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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 18:46
(mis à jour avec éléments Paris, juridique, Etat-Major des Armées - 20h) Les 11 pirates restant à bord du Nivose le premier week-end de mars vont bien être transférés aux Seychelles. En revanche, les 6 Somaliens, repêchés des eaux par le thonier français Torre Giulia, seront libérés. Nous en avons eu confirmation aujourd'hui. (Une exclusivité "Bruxelles2")

11 suspects traduits en justice
. Le ministre Joel Morgan, responsable de la lutte anti-piraterie, a expliqué que bien que les 11 suspects aient été arrêtés en dehors de la zone économique exclusive des Seychelles (de 1,4 millions km2), ils pourront être traduits aux Seychelles car ils sont soupçonnés d'avoir attaqués deux navires battant pavillon de l'archipel. « Ces 11 pirates suspects seront remis à la police des Seychelles pour être jugés. Nous avons l'obligation de les traduire en justice car ils ont été trouvé en possession d'armes de différentes variétés dont nous croyons qu'elles seront suffisantes pour le procès » a-t-il déclaré. Débarqués à Djibouti, ils devraient être amenés aux Seychelles par un avion français d'EUNAVFOR demain (mercredi). Mais « il reste encore quelques points un peu complexes de procédure à résoudre » m'a expliqué un officier d'Atalanta. Difficulté confirmée du coté de l'Etat-Major des armées. NB : les 24 autres suspects interceptés par le Nivose ont été remis aux autorités du Puntland, samedi.

6 suspects rapatriés en Somalie. Repêchés des eaux par le thonier français Torre Giulia après une attaque ratée, et mis au sec sous bonne garde des commandos marines embarqués à bord du bateau de pêche, les six Somaliens avaient été débarqués, la semaine dernière, à Port Victoria Seychelles. Ils vont être « rapatriés en Somalie par un avion d'Eunavfor » a précisé Joel Morgan (sans doute le même que celui qui aura amené les 11 suspects). Car « il y a un manque de preuves de leur implication dans une attaque pirates ». Cette information m'a été confirmée partiellement par l'Etat-Major des armées français qui ne veut pas cependant s'engager sur une date de retour. « Nous étudions de près les suites ».

Trois solutions s'offrent maintenant pour une poursuite : le Kenya (peu probable), la France (juridiquement, certains éléments semblent réunis : tentative d'attaque contre un bateau battant pavillon français, en haute mer, arrestation par des militaires français. Mais ce n'est pas évident car il y a une "rupture" dans la poursuite pénale : l'escale aux Seychelles) ou le Puntland, destination favorite des navires français. A défaut de toute solution, il faudra se résoudre à remettre en liberté les pirates. Mais cette hypothèse n'est pas vraiment en cour à Paris. «
La France n'a pas pour habitude de libérer des pirates ou des personnes suspectées d'avoir commis des actes de piraterie » explique l'Amiral Prazuck, porte-parole de l'Etat-Major des Armées.

(*)
D'après les engagements pris par les Européens auprès des Seychelles, ce rapatriement par avionn est logique. L'UE s'est, en effet, engagée à rapatrier les suspects libérés par les Seychelles pour éviter que cet Etat en subisse les conséquencs
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 13:58

ArrestPiratesBateauMere2-Eunavfor100316.jpgDeux groupes pirates ont été neutralisés, hier, a annoncé le QG d'Atalanta, l'opération européenne anti-piraterie : l'un par une frégate néerlandaise, l'autre par un navire des gardes-côtes seychellois. Dans les deux cas, les pirates ont été relâchés - ou vont l'être - faute de preuve.


