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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 19:52
Deux avions bombardiers d'eau Canadair CL-415 de du 43e Groupe des Forces Aériennes espagnoles ont rejoint la Bulgarie, le 9 septembre au soir, pour participer à l'extinction des incendies graves qui menacent le parc national de Rila, au sud du pays Cet envoi a été fait en réponse à la demande effectuée par le Mécanisme de l'Union Européenne de Protection Civile (MIC). La France avait déjà envoyé le 8 septembre deux avions Canadair.  La lutte contre les incendies est difficile. Les départs de feu se sont en effet déclarés à 1800 m d’altitude pour embraser une superficie de 130- 140 hectares dont 60% de forêts. Près de 250 pompiers ont été mobilisés.
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 12:10
(Premier bilan provisoire)

En compilant les différentes annonces des Etats - à prendre avec circonspection car les méthodes de comptage diffèrent -, l'Union européenne et ses Etats membres ont ou vont fournir environ 21 millions d'euros en aide humanitaire à la Géorgie - Ossétie, qui vont en général à des agences humanitaires internationales... (à comparer aux 7 millions d'euros de l'aide officielle américaine). L'Onu et les agences internationales ont lancé, le 18 août, un appel de fonds pour une première aide d'urgence, à hauteur de 58,6 million de $ (environ 39 millions d'euros) pour venir en aide à 128.000 personnes, réfugiées ou déplacées.

Commission européenne
- 1 million d’euros (dim 10 août) + 5 millions d’euros (ven 22 août), géré par Echo, l'Office européen d'aide humanitaire européen, destinée aux agences des Nations-Unies (PAM), au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et aux Ongs européennes (une dizaine dont : Première Urgence, Danish Refugee Council, etc.). La deuxième tranche devrait particulièrement servir aux besoins de deuxième urgence : déminage, aide alimentaire ou non-alimentaire d'urgence aux personnes déplacées ou retournées, protection et assistance psychologique aux victimes du conflit.

Etats membres de l'Union européenne (*)
- Belgique : 500.000 euros (13 août).
- Allemagne : 2 millions d'euros = 1 million pour moitié au Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) et à la Croix rouge ; l’autre million pour les ONGs allemandes travaillant dans la région (mar 19 août)
- Autriche : ...
- Danemark : 400 000 euros
- Espagne : 500 000 euros au CICR (mar 12 août)
- Estonie : 168 200 euros (en nature)
- Finlande : 1 million euro (18 août)
- France : 1,4 million d'euros (22 août), hors contributions des ONG, (200 000 euros pour le HCR et 100 000 euros pour le CICR, et les matériels livrés dans le cadre du mécanisme européen de sécurité civile).
- Grèce : 100 000 euros pour le HCR (13 août) pour le PAM
- Hongrie : ...
- Irlande : 100 000 euros pour le CICR (13 août)
- Italie : 1,6 millions euros dont 200.000 euros pour le CICR + 460 000 en biens de première nécessité transportés par deux avions (jeu 14 août)
- Lituanie : 185 000 euros (en nature)
- Pays-Bas : 500 000 euros pour le CICR (12 août)
- Pologne : ...
- Portugal : ...
- Royaume-Uni : 2,5 millions d'euros, pour le CICR (ven 15 août)
- Slovaquie : 250 000 euros - 5,6 + 2 millions couronnes (13 et 24 août)
- Slovénie : 100 000 euros
- Suède : 2,7 millions d'euros
- Rép. Tchèque : le gouvernement a promis 6,5 millions d'euros mais la décision a été reporté ultérieurement (20 août) - non comptabilisé.

Pour le détail des matériels "secours d'urgence et sécurité civile", voir autre article

(*) Ce bilan prend en compte uniquement les aides gouvernementales ou assimliées (et non les ONGs). Il diffère légèrement de celui dressé par la Commission européenne, tout simplement car certains Etats n'ont pas encore notifié à Echo toute leur aide. Voici le bilan de la Commission (27 août), il y avait : Sweden: €2.710.069; Germany: €1.681.125; Italy: €1.661.000 (incl. in kind aid worth €661.000); France: €1.240.488 (incl. €940.488 in kind); Denmark: €402.247; Lithuania: €186.667 (in kind); Estonia: €168.205 (in kind); Ireland: €100.000; Slovenia: €100.000; Greece: €80.000; United Kingdom: €63.415.

Autres Etats non UE
Etats-Unis : 250 000 $ au départ, porté progressivement à 10,7 millions de $ = 7 millions d'euros (le 22 août), répartis ainsi : 5,85 M. Défense (y compris les avions), 2,85 M. Département Aide Europe, 2 M. UsAid).
Norvège : 1 million $ en aide humanitaire
Canada : 1 million $, dont la moitié pour le CICR
Russie :  22,1 millions $ = environ 15 millions euros pour les ressortissants russes.

Les vols "humanitaires"
L'office d'aide humanitaire des Nations-Unies (Ocha) avait recensé 70 vols (rapport de situation 20 août).
- 1er avion français (30 tonnes de fret), le 12 août (retour avec évacuation de ressortissants)
- 1er vol du HCR (jerrycans, couvertures et tentes), le 12 août, 2e vol, de Copenhague, le 13 août ;
- trois vols du PAM, le programme alimentaire mondial, le 13 août, financés par Echo, et le 15 août, financé par UsAid.
- deux premiers avions de l'armée américaine C-17, les 13 et 14 août, suivi d'autres C-17 (venant de Ramstein, en Allemagne) et de C-9 de la Marine venant d'Italie.
- avion tchèque, Airbus A319, via Erevan, parti le 13 août.
- avion polonais CASA-295 sur Erevan, le 14 aout
-
1er avion du CICR,venant de Amman (base logistique), le 15 août, suivi de 4 autres (en tout : 430 tonnes =5 000 colis de vivres et des secours non alimentaires, pour env. 25 000 personnes). etc.

