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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 19:55

Eurofighter_Typhoon-Uk.jpgC'est la plus grande perte que l'armée britannique ait connue depuis des années. Le plan que concocte le gouvernement de coalition (libéral-conservateur) visant à redresser les comptes publics (155 milliards £ de déficit) va infliger aux forces armées britanniques plus qu'une sévère correction, une radicale cure d'amaigrissement. On n'est plus ici dans le domaine de petites mesures conjoncturelles. Il s'agit d'opérer un véritable changement de focus stratégique.

Douloureuse facture à éponger

C'était d'ailleurs une promesse de campagne (1). La facture laissée par les travaillistes avoisine les 72 milliards de £ (soit deux années budgétaires), explique-t-on du coté du gouvernement, et oblige à agir de façon décisive. Le principe défendu par le ministre de la Défense Liam Fox, est que l'armée britannique ne peut plus se permettre de faire demain tout ce qu'elle faisait hier. 

La coupe est d'autant plus drastique que le chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances) a obtenu lors d'un arbitrage du Premier ministre que si le programme du Trident se ferait, il serait supporté par le budget du ministère de la Défense (et non comme c'était la règle par le budget général). Particulièrement ironique, le Daily Telegraph (proche des conservateurs) explique que l'armée va perdre ses "big boys toys - fast jets, tanks, all-singing and dancing warships". On ne saurait être plus illustratif. Et cela pourrait donner des idées ici ou là... 

D'ici la fin août, un plan sera présenté au Conseil de sécurité nationale qui aura pour charge de le préciser. Et l'ampleur des coupes sera annoncée au Parlement dans le cadre de la révision stratégique enclenchée sous le précédent gouvernement. 

  La RAF trinque, le Tornado en retraite anticipée, le Typhoon raboté, l'Airbus A400M sauvé.

Première victime des coupes : la Royal Air Force, qui va revenir à un format qu'elle n'avait pas connue depuis le début de l'autre siècle, dit-on de l'autre coté de la Manche. Elle devrait perdre près de 300 avions revenant à une force d'environ 200 avions, selon nos confrères britanniques, et un sixième de ses hommes (7000). La flotte des 120 bombardiers Tornado va passer à la trappe. Ils devaient être révisés pour tenir jusqu'à 2025. Terminé ! = 7,5 milliards d'économisés £. Le nombre d'avions de chasse Eurofigther Typhoon diminue de 40% (il passera de 160 commandés à 107 = 1 milliard £. Le projet des avions de surveillance Nimrod MR4 - maintes fois retardé - est sur la sellette . En revanche, le programme Airbus A400M passe sans encombre le grill budgétaire puisque les Britanniques devraient confirmer les 22 avions actés à Palma de Majorque (2). Ils sont destinés à remplacer toute la flotte des 36 Hercules (épuisés par dix ans d'engagement intensif en Irak et en Afghanistan).

Les Royal Marines fusionnés avec les Paras

La Marine n'est pas en reste. Elle devrait contribuer avec 2 sous-marins, 3 navires amphibies, 100 officiers supérieurs et 2000 marins. Quant à l'armée de terre elle verra sa flotte de véhicules blindés (environ 10.000 aujourd'hui) diminuer de 40%. Et une brigade de 5.000 hommes va être supprimée, après 2015 (date programmée par le gouvernement Cameron pour le retrait définitif d'Afghanistan). Dans le collimateur, la 7e brigade blindée ou la 20e brigade blindée, stationnées en Allemagne. Les bataillons d'infanterie seront resserés, passant de 600 hommes à 750 (une des leçons de l'Afghanistan).

Last but not least, le  corps d'élite des Royal Marine pourrait quitter la Navy pour rejoindre les terriens et être fusionnés avec les bataillons parachutistes pour former une seule unité... Shocking !

