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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 13:30

AmosValerie.jpgLa "Baroness Amos" a été nommée Sous-Secrétaire Général des Nations Unies chargé de la coordination des Secours d'urgence et de l'Aide Humanitaire (OCHA). Elle y remplace un compatriote, John Holmes, qui a eu comme principale tâche de faire face au séïsme d'Haïti, séisme sans précédent car il a décimé également les structures de secours et des Nations-Unies présentes dans l'île des Caraïbes.

Née en Guyana à Georgetown, en 1954, Valerie Amos était, jusqu'ici, commissaire britannique en Australie mais elle est surtout plus connue comme une des blairistes de choc. Sociologue de formation, elle dirige la Commission britannique pour l'égalité des chances (Equal Opportunities Commission) de 1989 à 1994 avant de passer dans le secteur privé. Elle devient membre du Labour et fonde en 1995 un cabinet Amos Fraser Bernard, qui sera notamment chargé de conseiller le gouvernement de Nelson Mandela en Afrique du sud.

Nommée pair du royaume en 1997 quand Tony Blair arrive au pouvoir, elle est la première femme noire à entrer à la chambre des Lords. De 1998 à 2001, elle occupe le poste de Whip (coordonnateur parlementaire) à la chambre. En 2001, elle est nommée sous-secrétaire parlementaire pour l'Afrique sous Tony Blair et occupe, de fait, le poste d'envoyé spécial pour l'Afrique (elle est missi-dominici notamment pour résoudre la crise au Zimbabwe entre colons blancs et le pouvoir de Mugabe). En 2003, elle entre au cabinet (une première encore pour une femme noire), comme Ministre du développement international, en remplacement de Claire Short (qui a claqué la porte à cause de l'engagement britannique en Irak). Amos défend l'intervention militaire en Irak, tentant de convaincre plusieurs pays africains (comme l'Angola ou le Cameroun) d'y participer. Mais elle quitte très vite ce poste (au bout de six mois) pour prendre la tête de la Chambre des Lords (son titulaire étant décédé) durant quatre ans. A l'arrivée de Gordon Brown, elle quitte le cabinet, cédant son poste à ... Lady Ashton (l'actuelle Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères).

En 2007, Brown veut la propulser à Bruxelles, comme Représentante spéciale de l'UE en Afrique. Mais la diplomatie britannique échoue à imposer son candidat. Et le poste échoit finalement au belge Koen Vervaeke (ancien porte-parole du ministre des Affaires étrangères belge Louis Michel, et surtout conseiller "Afrique" de Javier Solana). Elle sera finalement nommée comme commissaire britannique en Australie. Nomination très politique. Lors de son audition, un de ses opposants, le député tory, John Horam, ne relèvera que son intérêt pour le cricket pour qualifier sa nomination : "As far as I can see, you are uniquely unqualified for this job: you are not a career diplomat, you had no previous interest in this part of the world and you have never been elected but you are interested in cricket – that's good."

Son profil international en aurait faite une candidate idéale pour la tête de la diplomatie européenne en 2009. Et il est étonnant que personne n'y ait songé...

(crédit photo : FCO)

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 12:30

Faisant face à des inondations importantes, la Roumanie a demandé (le 2 juillet) l'activation du mécanisme européen de protection civile (MIC), demandant des barrages gonflables, des pompes, des générateurs électriques, des systèmes de purification d'eau. 4 pays ont immédiatement fait une offre : la France (5 pompes, 8 générateurs, 1 unité de purification d'eau et une équipe de 30 personnes, l'Estonie (le module baltique financé par l'UE "BaltFloodCombat High Capacity Pumping"), la Belgique (11 pompes, 5 générateurs, 1 unité de purification d'eau et 6 personnes) et l'Autriche (10 pompes fonctionnant en eau sales et 3 générateurs). Les équipes autrichiennes et belges sont déjà parties sur le terrain et opérationnelles d'ici lundi soir.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 12:34

HsPelikanHaiti@Nl100115Après le séisme à Haïti, il est temps d’en tirer les leçons. Un rapport rédigé par les services de Catherine Ashton et de Kristalina Georgieva, a été présenté aujourd’hui, aux ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis à Luxembourg (NB : il sera discuté cet après-midi).