Après les avions, les bateaux :
- PAM: un bateau (chargé de farine) est arrivé au port de Poti, le 19 août.
- Armée américaine : l'USS McFaul est parti de Souda Bay, en Crète, le 20 août, l'U.S. Coast Guard Cutter Dallas suit la semaine prochaine, l'USS Mount Whitney finit son chargement en Italie, à Gaeta (21 août).

(1) Certains prennent en compte uniquement l'aide cash, d'autres incluent l'aide en nature, voire le coût des avions ou des personnels envoyés). La date mentionnée est souvent celle de l'annonce... mais pas automatiquement celle du déblocage.

Source infos : Ce, UsAid et Gvt, Onu, Ministères des affaires étrangères, Cicr

Crédit photo : ECHO/Daniela Cavini - Ministère de la défense tchèque - Us Navy


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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 15:30
Aux cotés de l'aide humanitaire proprement dite, distribuée par l'Office d'aide humanitaire (Echo) - voir un récit de leur première intervention -, l'Europe a mis en oeuvre, depuis le 17 août, son mécanisme de veille et de coordination sécurité civile (MIC). Ce qui est assez nouveau dans de telles circonstances.

La France est le seul des grands pays (avec la Pologne) à avoir prodiguer son aide par ce canal. Point de Britanniques ou d'Allemands, par exemple, dans ce dispositif par exemple. Mis à part l'Autriche, la Suède et la Grèce, ce sont aussi les pays d'Europe centrale qui ont été les plus prompts à réagir, proximité géorgaphique et historique oblige. Ce qui démontre aussi qu'au-delà des mots, et des subsides européens, ces pays savent retourner à d'autres la solidarité européenne dont ils sont bénéficiaires. Autre signe encourageant : la mise en place entre Français, Autrichiens et Slovaques d'un pool de transport, un avion Dash 8 de la sécurité civile ayant fait escale dans la nuit du 21 au 22 à Vienne pour embarquer du matériel.

Voici le point sur l'aide "secours d'urgence"...

Une douzaine d'Etats membres actifs (1)
Autriche : kit d'urgence (qui couvrent le traitement médical de 10 000 personnes pour 3 mois), matériel de couchage (incl. 200 tentes, 1000 sacs de couchage, 3000 couvertures), équipement de lutte contre les feux (56 réservoirs d'eaux) - A noter que les Autrichiens ont été à l'initiative de la formation et de l'équipement des forces de secours en montagne notamment géorgiennes (dans le cadre de l'OSCE).
• République tchèque : fournitures médicales (incl. 280 unités de plasma sanguins, plus de 4000 bandages and 1000 albumines humains).
Estonie : fournitures médicales (incl. 14700 bandages, 2460 antibiotiques, 3000 solutions d'infusion, équipement d'ambulance et 8000 kits de premier secours), équipement de secours et recherche (Usar)
France : matériel de couchage (incl. 123 tentes, 4000 couvertures, 1400 lits), équipement de lutte anti incendie (220 tenues anti incendie).
 • Grèce : matériel de couchage (65 tentes and 270 couvertures), 10 tonnes de médicaments pour environ 500 personnes, matériel de purification d'eau.
Hongrie : fournitures médicales et équipement (aide acceptée au départ par la Géorgie mais plus nécessaire à ce stade).
Lituanie : 22 Tentes, assistance alimentaire, fournitures médicales (incl. 27.000 bandages).
Lettonie : fournitures médicales (incl. 18,000 Bandages, 4,000 produits sanguins et antibiotiques), alimentaires, matériel de couchage (52 tentes de différentes tailles, couvertures, matelas).
Pologne : médicaments et matériel général d'assistance
Suède : équipement et fournitures médicales (incl. 5 respirateurs artificiels) 
Slovaquie: matériel de couchage (incl. 1000 sacs de couchage, 200 lits, 500 couvertures, etc), équipement divers (incl. vêtements)

(1) Source : Commission européenne, 21 août.
Crédit photo : ministère des affaires étrangères grec

Petits commentaires
L'ancien président lituanien, aujourd'hui eurodéputé et vice-président de la délégation Caucase, Vytautas Landesbergis, s'étonnait publiquement, mercredi, devant les journalistes au Parlement européen, que les Américains soient là où les Européens ne faisaient rien. Cette longue liste est un singulier démenti. Tout comme la chronologie des faits : dès la crise, la France, notamment (suivie de la Grèce), faisait poser deux avions à Tbilissi, de même que les organisations des Nations-Unies, les Américains ont suivi ensuite. On peut difficilement s'expliquer comment Landesbergis, un homme pour qui j'ai de l'administration, pour avoir son rôle dans l'indépendance de son pays, laisse parler un atlantisme aussi béat et fasse "plier" les faits à la cause qu'il défend.

