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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 10:58

LellouchePierreAvionDossier2374a.jpg« C'est une erreur politique majeure », c'est en ces termes que Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, a commenté l'assaut israélien sur la flottille de bateaux vers Gaza (dans un entretien que nous avons eu au petit matin). De façon plus large, il estime que la position de blocus de la bande de Gaza est impossible à tenir. « Plutôt que de détruire le Hamas, il le renforce. Celui-ci peut aujourd'hui crier victoire » explique-t-il un brin amer.

La solution passerait-elle alors par une réouverture des portes controlées ? En tout cas, la situation est « intenable » souligne le Ministre. La réouverture du point frontière de Rafah par l'Egypte semble le prouver. « L'Egypte n'avait plus d'autre moyen dans la situation actuelle que de rouvrir ses portes ».

(NB : L'Egypte - on l'oublie souvent en pointant du doigt Israël - participe, en effet, actuellement au blocus de la bande de Gaza.)

L'Europe doit prendre des initiatives

Pour le secrétaire d'Etat, sans vouloir préjuger d'initiatives que pourrait prendre le président de la République (système présidentiel français oblige), il est nécessaire de renforcer le poids européen dans la région. « Nous ne pouvons continuer à être simplement des banquiers et sortir le carnet de chèque » souligne le ministre, qui réfléchit tout haut à certaines initiatives susceptibles de faire "bouger les lignes".

L'enquête. L'UE pourrait ainsi s'impliquer largement dans l'enquête "impartiale" (donc internationale) réclamée à la fois par les 27 et repris au Conseil de sécurité de l'ONU (1). « Pourquoi pas une implication européenne dans l'enquête sur les faits ? Les Européens pourraient en prendre l'initiative » souligne P. Lellouche. A la manière de ce qui s'est passé en Géorgie, pourrait-on ajouter, où l'équipe d'enquête dirigée par une Suisse avait été soutenue et financée par l'Union européenne.

Sécurisation des ports. Mais il faudrait aller plus loin et essayer de déminer le contexte de Gaza. « L'Europe pourrait assurer la sécurisation des installations portuaires de Gaza » pour permettre à la fois l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza. En quelque sorte un volet "maritime" de l'opération EUBAM Rafah.

Règlement de la paix et force d'interposition. Ces différents initiatives rejoindraient ainsi le « projet de règlement final de Jérusalem capitale des deux Etatssur lequel travaille actuellement l'UE avec le soutien de la France — et de l'éventuelle « force d'interposition qui pourrait être  déployée — à laquelle (là encore) l'Europe doit être amenée à participer ». Tout cela étant suspendu à un accord de règlement de paix. Ce qui n'est pas gagné !

Une réunion des Affaires étrangères. Pour évaluer toutes les décisions à prendre, « une réunion des Ministres paraît nécessaire » souligne P. Lellouche. La réunion du Conseil des Affaires étrangères, prévue le 14 juin, paraît en effet fort éloignée en termes de timing, vu l'actualité et surtout l'agenda (déjà chargé) de ce Conseil destiné à préparer le sommet européen. Encore « faut-il avoir des éléments de discussion en commun ». Mais il paraît incontestable, selon mon opinion, que ce sujet "montera" au niveau des "chefs d'Etat et de gouvernement des 27 lors du sommet des 18 et 19 juin.

Commentaire : un peu d'audace que diable ! 

L'idée d'une implication plus forte des Européens dans le contrôle de la bande de Gaza n'est pas sans danger. Mais elle est séduisante et surtout nécessaire. Il faut tout de même se rappeler que si le blocus israélien paraît illégal, il obéit néanmoins à une préoccupation internationale de boycotter le Hamas dans la région. De fait, c'est non seulement l'attitude israélienne qui doit évoluer mais l'attitude générale et l'engagement de la communauté internationale  dans la région - à commencer par celle des Européens   pour éviter de laisser seuls dans un face-à-face, de plus en plus tendu et dangereux pour la paix internationale, Israël et Palestiniens.

 EUBAM Rafah qui est restée, somme toute, une "petite" mission et n'a jamais pu déployer totalement ses capacités, deviendrait ainsi une pièce maitresse de l'effort européen d'apaisement dans la région. Il faudra un peu d'audace sans doute. Mais il y a un précédent. Tout d'abord le contrôle des ports yougoslaves (sous couvert de l'UEO) dans les années 1990. Et surtout plus récemment dans la région. On se souvient qu'en janvier 2009, au plus fort des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, une frégate française (le Germinal) avait été déployée pour limiter  les contrebandes d'armes (2). A l'époque, la présence était plus symbolique et politique (notamment vis-à-vis des Américains et Israéliens) que réelle. Il s'agit maintenant de transformer cet essai en un investissement plus durable et important.

