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La politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance discrètement derrière les murs du Justus Lipsius (le Conseil de l'UE), le Cortenberg 150 (l'Etat major) ou la rue des Drapiers (l'Agence européenne de Défense). Missions militaires et civiles (Kosovo, Tchad, Afghanistan, Israël, Ouganda, Irak...), logistique et transport aérien

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L'Europe : du business ou de la politique étrangère ?

C'était au moment des négociations entre l'Autriche, la Suède, la Norvège et la Finlande, dans le dernier round des négociations, en 1994, il y a quinze ans maintenant, Jacques Delors - alors président de la Commission européenne - raconte - dans ses mémoires (*) -, comment les nouveaux adhérents considéraient la PESC... « Excédé par les relances revendicatives des Autrichiens et des Suédois, je leur avais demandé s'ils adhéraient bien à tout le traité, y compris la politique extérieure et de sécurité commune. J'avais eu droit à un sourire narquois de mes interlocuteurs et à cette réplique : “Monsieur Delors, revenons à nos affaires et parlons business". » « Je ne cite cette remarque et cet épisode que pour montrer la taille des obstacles qui se dressent sur la route d'une convergence, même partielle, de la politique étrangère.» poursuit l'homme politique français.

On peut observer qu'aujourd'hui ces trois pays - Autriche, Suède, Finlande - sont sinon les plus grands militants de la politique étrangère de l'UE et de l'Europe de la Défense, du moins des contributeurs notables. Sans eux, l'opération militaire au Tchad aurait sinon été impossible du moins plus difficile à monter. Et sur la crise à Gaza, et le conflit du Proche-Orient, ces trois pays apportent aujourd'hui un apport notable diplomatique (cf. déclaration de Carl Bildt).

Comme quoi, il ne faut jamais désespérer de certains Etats européens par exemple de la présidence actuel. Les réticents d'hier sont les enthousiastes d'aujourd'hui... Alors demain, la république Tchèque - aujourd'hui plutôt rétive (le mot est faible) à la politique étrangère et à la défense européenne - en sera (peut-être) demain un ardent supporter... du moins après cette présidence. Personnellement j'en suis convaincu (**). Un ambassadeur auprès de l'UE me disait encore récemment "c'est un des bienfaits des présidences tournantes. Je ne sais pas si les supprimer est vraiment une bonne idée".

(*) Jacques Delors, "Mémoires", éditions Plon, janvier 2004, 25 euros.
(**) En 2002, j'avais publié une libre opinion dans mon quotidien de l'époque, France-Soir, pour aller contre certaines idées préconçues.
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