On peut faire le reproche, en effet, à l'Union européenne de ne pas avoir davantage anticiper la crise au point de vue diplomatique et militaire (article à suivre). Mais pas d'avoir tardé au niveau humanitaire ou de sécurité civile. On pourrait même dire que le problème de l'Europe, c'est que des années après les premières crises auxquelles elle a eu à faire face, en Yougoslavie notamment (voir ma série entamée sur ce sujet), elle préfère toujours réagir avec ses outils humanitaires (qui sont assez performants)... par timidité politique plutôt que par manque de moyens diplomatiques ou militaires.

Crédit photos : Ecasc, école d'application de la sécurité civile.
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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 08:32
Sur la tragédie au K2, et les opérations de secours, les informations diffusées par l'Agence France Presse (AFP) ont été plutôt "hasardeuses" dans les premiers jours - en étant gentils ! - , se contentant de bruits et de rumeurs, là où on avait des certitudes, annonçant un mort là où les gens étaient vivants et vice-versa, annonçant des opérations de secours là où les personnes étaient déjà à l'abri au Camp de base, parlant de "personnes inexpérimentées" quand on a affaire à des alpinistes chevronnés (1), et mettant 24 heures à corriger le tir (heureusement les depeches suivantes provenant de Rome ou de Grenoble ont été plus conformes à ce qu'on attend d'une agence de presse mondiale.

Voici un récit reconstitué à partir des données, de première main, celles de l'expédition
néerlandaise, Norit, de l'expédition singapourienne, K2 "sans oxygène", de l'expédition italienne, du site des amis d'Hugues d'Aubarede, et des hélicoptères de l'armée pakistanaise, c'est un peu clair...)

Ven 1er août : l’alerte est donnée du coté de l’équipe Norit (les nerlandais) à minuit (coté nerlandais, heure européenne) « la chute de gros morceaux de glace a détruit les cordes placées dans le Bottleneck »

Sam 2 août
midi : Cas (néerlandais) et Pemba (népalais) sont au camp C4 (tout en haut, vers 8000 mètres), Mark (australien) aussi, ils remontent vers le Bottleneck pour porter secours. Deux porteurs de haute altitude (HAP) remontent dans la voie pour venir en aide. Jelle (néerlandais) redescend vers le camp de base. Roeland (néerlandais) l’y attend. Du camp de base (vers 5000 mètres), on aperçoit six personnes dans le Bottleneck. Sur demande du camp de base, l'équipe de grimpeurs de singapouriens qui est au C3 (vers 7000 mètres) prépare nourriture, oxygène et eaux pour les autres grimpeurs et équipes de secours. Pas de nouvelles de Marco (italien) et Wilco (néerlandais). Aucune nouvelle de Hughes (français) et Karim (porteur pakistanais), Gerard (irlandais) et Rolf (norvégien).

Sam 2 août soir : Cas et Pemba (équipe de secours) redescendent du C4 au C3. Marco a été trouvé et porté au C4 (avec oxygène et médicaments). Il est prévu pour redescendre avec porteurs le lendemain. Cecilie (norvégienne) est descendue au C4. Mark en bonne santé au C2.  Pas de nouvelles de Wilco (les recherches continuent). Aucune nouvelle de Hughes (français) et Karim (porteur pakistanais), Gerard (irlandais) et Rolf (norvégien).

Dim 3 août
: Cas et Pemba (équipe de secours) redescendent du C3, avec Wilco, qu'ils ont retrouvé, et Marco, puis au C2. Une équipe de grimpeurs part du camp de base au camp C1 avec de l’équipement pour les rejoindre (avec un autre Néerlandais, Roeland). Un avion est affrété pour repérer les disparus mais il attend une éclaircie. Cecilie redescend au camp de base (voie des Abruzzes), elle confirme la disparition de son mari Rolf.

Dim 3 août nuit : tous les néerlandais sont à l'abri au camp de base (voie Cessen).

Lun 4 août matin : Deux hélicoptères Ecureuil A350B de l'armée pakistanaise décollent de l'aéroport civilo-militaire de Skardu. Ils prennent en charge Wilco et Cas (néerlandais) et Nabeel rapatriés vers l’hopital militaire de Skardu. Marco redescend du C2 au C1. Mais il n'est pas possible, vu les conditions météo, de faire une nouvelle navette héliportée (à partir du camp de base). Roberto (italien) monte au Camp de base avancé pour accueillir Marco.

 Lun 4 août soir : Marco est au C1. Evacuation prévue à partir du Camp de base le 5 août.

(mise à jour des 6 et 7 août)

Mar 5 août : Marco arrive au camp de base. Mais les conditions météo ne permettent pas l'arrivée de l'hélicoptère.

Mer 6 août : Marco est récupéré au camp de base par un hélicoptère. Il semble sérieusement atteint de gelures et évacué vers l'hopital de Skardu. Un deuxième hélicoptère Mi17 est envoyé pour aller récupérer l'équipe coréenne.

