La politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance discrètement derrière les murs du Justus Lipsius (le Conseil de l'UE), le Cortenberg 150 (l'Etat major) ou la rue des Drapiers (l'Agence européenne de Défense). Missions militaires et civiles (Kosovo, Tchad, Afghanistan, Israël, Ouganda, Irak...), logistique et transport aérien
Convoquée dans l'urgence, dans la matinée, la réunion des ambassadeurs du COPS (le Comité politique et de sécurité) de l'UE, lundi 31 mai, a été essentiellement consacrée à rédiger une déclaration destinée à la fois à déplorer les pertes de vies comme à appeler à une enquête internationale et la levée du blocus sur Gaza. Une déclaration qui a été légèrement durcie par rapport à la première déclaration de la diplomate en chef de l'UE, Catherine Ashton (lire : L'assaut israélien sur la "flottille de la paix" pose problème à l'UE (maj4)).
La discussion n'a pas été évidente selon les informations obtenues. Elle a duré plusieurs heures. Le sujet "Israël/Palestine" continue de diviser les Européens. Entre les Suédois ou Grecs d'un coté (pour une résolution dure), les Tchèques et Néerlandais de l'autre (pour une résolution la plus consensuelle possible), on trouve toute la palette des opinions possibles. Les Tchèques, particulièrement, estimaient même qu'il n'y avait pas matière à résolution et ont diffusé un télex diplomatique en ce sens avant la réunion à tous leurs homologues.
Parmi les points de discussion, la façon de qualifier les évènements, la nature des victimes, les conditions de l'enquête, les autres actions à prendre en oeuvre (la suspension de l'accord d'association n'a pas recueilli d'opinions majoritaires, mais la question est désormais posée).
Une enquête "impartiale", autrement dit internationale, réclame l'UE
Finalement les 27 se sont mis d'accord sur un texte de déclaration (lire ci-dessous) sensiblement plus dur demandant notamment une enquête "impartiale, complète et immédiate" pour faire la lumière sur les évènements, autrement dit une enquête internationale comme me l'a expliqué un expert du sujet, là où Lady Ashton demandait une simple enquête par les autorités israéliennes. Ce qui, au niveau diplomatique, est une singulière différence.
La déclaration rappelle également à Israël ses obligations internationales, notamment pour permettre "de façon urgente" l'accès consulaire des Etats membres à leurs citoyens actuellement détenus (les six navires de la flottille ont été déroutés sur Ashdod et plusieurs personnes détenues après interrogatoire).
Les 27 ont également décidé que cette déclaration devrait être remise à haut niveau (sans doute au Premier ministre israélien) par un des représentants de l'UE présents dans le pays. D'autres initiatives qui seront précisées dans les heures ou jours qui suivent, comme la convocation d'une réunion du Quartet à haut niveau.
L'OTAN bien embarrassée
Du coté de l'OTAN, la réaction a été très mesurée, prudente, voire embarrassée. Le secrétaire général de l'OTAN n'a pris sa plume qu'en milieu d'après-midi. Et encore était-ce le service minimum, pour regretter les vies perdues et attendre d'en savoir plus pour réagir : « NATO is deeply concerned about the loss of life in this incident. We look forward to a further establishment of the facts of what has happened. » Une prudence sans doute nécessaire vu la confusion mais qui détonne notablement. La Turquie - Etat du pavillon du Mavi Marmara - a demandé la convocation d'une réunion exceptionnelle du Conseil de l'Atlantique Nord - qui regroupe les ambassadeurs des 28 (équivalent du COPS). Celle-ci doit avoir lieu cet après-midi.