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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 20:35
(Brève d'été) Selon les estimations du système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), géré par la Commission européenne, les incendies de forêt ont, déjà au début d'août, touché 200 000 hectares de terres dans l’UE en 2009. Ce qui est davantage que l’année dernière : 180 000 hectares avaient été détruits sur l’ensemble de l’année 2008. Détails.
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 20:39
(brève d'été) Après une première intervention « test » en Corse,  les deux avions « feux de forêt » européens, mis en pool, interviennent, à nouveau, le 24 juillet, en Corse et également en Italie (Sardaigne) (lire communiqué de la Commission européenne).
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 17:43
L'actuel ministre belge des Affaires étrangères, Karel de Gucht (VLD, libéral flamand) devrait remplacer Louis Michel au poste de commissaire chargé du Développement et de l'Aide humanitaire. Ce dernier a, en effet, été élu au Parlement européen en juin dernier et a l'intention (du moins pour le moment) de venir siéger. Selon la configuration gouvernementale belge, ce poste avait été réservé à un Libéral, flamand. Du moins dans la configuration de la prochaine Commission. Cette venue anticiperait donc de quelques mois cette décision.

Un budget important. Ce poste est important pour l'approche globale de la politique étrangère européenne et de la PESD. Car c'est, en général, le budget "développement" ou "aide humanitaire" gérés par la Commission euroépenne qui finance les volets civils d'une opération. Par exemple, au Tchad pour les opérations humanitaires qui ont accompagné l'opération EUFOR ou en Somalie actuellement pour le financement de l'aide du PAM.
NB : L'autre grand pourvoyeur de financement au sein de la Commission étant la DG Relex au travers notamment de l'Instrument de stabilité.

Quelques mots sur Karel de Gucht. Né en 1954, à Overmere (Flandre), diplômé en droit de la VUB (l'université libre de Bruxelles - partie flamande), il a été chargé de cours en droit européen, avocat, mais surtout homme politique. Président des étudiants libéraux flamands, puis des jeunes libéraux flamands, il devient président du VLD de 1999 à 2004. Où il cède la place à son "rival" Guy Verhofstadt, qui reprend la main du parti après un litige autour du vote des immigrés aux Communales. Député européen (1980-1994), membre du Sénat belge (1994-1995), puis député au parlement flamand (1995-2003), il devient ministre des Affaires étrangères à partir du 18 juillet 2004, relayant un autre "grand européen", Louis Michel... parti à la Commission européenne. Il y a donc tout juste 5 ans. Le chassé croisé continue donc.

Des idées bien arrêtées. A la tête de la diplomatie belge, Karel De Gucht s'est fait remarqué par plusieurs déclarations abruptes et passes d'armes avec le dirigeant congolais, Joseph Kabila, remettant en cause sa capacité à gérer le pays. Ce qui a entraîné un léger "froid" entre la Belgique et son ancienne colonie africaine. Fin 2008, il s'était notamment battu au sein des 27 - avec la France ou la Finlande - pour que l'UE dépêche à l'est du Congo, un groupe d'intervention rapide, face à la montée des violences et la relative impuissance de la Monuc (lire ici). On ne peut que regretter qu'il n'ait pas été suivi
quand on voit que les violences continuent et l'exode des populations. Assurément le personnage est intéressant. Et il a des idées bien arrêtées sur certains sujets. Et n'hésite pas à le proclamer. Au risque de faire des étincelles à la Commission d'autant qu'il ne porte pas le président Barroso au plus près de son coeur...
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 17:30
Des moyens européens de lutte contre les feux de forêts ont été mis à disposition de la France, mercredi, pour faire face à un feu de forêt en Corse. Deux avions bombardiers d'eau, Canadair CL 215, faisant partie de la Réserve tactique européenne contre les feux de forêt (EFFTR en anglais), ont ainsi décollé de Bastia, en Corse justement, mercredi, pour intervenir sur l'incendie qui était situé non loin de là, à 40 kms environ. Les avions ont été opérationnels en moins de trois heures (entre la demande et l'intervention). Et, ils sont intervenus quatre heures durant, effectuant 36 lachers d'eau qui ont permis de juguler et éteindre l'incendie.