Crédit image: itinéraire (de Hugues d'Aubarede) - Marco Confortela (à Skardu) - hélicoptère Mi17 pakistanais

(mise à jour du 8 août)

(1) Le site k2climb.net (ExplorersWeb) a publié une enquête élaborée, qui mérite un détour.  Elle démonte certaines déclarations du grimpeur suédois, Frederik Strang. Celui-là même qui avait déclaré que tous les alpinistes dans le bottleneck étaient morts (alors que Marco et Wilco furent récupérés par la suite) ou que ceux-ci étaient inexpérimentés (propos repris par l'AFP a plusieurs reprises sans aucune vérification). L'alpiniste a non seulement failli au devoir de solidarité en montagne mais a également nui au déroulement des secours et plongé plusieurs familles dans le doute. Le site "démonte" aussi de nombreux mensonges du grimpeur suédois sur ses exploits, ce qui semble une spécialité: "Fredrik Strang's major achievements according to his recent sponsor brochure are four 8000 meter summits and the Seven summit world speed record. In reality he has one summit of Everest in a heavily supported and guided expedition. Dhaulagiri is unconfirmed and the rest plain incorrect. That's it. Sweden might not be the best climbing nation in the world, but rest assured they have quite a few climbers who can beat that."
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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 23:55
Deux "Ecureuil" de l'armée pakistanaise, ou plutôt une société-filiale (voir ci-dessous), doivent se poser le 4 août, au camp de base (situé à près de 5000 mètres) du K2, la montagne la plus haute du monde après l'Everest (8611 mètres), pour rapatrier dans la vallée et sur les hopitaux, des grimpeurs européens - néerlandais et italiens essentiellement, victimes d'une chute de Sérac, en haut du "bottleneck", l'étroit couloir en forme de bouteille surmonté d’un énorme sérac qui précéde le sommet.

Certains d'entre eux seraient blessés, comme l'italien Marco Confortola qui souffre de fractures. D'autres comme les néerlandais Cas van de Gevel et Wilco van Rooijen souffrent de gelures plus ou moins graves. Ils ont rejoint dimanche dans la journée le camp de base. Et un médecin américain, présent sur place, les a examinés et prodigué les premiers soins.

Opération de secours (mis à jour le 6 août à 17h)
(mis à jour le 4 août 9h00) : Deux hélicoptères Ecureuil ont décollé de l'aéroport de Skardu - qui abrite une base militaire de l'armée de l'air pakistanaise - le 4 août à 9H15 locales (5h15 heure européenne). Ils ont récupéré au camp de base les néerlandais Cas van de Gevel, Wilco van Rooijen, et Nabeel. Ils devraient récupérer ensuite les Italiens Marco Confortola (qui descend du camp C3 au camp C2 comme l'a reperé le pilote de l'hélicoptère qui a fait un survol de la zone) et Roberto Manni.
(mise à jour 4 août, 15h) Dans l'après-midi, Confortola est au camp C1, et doit arriver au camp de base avancé l'attendait Roberto Manni. Mais en raison des conditions météo, l'hélicoptère a renoncé à aller le chercher le 4 août. Une nouvelle tentative devrait avoir lieu le 5 août. Les néerlandais
étaient évacués sur l'hopital militaire de Skardu.
(mise à jour 5 août, 9h)
Confortola n'était pas encore au camp de base avancé. Les conditions météo sont mauvaises. L'hélicoptère est en stand bye. (miste à jour 5 août 17h) Confortola est arrivé au camp de base et finalement évacué sur Skardu le 6 août (mauvaises conditions météo le 5 août). Lire le récit des Néerlandais.

Les informations données par les agences ont été confuses pendant un certain temps, mentionnant parmi les disparus un Néerlandais. Mais celui-ci est bien vivant, son team l'assure. De même, les Autrichiens Christian Stangl et Thomas Strausz - dont on était sans nouvelles - seraient de retour au camp. Cette confusion est compréhensible. Plusieurs Européens - appartenant à des expéditions différentes (néerlandaise, italienne, serbe, coréenne, singapourienne, américaine) sans compter les individuels - avaient, en effet, décidé de joindre leurs efforts pour atteindre le sommet.

Le bilan aurait pu être plus lourd, côté français. Une équipe de trois alpinistes – de Grenoble et de Nice (Christian Trommsdorff, Yannick Graziani, Patrick Wagnon) était montée au camp de base fin juillet mais avait décidé de ne pas gravir le K2 et était redescendu.

11 morts selon un dernier décompte
Une dizaine de personnes (11 selon un dernier décompte) auraient ainsi perdu la vie dans l'ascension du K2 ce week-end, dont : l'himalayiste français Hugues d’Aubarede (61 ans, originaire de Lyon), et son guide-porteur, Karim, l'Irlandais Gerard Mc Donnell (38 ans, originaire de Kilcornan), le Norvégien Rolf Bae, ainsi que des grimpeurs d'autres continents (3 Coréens, 2 Népalais et 2 Pakistanais) dont certains l'ont été en tentant de porter secours. Un montagnard serbe, Dren Mandiç - appartenant à une cordée serbo-voivodine - a été tué dans une avalanche vendredi 1er aout (il était âgé de 32 ans et originaire de Subotica).

Contrairement à ce qu'a laissé entendre un alpiniste suédois, présent sur place, cité par l'agence AFP, la plupart de ces personnes étaient des montagnards chevronnés - ayant fait leurs armes en Himalaya.

Le K2 est réputé comme une des montagnes les plus dangereuses, trois fois plus que l’Annapurna. Le problème avec le K2 explique le chroniqueur basque de l’Himalaya, Xavier Eguskitza est que « si vous atteignez le sommet, vos chances de retour sont réduites de façon significative » (pour visionner la montée de Karl Unterkircher).

Des hélicoptères qui frôlent quotidiennement les 6000 mètres
Askari aviation est une filiale de l'armée pakistanaise, spécialisée dans le secours et l'accompagnement de touristes. Elle est composée d'anciens pilotes militaires à la retraite et dispose d'hélicoptères - des Ecureuil ou des Lama - spécialement équipés pour monter jusqu'à 6000 mètres. Ils sont ainsi intervenus à une hauteur d'environ 5750 pour récupérer quatre Autrichiens au Spantik.