1ère "neutralisation" par la frégate néerlandaise. Après l'attaque ratée du MV Lübeck par deux skiffs pirates, à moins de 100 miles des cotes seychelloise, le 12 mars, la force européenne anti-pirates dans l'Océan indien a déclenché une opération pour rechercher les groupes pirates fautifs. Le survol de la zone par les avions de patrouille luxembourgeois et suédois a permis de tracer le groupe pirates et de guider un navire d'Atalanta. C'est la frégate néerlandaise, le HNLMS Tromp, qui a été chargée de l'opération. Son hélicoptère a repéré le "bateau-mère", un baleinier de 10 mètres. Mais « il a fallu plusieurs tirs de semonce pour qu'il stoppe. L'équipe de visite (du Tromp) à bord d'un RHIB a alors pris le contrôle du bateau et appréhendé 2 personnes qui se trouvaient à bord (cf. photo ci-dessus). Après quelques recherches qui durent jusqu'au jour suivant, deux autres skiffs suspects ont été reperés, avec 7 personnes à bord. Les marins ont pu retrouvé à bord des équipements de piraterie et des armes. » explique un officier d'Atalanta. « Les équipements ont été confisqués et le bateau mère a été détruit (cf. photo ci-dessous). » A bord, les marins ont retrouvé, « 6 AK-47, un lance roquettes, 4 couteaux, échelles et téléphones satellittes » selon l'armée néerlandaise. Les 9 suspects ont été mis à bord du Tromp. Mais aucune preuve tangente ne pouvant être retenue contre eux, ils vont être relâchés, remis dans le skiff restant, au large des côtes somaliennes, conformément aux consignes européennes.


Skiff destruction

2e prise par les gardes cotes des Seychelles. Par ailleurs, le navire des gardes-cotes seychellois, l'Andromache, a été guidé par un avion de patrouille maritime d'EUNAVFOR vers un autre groupe de pirates (composé classiquement d'un bateau-mère et de 2 skiffs) sur lequel pesait de fortes présomptions d'être à l'origine de l'attaque sur le thonier basque espagnol Txori Argi, ce dimanche. 9 personnes étaient à bord. Mais en « raison du manque de preuves trouvées sur place, elles n'ont pu être arrêtées » (et poursuivies), a précisé le cabinet du président, le président des Seychelles, et « relâchés à la limite des eaux territoriales des Seychelles ».


En 15 jours, 10 groupes pirates ont été neutralisés par une action combinée des forces de l'UE, de l'OTAN, nationale (France) et locale (Seychelles) : 5 groupes pirates par la frégate française Nivose (Eunavfor) et les "Commandos Marines" embarqués sur le Torre Giulia, 1 groupe par la frégate danoise Absalon (OTAN), 1 groupe par le navire-amiral Etna (Eunavfor) , un autre par le navire allemand Emden (Eunavfor) , et les 2 derniers par la frégate néerlandaise Tromp (Eunavfor) et le navire des gardes-côtes des Seychelles, l'Andromache. Le tout bien aidé par les trois avions de patrouille maritime : le Merlin III luxembourgeois, le Dash suédois qui prouve, immédiatement, son utilité, le P3 Orion espagnol.

En gros tout le monde s'y est mis. Mais sur ce nombre, seuls 11 suspects pourraient être poursuivis...

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 13:16
ArrestPiratesNivose@Fr100306Finalement, les 35 pirates arrêtés par la frégate française Nivose, en plusieurs fois, dans le cadre de l'opération européenne anti-pirates Atalanta, le premier week-end de mars, devraient tous être remis à des autorités judiciaires. 24 ont ainsi été remis aux autorités du Puntland (région autonome de Somalie), le 13 mars, a confirmé l'Etat-Major des armées. Quant aux 11 autres, ils devraient être rapatriés par avion, à partir de Djibouti aux Seychelles (ils devraient y rejoindre les 6 pirates récupérés en flagrant délit par les équipes de protection embarquées sur le Torre Giulia). L'UE ayant signé un accord avec les autorités djiboutiennes permettant l'utilisation des installations nationales pour le transfert vers d'autres pays.

Le Puntland, destination favorite de la France

Une livraison sous pavillon national. L'UE n'a pas d'accord de transfert avec la Somalie ou le Puntland. Et s'y refuse pour l'instant, à la fois pour des raisons juridiques et politiques. Il n'y a pas d'"Etat de droit" somalien, qui réponde aux standards internationaux (*) et l'UE ne veut pas accréditer l'existence des entités autonomes en passant par-dessus "l'autorité" centrale. Mais, pour la France, il s'agit que chaque suspect arrêté ne soit pas relâché mais transféré à une autorité judiciaire. Pour résoudre ce hiatus, on procède à un petit tour de passe-passe. Le navire concerné quitte le pavillon européen et reprend alors, son pavillon national. Officiellement, l'UE ne voit rien et ne décompte pas ses suspects dans le compte des personnes traduites en justice.