Réserve tactique européenne. C'est la première intervention de ce dispositif européen, mis en place cet été, sur un budget européen (doté de 3,5 millions d'euros payés à 80% par la Commission européenne, à 20% par la France), selon un "projet pilote", pour renforcer la lutte contre les incendies de forêts dans l'UE et la coopération entre Etats membres. Les deux avions bombardiers d'eau peuvent être utilisés pour un total de 150 heures de vol entre le 1er juillet et le 30 septembre. Basés à Marignagne, ils sont prépositionnés pour l'été en Corse. Ils sont loués... au Ministère de l'Intérieur (qui a répondu à un appel d'offre européen) et mis à disposition des Etats membres qui le désirent, par décision de la Commission européenne. L'Etat membre qui les utilise assure les frais uniquement d'utilisation des avions (carburant, ...). Ce dispositif est coordonné au sein de la Commission européenne par le MIC, le Centre d'observation et d'information, basé à la DG Environnement et opérationnel 24h/24 (1). « C'est un excellent exemple de la valeur ajoutée européenne » a expliqué le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas : « La solidarité entre les États membres reste au coeur de notre coopération en matière de catastrophes, mais nous devons nous assurer que nous avons les bons outils à notre disposition pour réagir à tout type de situation d'urgence

Une intervention démonstrative. Soyons clairs : cette intervention répond un impératif opérationnel et politique. Du coté opérationnel, les avions bombardiers d'eau étaient proches de l'incendie. Mais soyons objectifs : la France a d'autres moyens disponibles pour répondre à ce type d'incendie. L'objectif était davantage politique, au sens noble du terme, pour faire progresser la politique européenne. La France a, en effet, toujours soutenu le développement d'une politique européenne de protection ou de sécurité civile, particulièrement en matière de lutte contre les incendies de forêts. Politique fondée non pas sur une gestion unique par Bruxelles mais sur une coordination des moyens et une entraide entre Etats membres. Le dispositif existant, il convenait d'en assurer la démontration, d'inciter les autres Etats membres à l'utiliser, de ne pas le laisser dépérir. Puisqu'il s'agit d'un projet-pilote. Nul doute cependant que d'ici la fin de l'été, les deux Canadair soient utilisés : en Grèce, en Italie, voire plus à l'Est en Roumanie ou en Hongrie.


(Summary) Following the spreading of major forest fires in Corsica, France made a request for fire fighting aircraft through the Commission's Monitoring and Information Centre (MIC), which is based in Brussels. For the first time, the MIC responded to such a request by making use of the European reserve of fire fighting aircraft that it has established this summer to assist Member States that face major forest fires. The planes were operational less than three hours after the request. In 2008, the European Parliament earmarked € 3.5 million for a pilot project to step up cooperation between Member States on combating forest fires. As a result of the pilot project, two Canadair CL 215 fire-fighting aircraft – the European Forest Fire Tactical Reserve – are available this summer to assist Member States facing major forest fires, if and when other Member States are unable to provide the required assistance. They can be used for a total of 150 flight hours between 1 July and 30 September. The pilot project is run by France and the two planes are stationed in Corsica. The pilot project is a test for new arrangements in European civil protection.

(1)
Certains Etats membres ne voulaient pas entendre d'une compétence européenne en la matière d'où ce nom barbare pour désigner tout simplement un centre de coordination des moyens de sécurité civile, une sorte d'embryon de COGIC européen
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 19:28
La frégate italienne de la force européenne anti-pirates "Atalanta", l'ITS Maestrale, a été déroutée pour se joindre aux recherches de l'Airbus A310-300 de la compagnie Yemenia qui s'est abîmé en mer au large des Comores, dans la nuit de lundi à mardi.
Un Transall français dépêché de la Réunion - avec à son bord médecin, pompiers et plongeurs - et un remorqueur civil avec deux zodiacs de la légion étrangère, basé aux Comores, ont été dépêchés sur place.
La frégate française Nivôse  (bien connue de ce site, pour avoir participé à l'opération Atalanta) - a également été réquisitionnée et son hélicoptère Panther devrait être bien utile sur place. Le patrouilleur P400 "La Rieuse", basé à la Réunion, devrait également arriver sur zone le 1er juillet.