J'ai pu lire ce rapport intégralement (en avant-première). Et il est intéressant car il trace de nombreux points à améliorer même s'il pêche par certains points (lire mon commentaire).

Le rapport souligne combien la réponse européenne a été « rapide, sur une grande échelle et globale » face à l'intensité de la catastrophe (1). Mais il se garde bien de tout triomphalisme. « Il y a de bonnes raisons d’être relativement satisfait (…) mais il ne n’y a pas de place pour la complaisance. » Si l’ensemble des structures a fonctionné « dans l’esprit de Lisbonne », le séisme a souligné - explique le rapport - la nécessité « d’améliorer la capacité de réponse de crises de l’UE lors des catastrophes majeures, à la fois en termes d’efficacité, de coordination et de visibilité » souligne le rapport. Il faut « renforcer l’efficacité de chacune des composantes (protection civile, aide humanitaire et si nécessaire moyens militaires) » et assurer leur coordination.

NB : Pour plus de lisibilité, j'ai regroupé sous forme de dix recommandations les différents aspects du rapport.

1. Une règle d'utilisation des moyens militaires en cas de catastrophe.

Haïti a montré « l’utilité d’une contribution de moyens militaires robustes » qui ont permis de combler des gaps critiques de capacité « notamment en matière de transport (cargo, avions, hélicoptères) et génie ». Mais les modalités et les circonstances de la mobilisation des moyens militaires doivent être en ligne avec les principes et lignes directrices, fixées dans le consensus européen sur l’aide humanitaire: « approche basée sur les besoins, complémentarité en dernier ressort quand les capacités humanitaires ne sont pas remplies, et sous direction civile. »

2. Des stocks prépositionnés et une capacité de transport.

Côté humanitaire, le système de dépôts de secours et stocks pré-positionnés (mis en place par l’ONU et la Croix-Rouge) a montré son efficacité. L’UE doit renforcer la capacité des dépôts humanitaires (faits par les ONG ou les Etats membres).

Le transport reste le « talon d’Achille » des opérations et « a affecté la capacité opérationnelle » de ces stocks. L'UE doit investir dans des capacités logistiques ou de transport des organisations humanitaires ou des Etats membres (voir mon commentaire).

3. Une planification des moyens de protection civile et des forces en stand-by.

Côté protection civile, le mécanisme existant a bien fonctionné mais il « repose encore (trop) sur le volontariat et les contributions/offres ad hoc, soumises à des modalités de décision nationale différentes ». Ce qui implique « inévitablement un degré d’improvisation » dans la phase de réponse de crises. Les décisions de déploiement sont reportés. Et il n’est pas possible de garantir la disponibilité des ressources nécessaires.

Quatre solutions sont mises sur la table :

- la planification des opérations de protection civile sur la base de scénarios de référence, avec une connaissance plus précise des capacités des Etats membres ;

- l’extension des accords de « stand-by » et la création d’un poll d’Etats-Membres clés qui peuvent être utilisés lors d’opérations de l’UE (NB : le mot d'EU Fast n'est pas prononcé. Mais on y pense) ;

- le renforcement du rôle de la cellule « protection civile » (MIC) de l’UE ;

- le développement d’accords de transports, pour permettre un déploiement (NB : là aussi !).

4. Une meilleure interaction civils et militaire.

Le peu d'expériences de déploiement conjoint « explique la situation actuelle ». Le rapport préconise donc une « plus grande familiarité » entre les strutures de la PeSDC et de la Commission européenne. (NB : que c'est joliment dit !) Et la coordination « devrait être améliorée dans le futur ».

5. Déploiement de personnels sur le terrain : experts techniques, soutien consulaire, officiers de liaison de l'UE.

Coté européen, il reste encore nombre de points à améliorer également.

Si les procédures de déploiement rapides (fast-track procedures) existent pour l'aide humanitaire et protection civile, des procédures similaires seraient nécessaires pour les autres groupes d'experts (administratif, logistique, sécurité, assistance aux Etats membres dans la gestion consulaire ou l'information). Le déploiement d'experts sur ces questions devrait être envisagé. Et la présence d'officiers de liaison de l'UE au sein du dispositif ONU devrait être envisagée.