Il paraît urgent pour l'Union européenne de se réimpliquer dans le jeu politique au Moyen-Orient. D'une certaine façon l'assaut israélien sur des navires, européens, et l'arrestation de citoyens européens offre une opportunité politique inestimable. Au moins la dizaine de personnes décédées dans l'assaut ne serait pas mort pour rien. 

(1) Lire Opération Flottille à Gaza: l'UE réclame une enquête ...

(2) lire : La frégate française "Germinal" au large de Gaza. Ordre de Sarkozy

 

(crédit photo : © NGV)

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 05:25

ObservateursEubamRafah.JPGPremière conséquence (positive) de l'incident militaire contre la flottille de Gaza : l'Egypte a décidé de rouvrir le point de passage de Rafah vers la bande de Gaza (seul point de passage entre Gaza non contrôlé par Israël). Non pas pour trois jours comme prévu au départ mais "pour une durée indéterminée" selon les dernières déclarations égyptiennes. La question qui se pose donc maintenant à l'UE est de savoir si ses observateurs qui sont "en stand bye" depuis juin 2005 à Ashkelon joueront, à nouveau, leur rôle sur place.

L'UE avait mis en place, en novembre 2005, cette mission d'observateurs dans le cadre d'un accord de désengagement unilatéral d'Israël de certains points. Mais celle-ci n'avait fonctionné que peu de mois, cessant une large partie de ses activités en juin 2006, avec l'arrivée du Hamas à Gaza, et totalement en novembre 2007. On avait cru à une réouverture possible en janvier 2009 (lire : EUBAM Rafah: le redéploiement en phase accélérée). Mais il n'en avait rien été (La mission Eubam rafah revient en veilleuse).

Une mission en veilleuse qui peut être redéployée rapidement

Alors que sa suppression, un moment, a été envisagée, cette option n'a jamais été retenue. Et EUBAM Rafah a été prolongé, pour la quatrième fois, par les 27 lors de leur réunion du 12 mai dernier jusqu'au 24 mai 2011. Cette mission devrait comprendre 24 personnes (13 internationaux et 11 locaux) permettant, le cas échéant, un redéploiement rapide (3 semaines normalement)

Les activités ont été réduites, notamment le pilier des opérations. Mais une expertise en Police aux frontières et une expertise douanière a été conservée. En attendant un éventuel rédéploiement, la mission maintient des contacts réguliers avec les parties aux accords de 2005 (au niveau opérationnel), la planification des scenarii de redéploiement - qui doivent être régulièrement mis a jour, en fonction des évolutions de la situation et des différentes options qui pourraient se présenter sur le terrain, le maintien en état des véhicules et équipements nécessaires au redéploiement rapide, le développement des contacts avec les différentes organisations internationales travaillant sur la question des frontières et points de passage...

(crédit photo : Eubam Rafah)

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 14:00

"Les forces israéliennes ont intercepté six navires qui tentaient de briser le blocus maritime de la bande de Gaza et rejetant les avertissements faits par la Marine avant cette interception. Ils ont aussi ignoré l'invitation d'accoster dans le port d'Ashdod pour transférer les matériels humanitaires en utilisant des moyens Israéliens. Sur cinq des six navires de la flottille, les soldats n'ont rencontré aucune résistance dans les passagers. Et les navires amenés au port d'Ashdod. Dans le sixième, le Mavi Mamara, les soldats israéliens furent attaqués avec des pistolets, des grenades incapacitantes, des couteaux et des clubs. Les manifestants ont volé deux pistolets aux soldats et faits feu sur eux. Deux soldats ont été blessés avec ces armes à feu et un troisième poignardé avec un couteau. En tout sept soldats ont été blessés. 4 sont considérés en condition modérée, un est légèrement blessé et deux autres sont sortis de l'hopital". Voici en quelques phrases la version des forces israéliennes de l'assaut donné sur le Mavi Marmara. Qui joignent des images à l'appui.  