 Le Lama (SA 315 B) est une Alouette II équipée d'un moteur surpuissant pour les hautes altitudes - une demande de l'Inde notamment -. Il a pu effectué en 1969 (!) des décollages et atterrissages à 7500 m dans l'Himalaya avec deux hommes a bord et 120 kg de carburant. Il a atteint, le 21 juin 1972, une altitude record pour un hélicoptère de 12 442 m, avec au manche, le pilote d'essai Jean Boulet (le Pakistan a bien entendu commandé cette machine).

L'Ecureuil (AS350 B3) a pris le relais (le Pakistan a été livré en 2006), ayant une vitesse ascentionnelle très rapide (9000 mètres en 9mn26). Il a réalisé également un record mondial de posé en allant, le 14 mai 2005, sur le toit du monde, l'Everest, au Népal, à 8848 mètres, avec le pilote d'essai, Didier Delsalle. La température extérieure était de -36° !. L'essai a été renouvellé le lendemain.

Même si ces records ont pu être atteints, en règle générale, ces hélicoptères en mission de secours - qui nécessitent de mettre du poids supplémentaire, d'hélitreuiller, etc... - ne dépassent pas 5000 - 5500 mètres (6000 mètres maxi).

Crédit photos : Hugues d'Aubarede, Hélicoptère Lama, Posé de l'Hélicoptère Ecureuil à l'Everest (Eurocopter)
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 11:13
(articles publié dans Maires de France et Ouest-France, 2007)

Beaulieu 5-9, dans la banlieue de Bruxelles
, c’est le centre nerveux du « mécanisme européen de protection civile ». Un bien grand mot pour un bureau tout à fait ordinaire, où officient des fonctionnaires un peu moins ordinaires. Ici règne le franc parler habituel des « opérationnels ». Ici, 24 heures sur 24, un pays européen en proie à une calamité à laquelle il ne peut faire face (feux, inondations, pollution marine…) peut demander l’aide de ses homologues. Créée après une série de catastrophes à la fin des années 1990 - le naufrage de l'Erika, les violentes tempêtes, la pollution industrielle du Danube -, la cellule de crise de l'Union européenne a pris le relais d'un système plus lâche d'information, mis en place dès 1991. Les attentats du World trade center à New York servent de déclencheur. Il met en oeuvre le principe cher aux mousquetaires : « Un pour tous, Tous pour un ». Car l'Europe, quand on additionne ses pompiers, ses matériels divers et variés et ses experts en tout genre, représente la première force d'intervention de sécurité civile au monde. La cellule européenne a vocation à intervenir sur tout type de catastrophe d'origine naturelle, technologique, humaine survenant dans un pays européen, voire même dans un pays tiers lié par un accord avec l’Union européenne.

Un système opérationnel efficace

Cet été, quand l’appel de la Grèce pour les feux de forêt est tombé, il était déjà très tard. Les feux de forêt avaient pris une ampleur terrifiante. Heureusement, la réaction européenne a été rapide. Moins de 24 heures après, deux Canadairs français, en provenance de Marseille étaient déjà sur zone, deux autres suivaient le lendemain. « Les meilleurs sont les Français » assure-t-on, au niveau européen. « Ce sont les seuls qui peuvent larguer en volant à seulement 5 mètres de hauteur ». En tout une dizaine de Canadairs, cinq autres avions et près d’une vingtaine d’hélicoptères provenant de 14 pays européens, de Norvège, d’Allemagne, de Serbie et même d’Israël ont volé vers la Grèce.

« La solidarité européenne a joué à plein » explique Hervé Martin, le chef de l’Unité « Protection civile » à la Commission européenne. Et ce n’est pas un vain mot. L’Italie, qui avait des renforts français pour ses incendies, a accepté que ceux-ci soient déroutés sur les feux grecs. « C’est pire chez eux que chez nous » a justifié un responsable italien. « On n’a jamais vu une telle situation » confirme Hervé Martin. « Nous sommes d’ailleurs au bout des capacités européennes de Canadairs. Si un autre incendie se déclenche, nous serons démunis. Ou alors il faudra priver la Grèce de moyens. Et c’est la deuxième fois depuis le début de l’été que cela se reproduit. Il faut donc réfléchir à d’autres moyens pour l’avenir. » A défaut d’acheter de nouveaux Canadairs, des avions australiens ou canadiens pourraient être prépositionnés en Europe l’été ou des moyens privés mis en astreinte. Mais cela coûte, un peu, cher.

Les Etats membres sont réticents à confier une nouvelle compétence à l’Europe… même s’ils sont bien contents d’appeler Bruxelles à la rescousse quand le feu brûle. «Le mécanisme de protection civile européen a prouvé son utilité » estime Stavros Dimas, le commissaire chargé de l’Environnement. « Mais il peut encore être amélioré. Nous avons pu aider, mais nous avons aussi appris comment notre aide peut être améliorée. (…) Mais pour concrétiser ces plans, nous devrons disposer de ressources suffisantes.» 

Des propositions des moyens

Une proposition en 2006. La Commission européenne a ainsi avancé, en 2006, une série de propositions visant à améliorer la capacité de réaction du mécanisme de protection civile de l’Union européenne en cas de catastrophe naturelle ou écologique. Lorsque les moyens de transport nationaux font défaut, sont insuffisants ou inadéquats, la Commission propose donc de louer les moyens de transport nécessaires. En cas de catastrophes simultanées ou à grande échelle, la Commission pourra aussi mobiliser des équipements supplémentaires, notamment des équipements logistiques de base et en particulier du matériel de communication.

