Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 septembre 2004 4 30 /09 /septembre /2004 02:59
(Paru dans Ouest-France, septembre 2004) Pour Paul Filler le chef du bureau de l’Office européen d’aide humanitaire en Iraq, le pessimisme est de mise. La situation ne s’améliore pas. Bien au contraire…

L’homme est discret, peu disert, en un mot prudent. Paul Filler est le chef du bureau d’Echo, l’office européen d’aide humanitaire, en Iraq. Ou plutôt en Jordanie car, depuis plusieurs mois, cet organisme qui dépend directement de la Commission européenne, présent en Iraq depuis… 1992, a replié l’essentiel de son personnel international à Amman, en Jordanie. Reste donc sur place uniquement le staff local, dans un bureau à Bagdad dont l’adresse est gardée soigneusement secrète… par mesure de sûreté ! Les Européens s’y risquent à de trop rares moments. « C’est très difficile pour tous nos partenaires sur le terrain : les ONGs, la Croix-Rouge internationale… Il faut être très imaginatif, très souple pour continuer à travailler ». Une « situation totalement nouvelle » assure-t-il. « D’ordinaire, nous faisons face à l’urgence et, une fois les besoins primaires assurés, démarre la reconstruction. Ici, en Iraq, on doit faire face aux deux à la fois ». Avec une difficulté supplémentaire. « La situation évolue constamment. Il est très difficile de prévoir les besoins ». Et surtout un problème qui tourne à l’obsession : « la sécurité ». Une préoccupation qui n’est pas près de s’éloigner. Car la situation s’aggrave. « C’est encore plus difficile ces derniers mois d’agir. Le danger est partout. Les forces militaires mais aussi la criminalité qui se développe ». Et la confusion règne entre l’humanitaire et le militaire. Certaines troupes de la coalition menant des actions humanitaires envers la population. « Ce qui sème une grande confusion » et explique peut-être pourquoi certains membres d’ONGs sont pris pour cible. Pour l’avenir, le pessimisme semble de mise. « Il est difficile d’imaginer que cela puisse s’améliorer demain» avoue Paul Filler. La seule issue, selon lui : « la paix. Tout dépend de cela. Que la paix revienne et alors, pfouf, tout reviendra, il n’y a plus de problèmes d’urgence et on pourra attaquer réellement la reconstruction ».

Partager cet article

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Moyen Orient - Iran Irak
commenter cet article

commentaires

Nouveau Site


Bruxelles2 a migré depuis 2010 ! Les derniers posts sont sur  : www.bruxelles2.eu

Ou sur la version professionnelle du "Club" sur souscription

Sans oublier le fil http://www.bruxelles2.eu/feed/link... ou le fil Twitter

Avertissement B2 - Bruxelles2 n'est, en aucune façon, responsable de l'irruption de publicités, sur ce site, qui sont de l'unique initiative et responsabilité de l'hébergeur, over-blog. Vous pouvez nous suivre désormais sur le site (sans publicité) de B2

Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.