La MIC devrait aussi envoyer « systématiquement » les équipes de soutien et d'assistance technique (TAST), accompagnés de kits de communications et autres structures transportables.

6. Une évaluation renforcée : équipes conjointes et évaluation post-désastre

La capacité d'évaluation de l'UE doit être améliorée en envoyant des équipes conjointes d'évaluation ECHO-MIC et Etats membres.

Le rapport préconise aussi d'avoir une meilleure évaluation de la première aide de reconstruction, post-urgence (PDNA), avec des experts pré-identifiés, à la Commission et les Etats membres qui auront développé un concept commun pour la PDNA, avec un système de rotation et une formation adéquate.

7. Rationaliser les centres de crises existants.

Il faut « rationaliser les centres existants » (NB : on en compte presqu'une dizaine aujourd'hui). Heureusement, le traité de Lisbonne favorise cet état d'esprit. D'un coté, l'intégration de la protection civile et de l'aide humanitaire dans une même direction ; de l'autre, le futur centre de réponse de crises du Service diplomatique (SEAE/EEAS) qui regroupera trois cellules : le Sitcen (veille information et protection consulaire), la cellule watchkeeping (WKC) de l'Etat-Major de l'UE (en direct des missions de la PeSDC) et la plate-forme de crises de la DG Relex (analyse politique). En cas de crise majeure, les deux dispositifs devraient être réunis, selon une approche type « task-force ». Quant à la coordination des moyens militaires, le rapport est moins prolixe, précisant qu'elle doit tenir "là où est disponible l'expertise militaire", c'est-à-dire au niveau de l'Etat-Major militaire.

8. Une règle de coordination politique.

Haïti a été la première « real-life experience » de l'application des dispositions du Traité de Lisbonne (alors que toutes les structures de celui-ci ne sont pas encore mises en place). Le rapport préconise donc une ligne directrice, Dans le cas d'une catastrophe de ce type, majeure et multidimensionnelle, c'est le Haut représentant pour les Affaires étrangères, par ailleurs vice-président de la Commission (HR/VP) qui assure le lead politique de la coordination de l'UE (couvrant l'action de l'UE et de ses Etats-membres) et pour représenter l'UE à tous les niveaux. « La présentation de positions unies de l'UE, comme cela s'est passé à la conférence des donateurs pour Haïti à New-York » doit devenir la norme ». En cas de catastrophes "normales", de moindre dimension, qui « ne nécessitent pas un engagement conjoint de toutes les mesures de l'UE », c'est la Commission européenne qui « assure le lead opérationnel en étroite coopération avec le HR ».

9. Et une règle de coordination sur le terrain.

Le « chef de délégation de l'UE devrait jouer un rôle plus central dans la coordination et le partage d'information plus efficace de la famille de l'UE sur le terrain (en incluant les missions des Etats membres) ». Il doit assurer également, à un niveau politique, le contact et la liaison entre l'UE et les autorités locales et les autres acteurs clés internationaux. Si nécessaire Bruxelles doit être capable de rapidement renforcer la délégation de l'UE en lui fournissant matériel et personnel.

10. La visibilité à revoir.

« L'effort substantiel de l'UE n'était pas toujours visible du public européen ou international » (NB : c'est un euphémisme, voir également l'interview avec K. Georgieva). Pour y remédier, le rapport
préconise quelques solutions :

- la présentation des données de l'aide de l'UE de façon globale en incluant les données des Etats membres (NB : c'était un problème lors de l'opération de secours en Haïti) ;

- obliger les partenaires (ONU, Croix-Rouge, ONG...) à afficher le logo de l'UE ;

- avoir un badge UE (double badge éventuellement UE/National) pour les personnels de l'UE et des Etats membres déployés sur le terrain ;

- déployer sur le terrain des experts média et communication.

HaitiSauvetagAmericainFrancais@Us100115
Une rescapée sortie des décombres par une équipe de secours française avec le soutien américain (crédit photo : US Army !)