Le Puntland a déjà jugé 154 pirates. Ce n'est pas la première fois que des pirates sont livrés au Puntland par la marine française (qui "affectionne" la région). L'Inde, l'Egypte, les Etats-Unis ont également choisis cette voie. Selon le gouvernement du Puntland, qui a fait le point sur la question, au 11 mars, « 154 pirates ont été condamnés à de longues peines qu'ils purgent dans les pénitentiers. Et 50 attendent leur jugement ».

La France libère rarement des suspects.
Ce n'est pas un leurre. Selon mes comptes (voir bilan des opérations anti-pirates), sur les 167 pirates arrêtés par un navire français, dans l'Océan indien (toutes opérations confondues, sous pavillon européen ou national), 164 ont été remis à une autorité étatique, soit un taux de poursuite record de 98%. Sur les 164 remis à une autorité : 83 suspects ont été remis au Puntland somalien, 9 aux gardes-côtes somaliens, 29 transférés au Kenya, 28 aux Seychelles (ou en cours de l'être), 15 rapatriés pour êtres jugés en France.

Ce transfert est-il légal ?

Au point de vue juridique, il existe plusieurs instruments : internationaux (la convention de Montego Bay, celle de Rome), européens (la décision cadre de l'opération Atalanta ainsi que les accords de transfert passés avec le Kenya et les Seychelles) et le droit national (code pénal). Il n'y a pas donc une règle applicable mais plusieurs. Et suivant le point de vue que l'on défense on peut arriver à des conclusions différentes : livraison légale ou non. Je n'entrerai pas dans des querelles byzantines, sur lesquels d'éminents juristes ont sûrement de plus grandes compétences que moi. Mais, d'après mes informations et mon analyse des textes (**), on peut résumer la situation à quelques points.

En zone internationale (hors eaux territoriales), c'est le droit de l'Etat qui a procédé à la capture de décider du sort de ses suspects, en fonction de son droit national. Il
peut ainsi décider de : 1) les juger dans son Etat s'il l'estime nécessaire et que c'est juridiquement possible (en général un rattachement clair et prouvé avec un national) ; 2) les transférer à un autre Etat, par exemple l'Etat d'origine du suspect (selon un principe général, un national peut être jugé par son Etat). Le dispositif en vigueur au sein de l'opération européenne Atalanta ajoute deux autres possibilités de transfert : soit vers un autre Etat membre ou participant à l'opération qui le revendique et a signé une déclaration en ce sens (***) ; soit vers un Etat côtier avec qui l'Union européenne a passé un accord de transfert (Kenya, Seychelles) si celui-ci l'estime nécessaire et que c'est juridiquement possible. Devant les difficultés avec le Kenya (celui-ci est débordé), l'UE prépare des accords avec d'autres Etats (****).

Décision logique. Le transfert au Puntland somalien de suspects somaliens ne me paraît donc pas vraiment illégal. Il semble, même, d'une certaine façon conforme aux règles usuelles. Il paraît logique, en effet, qu'un citoyen soit jugé par les autorités de son "Etat" ou de sa région d'origine. Le fait que, dans cette région, le respect des standards internationaux ne soit pas parfaitement respecté peut effectivement poser problème mais il s'agit d'avantage d'une question morale que juridique (du moins au niveau du droit international, applicable à la piraterie).

(*) Eunavfor "Atalanta": un mandat d'arrêt européen versus international
(**) Le droit applicable pour la piraterie (Montego bay et code pénal)
(***) Opération Atalanta, le dernier document approuvé
(****)  Ashton autorisée à négocier avec 5 pays pour le transfert des suspects
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 00:14
MarineSquadronMalteSoldat-Afm.pngMalte devrait participer aux deux missions militaires de l'UE dans l'Océan indien et la Corne de l'Afrique. Ainsi, les forces armées maltaises vont prendre part à l'opération aéronavale anti-pirates EUNAVFOR Atalanta. Des discussions sont entamées avec le gouvernement néerlandais pour permettre l'insertion dans la mission, selon mon confrère du Times of Malta, Ivan Camilleri. Concrètement une douzaine de soldats commandos pourraient prendre part à bord de la frégate néerlandaise.

C'est la première participation notable de la petite ile de Méditerranée à une opération/mission de la PeSDC depuis son adhésion. Un officier maltais a déjà été envoyé au QG d'Atalanta à Northwood. La présence dans les eaux de l'Océan indien d'une importante flotte sous MarineSquadronMalte2-Afm.pngpavillon maltais n'est pas sans lien avec cette implication. Sur la dizaine de navires capturés par les pirates, 4 navires sont sous pavillon "rouge et blanc".

