La politique européenne de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance discrètement derrière les murs du Justus Lipsius (le Conseil de l'UE), le Cortenberg 150 (l'Etat major) ou la rue des Drapiers (l'Agence européenne de Défense). Missions militaires et civiles (Kosovo, Tchad, Afghanistan, Israël, Ouganda, Irak...), logistique et transport aérien
Le projet européen de construire un nouvel avion militaire tous terrains, Airbus A400M, a pris du retard. Entre 3 à 5 ans. Un retard confirmé par Louis Gallois, le PDG d’EADS. Et la perte pour l’entreprise se chiffre déjà entre 2 et 3 milliards d’euros. Pour autant faut-il crier haro sur le patient malade ? Non ! Ce pour quatre raisons. Premièrement, en pratique, qu’est-ce qu’un retard de 3 ou 4 ans pour un avion qui va durer près d’un demi-siècle et alors qu’aucune solution réellement alternative n’existe. Deuxièmement, au niveau opérationnel, l’Airbus A400M donne une vraie autonomie et capacité d’action aux armées européennes pour intervenir sur presque tous les terrains, loin d’Europe. Troisième raison, la réalité industrielle et économique. Le chiffre de 40 000 emplois – donné par EADS – donne la mesure du défi aujourd’hui en pleine crise économique et ses possibilités à l’export demeurent intactes. Enfin, ce projet a des retombées technologiques qui vont irriguer, durant des années, la recherche et donner à l’Europe une vraie avance.