 

Images à prendre cependant avec précaution. Car elles ne montrent ni l'avant, ni l'après, ni ce qui se passe autour. Elles contrastent fortement avec les images diffusées par les chaînes turques et arabes et les versions des passagers. Entre deux versions de faits, totalement différents, il est donc important de savoir rapidement ce qu'il est advenu. Et la réaction de l'UE, qui réclame, avant tout, une enquête impartiale sur les évènements est à saluer.

Un triple échec retentissant

On peut faire la liste des erreurs de l'opération qui fera date dans l'histoire de l'armée israélienne. Sans entrer dans le débat juridique d'un navire civil pris dans les eaux internationales par des forces militaires, on ne peut, en effet, qu'être frappé par le débordement et l'impréparation à la fois militaire et politique de cette opération. Et la version officielle israélienne - si elle est maintenue - est aussi dangereuse pour Israël que les faits eux-mêmes car elle révèle trois types d'erreurs : le mauvais emploi de moyens militaires, l'incompétence de son armée, l'arrestation de forces de citoyens d'autres pays.

Tout d'abord, le bilan en atteste, l'usage de la force a été "totalement" déséquilibré. L'emploi de forces militaires - sans doute pas entraînées pour du maintien de l'ordre — a été sans doute l'"erreur de départ". Lutilisation de balles réelles a fait le reste. Quels que soient les "attaques" dont ont été l'objet les soldats israéliens, le bilan est dévastateur : 9 morts et plusieurs dizaines de blessés d'un coté (passagers) et 7 blessés de l'autre (dont aucun en danger). Ce qui est largement révélateur d'un emploi démesuré de la force.

Ensuite, si on en croit la version officielle, que des commandos arrivent à se faire prendre deux pistolets par des civils armés de couteaux et de barres de fers peut faire douter de la compétence militaire des forces d'assaut israélienne. Que les forces israéliennes n'aient pas été "au courant" de ce qui les attendait sur le Mavi Marmara révèlérait une incompétence de ses services de renseignements. Or, sens de l'offensive, forces spéciales et services de renseignements ont toujours été une des clés de la réputation, et des succès, de l'armée israélienne dans la région.

Enfin, sont en cause non pas des citoyens palestiniens ou de voisins arabes "belliqueux" comme d'ordinaire mais des citoyens d'autres pays notamment européens. Le fait que des Turcs, Irlandais, Allemands, Britanniques... se retrouvent "victimes" de cet assaut militaire, puis "transférés" en Israël (alors qu'ils étaient dans les eaux internationales), et pour certains "emprisonnés, propulse le conflit moyen-oriental dans l'arène européenne. On ne peut plus s'en désintéresser. Et dans cette partie, Israël apparaît non plus comme un pays subissant des menaces mais comme un pays exportateur de "menaces". Le Hamas peut ainsi crier victoire. Cette trace indélébile dans les opinions publiques rendra difficile dorénavant dans toutes les relations internationales avec l'Etat hébreux.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 08:59

Convoquée dans l'urgence, dans la matinée, la réunion des ambassadeurs du COPS (le Comité politique et de sécurité) de l'UE, lundi 31 mai, a été essentiellement consacrée à rédiger une déclaration destinée à la fois à déplorer les pertes de vies comme à appeler à une enquête internationale et la levée du blocus sur Gaza. Une déclaration qui a été légèrement durcie par rapport à la première déclaration de la diplomate en chef de l'UE, Catherine Ashton (lire : L'assaut israélien sur la "flottille de la paix" pose problème à l'UE (maj4)).

La discussion n'a pas été évidente selon les informations obtenues. Elle a duré plusieurs heures. Le sujet "Israël/Palestine" continue de diviser les Européens. Entre les Suédois ou Grecs d'un coté (pour une résolution dure), les Tchèques et Néerlandais de l'autre (pour une résolution la plus consensuelle possible), on trouve toute la palette des opinions possibles. Les Tchèques, particulièrement, estimaient même qu'il n'y avait pas matière à résolution et ont diffusé un télex diplomatique en ce sens avant la réunion à tous leurs homologues.

Parmi les points de discussion, la façon de qualifier les évènements, la nature des victimes, les conditions de l'enquête, les autres actions à prendre en oeuvre (la suspension de l'accord d'association n'a pas recueilli d'opinions majoritaires, mais la question est désormais posée).