Malte ne devrait pas s'arrêter en si bon chemin. Elle devrait participer également à la mission de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia) avec 3 officiers. L'ile participe déjà à la mission des observateurs européens en Géorgie (EUMM), avec deux personnels.

(crédit photo : forces armées maltaises)
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 15:47

EmdenF210HelicoLynx-Eunavfor1003.jpgLa destruction de cinq groupes pirates, le week-end dernier, n'a pas suffi à supprimer toute menace pirate. Elle semble même être une goutte d'eau dans l'Océan (indien). Plusieurs groupes pirates ont été ainsi reperés dans la même zone que celles des bateaux de pêche ; l'un d'entre eux avait été repéré, le 9 mars, à 7.18 Sud, 48.46 Est par exemple. Un nouveau groupe pirate a été « neutralisé », le 11 mars, dans la même zone, apprend-on du QG d'Atalanta (aujourd'hui).


Neutralisé est un bien grand mot cependant. Ecoutons le récit officiel. Le groupe « avait été détecté aux premières heures du jour par un avion de patrouille luxembourgeois. Celui-ci a aiguillé la frégate allemande Emden (F-210). (Comme d'habitude), à l'approche du navire militaire, les pirates dans les skiffs ont balancé par-dessus bord tout leur attirail de pirates, échelles, grappins...» Un manège observé en l'air par l'hélicoptère Lynx du Emden. « Les pirates ont alors rejoint le bateau mère...  Un des skiffs a été saisi par les équipes du Emden, à titre de preuve", l'autre coulé ». (1) Et c'est tout... Eh oui. En fait, il n'y avait pas de preuve pertinente de l'implication de ce groupe dans une attaque. Un problème rituel. Pas de flagrant délit. Difficile de prouver quoi que ce soit. « D'ordinaire nous coulons le bateau-mère » explique un officier. « Mais là ils étaient trop nombreux. Il y avait une douzaine de pirates à bord. Difficile de le remettre dans un skiff. » Les équipes de visite du Emden les ont donc laissé rejoindre le bateau-mère, puis ont coulé un des skiffs vides." Perte relative pour les pirates. Merci et à la revoyure, donc...

 

Un porte-containers allemand attaqué. Signalons également qu'un porte-containers allemand, le MV Lübeck (qui appartenait auparavant à une compagnie chinoise), a échappé de peu dans le bassin somalien, à une autre attaque, à 450 miles au nord-est des Seychelles. Il était en route vers Salalah quand il a été attaqué par l'arrière. Les pirates ont ouvert le feu à l'arme automatique, causant quelques dégâtes mineurs sur le pont du navire (grue avant notamment). Tout l'équipage est sain et sauf. Les équipes d'EUNAVFOR Atalanta sont à la recherche des groupes pirates, actuellement. 

 

(crédit photo : Eunavfor)

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 23:13
GardesCotesSwe-Eunavfor100308.jpgL'avion de patrouille maritime des gardes-côtes suédois est désormais intégré à l'opération européenne anti-piraterie "Atalanta". Le Dash 8 Q-300, équipé de caméras de haute technologie, a en effet effectué sa première mission officielle lundi 8 mars.

Il avait, en fait, déjà été au baptême du feu lors des arrestations successives de pirates par la frégate Nivose, le navire-amiral italien Etna, et les équipes de protection embarquée des thôniers français Torre Giulia et Trevignon.

Selon l'officier commandant le groupement suédois « ce premier vol de 6 heures a été particulièrement fructueux à cause d'activités suspectes dans la zone. Mouvement qui s'est avéré être des pirates suspects qui étaient très près d'un bateau de pêche. Nous avons réussi à alerté le Commandant de la force et "documenté" cet incident » a-t-il ajouté.