Un moyen d’information
La Commission a lancé sur son site internet, un bulletin quotidien appelé «MIC Daily» qui sert d’observatoire des catastrophes naturelles et humaines, en devenir ou en cours, dans le monde. L’objectif est d’informer les décideurs et les centres de crises en Europe et à l’étranger. Le MIC Daily est relié à plus de 50 services d’alerte précoce et d’alerte en temps réel ainsi qu’à des centaines de sources d’information à travers le monde. Il fournit à un aperçu des catastrophes principales (séismes, inondations, incendies de forêt, etc.), avec des liens hypertextes vers des rapports détaillés, cartes, images satellitaires et analyses. Le grand public y a également accès. Les systèmes d’alerte précoce seront renforcés permettant d’intervenir plus rapidement, ainsi que la coordination entre forces de protection civile.
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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 12:42
Beaulieu 5-9, dans la banlieue de Bruxelles, c’est le centre nerveux du « mécanisme européen de protection civile ». Un bien grand mot pour un bureau tout à fait ordinaire, où officient des fonctionnaires un peu moins ordinaires, au franc parler habituel des « opérationnels ».

Quand l’appel de Grèce est tombé, vendredi à 16h, il était déjà très tard. Les feux de forêt avaient pris une ampleur terrifique. Heureusement, la réaction européenne a été rapide. Dès le samedi midi, deux Canadairs français, en provenance de Marseille étaient sur zone, deux autres suivaient le lendemain. « Les meilleurs » assure-t-on, au niveau européen. « Ce sont les seuls qui peuvent larguer à 5 mètres ». En tout une dizaine de Canadairs, 5 autres avions et près d’une vingtaine d’hélicoptères provenant de 14 pays européens, de Norvège, d’Allemagne, de Serbie et même d’Israël ont volé vers la Grèce.

« La solidarité européenne a joué à plein » explique Hervé Martin, le chef de l’Unité « Protection civile » à la Commission européenne. Et ce n’est pas un vain mot. L’Italie qui avait des renforts français pour ses incendies a accepté que ceux-ci soient déroutés sur les feux grecs. « C’est pire chez eux que chez nous » a justifié un responsable italien. « On n’a jamais vu une telle situation » confirme Hervé Martin. « Nous sommes d’ailleurs au bout des capacités européennes de Canadairs. Si un autre incendie se déclenche, nous serons démunis. Ou alors il faudra priver la Grèce de moyens. Et c’est la deuxième fois depuis le début de l’été que cela se reproduit. Il faut donc réfléchir à d’autres moyens pour l’avenir ». A défaut d’acheter de nouveaux Canadairs, des avions australiens ou canadiens pourraient être prépositionnés en Europe l’été ou des moyens privés mis en astreinte. Mais cela coûte, un peu, cher. Et les Etats membres sont réticents à confier une nouvelle compétence à l’Europe… même s’ils sont bien contents d’appeler Bruxelles à la rescousse quand le feu brûle.
(article paru dans Ouest-France le 28 août 2007)
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20 janvier 2005 4 20 /01 /janvier /2005 22:39

(article publié dans Ouest-France 21 janvier 2005) Une simple note devrait être donc présentée ce lundi aux ministres des affaires étrangères qui doivent adopter un plan d’action après le Tsunami.

Le souffle du tsunami retombé, l’élan européen pour coordonner les moyens de protection civile semble s’essouffler. Sauf surprise, les ministres devraient ainsi se contenter, ce lundi, de belles phrases. Ce n’est pas la première une fois... La première résolution en la matière remonte à… 1991. Et ce n’est qu’après une conjonction d’accidents en 1999-2000 — naufrage de l’Erika, tempêtes, tremblement de terre en Turquie… — qu’un semblant de coordination européenne voit le jour. Une petite cellule « protection civile » prend ses quartiers à la Commission européenne (1). Une base de données répertoriant les moyens est mise en ligne. Quelques exercices en commun ont lieu. Michel Barnier, à l’époque commissaire à la politique régionale, voit plus loin et se prononce (déjà !), pour « développer une capacité d'intervention européenne, qui s'appuierait sur les dispositifs nationaux existants et qui serait capable d'intervenir de façon coordonnée ».

Tout est dit… Peu sera fait ! De nombreux Etats membres semblent réticents à lâcher une quelconque parcelle de pouvoir et… de budget (2). Et après les attentats du 11 septembre 2001, la lutte antiterroriste occupe tous les esprits. Certes les incendies de forêts à l’été 2003 et, surtout l’attentat à Madrid en mars 2004, reposent l’urgence d’une solution. Mais la rétention d’informations pour alimenter la base de données reste monnaie courante. La Commission Prodi propose bien aux Ministres un plan d’action précis. Avec les félicitations des 25… Mais, toujours, sans suite concrète.

Les querelles de pouvoir minent, en fait, toute initiative. Entre institutions européennes tout d’abord mais aussi en leur sein (3). La Commission Barroso a ainsi été incapable, mercredi dernier, d’adopter une position commune sur le sujet, les commissaires se disputant le leadership du dossier. Et dans certains pays, ce n’est pas mieux ! Chacun des acteurs concernés – Affaires étrangères, Intérieur, Santé, Environnement…— tente de sauvegarder son point de vue...