Les industriels priés de se serrer la ceinture

Les troupes ne sont pas seules à trinquer. Les industriels également. Le ministre, Liam Fox, a déjà annoncé la teneur aux industriels de la défense. Vous allez devoir vous serrer la ceinture. Quelques contrats, basés sur un partenariat public-privé, sont dans le collimateur (on parle d'une coupe d'au moins 20 milliards de £)  : le remplacement des hélicoptères de "search and rescue", concédé à un opérateur privé par le précédent gouvernement travailliste (3), mais guère prisé par les conservateurs, est ainsi compromis, tout comme l'académie de défense ; le programme d'entretien des ravitailleurs en vol — 14 Airbus A330 — ne devrait, lui, la vie sauve que grâce à l'engagement en Afghanistan.

(1) Lire : Avec les Brit' ca va "déménager" !

(2) Lire : Les "derniers détails" à régler pour l'Airbus A400M (maj)

(3) Lire : Les Britanniques privatisent le Search and Rescue en mer

(crédit photo : ministère britannique de la Défense "l'Eurofighter")

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 15:12

CameronProgGvt-Uk051020.jpgLa coalition britannique LibDem-Conservateurs a sorti son programme.

Fort d'une trentaine de pages, il détaille les différents de la politique qu'il entend mener durant ses cinq prochaines années (1).

Petit décryptage dans les domaines de la défense, de la politique étrangère et de l'Europe.

Au vu du programme, dont il n'est d'ailleurs pas sûr que tout sera réalisable ni justifiable au long des années (il semble plus idéologique que réaliste), on se dit que les points de friction avec les Européens risquent d'être nombreux.


Le sort des soldats et de leurs familles

première priorité de la Défense... avec le nucléaire

La sécurité nationale, et particulièrement l'engagement en Afghanistan, est l'alpha de la politique britannique en matière de défense comme de politique étrangère.

Améliorer le sort des soldats, des vétérans et de leurs familles

C'est la première priorité en matière de défense : assurer aux forces armées le "soutien dont elles ont besoin", notamment en matière d'équipement et de soutien personnel. L'armée britannique a, en effet, le vague à l'âme. Et il s'agit de "recoller" les bouts après 10 années d'engagement intensif en Irak et Afghanistan, en facilitant la vie des soldats, et de leurs familles.

Toute une série de droits sont visés: s'assurer que les droits au repos et à récupérations sont "maximisés", scolarité des enfants dont les parents ont été tués au combat, soutien aux vétérans qui ont des problèmes de santé mentale, révision des règles de délivrance des médailles, doublement de l'allocation en opération pour le personnel servant en Afghanistan, traitement des personnels blessés dans des sections militaires spécialisées, réfection des logements militaires, etc... La coalition veut aussi mettre au point un programme "Troops for Teachers" permettant aux militaires de trouver des débouchés dans l'enseignement.

Sucrer les moyens du Ministère

Comment arriver à tout cela ? Rien n'est mentionné dans le programme, mis-à-part un objectif, précis : diminuer de 25% les coûts de fonctionnement du ministère de la défense (les services centraux du MoD qui ont "enflé" selon les conservateurs et libéraux, depuis des années).

Conforter le Nucléaire

Le gouvernement entend maintenir la capacité de dissuasion nucléaire britannique. Il conforte ainsi le renouvellement des sous-marins nucléaires Trident mais affirme qu'il sera examiné "pour s'assurer de sa rentabilité" (petite, concession faite aux Libéraux).

Désarmement et armes à sous-munitions

Au niveau international, le Royaume-Uni entend jouer un rôle important sur la conférence de révision du traité de non-prolifération nucléaire et agira de façon continue pour un désarmement multilatéral. Il veut également agir pour l'interdiction des armes à sous-munitions et s'assurer du contrôle d'exportations des armes, afin que celles-ci "ne servent pas à la répression interne".