(mise à jour : 01/07) Madagascar a envoyé un patrouilleur l'"Atlantsa" qui doit arriver également le 1er juillet dans l'après-midi.

(mise à jour : 05/07) Les moyens sur place se résument à cinq bateaux et deux avions, dirigé depuis la frégate Nivôse, arrivée dans la nuit du 1er au 2 juillet, et coordonné par le
CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) de la Réunion. Outre la frégate Nivôse, on trouve son frère "Le Floréal" (arrivé le 3 juillet) ; le navire italien Maestrale ; le patrouilleur "La Rieuse" (sur zone depuis le 1er juillet) ; un remorqueur, le Bambo (affrêté à Mayotte le 30 juin), avec à bord pompiers et légionnaires, et zodiacs. Deux avions : un C130 américain et un C160 Transall français sont disponibles ainsi que les deux hélicoptères Panther du Nivôse et Floréal. Le Thonier français "Via Mistral" réquisitionné a été libéré. On trouve également une demi-douzaine de navires comoriens.
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 17:25
La Commission européenne avait placé sous surveillance, en 2008, la compagnie Yemenia (Yemen Airways) - dont un des avions, un Airbus A310-300, vient de s'écraser au large des Comores. A plusieurs reprises, de 2005 à 2008, les contrôles effectués, en France, Allemagne et Italie, avaient révélé des manquements aux règles de sécurité internationale. Un audit du transporteur avait même été mené par Airbus fin 2007. Malgré cela l’exécutif européen avait estimé, dans un rapport publié en 2008, que les mesures prises par Yemenia "ne (résolvent) pas de manière satisfaisante tous les problèmes de sécurité". Au bénéfice du doute, cependant, la compagnie avait échappé au placement sur la liste noire européenne et s’était engagé à présenter un nouveau plan de sécurité (lire ci-dessous, l'extrait du premier rapport de la Commission européenne - juillet 2008). Présenté fin 2008, celui-ci répondait aux principales interrogations et Bruxelles avait alors délivré un « satisfecit » à la compagnie yéménite (lire nesuite l'extrait du deuxième rapport de la Commission européenne- novembre 2008).

Le rapport de la Commission européenne (publié le 25 juillet 2008) :
(...) " Yemenia — Yemen Airways

(26) Il est avéré que le transporteur Yemenia — Yemen Airways ne satisfait pas à certaines normes de sécurité spécifiques établies par la convention de Chicago lorsqu'il exerce ses activités dans la Communauté. Ces manquements ont été décelés par les autorités compétentes de la France, de l’Allemagne et de l'Italie lors d’inspections au sol effectuées dans le cadre du programme SAFA (1).

(27) Yemenia a conclu un contrat avec le constructeur d'aéronefs Airbus, en vertu duquel ce dernier doit mettre à la disposition du transporteur des experts techniques et des contrôleurs pour former son personnel (pilotes et ingénieurs) et vérifier ses performances dans deux domaines spécifiques: entretien, d'une part, ingénierie et exploitation technique des aéronefs, d'autre part. Airbus a procédé à un audit du transporteur dans ces deux domaines en novembre et décembre 2007 et a ensuite présenté un ensemble de mesures correctrices visant à améliorer les performances en matière de sécurité et à remédier de manière systématique aux manquements en la matière décelés au cours des inspections au sol, et qui touchaient à ces domaines. Un plan de mesures correctrices a été présenté le 26 mai 2008.