Que faudra-t-il pour que l’Europe se dote, enfin, d’une coordination de ses moyens de protection civile adaptée à son ambition ? Une nouvelle catastrophe majeure ?

Nicolas GROS-VERHEYDE.

(1) Non sans difficulté. Quelques jours avant le tsunami, le 21 décembre, les ministres renâclent à voter une augmentation de budget pour la petite cellule de protection civile — 2 millions d’euros par an, une misère à l’échelle européenne.

(2) Ainsi, alors qu'un seul Etat avait signaler avoir des pompes à disposition. six tout d’un coup en mettront à disposition lors des inondations en 2003. Effet bénéfique mais sous la pression. D'ordinaire c'est plutôt la rétention d'informations qui masque la collaboration inter-étatique.

(3) Au niveau européen, Conseil des Ministres et Commission européenne se disputent le leadership du dossier. Et ces dissensions se répercutent à la Commission européenne. Celle-ci a été incapable de présenter une position commune aux ministres.

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15 janvier 2005 6 15 /01 /janvier /2005 09:22
(article rédigé en janvier 2005) Malgré de belles paroles, les Etats membres ont toujours été réticents à confier à l’Europe une parcelle d’efficacité en matière de protection civile. Témoin de cette véritable « apathie », un sabre budgétaire s’est abattu en décembre dernier sur le seul budget de coopération en la matière. Allié au goupillon de la lutte anti-terroriste, il a beaucoup fait pour geler le dossier.

20 % de moins pour le budget de protection civile
C’était le 20 décembre (2004). A Bruxelles, les ministres de l’environnement des 25 entérinaient sans discussion une décision préparée par leurs diplomates. L’objectif — consacrer le minimum du minimum à la coopération en matière de protection civile — était atteint. Alors que la Commission proposait 2,4 millions d’euros par an  — - une misère au regard des budgets européens,  0,002 % du budget de l’Union, vingt minutes à peine de primes agricoles !— quelques Etats emportés par une rage anti-dépenses, —l’Allemagne, les Pays-Bas particulièrement contrés mais très mollement par la France et l’Espagne— décidaient de sabrer dans ce budget, que seule, en fait, l’Italie défendait. Résultat : 800.000 euros en moins, 20 % du budget alloué. Juste par principe ! Il s’agissait de montrer les crocs face à la Commission européenne dans une discussion qui se déroulait en parallèle sur les perspectives financières pour 2007-2013… Quelques jours plus tard, les mêmes s’enflammaient, faisaient de la surenchère aux dons, … Il est vrai qu’entre-temps, des vagues déferlantes avaient emporté près de 200.000 corps, quelque part en Asie. Et que dans cet entredeux fêtes, les caméras étaient braquées sur les gouvernements, embarqués dans un vaste téléthon mondial.

Tout a été posé dès 1999-2000…
Malgré une résolution … datant de 1991 pour renforcer l’assistance mutuelle en cas de catastrophe naturelle ou technologique , les Etats ont en effet toujours été très réticents à lâcher une petite parcelle de pouvoir, et de budget, en matière de protection civile.
Certes la nécessité d’aller plus loin en matière de protection civile a été soulignée dès les années 1999-2000. Le naufrage de l’Erika, le tremblement de terre en Turquie, les tempêtes, l’accident d’une usine de feux d’artifice à Enschede aux Pays-Bas … mettent en lumière la nécessité d’agir. A la Commission européenne, un triumvirat composé de Prodi, Barnier et Wallström pousse alors en avant. Il souligne , déjà !, « le manque de coordination des interventions dans les situations d'urgence et la nécessité » . Les Etats-membres, touchés chacun leur tour par une catastrophe, en conviennent. Un programme de coopération est donc mis en place. Il comprend déjà toutes les idées, (ré)agitées ces derniers temps : le recensement préalable des équipes d’intervention « disponibles dans des délais très courts », un programme de formation, des équipes communes d’évaluation et de coordination, un système de communication, etc. Michel Barnier, alors commissaire à la politique régionale, voit même plus loin – sur ce point, il n’a jamais varié de conviction — et enfonce le clou « il faut développer de manière plus systématique une capacité d'intervention européenne pour lutter contre les catastrophes, qui s'appuierait sur les dispositifs nationaux existants et qui serait capable d'intervenir de façon coordonnée ». Tout est dit… Peu sera fait !

mais ralentie et torpillée par l’obsession de la lutte antiterroriste …
Mais, avec les attentats de septembre 2001, les Etats ont la tête ailleurs. La lutte antiterroriste occupe tous les esprits. De précieux mois sont perdus. Un expert le confirme en termes fort diplomatiques. « le momentum politique n’était pas là ». L’expédition anglo-américaine en Irak n’arrange rien. Le projet du « clan des 4 » (France, Allemagne, Belgique, Luxembourg) d’une EU-Fast déposée en novembre 2003 fait long feu. Britanniques et Espagnols sont, à l’époque, obsédés par l’idée de ne pas déposséder l’Otan de certaines capacités de la « gestion civile de crise ». Le compromis est vite trouvé. Le projet d’une task force est enterrée.

Malgré de belles paroles, les Etats membres ont toujours été réticents à confier à l’Europe une parcelle d’efficacité en matière de protection civile. Témoin de cette véritable « apathie », un sabre budgétaire s’est abattu en décembre dernier sur le seul budget de coopération en la matière. Allié au goupillon de la lutte anti-terroriste, il a beaucoup fait pour geler le dossier. 