Une enquête "impartiale", autrement dit internationale, réclame l'UE

Finalement les 27 se sont mis d'accord sur un texte de déclaration (lire ci-dessous) sensiblement plus dur demandant notamment une enquête "impartiale, complète et immédiate" pour faire la lumière sur les évènements, autrement dit une enquête internationale comme me l'a expliqué un expert du sujet, là où Lady Ashton demandait une simple enquête par les autorités israéliennes. Ce qui, au niveau diplomatique, est une singulière différence.

La déclaration rappelle également à Israël ses obligations internationales, notamment pour permettre "de façon urgente" l'accès consulaire des Etats membres à leurs citoyens actuellement détenus (les six navires de la flottille ont été déroutés sur Ashdod et plusieurs personnes détenues après interrogatoire).

Les 27 ont également décidé que cette déclaration devrait être remise à haut niveau (sans doute au Premier ministre israélien) par un des représentants de l'UE présents dans le pays. D'autres initiatives qui seront précisées dans les heures ou jours qui suivent, comme la convocation d'une réunion du Quartet à haut niveau.

L'OTAN bien embarrassée

Du coté de l'OTAN, la réaction a été très mesurée, prudente, voire embarrassée. Le secrétaire général de l'OTAN n'a pris sa plume qu'en milieu d'après-midi. Et  encore était-ce le service minimum, pour regretter les vies perdues et attendre d'en savoir plus pour réagir : « NATO is deeply concerned about the loss of life in this incident.  We look forward to a further establishment of the facts of what has happened. » Une prudence sans doute nécessaire vu la confusion mais qui détonne notablement. La Turquie - Etat du pavillon du Mavi Marmara - a demandé la convocation d'une réunion exceptionnelle du Conseil de l'Atlantique Nord - qui regroupe les ambassadeurs des 28 (équivalent du COPS). Celle-ci doit avoir lieu cet après-midi.

  • Declaration by High Representative Catherine Ashton on behalf of the EU on the Israeli military operation against the Flotilla
  • The EU deeply regrets the loss of life during the Israeli military operation in international waters against the Flotilla sailing to Gaza and offers its condolences to the families of the victims. The EU condemns the use of violence that has produced a high number of victims among the members of the flotilla and demands an immediate, full and impartial inquiry into the events and the circumstances surrounding them.
  • The humanitarian situation in Gaza remains a source of grave concern. The EU does not accept the continued policy of closure. It is unacceptable and politically counterproductive. We need to urgently achieve a durable solution to the situation in Gaza.
  • The EU underlines its call for an immediate, sustained and unconditional opening of crossings for the flow of humanitarian aid, commercial goods and persons to and from Gaza.
  • The EU calls on Israel to urgently provide Member States with consular access to and information about their citizens.
  • The EU calls upon all parties and relevant actors to prevent a further escalation of tensions and underlines the need to continue the proximity talks with a view to the resumption of direct negotiations.
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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 08:22

Les ambassadeurs de l'UE doivent se concerter aujourd'hui sur l'attitude à adopter face à Israël après l'assaut donné à des navires de la "flottille de la liberté" qui avait pour ambition d'amener de l'aide humanitaire et à la reconstruction à Gaza. Une réunion des 27 ambassadeurs COPS des Etats membres de l'UE a été convoquée, en urgence, lundi après-midi. Et plusieurs pays ont déjà convoqué l'ambassadeur d'Israël à leur ministère des Affaires étrangères.

Plusieurs députés nationaux (allemands et suédois notamment) étaient à bord des bateaux, ainsi qu'une survivante de l'Holocauste, et Mairead Corrigan Maguire, prix Nobel de la paix en 1976 (à bord du Mv Rachel Corrie qui n'a pas encore abordé).

Un dérapage des commandos marine

Les commandos d'élite de la marine israélienne, Shayetet 13, ont donné l'assaut, au petit matin (4 heures), sur le navire battant pavillon turc, Mavi Marmara, qui était le plus proche de la côte. La télévision turque annonce entre 10 et 15 morts et plusieurs dizaines de blessés (60). En fin de matinée, une chaîne de télévision israélienne annonçait le chiffre de 19 morts. Les forces israéliennes confirmaient 10 morts parmi les passagers et des blessés sans donner un chiffre. Mardi matin, le bilan semblait s'établir à 9 morts.

