Défense, John Hutton, ne se prononce pas seulement sur l'Europe de la défense. Il donne aussi son opinion sur l'engagement britannique en Afghanistan, après une tournée dans le pays. Le ton est nouveau, le propos du ministre est sombre. "Les problèmes sont fondamentaux : 30 ans de guerre civile, une succession d'États, l'extrémisme islamique et l'insurrection permanente, avec en parallèle le problème des stupéfiants et de la criminalité des drogues, seigneurs de la guerre - il est impossible d'imaginer un cocktail plus toxique que celle-là", dit-il. Et en creux, on peut lire si ce n'est une approbation de certaines critiques entendues au coeur de l'armée britannique, au moins une confirmation de leur pertinence.

Du sang, des efforts et des larmes
Le général Mark Carleton-Smith, expliquait récemment que la "guerre contre les talibans ne pouvait être gagnée" parlant de la réduire à un "niveau gérable de l'insurrection". Le Ministre ne reprend pas ce propos. Mais il explique : "Nous devons nous préparer à y rester pour de longues années"  "Il n'y a pas de solution miracle". "Il faudra des décennies pour écraser les Talibans". "La mission en Afghanistan va échouer faute d'un nouvel objectif ("focus"). Le ministre reconnait également que les opérations ont sérieusement mis à mal l'état de l'armée britannique : "les périodes de repos des troupes opérationnelles à l'étranger" ne sont pas respectées"...

Conséquences industrielles = des coupes dans certains programmes
Conséquence également, la tension sur les budgets. "Nous avons du mal à joindre les deux bouts". Et ce ne sera "pas sans conséquence sur certains marchés secondaires" concède le ministre de la Défense. En filigrane, cela signifie quelques coupes franches dans certains programmes. Pourraient en pâtir - selon des experts cités par notre confrère britannique - le projet d'avion de combat commun, le Joint strike fighter (JSF) ou l'achat de 25 avions de transport stratégique (Airbus A400M) qui pourrait être diminué. Mais pour les contrats déjà engagés - comme l'Eurofighter ou le sous-marin Astute - cela "couterait trop cher de les interrompre".

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 20:32
L'opposition (sociale démocrate et communiste) est opposée au renforcement du contingent tchèque en Afghanistan. Le président du Parti social-démocrate ČSSD, Jiří Paroubek, l'a expliqué publiquement aujourd'hui et est prêt à venir l'expliquer au secrétaire général de l'Otan. Les sociaux-démocrates refusent également le projet d’augmentation des moyens financiers pour la mission tchèques dans ce pays.

Le gouvernement tchèque veut envoyer en Afghanistan plus de 200 soldats, et le contingent tchèque pourrait ainsi atteindre au total 754, dispatché dans quatre provinces : Kaboul, Ourouzgan, Kandahar et Logar. Ce projet doit enore être approuvé par le Parlement national, où le gouvernement ne dispose que d'une très faible majorité (grâce aux verts et chrétiens démocrates).

Présent en Afghanistan, le contingent tchèque compte 500 soldats tchèques. Il a perdu 2 hommes cette année et 17 hommes ont été blessés, la plupart récemment.

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