(28) La Commission estime que ce plan de mesures ne résout pas de manière satisfaisante tous les problèmes de sécurité détectés. Si le transporteur a démontré qu'il était à même, de par sa structure et son organisation, de garantir le respect total d'une politique de sécurité, des problèmes persistent dans certains domaines. Dans le domaine de l'exploitation technique, et plus particulièrement de la formation au sol et en vol, il n'a pas été démontré de façon satisfaisante que des mesures correctrices allaient être prises et selon quelles modalités, puisqu'aucune information n'a été fournie concernant les qualifications et l'expérience requises pour le personnel concerné. Dans le domaine de l'entretien et de l'ingénierie, le plan de mesures laisse de nombreux points en suspens, comme ETOPS, l'ingénierie, la bibliothèque technique, qui sont des éléments essentiels pour la sécurité de l'exploitation aérienne ou pour le bon déroulement des opérations d'entretien. Il n'est pas possible d'évaluer de manière exhaustive le plan de mesures en raison du caractère incomplet des réponses fournies par le transporteur. Une documentation complémentaire a également été envoyée à la Commission les 12 et 25 juin 2008. Cette documentation contient un plan de mesures correctrices modifié à la suite de nouvelles discussions avec Airbus. Les documents appuyant ce plan modifié ont été présentés à la Commission le 7 juillet 2008.

(29) Afin que la Commission et les États membres puissent compléter leur évaluation des documents détaillés communiqués par Yemenia, la Commission invitera l’entreprise à apporter de nouvelles précisions concernant la révision du plan de mesures correctrices en tenant compte des discussions qui ont eu lieu entre le transporteur et Airbus.

(30) La Commission reconnaît les efforts déployés par Yemenia pour remédier aux manquements constatés en matière de sécurité. De plus, les dernières inspections au sol réalisées dans la Communauté n’ont pas révélé de manquements majeurs. La Commission considère toutefois que les mesures correctrices présentées par Yemenia doivent être pleinement mises en oeuvre et étroitement contrôlées, et que les États membres devraient vérifier systématiquement le respect effectif des normes de sécurité applicables en accordant la priorité aux inspections au sol à effectuer sur les appareils de ce transporteur conformément au règlement (CE) no 351/2008.

(31) À ce stade, la Commission estime donc qu’il n’y a pas lieu d’inscrire le transporteur sur la liste de l’annexe A. Elle décidera des mesures appropriées à adopter lorsque l’évaluation du plan de mesures correctrices modifié et des documents étayant ce plan sera terminée. 

(1) DGAC/F-2005-270, DGAC/F-2005-471, DGAC/F-2005-1054, DGAC/F-2005-1291, DGAC/F-2006-60, DGAC/F-2006-601, DGAC/F-2006-716, DGAC/F-2006-1465, DGAC/F-2006-1760, DGAC/F-2006-2066, DGAC/F-2007-119, DGAC/F-2007-1002, DGAC/F-2007-1332, DGAC/F-2007-2066, DGAC/F-2008-478, DGAC/F-2008-1129, LBA/D-2006-47, LBA/D-2006-103, LBA/D- 2006-157, LBA/D-2007-477, ENAC-IT-2005-51, ENAC-IT-2005- 218, ENAC-IT-2005-648, ENAC-IT-2006-330, ENAC-IT-2008-126.


Le rapport de la Commission européenne (publié le 15 novembre 2008)

(22) À la suite de l'adoption du règlement (CE) no 715/2008, la Commission a été informée par les autorités compétentes de la République du Yémen ainsi que par le transporteur Yemenia que le plan de mesures correctives a été examiné et revu avec Airbus, qui a effectué des audits de la compagnie dans le domaine de la maintenance et de l'exploitation. La Commission a reçu le résultat de ces discussions le 17 septembre 2008.

(23) La Commission a suivi de près les résultats obtenus par le transporteur en matière de sécurité et estime que les résultats des inspections au sol auxquelles ont été soumis les aéronefs exploités par Yemenia au sein de la Communauté depuis l'adoption du règlement (CE) no 715/2008 révèlent que la compagnie met en oeuvre son plan de mesures correctives dans le domaine de la maintenance et des disciplines d'exploitation de manière durable pour empêcher la réapparition de déficiences importantes sur le plan de la sécurité. À la suite des inspections au sol effectuées sur les aéronefs de Yemenia et des résultats indiquant de graves manquements, la Commission a auditionné le transporteur le 15 octobre et reçu alors des documents prouvant que le transporteur réagissait comme il convient et rapidement pour apporter des solutions durables. Dès lors, la Commission estime, sur la base de ces informations, qu'aucune mesure supplémentaire n'est requise. Les États membres vérifieront systématiquement le respect effectif des normes de sécurité applicables en accordant la priorité aux inspections au sol à effectuer sur les aéronefs de ce transporteur conformément au règlement (CE) no 351/2008.