Les forces israéliennes ont expliqué avoir dû réagir face à une attitude menaçante, lors de l'arrivée des hommes droppés par les hélicoptères sur le pont du navire. Des armes blanches auraient été utilisées contre les militaires. Et une de leurs armes aurait même été retournée contre eux par les militants activistes. 4 membres des commandos marines ont été blessés. Tous les blessés (civils et militaires) ont été rapatriés sur des hôpitaux israéliens pour y recevoir des soins. (Pour lire le communiqué des forces israéliennes). 

Convocation des ambassadeurs d'Israël en Europe, première mesure 

L'Espagne qui assure actuellement la présidence de l'Union européenne a convoqué l'ambassadeur d'Israël à Madrid au ministère des Affaires étrangères. Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Diego López Garrido, a qualifié l'action militaire de "inacceptables" et la situation de "gravissime". En Grèce, le diplomate israélien a été convoqué d'urgence dès le matin. Idem en Irlande et en Suède (1) ainsi qu'au Danemark, en Belgique et en France.  

A Paris, le président Sarkozy a été très prudent. Il a « condamné l'usage disproportionné de la force et adresse ses condoléances aux familles des victimes. Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de cette tragédie, qui souligne l'urgence d'une relance du processus de paix. »

D'autres réactions devraient suivre dans la journée.

Première réaction mesurée de la Haute représentante de l'UE : demande d'enquête interne

En attendant le résultat de la réunion des ambasadeurs, la Haute représentante, Cathy Ashton, qui est en déplacement à Varsovie a fait, par l'intermédiaire du porte-parole de la Commission européenne, une première déclaration plutôt mesurée. « Elle regrette profondément ce qui est survenu et exprime sa compassion aux familles touchées » a expliqué son porte-parole. Cathy Ashton a ainsi « condamné tout acte de violence et l'usage excessif de la force » et demandé « une enquête immédiate de la part des autorités israéliennes. »

Elle a aussi répété sa position déjà affichée en fin de semaine dernière : « La politique de blocus qui perdure est inacceptable et politiquement contreproductive ». Nous voulons « une ouverture immédiate, durable et inconditionnelle des points de passage pour l'aide humanitaire, les marchandises et les personnes venant de et ou allant vers Gaza ».

Vive condamnation au Parlement européen : une violation de la Convention de Genève

Au Parlement européen, le leader des Verts Dany Cohn-Bendit a demandé un débat d'urgence. Et Véronique de Keyser, qui revient d'une visite d'une délégation à Gaza, conduite par la députée française Eva Joly, estime que cet "incident nous montre qu'on a atteint un point de non-retour. Nous devons maintenant exiger d'Israël la fin du blocus de Gaza complètement".

Quant au président du Parlement européen, le polonais Jerzy Buzek (Plate-forme citoyenne PO / PPE), il a eu des mots très durs. Il a estimé que cette attaque est « injustifiée et constitue une violation claire et inacceptable de la loi internationale, en particulier de la 4e convention de Genève. Nous demandons qu'Israël s'explique ses actions immédiatement, avec la plus grande transparence et les garanties d'une pleine responsabilité en coopérant à toute enquête qui pourrait être mise en place. (...) Le Parlement européen demande de toute urgence à la Haute représentante de prendre des initiatives dans le cadre du Quartet pour forcer Israël à lever le siège sur la population de Gaza immédiatement et de façon inconditionnelle. Nous ne pouvons tolérer que 80% de la population de Gaza vive au-dessous du niveau de pauvreté. »

Situation "grave" pour Israël et Gaza

La situation paraît, en effet, grave pour l'Etat hébreux. Selon le droit international, la mise en place d'un blocus peut être assimilée à un acte de guerre. Cet assaut pourrait conduire à une évolution de certaines positions au sein de l'Union européenne, qui était pour l'instant assez divisée sur la question israélienne et palestinienne, et plutôt attentiste.

 (1) Pays de provenance des bateaux. La flottille comprend en effet 6 navires, essentiellement européens : turc, irlandais, suédois, grec, koweitien et algérien


Premières images

Voir le premier reportage de Aljazeera à bord du Mavi Marmara repris par CNN Türk (le bilan était seulement de 2 morts à ce moment):

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:50

Cathy Ashton est donc en visite au Moyen-Orient. Première visite d'importance pour la Diplomate en chef de l'UE qui pourra signer ici l'occasion de faire taire certaines critiques. Son premier discours, à défaut d'être tout à fait neuf du coté des Européens, est, en tout cas, limpide et clair.