Une place pour les pays émergents au Conseil de sécurité

Ce programme affirme, bien entendu, la volonté pour le Royaume-Uni d'occuper toute sa place au niveau international, jouant "un rôle constructif dans les organisations multilatérales, comme l'ONU et l'OTAN" tout en défendant "ses intérêts". Le Royaume-Uni entend ainsi défendre l'arrivée de nouveaux pays au Conseil de sécurité : Japon, Inde, Brésil, Allemagne et représentation des pays Africains.

Une politique étrangère centrée sur les terrains de prédilection des Britanniques

Pousser à la paix au Moyen-Orient (avec un "Etat d'Israël sûr et universellement reconnu aux cotés d'un Etat palestinien viable et souverain"), promouvoir la stabilité dans les Balkans (3), renforcer le développement et les valeurs démocratiques dans le Commonwealth, développer une nouvelle relation spéciale avec l'Inde et rechercher un engagement plus étroit avec la Chine... Telles sont les autres priorités internationales du nouveau gouvernement. On peut noter le traditionnel "maintien d'une forte, étroite et franche relation avec les Etats-Unis" (avec l'apparition de ce "franc", apport des Libéraux).


L'Europe ? Oui, mais... d'abord les Anglais

Au plan européen, les Britanniques réaffirment sinon leur hostilité du moins une forte vigilance.

Un referendum-lock

Le gouvernement veut introduire dans sa loi (1972 European Communities Act) une obligation de consulter les citoyens par referendum pour tout transfert de pouvoir ou compétence aux institutions européennes : système dit de "referendum-lock", c'est clair ! Ils entendent aussi étudier un "United Kingdom Sovereignty Bill" qui réaffirme le rôle premier du Parlement (britannique). Et refusent que les clauses passerelles soient utilisées automatiquement (sans législation primaire).

Défense des intérêts de la Couronne

Ils entendent défendre leurs droits budgétaires (le fameux "chèque" britannique dont il était question de le supprimer) comme limiter toute législation qui serait préjudiciable aux intérêts de la Couronne, à commencer par celle sur le Temps de travail (nommément citée).

Pas d'Euro, pas de politique commune judiciaire, pas de Procureur européen

Ils refusent de rejoindre l'Euro, et même d'en faire les préparatifs sous la législature, entendent préserver la spécificité britannique en matière de justice et d'affaires intérieures, ils refusent notamment la création d'un Procureur européen.

Suppression du siège du PE à Strasbourg

Enfin, ils veulent un siège unique pour le Parlement européen, "à Bruxelles" (autrement dit : la suppression du siège de Strasbourg). NB : bizaremment ce point n'a pas été évoqué - du moins publiquement lors de la rencontre Sarkozy-Cameron, jeudi, à l'Elysée.

En bref, il va y avoir du sport !

 

(1) Télécharger le programme

(2) L'Europe doit s'engager de façon plus ferme en Bosnie, dit William Hague (UK)

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 21:39

Suppressions de primes, restrictions budgétaires... l'armée grecque n'est pas épargnée par les restrictions budgétaires qui frappent la fonction publique grecque. Et même si les syndicats et encore plus la grève lui sont interdits, certains ont lancé des mouvements de protestation, notamment sur "facebook", prônant une "déclaration d'inaptitude psychologique aux opérations" (en gros une grève sur les opérations). Un mouvement d'opposition qui ne semble pas minoritaire au point que le ministre de la Défense, Evangelos Venizelos, s'en est publiquement ému devant les aviateurs de l'escadre de chasse n°114 basée à Tanagra, dotée notamment de Mirage 2000 et chargée de la défense de l'espace aérien grec. Une campagne que s'est empressée bien évidemment de mentionner la presse turque « C'est un mauvais signal et un signe de faiblesse » a souligné le ministre grec

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 21:30

C'est la première conséquence, au plan stratégique, de la crise économique sur le continent européen (mais peut-être pas la dernière !) : le réchauffement des relations entre la Grèce et la Turquie sera à observer avec attention dans les prochaines, après la visite, ce week-end, du Premier ministre turc Erdogan à son homologue grec, Papandréou. Un évènement qu'on peut considéré comme historique (si toutes les promesses sont tenues).