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 01:46
L'Autriche vient de fournir à la Moldavie, des générateurs électriques et des chauffe-eaux de grande dimension. Ceux-ci viennent d'arriver à la Chisinau, le 12 janvier. Ils seront principalement déployés dans les hopitaux, orphelinats et autres services publics dans le besoin. Face à la crise du gaz, et aux rigueurs de l'hiver, les autorités moldaves avaient demandé l'assistance de l'UE. Le pays - un des plus pauvres d'Europe - dépend, en effet, totalement du gaz russe importé d'Ukrain. Et plus de 50 000 personnes restaient sans fourniture de gaz (et donc de chauffage). La Commission européenne a donc activé, le 9 janvier, son mécanisme de protection civile. Une équipe d'experts de Suède, république Tchèque et France, et un officier de liaison européen coordonnent l'opération. Celle-ci est financée en partie par le budget communautaire
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 06:18
Le Conseil des Ministres des Affaires étrangères a approuvé, le 8 décembre, un document sur la « prévention et gestion des catastrophes » (télécharger ici) estimant nécessaire la mise en place d’une « approche intégrée » pour mettre au point une « réaction globale face aux situations d’urgence ». Il répond ainsi à la communication de la Commission de juillet dernier. Et dresse une véritable « feuille de route » en matière d’interventions de protection civile tant au sein de l’UE qu’hors de son territoire.

Il ne faut pas s’y tromper. L’objectif sous-jacent de cette « stratégie » semble être de faire de la protection civile européenne, un des vecteurs de la politique extérieure de l’Union – au même titre que l’aide humanitaire, au développement ou les opérations civiles et militaires de sécurité et de défense. Cette politique étant souvent considérée comme « de souveraineté » par plusieurs Etats membres, il s’agit davantage, dans l’immédiat, de mutualiser les différents moyens disponibles que d’aboutir à une gestion intégrée des moyens (comme avec l’Office d’aide humanitaire, ECHO). En quelque sorte, on anticipe le Traité de Lisbonne qui renforce la base juridique d’action pour la protection civile.

On a déjà pu apercevoir une illustration de cette volonté, lors du conflit d’août en Géorgie, où une petite cellule « protection civile » de deux personnes, recrutée par le centre de suivi et d’information (MIC) de la Commission européenne, a été déployée, aux côtés des moyens habituels d’ECHO et de la PESD, pour recenser les besoins dans le pays encore en guerre et la coordination des moyens. De même en Inde plus récemment lors des attentats de Bombay.

On peut distinguer cinq priorités principales dans cette feuille de route. Le prochain rendez-vous est fixé en décembre 2009, sous présidence suédoise.

Première « priorité » : la prévention. Cela « exige de regrouper les différentes politiques, différents instruments et services, dont la Communauté et les États membres disposent, tout en maintenant un équilibre entre les compétences nationales et la solidarité européenne » estime le Conseil. La Commission devrait donc présenter, « dès que possible, début 2009 », deux communications, l’une sur la « prévention des catastrophes dans l’UE » l’autre sur une stratégie de l’UE en faveur de la « réduction des risques de catastrophes dans les pays en développement ».

Le Conseil insiste en particulier sur la prévention nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC). La Commission doit soumettre en juin 2009, un ensemble de propositions, notamment des plans d'action sur la préparation à ces menaces. Le renforcement de la coopération et l’échange d’informations, par le biais des mécanismes d’Europol, est également à l’ordre du jour.