La paix maintenant. « Ma visite », a-t-elle expliqué lors de sa première étape au Caire (Egypte), lors d'une visite à la Ligue arabe, a « pour objectif de monter l'importance soutenue que l'Unione européenne atache à la résolution du conflit arabo-isralien. Il en est de l'intérêt vital des Europeéns et c'est une question centrale pour la résolution des autres problèmes de la région. Cette région n'a plus besoin de conflit. Elle a besoin de paix. Une paix basée sur la loi internationale. La paix maintenant car tout retard ne fera que rendre plus difficile (une solution). » La paix maintenant... un slogan emblématique des pacifistes israéliens...


Paramètres de la paix pour l'UE. La diplomate en chef de l'UE a redit les paramètres d'une négociation pour l'UE : «Un esolution avec 2 Etats avec Israël et Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Notre objectif est un Etat viable de Palestine en Cisjordanie, incluant
Jérusalem Est et la bande de Gaza, sur la base des lignes de 1967. Si (nous voulons) une paix réelle, une solution doit être trouvée pour résoudre le statut de Jérusalem comme future capitale d'Israël et de Palestine. Et nous avons besoin d'une solution juste sur la question des réfugiés. » Au passage, la diplomate en chef opère donc un net recadrage d'Israël. (*)

Israël en faute sur les colonies et le blocus de Gaza : un obstacle à la paix
. « La récente décision d'Israël de construire de nouveaux logements à
Jérusalem Est a gravement mis en danger et miné la tentative d'accord pour commencer rapidement des négociations ». « La position de l'UE est claire » a répété Cathy Ashton. « Les constructions sont illégales. Elles constituent un obstacle à la paix et menacent de rendre la solution de deux Etats impossible. » De même, « la décision de classer, comme israéliens, des sites religieux et culturels, situés dans les territoires palestiniens occupés, est contre-productive ». « Le blocus de Gaza est inacceptable. Il a créé d'énormes souffrances humaines et nuit aux possibles pas en avant. » a-t-elle ajouté (*). Gaza que la Haute représentante devrait visiter en compagnie de Ban Ki Moon (à moins que le gouvernement israélien ne trouve un ultime prétexte pour l'en empêcher).

Les Palestiniens doivent mettre de l'ordre. « Les Palestiniens, aussi bien sûr, ont des responsabilités. Premièrement, je veux demander au président Abbas et au Premier ministre Fayyad de nous montrer comment ils peuvent construire les institutions d'un futur Etat palestinien. Mais les Palestiniens doivent mettre leur maison en ordre. Les divisions continuelles entre Palestiniens ne servent pas leurs intérêts. La séparaton physique et politique entre Gaza et la Cisjordanie est dangereuse. La réconciliation palestinienne est plus importante que jamais. »

L'Europe prête à prendre ses responsabilités. Enfin, et surtout, Cathy Ashton a répété la disponibilité de l'UE à continuer de soutenir à la fois la contruction des institutions palestiniennes et l'effort de paix. « L'UE continuera de soutenir la contruction des institutions palestiniennes. Mais ce ne doit pas être aux dépens du processus de paix. La construction d'institutions doit faciliter le processus de paix. Pas le remplacer...  » « L'UE est prête à s'investir dans 4 domaines », a-t-elle précisé : 1° Soutenir les parties dans leur négociation. 2° L'UE à augmenter l'ensemble de son assistance. Un tel engagement ne peut cependant être sans fin. Nous attendons de voir d'urgence des progrès vers la création d'un Etat palestinien (...). 3° L'UE est prête à envisager de fournir des garanties politiques, financières et de sécurité pour faciliter le processus de paix. 4° L'UE veut développer un partenariat étroit avec (les partenaires) clés des discussions, les Etats-Unis et un Quartet "revigoré". »

 

(*) Le discours est en version originale anglaise. Aucune traduction n'a été fournie par la Commission européenne.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 23:12
Le fait que Cathy Ashton, la Haute représentante de l'UE, soit autorisée par Israël, à visiter Gaza est un premier succès à mettre au compte de la Britannique qui n'a pas eu la main heureuse ces premiers mois. Le fait qu'elle effectue cette visite en compagnie du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon, est aussi intéressant. Main dans la main avec le représentant de l'ONU, la photo pourrait être belle ...