Commentaire : un rapport intéressant mais trop incomplet pour être crédible

Au final, ce rapport est très intéressant. Mais il me semble plutôt assez conformiste, incomplet et peu approfondi, en particulier sur le volet militaire. Il ne permet pas à mon sens de bien tracer les nécessités (NB : je sais, je suis sévère. Mais c'est la réalité).

Ainsi il mentionne l’apport militaire, et son utilité, mais n’en tire pas vraiment de conséquence. Il démontre également une profonde méconnaissance, voire une ignorance totale de la réalité de la PeSDC, notamment son volet civil et ses évolutions récentes. Par exemple, en matière des transports, un des besoins primordiaux rencontrés, il ne mentionne pas la mise en place imminente du commandement aérien européen (EATC) à Eindhoven (en septembre) (3). C’est cependant une partie de la réponse à ce besoin. Un haut gradé m’a confirmé récemment, en effet, la disponibilité de ces moyens tactiques et stratégiques de transport. Ce qui devrait faciliter grandement demain la réponse européenne puisqu’il suffira d’un seul coup de fil, à Eindhoven pour avoir les moyens nécessaires (si les Etats membres le désirent). Une nette avancée !

En matière de visibilité, également je trouve cela assez "léger", pour ce qui a été l'échec majeur de l'action de l'UE en Haïti (4). Un beau loupé pour la com' européenne). Parmi les solutions proposées, certaines sont déjà résolues depuis longtemps dans d'autres enceintes. Ainsi les personnels civils ou militaires de la PeSDC ont déjà un double badge UE/national. Si les militaires y arrivent, pourquoi pas les civils !

Lire également

(1) Séisme à Haïti. L’aide européenne: 6 navires, 3000 hommes… En détail

(2) K. Georgieva : nous ne devons pas garder notre drapeau dans notre poche

(3) Feu vert au commandement aérien européen EATC. Une petite révolution

(4) Haïti. Un beau loupé pour la com’ européenne…

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 06:30

 

GeorgivaNgv-2269a.jpgAu Conseil des Affaires étrangères de lundi à Luxembourg, les 27 ministres vont trouver dans leurs volumineux dossiers (entre l'Iran, Gaza et la Somalie) un rapport sur le retour d'expérience (les lessons learns) de l'intervention européenne sur le séisme à Haïti (article à suivre). Un rapport préparé par Catherine Ashton, diplomate en chef de l'UE et Kristalina Georgieva, la commissaire (bulgare) à l’aide humanitaire et la réponse de crises (lire : article à venir). Me Georgieva a accepté il y a quelques jours de me recevoir pour détailler ses premières réflexions sur l'intervention européenne à Haïti et ses prochaines priorités en matière de protection civile.

 

• Quelles sont les leçons (les lessons learned :-)) que vous tirez de l'intervention européenne sur le séisme en Haiti ?

Je vois trois piliers sur lesquels on doit construire notre action : la coordination, la cohésion et la visibilité de nos actions. Sur la coordination, nous respectons le rôle de chacun. Le rôle de coordination de ONU est ainsi, pour nous, essentiel. On doit absolument aider et renforcer ce rôle des Nations-Unies et non le circonvenir. Sur la cohésion de notre action, on voit bien l'importance des 27 Etats dans la réponse de crises et, notamment, le rôle des moyens militaires qui, dans un tel désastre, aussi important, sont primordiaux. Les militaires ont été très utiles en Haïti. 3e leçon : la visibilité...


• La visibilité n'a pas été vraiment au rendez-vous ? A quoi l'attribuer ?

Non, la visibilité n'a pas été le point réussi de cette opération. Nous avons agi, peut-être pas autant que les Etats-Unis mais de façon notable et rapide. Mais cela ne s'est pas su et ne s'est pas vu. Les Haïtiens me l’ont dit : vous étiez les premiers mais pas visibles. Nous sommes sans doute trop modestes. Il ne s'agit pas de faire comme les Américains, sans doute, en affichant partout notre présence. Mais nous n’avons pas à rougir de notre action et de notre drapeau. Au contraire ! On ne doit pas garder notre drapeau dans notre poche.  Je n’accepte pas l’argument selon lequel la visibilité est accessoire. Certes c'est l'action sur place qui est la première nécessité. Mais pour notre population, c’est aussi important de savoir où passe son argent et ce que nous faisons. C’est une question de responsabilité. Nous devons êtes fiers de ce que nous avons fait et ce que nous faisons encore.