Deuxième priorité : l’assistance mutuelle de protection civile. Le principe, ici, est de développer des « modules » d’intervention, bien connus des gestionnaires de catastrophes. Plusieurs modules ont ainsi été créés, à l’exception de la lutte contre les incendies au moyen d’hélicoptères et de l’hébergement d’urgence. L’objectif est la pleine « disponibilité » des modules existants et d’améliorer leur « interopérabilité » (permettant le fonctionnement de systèmes nationaux côte à côte), de développer ces modules manquants, de recenser les experts susceptibles de venir renforcer la MIC, d’accélérer le déploiement d’équipes d’évaluation et de coordination de l’UE.

La Commission est ainsi invitée à renforcer la MIC, notamment par la planification anticipée (élaboration continue de scénarios et analyse de risques). Et même si rien n’est mentionné dans ce document, il n’est pas exclu que la MIC vienne se coordonne, étroitement, avec la nouvelle direction « gestion de crises » qui pourrait être mise en place au sein du Conseil.

L’appui de moyens militaires à la protection civile – « dans des domaines hors du transport » - est également mentionné « en dernier recours ». Sujet délicat, cette participation est considérée avec réticence par certains Etats membres, notamment en Allemagne et dans certains pays nordiques que dans les pays latins (France, Grèce, Italie…).

Troisième priorité : la formation à la gestion des catastrophes. L’efficacité des interventions européennes tient à la formation et surtout à la capacité d’entraînement en commun. Le Conseil préconise la « création d’un dispositif européen de formation à la gestion des catastrophes », avec deux volets, la compatibilité des programmes nationaux de formation, des possibilités plus « diversifiées » de formations au niveau communautaire. Tâche dont devra s’occuper la Commission, en fournissant un « soutien administratif adéquat ».

Quatrième priorité : les systèmes d’alerte précoce. Le Conseil estime nécessaire poursuivre une meilleure collaboration entre « le monde de la prévision et celui de la protection civile » même s’il remarque des progrès « tangibles », depuis 2007, sur le système d’alerte précoce, notamment pour le modèle de calcul pour les tsunamis.

Cinquième priorité : la coordination en cas de crise (CCA). Il s’agit, d’une part, de faire que l’Union dans son ensemble soit mieux « préparée dans le domaine de la coordination politique ». Des scénarios « pertinents » doivent être préparés par le secrétariat du Conseil de l’UE. Un exercice de mise en situation (CCA EX09) est prévue sous la présidence suédoise. Il s’agit d’autre part, de renforcer l’assistance consulaire. Le Conseil veut «  promouvoir le concept d'État pilote en cas de crise et la formation consulaire. La présidence tchèque devrait accueillir une nouvelle réunion des directeurs des unités de crise des ministres des Affaires étrangères et poursuivre « l’expérimentation du concept d’Etat pilote sur le terrain ». Travail délicat ! Lors des attentats de Bombay, la coordination était encore balbutiante entre les Etats membres, ainsi que l’ont constaté les membres du Parlement présents sur place (lire la lettre du catalan Guardans). Et du côté de la PESD, les 27 ont eu du mal à s’accorder sur un concept commun « d’évacuation » des ressortissants européens.

Enfin, le Conseil rappelle la nécessité de protection des infrastructures critiques, d’aide humanitaire, et il encourage la poursuite de la coopération avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) de l’ONU, notamment en matière de formation.
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 08:15
Président de la délégation de la commission du Parlement européen en Inde - qui s'est retrouvée coindée à Bombay lors des attentats - le catalan espagnol Ignasi Guardans (qui appartient au groupe libéral et démocrate) garde un souvenir très particulier de la façon dont l'évacuation des députés européens s'est déroulé. A lire la lettre qu'il vient d'envoyer à H.G. Pöttering, le président du Parlement européen. Le témoignage est assez effarant devant "le manque de coordination" (pour être gentil) entre les différents consulats et amlbassades pour prendre en charge les ressortissants de l'UE pris dans une situation de crise. Et les parlementaires devraient d'ailleurs poser une question orale sur ce sujet au Conseil (et à la présidence française).

