La politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance discrètement derrière les murs du Justus Lipsius (le Conseil de l'UE), le Cortenberg 150 (l'Etat major) ou la rue des Drapiers (l'Agence européenne de Défense).
Missions militaires et civiles (Kosovo, Tchad, Afghanistan, Israël, Ouganda, Irak...), logistique et transport aérien
La Bosnie-Herzégovine est aujourd'hui le talon d'achille de la politique européenne de stabilisation dans les Balkans. Ce pays qui a été le "coeur" de l'ex-Yougoslavie, le lieu le plus déchiré des guerres yougoslaves des années 1990, se retrouve aujourd'hui à la traîne bloqué dans d'inextricables difficultés politiques et ethniques qui remontent aux accords de Dayton en 1995.
L'UE a deux missions : l'une est militaire, Eufor Althea, qui dispose de la possibilité d'utiliser la force (mission exécutive, type article 7 charte des NU) et doit être reconfigurée en mission non exécutive (ce qui ne va pas sans difficulté, lire Echec de la présidence suédoise sur Althea Bosnie) ; l'autre vise à doter la Bosnie-Herzégovine d'une force de police efficace et pluraliste (MPUE / EUPM). C'est cette dernière mission qui mérite un peu plus d'attention aujourd'hui. Pourquoi ? Car elle est d'importance stratégique. Il faut éviter de recréer au niveau européen une zone de no mans land, avec un Etat faible, une corruption endémique, des réseaux mafieux et une police divisée en zones étanches. La Bosnie sera un des membres de l'Union européenne dans quelques années (pas tout de suite comme la Croatie, mais d'ici 2020 au plus tard). Et il est urgent d'agir sur ce plan, pour éviter de se retrouver avec une situation à la bulgare, où le pays vit sous contrôle permanent de Bruxelles. Et la moitié de sa classe politique dirigeante est dévalorisée par des affaires en tout genre.
EUPM vient juste de se doter d'une nouvelle organisation et de se reconfigurer pour assurer d'autres tâches. Un lifiting en taille (moins d'hommes) et en objectifs (davantage concentrée sur la criminalité organisée).
Les gens d'EUPM m'avaient invité à passer les voir. J'étais bloqué sur Bruxelles pour diverses raisons (dont le Conseil européen). Aussi, (une fois n'est pas coutume!), est-ce une collègue qui est partie sur place. Vous pourrez donc lire bientôt ces papiers de reportage - un autre regard sans doute -, agrémentés, comme d'habitude sur ce blog, de différents éléments de contexte.