C'est la première fois, faut-il préciser, qu'un avion des gardes-côtes (corps civil), participe à une opération international de ce type. C'est la deuxième équipe civile à être ainsi intégrée à l'opération militaire (avec les pilotes et observateurs privés des avions luxembourgeois). Le Dash8 est basé comme les Merlin III luxembourgeois sur l'aéroport de Mahé aux Seychelles. (Photo / Eunavfor - Swedish coast guard)
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 22:55
AshtonBureau-Ebs100305.pngLa Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et pour la Politique de sécurité commune, Catherine Ashton, va être, officiellement autorisée par les 27, dans le cadre de l'opération EUNAVFOR Atalanta, à ouvrir des négociations avec 5 pays (Ile Maurice, Mozambique, Afrique du Sud, Tanzanie et Ouganda) afin de faciliter le transfert de suspects d'actes de piraterie et leur jugement. Les diplomates mettent la dernière pate à ce mandat qui devrait ensuite être adopté, en point A (sans débat), en conseil des Ministres (sauf difficulté de dernière minute). La procédure d'adoption d'un tel accord obéit à une procédure désormais davantage codifiée, répondant aux articles 37 du Traité sur l'Union européenne et 218 du Traité sur le fonctionnement de l'UE.

L'adoption de la personnalité juridique unique de l'Union, du fait du Traité de Lisbonne, n'a pas, en effet, pour conséquence, de doter l'UE de la capacité juridique à passer des accords internationaux. Elle avait déjà cette capacité, et elle l'a déjà utilisée, à plusieurs reprises. Témoin les accords SOFA/SOMA passés pour les opérations ou missions au Tchad (1), Géorgie (2), Somalie... ou les accords de transfert de pirates passés avec le Kenya (3) ou les Seychelles (4). Elle a surtout pour conséquence que désormais les accords conclus par le Haut représentant de l'UE sur délégation du Conseil obéissent à la procédure de droit commun, avec certaines adaptations.

Les étapes de la négociation
1ère étape :
« Le Conseil autorise l'ouverture des négociations, arrête les directives de négociation, autorise la signature et conclut les accords. »
2e étape : « La Commission, ou le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité lorsque l'accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l'ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l'accord envisagé, le négociateur ou le chef de l'équipe de négociation de l'Union. »
3e étape : « Le Conseil peut adresser des directives au négociateur et désigner un comité spécial, les négociations devant être conduites en consultation avec ce comité. »
4e étape : « Le Conseil, sur proposition du négociateur, adopte une décision autorisant la signature de l'accord et, le cas échéant, son application provisoire avant l'entrée en vigueur. »

5e étape : « Le Conseil, sur proposition du négociateur, adopte une décision portant conclusion de l'accord. »

NB : « Un État membre, le Parlement européen, le Conseil ou la Commission peut recueillir l'avis de la Cour de justice sur la compatibilité d'un accord envisagé avec les traités. En cas d'avis négatif de la Cour, l'accord envisagé ne peut entrer en vigueur, sauf modification de celui-ci ou révision des traités. »

Le Parlement européen n'a pas en matière de politique étrangère et de sécurité commune, de possibilité d'approuver l'accord. Mais il est « immédiatement et pleinement informé à toutes les étapes de la procédure. »

(1)
L'accord SOFA avec le Tchad et le Cameroun fixe les règles d'Eufor ...
(2) Eumm Georgie déploie 250 observateurs et recrute encore ...
(3) (exclusif) Accord avec le Kenya pour le transfert des pirates ...
(4) Les deux accords (Sofa, pirates) avec les Seychelles approuvés

(crédit photo : Conseil de l'UE - Tv)
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 17:16
La frégate française Nivôse qui participe à l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta est pleine à ras-bord de suspects. Elle a intercepté, ce dimanche 7 mars, 11 suspects supplémentaires au large des côtes de la Somalie.
 C'est l'avion P3 Orion espagnol déployé sur la zone qui a recueilli les premiers renseignements. Deux hélicoptères ont été dépêchés sur le secteur : le Panther français du Nivose et l'hélicoptère de l'Etna, le navire-amiral de la force européenne. Ils ont "marqué" avec des fumigènes les positions des navires suspects. Et deux RHIB - embarcations rapides - du Nivosé sont partis intercepter les pirates. Non sans mal, ceux-ci tentaient de prendre la poudre d'escampette. Des tirs de semonce ont donc dû être nécessaires.

ArrestPiratesNivose-Fr100306.jpg
En tout, la frégate Nivose détient donc à bord 35 présumés pirates, selon l'Etat-Major des Armées, outre les 22 appréhendés en deux fois, vendredi, et 2 autres récupérés le 6 mars. Sans compter les six pirates récupérés à bord du thonier franco-italien Torre Giulia. Il faut dire que, depuis plusieurs jours, plusieurs groupes pirates opèrent dans la zone entre Seychelles et Kenya. 4 bateaux-mères et six skiffs ont ainsi été saisis. En tout, ce week-end, «  5 groupes pirates ont été démantelés et plus de 40 pirates appréhendés » a expliqué le QG d'Atalanta. A suivre...

