La politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance discrètement derrière les murs du Justus Lipsius (le Conseil de l'UE), le Cortenberg 150 (l'Etat major) ou la rue des Drapiers (l'Agence européenne de Défense). Missions militaires et civiles (Kosovo, Tchad, Afghanistan, Israël, Ouganda, Irak...), logistique et transport aérien
Invité par la présidence finlandaise de l'Union à venir partager - ce 20 octobre - un dîner avec les chefs d'Etats et de gouvernement des 27 (*), dans la bonne ville de Lahti (en Finlande), Vladimir Poutine peut être satisfait. Le président de la Fédération de Russie repart sans avoir cédé sur l’essentiel. La Charte sur l’Energie est moribonde. Ses principes seront peut-être repris mais renégociés. Les entreprises européennes doivent s’attendre à voir leurs contrats, trop favorables, renégociés. Le président russe a aussi, à plusieurs reprises, renvoyé les Européens dans les cordes : sur le libre marché, la corruption, la mafia … Et, surtout, il a évité publiquement toutes les questions gênantes - liberté de la presse, droits de l’homme, Tchétchénie, Géorgie - se portant même garant d'une stabilité menacée dans la zone orientale de l'Europe.
La deuxième stratégie, de dépolitisation du dossier, était défendue principalement par un trio de "grands" pays, Allemagne-France-Royaume-Uni, et endossée par la Commission européenne et la présidence finlandaise. Le propos était de séparer les questions. La rencontre de Lahti ayant pour objet les marchés énergétiques, il s'agissait de ne pas la polluer avec d'autres questions plus politiques. Pratiquement, de dire à Poutine : "faites ce que vous voulez dans votre pays aux niveaux des réformes politique, militaire, humanitaire, mais ne touchez pas aux avancées du libre marché et... à nos entreprises". Le message a l'avantage d'être clair mais conciliant et de ne pas irriter le président russe. Il peut l'obliger aussi à un geste de bonne volonté à court terme. Il a l'inconvénient de lui laisser une large marge d'appréciation pour le futur dans ses relations sur le "glacis" russe. Il démontre aussi que l'Europe, force économique et démographique, préfère rester un "nain politique" même dans sa zone de proximité. Il recèle une contradiction : à quoi sert de mener un débat au plus niveau politique pour laisser de coté les questions les plus politiques ?