Erdogan est, en effet, venu à Athènes à la tête d'une imposante délégation (10 ministres, une centaine d'hommes affaires). Et pas moins de 21 accords ont été signés qui embrassent nombre de sujets, essentiellement au plan économique : de la promotion en commun du tourisme à la réintégration des migrants illégaux. Mais le plus important est ailleurs. Dans les déclarations qui ont accompagné cette visite. Et dans les évolutions futures.

Si ce rapprochement tient bon, il pourrait en effet permettre à court et moyen termes plusieurs évolutions qui intéressent, au plus haut point, la sécurité européenne : litige sur les eaux territoriales de la mer Egée, conflit chypriote, relations UE-OTAN, élargissement à la Turquie. Il pourrait également mettre fin à une course aux armements nocive pour les relations entre les deux voisins... et qui pèse sur l'économie des deux pays. 

Cela suppose cependant pour les dirigeants au pouvoir beaucoup de doigté : avec les Turcs, d'abord, pour arriver à un accord rapidement. Mais aussi en interne, les coupes financières (suppression de primes,...) dans l'armée ne se feront pas sans dommage en Grèce et suscitent une "grogne" de plus en plus perceptible (lire : l'armée grecque en grève ?). 


Mettre fin à la "guerre froide" de la mer d'Egée, une nécessité

Il s'agit, tout d'abord et c'est le plus important, de mettre fin à ce qu'il faut bien appeler une "guerre froide" que se mènent les deux pays depuis des années. La question des limites territoriales, sur mer et dans l'air, autour des îlots de la mer Egée (1) suscite des incidents répétés. Souvent sans gravité. Parfois non. Dernier incident grave en date : en 2006, la collision entre deux F16 — l'un grec, l'autre turc — fait un mort (le pilote grec). Mais toutes les semaines, on joue ainsi au chat et à la souris entre les deux voisins et on frôle l'incident. Dès son arrivée au pouvoir Papandréou envoie une lettre à son homologue turc pour l'engager à travailler sur ces questions. Un sujet approfondi en marge de la conférence sur l'Afghanistan à Londres, en janvier. Aujourd'hui Turcs comme Grecs ne sont pas encore d'accord. Mais, lors d'une conférence de presse tenue à Athènes, samedi, Erdogan a promis d'étudier la proposition Papandréou de se communiquer les plans de vols des avions de combat, ainsi que leur désarmement. La question de la levée du "casus belli" (déclarée par le parlement turc en 1995) n'est pas encore réglée. Mais elle n'est plus taboue. Elle le sera lors de contacts ultérieurs a indiqué le Premier ministre turc.


Permettre à une solution sur Chypre

La détente greco-turque pourrait avoir d'autres conséquences. A commencer sur les négociations en cours sur le statut de Chypre (elles doivent reprendre le 26 mai). Le président chypriote espère « une solution d'ici la fin de l'année ». Il serait temps ! Chypre est tout de même le seul pays de l'Union européenne qui compte encore sur son territoire une mission de maintien de la paix des Nations-Unies (UNFICYP), mission qui compte toujours plus de 1000 personnes (850 soldats, 69 policiers, 39 civils et 113 locaux) et qui a subi, depuis 1964, des pertes non négligeables : 180 militaires ou civils sont morts. On l'oublie ! Une solution entre la Grèce, la Turquie et Chypre ne pourrait également que faciliter la signature d'accords entre l'UE et l'OTAN pour permettre notamment les échanges d'informations opérationnels ou la participation des uns aux programmes des autres. 


Stopper une course aux armements qui coûte cher

La Grèce s'est dotée d'une armée surdimensionnée par rapport à ses voisins européens. Et il est plus qu'urgent aujourd'hui pour le pays des Hellènes, aux proies avec une crise budgétaire et de la dette sans précédent, de diminuer les dépenses sur tous les plans.   