• Les Etats membres n'ont pas voulu jusqu'ici mettre en place une force européenne de protection civile type Europe Aid comme le proposait le rapport Barnier ou EU Fast comme le proposent les Belges, comment allez-vous les convaincre ?

C'est effectivement la question. Ces contributions sont très intéressantes. Maintenant il faut se poser la question pourquoi rien ne s’est pas passé.   Il faut donc d'abord savoir ce que souhaitent les Etats membres, écouter tous les arguments, voir ce qu’ils ont besoin, savoir où sont leurs lignes rouges. J'ai commencé à le faire. Et il y a des propos divers. Certains veulent être « plus efficaces », d’autres avoir des « incitations » pour renforcer les capacités. Je crois aussi qu'il n’y a pas eu de véritable analyse des différentes options possibles, ni du ratio coûts - avantages des différentes options. Entre la proposition d'une Euroforce et le zéro action, nous n'avons pas de proposition intermédiaire. Il faut commencer par là.  Mon approche se veut pragmatique, pratique. Peut-être qu'il faudra proposer un ensemble d'action, une panoplie d'instruments ou d'actions possibles.


Une communication d'ici la fin de l'année sur la réponse aux crises


DSC02276.JPG• Vous croyez qu'on peut progresser ? La crise est-elle un facteur négatif ou favorable ?

Je n'ai aucun doute la dessus. Il y a une nouvelle dynamique, un nouveau contexte institutionnel. Le Traité de Lisbonne nous permet d'agir. Il y a un commissaire à la réponse de crises et un Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité commune. Et la crise économique et budgétaire va nous pousser à agir. Quand on regarde la tendance sur les dernières années, que constate-t-on ? Les catastrophes augmentent et nos budgets ont tendance à diminuer. Pour concilier les deux, la seule solution pour moi est le partage des capacités. Pour des raisons institutionnelles comme économiques. Mais il faut rester pragmatique, je le répète. J'en suis persuadée.

 

• Comme pour les feux de forêts, ce projet pilote sera-t-il renouvelé ?

Oui c'est un excellent projet. Il sera renouvelé cet été. Et nous verrons ensuite comment le pérenniser. C'est une initiative intéressante qu'on pourrait développer ou étendre à d'autres causes de catastrophes. Pourquoi ne pas avoir un système identique pour les inondations, par exemple.

 

• Que  la MIC (cellule d'intervention de la Protection civile au niveau de la Commission européenne) ?

Cela fonctionne bien. Il faut la renforcer sans doute. On a vu l'utilité de la réponse de crises européenne lors des inondations en Pologne (et dans plusieurs pays d'Europe centrale). Quand la Pologne a sollicité notre aide, quelques heures à peine après notre appel, nous avions le matériel recherché.


• Quand présenterez-vous une proposition sur ce sujet ?

 J'espère bien le plus vite possible. Je compte présenter une communication d'ici la fin de l'année suivie d'une proposition législative l'année prochaine. Nous avons engagé un dialogue très intensif (NB : très difficile) sur le sujet avec les Etats membres (NB : la communication pourrait être présentée en novembre et la consultation inter-services entamée à l'été ou l'automne au plus tard).

 

• Vous êtez aussi commissaire à l'aide humanitaire. Quelles sont vos autres priorités ?

Tout d'abord, le plan d’action pour la mise en oeuvre du consensus humanitaire.  Et également une proposition législative sur le corps de volontaires européens (prévue par le Traité de Lisbonne) ; je veux présenter un texte l’année prochaine.