… des querelles de pouvoir et de chapelle …

A cela s’ajoute des querelles de pouvoir. Entre Etats membres d’abord. Pour les uns la protection civile est du ressort de l’armée, pour d’autres, de la gestion civile des crises, donc du ministre de l’intérieur, pour les troisièmes, de la santé et du secours d’urgence ou de la préservation de l’environnement.  Cette querelle se répercute naturellement au niveau européen. La protection civile dépend, en effet, à la Commission  de la direction générale  « Environnement ». Pas très sérieux aux yeux des militaires ou sapeurs pompiers chargés en général de la sécurité civile. Le haut représentant à la politique extérieure, Javier Solana, qui souhaiterait bien disposer de telles compétences, n’est pas le dernier à souffler les braises sur le feu. Au sein de la Commission européenne, la querelle se fait jour entre les services de la justice et de l’environnement qui revendique chacun le leadership en matière de protection civile.

… les carences des Etats membres …
Les Etats font de la rétention d’information. La Commission reconnaît d’ailleurs, dans son rapport en mars 2004, « des carences en matière d’information ». « La base de données est actuellement assez rudimentaire ». Exemple lors des inondations en France, « lorsque la France a récemment demandé des pompes en grande capacité, un seul pays avait enregistré dans la base de données des équipes disposant de pompes et la capacité de ces pompes n’était pas précisée. Or la réponse à la demande d’aide a révélé que six pays participants disposaient de matériel répondant aux spécifiques techniques ».

… et la fausse excuse des « bases juridiques » (1)
Ce n’est qu’après l’attentat de Madrid, en mars 2004, que l’idée d’un renforcement de la protection civile peut refaire surface. La Commission européenne présente rapidement ses propositions. Tout simplement, car elles reprennent le projet ébauché en 1999-2000 . L’idée d’une « task force » reste taboue. « Nous n’avons pas de base juridique pour agir » avance un porte-parole de la Commission. « Faux » répond un diplomate. Personne n’a apparemment songé à une idée émise par certains spécialistes, qui ne coûte rien et ne nécessite qu’une décision administrative. Rassembler physiquement en un même lieu, la petite cellule de protection civile au service de l’Office européen d’aide humanitaire. Trop facile sans doute !

 Echo, l’exemple louable, à ne surtout pas suivre ?
Malgré tous les louanges qu’a reçu dernièrement, Echo, cet Office européen pour l’aide humanitaire souffre d’une tare indélébile aux yeux des gouvernements : il est bien trop autonome. Son budget est débloquable rapidement.  Et s’il ne dispose pas de ses propres troupes, il se repose généralement sur  la Croix-rouge ou les ONGs, voire des organes des Nations-Unies à qui il distribue , directement, ses subsides. Trop risqué. Ces « troupes » ne portent pas suffisamment haut le macaron national. Or n’est-ce pas ce qui compte  dans une intervention de cette nature ? Le drapeau porté hors des frontières, de préférence devant les caméras....

(1) (mis à jour janvier 2010) Depuis le 1er décembre 2009 (avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne), il y a une base juridique pour agir (lire : Une nouvelle compétence de gestion de crises pour l'UE: la protection civile). Et dans la structure de la nouvelle Commission 2010, la cellule de protection civile va être intégrée à ECHO (sous la responsabilité de la commissaire à l’aide humanitaire et la réponse de crise qui aura donc les deux fonctions).
© NGV
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7 janvier 2005 5 07 /01 /janvier /2005 10:55
(article paru dans Ouest-France 2004).
Rassembler près d’une cinquantaine de ministres autour de la table, sur la catastrophe asiatique. Tel était le symbole de solidarité, et le principal objectif, de la réunion extraordinaire des Ministres des affaires étrangères et de la santé, auxquels assistaient plusieurs représentants des Nations-Unies (OMS, Unicef, Affaires humanitaires). Le « rôle central de l’ONU » a, bien évidemment, été mis en exergue. Et les 25 ont salué la volonté de la Commission européenne de dégager 450 millions d’euros supplémentaires sur le budget communautaire, en majeure partie destinée à la réhabilitation. « Une phase cruciale » a souligné le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel. D’autres actions pourraient voir le jour, notamment pour venir en aide aux communautés de pêcheurs, fortement touchées. Les 25 encouragent enfin la mise en place d’une solidarité de proximité, des jumelages entre les régions, les villes, les hôpitaux, les écoles. Mais l’ambition européenne est aussi de mieux s’organiser pour l’avenir. L’espagnol Javier Solana a ainsi été chargé de coordonner les moyens militaires d’intervention. Michel Barnier et Philippe Douste-Blazy, ont plaidé pour « une force d’intervention rapide de protection civile ». « Il ne faut pas créer une nouvelle structure — explique Michel Barnier, ardent promoteur de cette idée depuis des années — mais avoir à Bruxelles un petit Etat-major qui fasse la liaison entre les différentes forces de protection civile de chaque pays. Avec des secouristes entraînés à travailler ensemble et pouvant partir dans les 48 heures. (…) Il faut aussi que l’on vérifie si nos côtes, en Méditerranée et en Atlantique, sont bien dotés d’un mécanisme d’alerte comme dans le Pacifique » a-t-il ajouté. Puissent ces idées être mises en pratique avant la prochaine catastrophe…
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.