Les dépenses grecques d'armement continuent de représenter un poids important du PIB (produit intérieur brut). Les dépenses militaires représentent entre 2,8 % en 2008 (selon l'OTAN) à 3,55% (selon le GRIP et le SIPRI, qui ont une méthode de calcul plus large), soit le taux le plus important des pays de l'Union européenne et le second de l'OTAN. Seuls les Etats-Unis sont devant avec 4,21%, la Turquie dépense 2,17% de son PIB.

Année
% PIB

1993
4.4
1994
4.3
1995
3.8
1996
4
1997
4.1
1998
4.3
1999
4.3

2000
4.3

2001
4.1
2002
3.9
2003
[3.1]

2004
[3.2]

2005
[3.4]

2006
3.73

2007
[3.3]

2008
3.55

 

 

 

source : SIPRI, GRIP - [estimation]

 

Depuis 2004, ces dépenses ont progressé à un rythme qui atteint souvent le double de la progression du PIB : +11,1% en 2008 (à comparer à une progression de 3,2% du PIB).  

en pourcentage de progression
2004
2005
2006
2007
2008
Progression des dépenses de défense +8.8 +9.5 +3.8 +0.01 +11.1
Progression du Produit intérieur brut +4.6 +3.8 +4.2 +4.0 +3.2

source : OTAN

La majeure partie des dépenses est consacrée au personnel (74,1% du budget en 2008), ce qui représente le plus haut niveau des pays de l'OTAN. Et l'armée est toujours forte de près de 130.000 personnes. Chiffre important à comparer à l'armée britannique (173.000 hommes) ou allemande (252.000). 

Mais comme l'a expliqué le vice-ministre de la défense grec, Panos Beglitis, lors d'une interview à la radio Canal 1 : « la réduction des armements, ce n'est que la fin d'un voyage long et ardu. (D'abord) il doit y avoir une révision de la pratique et de la position de la Turquie en mer d'Egée, dans le respect du droit international et des traités internationaux »


Une course aux armements encouragée... par les pays européens

Environ 16% du budget grec est consacré à l'équipement. Et, début 2009, alors que la crise économique bat son plein, le gouvernement grec (de Caramanlis) la Grèce prévoit encore d'affecter 15,5 milliards d'euros à l'acquisition de matériel militaire sur les cinq prochaines années. Personne ne bronche. Au contraire. La Grèce est un excellent client : elle est le cinquième importateur d'armes au monde (4% des importations) après la Chine, l'Inde, les Emirats Arabes Unis, la Corée du Sud. Et elle compte pour 13% des exportations d'armes de l'Allemagne, 12% de la France sur la période 2004-2008 (selon le rapport du SIPRI). Chacun se précipite donc pour essayer de placer qui ses frégates, qui ses avions de chasse ou hélicoptères... (2). Aujourd'hui, chacun espère que son contrat sera préservé aux dépens du voisin.   

« On achète des armes, on nous aide » 

Depuis octobre 2009, et l'arrivée du gouvernement Papandréou, certains contrats ont été mis de coté. Ainsi en a-t-il été de l'achat de blindés russes qui a été gelé et devrait être complètement revu. Celui des avions de chasse également. Même l'achat des frégates françaises FREMM — qui a fait l'objet d'un accord à l'Elysée en février dernier et avait arraché ce mot aux commentateurs grecs : « on achète des armes, on nous aide » pourrait être reporté. 