Ashton avait indiqué, lors du conseil informel des Ministres des Affaires étrangères, le week-end dernier à Cordoue (Espagne), son désir lors de sa visite au Proche-Orient (à la mi-mars) de visiter la bande de Gaza, qui est depuis plus d'un an soumise à un semi-blocus des autorités israéliennes, dénoncé par plusieurs responsables politiques (le ministre irlandais, de retour de Gaza, parlait récemment d'un siège "médiéval").
La réponse d'Israël n'a pas tardé : c'est « Oui ». « Nous fournissons beaucoup d'aide pour Gaza. Et je suis très intéressée de voir quels sont les bénéfices de cette aide » a indiqué la diplomate en chef de l'UE à Cordoue, pour détailler le programme de son voyage. Rencontrera-t-elle sur place des responsables du Hamas ? Ce n'est pas précisé. A cette question, son porte-parole, interrogé lors d'un point de presse, n'a pas voulu répondre.

Qu'à cela ne tienne, à défaut de responsables politiques du Hamas, en tant que telle, elle pourrait rencontrer le directeur du principal hopital ou les élus du Conseil national palestinien (l'assemblée palestienne dont le Hamas avait remporté les élections en 2006). Et si c'est Ban Ki Moon qui mène la danse, cela ne pourra pas être critiqué.
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 23:06
micheálmartin-90Micheál Martin, le ministre irlandais des Affaires étrangères, compte bien mettre les pieds dans le plat à Cordoba - vendredi - où se déroule la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE (Gymnich). Il veut évoquer le sort de Gaza, qu'il vient de visiter. La dernière visite d'un ministre européen — c'était le Suédois Carl Bildt — remonte il y a plus d'un an. « Mon but était de nature humanitaire : voir par moi-même l'impact d'un blocus qui a été infligé à la population de Gaza pendant près de deux ans et demi et de m'entretenir avec le personnel de l'UNWRA (dont le directeur des opérations est irlandais, John Ging).

Un blocus contreproductif. « Ce que j'ai vu à Gaza, au milieu des décombres et de la dévastation, traces évidentes du conflit de l'an dernier, c'est une population traumatisée et réduite à la misère par un blocus injuste et totalement contre-productif. Tout ce qui est obtenu grâce à l'imposition de ce blocus est d'enrichir le Hamas et de marginaliser encore davantage la voix de la modération. Je considère la situation actuelle pour la population ordinaire comme inhumaine et totalement inacceptable, en termes de normes internationales des droits de l'homme. »
écrit-il dans une tribune publiée, aujourd'hui dans le New York Times.

Des conditions de siège médiéval. « Les conditions de siège médiéval imposé à la population de Gaza sont inacceptables, ajoute-t-il. « Les privations et les difficultés résultant du blocus ne sont que trop évidentes. Lors de la visite d'un centre de distribution alimentaire de l'UNRWA, j'ai pu constater moi-même le désespoir et la souffrance gravée dans le visage de ceux qui en file d'attente pour les rations les plus élémentaires de riz, de poudre de lait et d'huile de tournesol. 80% de la population de Gaza vit maintenant en dessous du seuil de pauvreté et de l'UNRWA se heurte à l'augmentation des niveaux de pauvreté absolue, où les gens n'ont même pas assez de nourriture, avec leurs maigres allocations. »

L'UE doit faire plus. « L'Union européenne et la communauté internationale doivent tout simplement faire davantage pour augmenter la pression pour la fin du blocus et l'ouverture des frontières pour le trafic commercial normal et humanitaire. » conclut-il. « C'est le message clair que je veux transmettre à Córdoba au Haut Représentant de l'UE, Catherine Ashton, et à mes collègues de l'UE, ministres des Affaires étrangères. »

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 14:46
Alors que les ministres des Affaires étrangères des 27 sont réunis à Bruxelles, les ministres français et espagnol des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et Miguel Angel Moratinos ont réussi un beau coup politique. Réintroduire la question du Proche-orient comme une urgence européenne et mettre sur la table la question de la reconnaissance d'un Etat palestinien pour faire repartir un processus de paix bloqué. « L'Europe doit maintenant prendre ses responsabilités » écrivent-ils dans une tribune commune publiée dans le quotidien français le Monde, ce lundi. « Elle ne doit pas se cantonner dans une posture de rappel, nécessaire mais souvent incantatoire, des irréductibles contours du règlement final : sécurité absolue pour Israël, reconnaissance le moment venu d'un Etat palestinien, sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires et avec Jérusalem comme capitale des deux Etats. L'Europe doit aujourd'hui avancer en proposant des garanties, politiques, sécuritaires, financières, pour aider Israéliens et Palestiniens à surmonter les " risques de la paix ".