(crédit photo : ministère de la défense, arrestation du 6 mars)
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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 18:49
Image-17.pngPlusieurs thoniers français ont été aussi impliqués, ce vendredi, dans l'Océan indien, dans une lutte les pirates en mal de proie après l'échec sur le bateau de pêche espagnol et sur le navire océanographique de marine nationale.

Selon l'Etat-major des armées, le Talenduic aurait été attaqué par 2 skiffs pirates et un bateau mère, alors qu'il était bloqué par ses filets. Le Torre Giulia (*) et le Trevignon se seraient portés à leur secours. Selon le QG d'Atalanta, c'est le Torre Giulia qui a été attaqué et le Trevignon et le Talenduic se seraient portés à son secours. Quoi qu'il en soit, les équipes embarquées ont tiré des coups de semonce pour éloigner les pirates. Et les navires ont procédé aux manoeuvres d'usage.

EquipesProtectEmbarq-Eunavfor1003.JPGDans la manoeuvre, un thonier a heurté le bateau-mère des pirates qui a coulé ; un des skiffs pirates a aussi chaviré sur une vague, sans doute créée par un des thoniers (le" code" de "bonnes pratiques" de lutte anti-piraterie préconise, en effet, de créer des vagues afin d'éloigner les bateaux pirates). Sur les six personnes à bord, 4 ont pu être récupérés tout de suite par les pêcheurs Français, mais deux avaient disparu. Finalement ils ont pu être repéré par un avion de patrouille maritime d'Atalanta (le P3 orion espagnol) et récupérés par le Torre Giulia. Ils sont sous bonne garde des équipes de protection embarquées, précise-t-on à l'Etat-Major des armées. Comme il y a flagrant délit, ces pirates pourraient être remis aux autorités seychelloises où sont basés les bateaux. Le Torre Giulia fait ainsi route vers les Seychelles selon mes confrères de Ouest-France de Concarneau qui ont joint, par téléphone, un des patrons pêcheurs.

Les six appréhendés s'ajoutent donc aux 22 autres pirates appréhendés par le Nivose, information confirmée par le QG d'Atalanta.
C'est la première fois, à ma connaissance, que des thoniers "civils" et des Equipes françaises de protection embarquées "arrêtent" des pirates. En tout, trois groupes pirates auraient ainsi été neutralisés dans la journée de vendredi.

Toutes ces attaques sont localisées dans la même zone, dans la partie sud du bassin somalien, entre Seychelles et Kenya, à environ 3-4° Sud et 45-46° Est. Plusieurs moyens militaires de l'UE seraient déjà mobilisés dans la zone : 2 avions de patrouille maritime, l'un venu des Seychelles (1 Merlin III luxembourgeois), l'autre de Djibouti (1 P3 Orion). Et au moins deux navires : un frégate française, le Nivose, qui était un peu plus à l'ouest, et le navire-amiral italien Etna, qui a pris en charge l'escorte des navires espagnols attaqués vers les Seychelles.

(*)
Navire italien à l'origine, basé aux Seychelles, mais naviguant désormais sous pavillon tricolore bleu-blanc-rouge pour bénéficier des EPE français.

(1ère info : vendredi 16h, mise à jour : samedi 8h, samedi 19h, dimanche 13h et lundi 18h) (crédit photo : marine espagnole, Union européenne)
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:42
A force de tenter, les pirates semblent avoir réussi ! Un tanker chimique norvégien "UBT Océan", battant pavillon des Iles Marshall, a été détourné, vendredi matin, au large des côtes de Madagascar, a confirmé, à nos confrères norvégiens, le propriétaire du navire BrøvigTank. A bord 21 marins asiatiques. L'UBT Océan faisait route de Fujairah aux Emirats arabes unis vers Dar-es-Salaam en Tanzanie. « Le contact a été rompu et n'a pu être rétabli depuis » a expliqué le directeur général de BrøvigTank, Svenn O. Pedersen. Mais le « navire a pris la route du nord » vers la Somalie. C'est une des premières captures très au sud de la zone habituellement couverte...
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.