Les Allemands, de leur coté, ont réussi à régler leur litige avec les Grecs sur les sous-marins. Non sans difficultés. Les deux contrats d'achat de sous-marins allemands ont été fusionnés, en octobre 2009, après de longues négociations qui ont conduit à quelque tension entre les deux capitales. C'est la conformité de la livraison d'un sous-marin U-214, le "Papanikolis", construit en Allemagne (aux chantiers HDW filiale de TKMS), qui avait semé le trouble. La Grèce a toujours refusé de verser les sommes restant dues, prétextant un défaut de fabrication: le "Papanikolis" ayant, entre autres, de "légers" problèmes de "stabilité" (un sous-marin qui coule de travers en quelque sorte !). L'industriel (TKMS, Thyssen marine) a toujours refusé cet argument estimant que les Grecs étaient mauvais joueurs et voulaient juste un rabais sur le prix. Finalement un compromis s'est fait. Sur le premier contrat (commande de 4 sous-marins U-214) : trois seulement des sous-marins (Pipinos, Matrozos, Katsonis) seront livrés, sous réserve de l'acceptation par la commission de l'armée grecque. On l'espère - ils ont été construits dans les chantiers navals grecs (eux !). Le sous-marin "penché" sera revendu à un pays tiers. Sur le deuxième contrat (réhabilitation de trois sous-marins U-209) : deux sous-marins neufs seront livrés à la place de la réhabilitation des anciens (un a déjà été livré). L'essentiel est sauf, pour Berlin, le contrat n'est pas annulé.  


Et l'Union européenne... aux abonnés absents ?

Il est étonnant de constater que cette question greco-turque n'ait pas suscité davantage d'implication européenne, pour favoriser la paix dans cette partie sud-est du continent. Au contraire pourrait-on dire. Plutôt que d'encourager une solution pacifique, chacun  a plutôt encouragé la Grèce à dépenser un peu plus pour son budget militaire en achetant ces produits. Une attitude assez unanime : France, comme Allemagne, mais aussi Pays-Bas. Des pays inflexibles sur la rigueur budgétaire qui ne voient aucun problème à l'endettement quand cela favorise leur industrie !

Il serait temps que l'Union européenne prenne ses responsabilités dans la région, avec l'aide de l'OTAN, s'implique davantage dans la résolution des litiges sur la mer Egée et la question chypriote. Les alliés devraient exiger de leurs collègues turcs et grecs de mettre fin à leurs petits jeux armés. En attendant, la règle de désarmement des vols militaires sur la zone devrait être proclamée. Quitte à ce que la "protection" de l'espace aérien et maritime grec soit pris en charge par les alliés de l'OTAN, au même titre que l'est, par exemple, l'espace aérien islandais et balte.


(1) Ces ilots appartiennent à la Grèce mais sont situés tout proches de la Turquie, ce qui suscite des discussions tant sur l'espace territorial (Les Grecs soutenant une extension à 10 miles pour l'espace aérien et 12 miles pour l'espace maritime contre 6 miles actuellement reconnus par les Turcs ) que sur l'exploitation économique.

(2) La Grèce fait son marché en France (mais pas de Rafale)

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 11:04

UseCondomBritishArmy.jpgLa campagne a été lancée, très officiellement, dans le journal du ministère de la défense britannique à destination des soldats "Soldier". Il s'agit de rappeler aux femmes engagées dans l'armée et, surtout, à celles sur le terrain, l'utilité des préservatifs pour éviter de tomber enceinte ou d'attraper le virus HIV.

L'accroche est pour le moins suggestive ! Avec une série de petites phrases de dragues - "Salut ma belle ! Envie d'un verre, vous venez souvent ? Nous sommes faits l'un pour l'autre !..." - mais finit de façon plus abrupte par "Votre test est positif".

"50 mecs pour une femme", "gardez le contrôle"

Au-dessous, le linéaire se veut encore plus direct : "En déploiement, il y a 50 mecs pour une femme, alors vous entendrez ces phrases, et plus encore. Si vous avez des relations sexuelles sans préservatif, vous risquez une grossesse non prévue et des maladies sexuellement transmissibles, y compris le VIH, le virus du SIDA". "Gardez le contrôle et insistez toujours pour utiliser un condom". 