(crédit photos : ©NGV)

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 13:08

La Commission européenne a décidé d'activer son mécanisme d'intervention de Protection Civile pour... les Etats-Unis. C'est la première intervention de ce type. La cellule de crise "Protection civile" a, en effet, reçu une demande des gardes-côtes américains face à la marée noire qui atteint le Golfe du Mexique, pour fournir des équipements spécifiques de récupération du pétrole (bras rigides qui peuvent être attachés derrière les bateaux). L'Espagne, en moins d'une heure, suivie des Pays-Bas et l'Agence européenne de sécurité maritime ont offert du matériel disponible. Les coûts de transport, de mise en place et de remplacement de ces bras seront couverts par une entreprise sous contrat US.

 

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 16:15

Trop peu, trop tard, mal conçu... On peut résumer ainsi le plan britannique visant à réquisitionner les moyens de la Royal Navy pour évacuer ses concitoyens bloqués sur le continent (en France ou en Espagne). Plan annoncé lundi par le gouvernement (lire ici). L'opération qui se voulait une réplique de l'évacuation des civils de Beyrouth en 2006, voire de celle des militaires britanniques à Dunkerque en 1940, a fait flop... selon la presse britannique pas avare de symboles et qui relate cette "épopée" (lire The Telegraph et aussi The Guardian).

L'HMS Ocean qui devait aller à Calais s'est dérouté sur Cherbourg. On s'est aperçu - trop tard - qu'il était trop gros pour les entrer dans le port. Quant au porte-aéronefs HMS Ark Royal, qui a quitté un exercice naval près de l'Ecosse, il attend toujours dans le sud de l'Angleterre et devrait finalement se diriger vers un autre exercice, de l'OTAN en Atlantique.

Seul le navire de débarquement HMS Albion (L-14) a atteint Santander (Espagne) et a embarqué aux cotés des 440 soldats revenus d'Afghanistan, et coincés en Espagne, environ 250 civils. Une goutte d'eau au regard des 40.000 citoyens britanniques présents ou arrivés dans la péninsule ibérique ! Le navire devrait atteindre les côtes anglaises (Plymouth) ce soir (21 avril) a informé la Royal Navy. Sans être "le luxe" a prévenu le responsable de la logistique, Geoff Wintle. Le bateau est, en effet, au maximum de ses capacités avec près de 1200 personnes à bord. Donc, on était plutôt dans le camping : "avec sac de couchage à la belle étoile sur le pont" que dans le 3 étoiles. Mais "la nourriture est bonne", a-t-il ajouté, en précisant le menu : "steak, frites et curry". Mais d'une certaine façon, c'est un beau cadeau et de bons souvenirs qui devraient rester aux quelque 250 hotes (dont plusieurs enfants et adolescents) de cette "croisière imprévue".


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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 19:08

HmsAlbion-Uk080901.jpgLa Royal Navy a été appelée à la rescousse par le gouvernement britannique.

Le ministère de la Défense examine actuellement combien et quels navires militaires pourraient fournir un soutien aux passagers britanniques bloqués en dehors pour les aider à retourner au Royaume-Uni.

Le HMS Albion doit arriver à Santander (Espagne), demain matin, où sa mission primordiale reste de rapatrier les personnels militaires britanniques qui reviennent de l'opération en Afghanistan.

Le HMS Ocean - actuellement dans le sud du Royaume-Uni - a été mis en alerte.

Et le HMS Ark Royal, qui était en exercice près des côtes nord-ouest de l'Ecosse a été prié de faire route, séance tenante, vers le sud de l'Angleterre, précise-t-on au ministère de la Défense.


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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 05:00

SauvetageMerSeaKing-Be091210.jpgL'agence suédoise des consommateurs (administration) a réalisé une petite étude pour déterminer à combien se montera la "douloureuse" en cas d'accident au ski, en montagne en mer,... dans les différents pays européens. En effet, d’un pays à l’autre les règles varient. Et le touriste lambda sera parfois surpris de se voir présenter au bas de la civière la facture à régler, ou … de la recevoir au retour des vacances.

Télécharger l'étude (en anglais)

 

(intervention d'un Sea King en mer du nord. Crédit photo : armée belge)

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 10:00
EquipeCoordinCE@E1001Il y a des phrases qui paraissent bien anodines dans certaines conclusions d'un Conseil des Ministres ou d'un Conseil. Et pourtant... on ne sait pas toujours quelles batailles dures, se cachent derrière l'absence ou la présence de quelques mots. Il en sera ainsi pour les conclusions adoptées par les Ministres des Affaires étrangères concernant la position européenne pour la conférence internationale de New-York sur Haïti.