Son récit vaut le coup d'être lu dans toutes ces circonvulations. Car comme le dit le député (traduction) : "Je suis convaincu qu'il y a des leçons à prendre de ce que nous avons été témoins et de la façon dont cela doit être géré par les différents acteurs européens" (...) "ce que nous avons vécu a été aussi vécu par d'autres Européens - poursuit-il. Et cela montre comment il reste beaucoup de travail pour faire que la citoyenneté européenne ne soit pas seulement un mot vide de sens, spécialement dans ces moments de crise dans un pays tiers où les citoyens européens pourraient attendre davantage de l'Union européenne - que nous aimons et supportons".

(le texte original est en anglais)

La différence entre la théorie et la pratique, le Consul allemand dit : "je ne prends que les Allemands".
"A member of the EC delegation in Delhi and myself we assumed the coordination with different European authorities to be evacuated from there and be taken together to a safer place. It was during those hours that the German Consul in Bombay showed us all how different the EU theory and discourse can be from reality, when he came to the place we where sheltering in, repeating that sentence which I will never forget: “I will only take Germans”. And so he did."

Les Français offrent de prendre en charge la délégation
"Later on, immediately after sunrise, the Spanish Consul brought in two cars and brought those of us from the restaurant to a hotel lounge where they took care of us. At that time, the UK Consul and the one from Hungary had also offered their support in different ways. Some hours later, we accepted the invitation of the French consulate to gather all at the Consul’s Residence. It was there where the European Parliament Delegation was reunited, including those who had escaped from the Taj Mahal hotel, and those who had spent most of the night in the streets. We were later joined by the French Ambassador and by the Head of the EC Delegation in Delhi. On Thursday night we all moved to the residence of an Indian businessman, who for the following 15 hours provided us with rooms, food and even some basic clothes and hygienic stuff."

... Mais la contradiction permanente règne! Et, sans passeport (perdu dans les évènements), pas de possibilité de s'échapper
"During all that time, a long line of contradictory information regarding our situation and how and when we would leave the country succeeded one to each other, depending on who would you talk to. Most of us had no passport, so there was no way to take any commercial flight. And at that time we still believed it would be a good thing for all of us to stay and return together. An official from the French Consulate informed us that they would provide us with a “laissez passer” and the exit visa delivered by the Indian authorities. On the basis of this promise of a common treatment of our papers, members of the delegation, including myself, kindly said no to the offers of our respective consulates to provide us with travel documents. "

Pour des raisons que je ne comprends pas, les laissez-passer promis n'arrivent pas
"Unfortunately, for reasons I still do not understand, that promise was never fulfilled. 24 hours later we had still not received any personal travel document. It is to be noted that even a staff member of the Delegation, who has double French-German citizenship, was at that moment denied the right to receive French papers, on the bureaucratic argument that she had used her German passport to enter the country. (Only many hours later, and some political pressure in Paris, the French consulate accepted to provide her with a French temporary passport)."

Le consul allemand atteint le summum de la bureaucratie :"venez déclarer la perte de votre passeport à la police".
"All confidence lost in the french offers, each one rushed to contact their own national representation, some of which had also made an offer to provide papers for non-nationals. And within hours we received very different documents: some got a full new valid passport, others a temporary one, others a laissez-passer with or without the Indian exit visa. Again, the German consul was the one who gave the worst answer, in form (extremely impolite) and in substance to the requests received, complaining that this German-French national should have denounced the loss of her passport in writing, and that she should personally go to the police if she wanted an exit visa."

Réaction espagnole très rapide... mais avec un tout petit avion trop petit pour emmener tout le monde
"Some remarks regarding the evacuation itself. The Spanish Government made an offer from the very beginning to take us all on their plane. But they seriously miscalculated the number of Spanish citizens they had to take care of, and they sent a very small plane."