L'armée britannique brise un tabou sur les relations sexuelles sur le terrain

L'affiche est signée, très officiellement, de l'armée. Si l'armée britannique dénie tout encouragement aux relations sexuelles sur un des théâtres d'opération, il n'en demeure pas moins qu'elle est décidée à prendre... le taureau par les cornes ! Elle lève ainsi un tabou qui pèse encore sur nombre d'armées européennes (notamment en France). Ainsi que le précise le Daily Mail qui révèle l'information, en sept ans d'engagement (entre janvier 2003 et février 2009), il y a eu au moins 133 militaires britanniques qui sont reparties chez elles car elles allaient devenir mères : 102 d'Irak et 31 en Afghanistan.

Interdites en théorie, permises en pratique

Si la règle militaire proscrit le "sexe" en zone de guerre ("no-touching" rule), en fait, il n'en est rien. Honnêtement, on voit mal comment il pourrait en être autrement. Au camp Bastion, servent ainsi 8.500 Britanniques dont 700 femmes ! De façon assez pragmatique, sur le terrain, les commandants ferment les yeux. Du moins quand il s'agit de relations entre soldats d'un rang similaire car cela ne compromet pas la qualité opérationnelle. En revanche, s'il y a des relations entre un (ou une) officier et un(e) militaire de rang moins élevé, des sanctions disciplinaires peuvent, en outre, être prononcées, allant jusqu'à l'éviction de l'armée.

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 09:15

LiamFox-MinDefUk.jpgLe nouveau Premier ministre britannique conservateur, David Cameron, l'a confirmé tout à l'heure à Londres, en annonçant l'accord de coalition avec les LibDem. Le membre de son cabinet chargé de la Défense sera Liam Fox. Un médecin qui était le "shadow" ministre de la Défense des conservateurs lors de la campagne.

Né en septembre 1961, formé à l'Université de médecine de Glasgow, il a servi ensuite comme officier de santé dans l'armée avec le St John Ambulance. En 1992, il est nommé secrétaire privé parlementaire du ministre de l'Intérieur d'alors, William Hague (un homme qui sera son alter ego aux Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement Cameron). Après d'autres postes de second rang, il est nommé sous-secrétaire parlementaire aux Affaires étrangères (1996-1997). Il conclut notamment un accord de paix au Sri Lanka, le Fox Peace Plan, entre le gouvernement et les rebelles, qui ne sera pas vraiment suivi, mais reste encore une des bases possibles de la paix dans la contrée.

A la chute du gouvernement Major, il devient un des principaux responsables des Tories, d'abord comme shadow ministre de la Santé, puis après un court passage comme "shadow" aux Affaires étrangères, il devient en 2005 le "shadow" Défense. En 2005, il est candidat pour prendre la tête du parti conservateur ; il termine troisième d'une compétition que remportera... David Cameron.

Sa tâche comme ministre de la Défense dans ce gouvernement de coalition ne sera pas facile car la défense constitue avec l'Europe un des profonds sujets de différence avec ses partenaires de coalition. Sur ce point, les Tories sont plus proches du Labour que des LibDem. Les LibDem revendiquent, en effet, une révision complète de la politique de défense, incluant également la dissuasion nucléaire, Trident. Ils réclament un investissement plus profond pour l'équipement individuel et la protection des soldats en Afghanistan. Sans aller cependant jusqu'à réclamer un retrait, ils aimeraient bien voir fixer une date. Ils souhaitent enfin que le Royaume-Uni se tourne davantage vers l'Europe que vers les Etats-Unis.