Le paragraphe de la discorde. Dans le projet de conclusions, s'est niché un § (le dernier) où les Européens saluent « l'intention de la Haute représentante et de la Commission de revoir la capacité de réponse de crise de l'UE » au vu des évaluations et des lessons learns suite au tremblement de terre en Haïti, et lui « demandant de faire rapport au Conseil européen ». Rien de très révolutionnaire... On pourrait même croire ce sujet "consensuel". Et non ! Les Etats membres ont bataillé pendant plusieurs réunions entre eux : les uns pour le faire disparaitre, les autres pour le faire resurgir. Et ils batailleront encore ce lundi. Car si le texte a globalement été avalisé en Coreper (la réunion des représentants permanents des Etats membres à Bruxelles), les 27 ambassadeurs n'ont pu se mettre d'accord sur ce "foutu" paragraphe. Et le sujet se retrouve aujourd'hui sur la table des ministres des Affaires étrangères. (MAJ) Finalement, les 27 ont avalisé un texte, a minima : le rapport ne sera fait qu'au Conseil et non au Conseil européen. Ce qui est un niveau au-dessous en matière d'implication politique.
Pour Télécharger le texte des conclusions.

Les 27 toujours divisés sur la nécessité de renforcer la coopération en matière de sécurité civile

Les vieilles divisions ressurgissent. Passée l'émotion de la crise, les pays ont, en effet, retrouvé leurs vieilles divisions sur la question de la protection civile. Certains veulent aller très loin : la Grèce, notamment, qui estime nécessaire que l'UE se dote d'une capacité de réaction aux crises tant externe (hors UE) qu'interne (pour les Etats membres de l'UE). Le Bénélux, l'Espagne, la France, l'Italie militent en faveur de cette capacité, mais dans un sens plus modéré. Mais plusieurs pays s'y refusent obstinément pour des raisons différentes : les Britanniques (par principe), les Nordiques (pas de confusion des genres militaire/humanitaire), les Allemands (un Euro est un Deutsch Mark) . Pour plusieurs d'entre eux mêler l'intervention dans l'UE et hors de l'UE est une "ligne rouge", précise un diplomate.

La crise moment idéal. La catastrophe en Haïti aurait été une bonne occasion pour déboucher un sujet bloqué depuis des années. Le Traité de Lisbonne donnait une solide base juridique qui n'existait pas auparavant. Il n'en rien été. La faute à "pas de chance" pourraient dire certains (je n'y crois pas, pas en matière diplomatique), à la phase de transition, c'est plus plausible mais pas suffisant. Certes la nouvelle Commission n'était pas encore en place et l'ancienne gérait les affaires courantes.
La Haute représentante balbutiait encore dans son nouveau pré carré. Et, surtout, la commissaire à la "réponse de crises" était perdue dans les méandres parlementaires (1). Mais il y avait un certain nombre de personnalités expérimentées, telles le président de la Commission, José-Manuel Barroso, ou le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui étaient à la barre et pouvaient faire avancer le sujet. Il suffisait de quelques mots alors...

Une, plusieurs occasion(s) perdue(s). Il y a eu, au moins, trois occasions qui ont été loupées : par la présidence espagnole qui en avait pourtant fait une priorité (2), par les Ministres des Affaires étrangère (qui se sont réunis à deux reprises, le 18 janvier sur Haïti uniquement, le 25 janvier de façon plus générale) et surtout par les chefs d'Etat et de gouvernement, réunis en sommet informel en février. Le sujet était même à l'ordre du jour (3).
Mais rien n'a débouché ; tous les esprits étaient concentrés sur la Grèce. Et, selon un diplomate, « Van Rompuy n'a pas eu la fermeté de l'imposer ». Il suffisait pourtant d'une petite phrase, d'un petit mot des chefs d'Etat et de gouvernement dans les conclusions pour que les diplomates et administratifs puissent s'en emparer et tracer le chemin futur. A froid, c'est désormais beaucoup plus dur.

