La politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance discrètement derrière les murs du Justus Lipsius (le Conseil de l'UE), le Cortenberg 150 (l'Etat major) ou la rue des Drapiers (l'Agence européenne de Défense). Missions militaires et civiles (Kosovo, Tchad, Afghanistan, Israël, Ouganda, Irak...), logistique et transport aérien
La mission a été annoncée à grand renfort de voix, lors de la réunion informelle des ministres de la Défense de l'OTAN à Cracovie. "L'Otan étudie l'envoi au printemps de six bâtiments de guerre au large des côtes somaliennes pour participer à la lutte contre la piraterie", a claironné Jaap de Hoop Scheffer, le secrétaire général de l'organisation euro-atlantique. Celui-ci s'est cependant bien abstenu de préciser les détails de cet envoi. Car en fait de mission, selon des diplomates, il n’y en a pas en tant que telle.
Simplement, un des deux groupes navals permanents de l'Otan (SNMG) doit bientôt effectuer une "croisière vers Singapour et l'Australie" (comme l'explique mon collègue de l'AFP). Et il en profiterait "à l'aller ou au retour pour mener une mission de dissuasion", venant ainsi apporter un renfort ponctuel aux navires déjà présents dans la zone de l’Union européenne (EUNAVFOR), des coalitions anti-terroristes et anti-pirates (CTF-150 et CTF-151, dirigées par les Américains et comprenant Danois, Pakistanais... ), et d'autres pays (Russie, Chine et d’autres pays).
Un officiel allemand a même vendu la mèche. Un peu excédé, semble-t-il, de se se voir ainsi forcé la main. Trois navires allemands (dont un pétrolier ravitailleur) devraient ainsi venir relever leurs collègues d'EUNAVFOR. L'un d'entre eux sera issu du SNMG de l'Otan et pourrait ainsi porter le temps du trajet le drapeau de l’OTAN, avant de prendre celui de l’Union européenne. Comme l’a confirmé le ministre allemand de la Défense, Franz Josef Jung: « Nous n'avons pas de mandat du Bundestag pour effectuer une mission au titre de l’Otan mais uniquement au titre de l’Union européenne ».