L'avion français prend du retard, l'ordre succède au contre-ordre...
"They then asked us to accept an offer from the French Government, which we did, and we all went to bed on Thursday believing what we had been told: that a French plane had left Paris hours ago and would be taking us in the morning. On Friday morning we learnt that that again was not true, that a big plane from the Ministry of Defense was coming much later than expected, and that it would only leave Mumbai after confirming that no French citizen was left, and not earlier than Saturday 3 am. It was then when several MEPs, who had their passports, some of them strongly upset, organized their departure on their own and left in the following hours. The rest of us, now trying to clarify the situation of our documents, without which no commercial flight was possible, we stayed together until late night. As you know, but that time the Parliament had assumed the organization of the departure of everybody and booked several places on a flight to Brussels. An interpreter, a policy adviser and I we flew back in the French evacuation flight."

Ma critique sur la présidence française: pas de transparence, pas d'information, ou des mauvaises informations...
"My criticism here is not on what the French presidency decided was best for us and for their citizens. What was wrong in all this was that we were treated for many hours, in particular by the French Ambassador and the one official under him who was put in charge of us, more or less as a group of helpless and irresponsible children who needed evacuation. No transparency, no information, even misinformation in some cases, no sharing of decisions, no reasonable options made available to us. It all added stress to a group of serious and experienced persons already under strong emotional pressure without any personal belongings with them. This is also something that could be seriously improved."
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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 01:10
Suite aux attaques terroristes à Bombay en Inde, le mécanisme communautaire de protection civile a été activé permettant notamment à certains États membres de l'UE (France et Suède), ayant dépêché un avion en Inde, d’évacuer des blessés d’autres nationalités (Royaume-Uni et Espagne), a précisé la Commission européenne dans un communiqué de presse.

Un avion suédois. Ainsi un avion de la SAS et l’équipe médicale de l’agence suédois des services de secours, mise à disposition par la Suède, a permis d’évacuer lundi sur Londres, cinq blessés, dont deux sérieusement atteints et un souffrant de traumatismes psychologiques. Le plan suédois a été mobilisé pendant le week-end, en collaboration avec deux experts (de la France et la Suède) engagé par le mécanisme communautaire de protection civile pour aider à la coordination de l'opération. Les fonctionnaires de la Commission de la délégation de la CE en Inde a facilité la coopération entre les États membres »consulats à Mumbai pour aider à identifier les citoyens européens qui ont besoin d'évacuation médicale. Et les frais d’évacuation sanitaire ont été cofinancés par le budget communautaire, selon les modalités d’un arrangement conclu en 2007.

Et un avion français. Quant à l’avion affrété par le gouvernement français, il a rapatrié sur Paris, samedi, 77 rescapés, dont 29 Français, 19 Italiens, 17 Espagnols, 5 Allemands, un Polonais, un Grec, un Néerlandais, un Suisse, ainsi qu’un Kazakh, un Algérien et un Congolais (pour un bilan plus détaillé de l'opération française). A noter que l’Autriche et la Grèce avaient également fait une offre de moyens, qui n’ont pas été utiles ensuite.

Bien mais peut mieux faire ? Il n'empêche - je réitère ma position précédente... -  ce mécanisme est loin d’être suffisant. Il permet la transmission d’informations entre Etats mais pas une réelle « régulation de crise » et surtout l’anticipation nécessaire. Certains Etats membres semblaient, en effet, encore réticents – avant la crise indienne – à approuver le concept commun d’évacuation des citoyens européens, en recourant au besoin à des moyens militaires, préparé par l’Etat-Major de l’Union européenne. C’est-à-dire de déterminer – zone géographique par zone géographique – les moyens d’évacuation disponibles que peuvent mettre en œuvre chaque Etat, et éventuellement la « nation-cadre » chargée de mener à bien l’opération.

Le principe d'un renforcement approuvé au Sommet européen ? Hervé Morin, le ministre de la défense français, l'a rappelé, mardi, devant les eurodéputés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen: "Il ne s'agit pas de créer une nouvelle structure. Mais de coordonner les centres de crises nationaux, le transport, l'échange et informations des plans nationaux; et d'avoir une planification de l’évacuation : un point de contact par pays et un pays pilote par zone concernée." La présidence française espère ainsi aboutir à faire approuver le principe d'un tel plan au prochain sommet européen...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.