(1) Une nouvelle commissaire bulgare (aide humanitaire) est nommée (Maj)
(2) La Protection civile : un thème que la Présidence espagnole
(3) Les 27 s'enferment pour parler, aussi, d'Haïti
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:23
643 voix pour, 1 voix contre, 33 abstentions... faire plus aurait été difficile ! C'est à cette quasi-unanimité que le Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, a adopté le 9 février, une résolution demandant l'établissement d'une  force de réaction rapide de l'UE en matière de protection civile.

Dans les meilleurs délais ! Le Parlement demande ainsi à la Commission de lui « présenter des propositions visant à établir, dans les meilleurs délais, une force de protection civile de l'Union européenne fondée sur le mécanisme européen de protection civile et à permettre à l'Union de réunir les ressources nécessaires pour fournir une première aide humanitaire d'urgence dans les 24 heures suivant une catastrophe ». Autrement dit plus question de tergiverser sous prétexte de l'hostilité ou des réticences de l'un ou de l'autre.


Dix conditions
. Le parlement a fixé dix conditions qui donnent un cadre à ce dispositif européen d'intervention rapide:

−    revêtir un caractère civil et/ou humanitaire,
−    revêtir un caractère permanent,
−    pouvoir être mobilisé à tout moment et dans les plus brefs délais,
−    agir sous la bannière de l'Union européenne,
−    respecter le droit humanitaire international,
−    être ouvert aux coopérations avec d'autres acteurs humanitaires,
−    être disposé à coopérer avec le système des Nations unies,
−    être ouvert aux contributions de pays tiers,
−    respecter le caractère volontaire de la participation des États membres au dispositif à mettre en place,
−    être soucieux de la mise à niveau permanente des capacités tant humaines que matérielles mobilisables à tout moment,
−    se fonder sur le principe du "partage des charges".


Prière d'être un peu plus actif Lady ! C'est en résumé ce qu'on dit assez diplomatique à la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères. Les députés l'ont, en effet, "invité" — ainsi que la commissaire à la coopération internationale, l'aide humanitaire et à la réponse aux crises — « à jouer un rôle moteur dans la coordination de la réponse de l'Union européenne aux situations de crise, en faisant usage des compétences instaurées par le traité de Lisbonne pour mieux coordonner la réponse de l'Union européenne aux futures crises et en se fondant sur les avancées déjà obtenues ». Si ce n'est pas un avertissement...

Autres points à noter

Un dispositif de prévention des catastrophes
. Les eurodéputés souhaiteraient que l'UE collabore avec les autorités haïtiennes pour « mettre en place un mécanisme de prévention des catastrophes et de gestion des capacités dans le long terme ». Il a aussi insisté pour que « la reconstruction se fasse en fonction des priorités nationales, tout en respectant les principes d'efficacité de l'aide, et en apportant son assistance aux institutions haïtiennes pour leur permettre de fonctionner efficacement ».

« Il faut investir dans le long terme », insiste le Parlement, « par la construction de bâtiments antisismiques et d'infrastructures de base telles que l'adduction d'eau, le réseau routier ou l'électricité, lesquelles faisaient défaut ou n'étaient pas suffisantes avant le séisme, ce qui multiplie considérablement l'impact des catastrophes naturelles ». Le Parlement a demandé à la Commission européenne de lui « présenter une évaluation globale des besoins consécutifs à la catastrophe ainsi qu'un rapport de suivi sur l'avancement de la reconstruction ».

Un moratoire sur les adoptions
. Les députés demandent à l'UE de soutenir l'instauration d'un moratoire temporaire sur les nouvelles adoptions d'enfants en provenance d'Haïti, pour une période de deux ans après le lancement des actions de recherche. Les enfants non accompagnés et séparés de leur famille devraient bénéficier de services leur permettant de rejoindre leurs parents, soulignent les députés, qui demandent également à la communauté internationale d'élaborer un plan coordonné pour la prise en charge des milliers d'enfants rendus orphelins par le séisme.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.