Une nécessité de sécurité internationale. « Ce conflit interminable doit être réglé. L'Union européenne doit y jouer son rôle non seulement parce qu'elle est l'amie d'Israël et de l'Autorité palestinienne, mais surtout parce qu'il en va de sa sécurité à long terme : dans cette région, d'autres menaces autrement plus préoccupantes exploitent l'impasse palestinienne à des fins de propagande et de diversion politique.
Le temps est donc venu de donner des assurances aux parties sur le caractère irréversible du processus que l'Europe souhaite engager. Au peuple israélien, il faut l'assurance que sa sécurité et son identité juive seront garanties ; au peuple palestinien, il faut la certitude de recouvrer la dignité en gagnant le droit de vivre dans un Etat viable, démocratique et indépendant.

Une initiative européenne pour une conférence de la paix. « Nous devons proposer, au-delà des "discussions de proximité" aujourd'hui nécessaires mais insuffisantes, un calendrier de négociations limité, sur l'ensemble des questions du statut final (sécurité, frontières, eau, réfugiés, Jérusalem) et un mécanisme d'encadrement sérieux, qui tirerait les leçons des erreurs du passé.
Dès maintenant, l'Europe pourrait promouvoir, sur le terrain, des mesures de confiance audacieuses aux deux parties afin d'aider simultanément cette relance de la négociation qui doit se produire tout de suite. Elle pourrait aussi accueillir une conférence au sommet pour la paix permettant de conforter et d'encadrer cette dynamique, et d'encourager la reprise des contacts pour une paix définitive entre la Syrie et le Liban et Israël. A l'issue, l'Europe, comme elle s'y est déjà engagée, reconnaîtrait collectivement l'Etat palestinien pour que la Palestine devienne enfin un membre à part entière de la communauté des nations, vivant en paix et en sécurité à côté de l'Etat d'Israël.»
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:47

AvigdorLiberman.jpgOfficiellement, bien sûr, le sujet n'est à l'ordre du jour du Conseil des Affaires étrangères, ce lundi. Bien sûr ! Plus généralement la question du Moyen-Orient qui a été abordée récemment au sein du COPS (le comité politique et de sécurité de l'UE), qui pouvait être discutée n'y figure plus. Le sujet n'est pas encore mûr. Mais Avigdor Lieberman sera bien là dans les couloirs du Conseil des Ministres de l'UE.


Plusieurs rencontres officielles et officieuses. Le ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre israélien qui est, à Bruxelles, doit en effet rencontrer plusieurs de ses homologues européens: le Britannique, le Belge, le Roumain et le Slovène (selon son programme officiel). Une rencontre est prévue également avec Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, ainsi qu'avec plusieurs parlementaires (Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, Joseph Daul, leader du PPE, et Michał Kamiński, leader des Conservateurs).


Enjeu des discussions : L'Etat palestinien et les "passeports" du Mossad... Objectif officiel de ces entretiens : examiner "comment renforcer la coopération entre l'UE et son pays" et discuter des "modalités pour empêcher l'Iran de se doter de capacités nucléaires". Mais l'objet de ces entretiens devrait aussi avoir pour objet de prévenir toute tentation parmi les Etats membres d'aller plus loin vers un encouragement à la création d'un Etat palestinien. L'Espagne et la France, notamment poussent en ce sens. Bernard Kouchner l'a déclaré ce week-end au  Journal du Dimanche : « On peut envisager la proclamation rapide d’un Etat palestinien, et sa reconnaissance immédiate par la communauté internationale, avant même la négociation sur les frontières. Je serai tenté par cela. Je serai tenté par cela. (...) Je ne suis pas sur d’être suivi, ni même d‘avoir raison. » Tous les pays européens ne sont pas sur la même longueur d'onde (1). Au passage, le ministre, réputé peu diplomate, aura une tâche particulièrement délicate : tenter de déminer la question des passeports (diplomatiques?) utilisés par les agents du Mossad pour exécuter un responsable du Hamas à Dubaï il y a un mois.


(1) La question avait été évoquée fin 2009, Lire :
Jerusalem capitale de deux Etats, reculade ou avertissement ...
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.