Liam Fox est un Atlantiste convaincu, sceptique sur l'intégration et très critique sur le rôle de la Commission européenne notamment. Il considère que le développement d'une politique européenne de sécurité et de défense est inutile car elle va pomper les forces nationales et dupliquer l'OTAN. Naturellement il estime que les dispositions du Traité de Lisbonne sur la défense n'ont pas vraiment d'utilité. Convaincu de l'utilité de l'intervention en Irak et en Afghanistan (deux pays dans lequel il s'est rendu à plusieurs reprises), et partisan du "surge" américain, il n'a eu de cesse de mettre en balance l'effort britannique et le faible effort des Européens, plaidant pour un meilleur partage des charges. Il avait critiqué également la mauvaise planification de la phase post-invasion en Irak ainsi que le faible équipement des troupes britanniques.

Lire aussi: "‘The EU should only act when NATO cannot’ le discours de campagne publié en février sur le site des Conservateurs

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 08:55

JackDeVriesMinDefNl.jpgLe secrétaire d'Etat néerlandais à la Défense, Jack de Vries (CDA) couche désormais à la caserne. Pourquoi ? Question de vie privée a répondu un peu gêné son porte-parole. De fait, la situation au domicile conjugual devenait intenable à cause d'une relation extra-conjuguale. Cette situation durait depuis des années et était connue d'un petit cercle selon nos confrères néerlandais. La presse ayant révélé le pot aux roses, il fallait trouver une solution. Sa position l'obligeant à une protection permanente, la meilleure solution a donc été... la caserne ! NB : Le gouvernement néerlandais est démissionnaire et soumis à une réelection. Mais il semble certain que le maintien de De Vries, à son poste de la Défense, paraît difficile. Dommage j'aimais bien ses tweets...

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 13:30

(A LONDRES) Selon une enquête réalisée par le RUSI parmi la communauté des experts britanniques de la défense, de stratégie et de politique étrangère (1) - qui vient d'être publiée aujourd'hui - le Royaume-Uni a besoin d'une « réévaluation radicale de la position s'il veut être capable de jouer un rôle dans le monde ». Une écrasante majorité (88% des réponses, 7% seulement en désaccord) approuve cette assertion. Sur les autres questions, le propos est cependant un peu plus partagé, même si une nette majorité se dégage pour approuver  certains "fondamentaux". 

• Les opérations courantes en Afghanistan jouent un rôle intrinsèque dans le maintien de la sécurité du Royaume-Uni : 57% pour, 34% contre.

• Les bénéfices politiques et de sécurité du dispositif Trident (sous-marins nucléaires) l'emportent clairement sur ses coûts économiques et diplomatiques : 53% pour, 34% contre.

• Les intérêts du Royaume-Uni sont mieux servis par le maintien d'une relation spéciale avec les États-Unis, devant tous les autres partenariats stratégiques : 58% pour, 32% contre.

La lutte contre le terrorisme continue d'être la priorité de la sécurité la plus immédiate pour le prochain gouvernement : 81% pour.

Commentaire : autrement dit, tout le monde est d'accord pour un changement radical. Mais la plupart souhaitent qu'il n'y ait pas vraiment de changement radical. Puisque sur les "fondamentaux" de la défense britannique, on observe qu'une majorité se prononce pour la poursuite de la politique suivie jusqu'à maintenant... Un peu contradictoire !

(1) l'enquête The British Defence and Security Election Survey a été conduite auprès de 2024 experts de défense, de stratégie et de politique étrangère.


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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 12:13

RifkindRusiLDN-2031-copie-1.JPG(A Londres) Sir Malcolm Rifkind planchait hier devant le prestigieux RUSI, Royal United Services Institute, pour exposer les idées des Tories sur la défense. Beaucoup d'experts et de diplomates dans la salle - comme c'est l'usage - et peu de journalistes. Un exposé fort intéressant sur plusieurs points : le budget, les coopérations bilatérales, l'OTAN et l'Europe.

Membre des gouvernements (cabinets) Thatcher et Major sans discontinuer durant 18 ans, Rifkind est, en effet, une figure éminente du parti conservateur même s’il n’est plus en première ligne aujourd'hui. Il ne figure pas ainsi dans le shadow cabinet du leader tory, David Cameron. Secrétaire à la Défense de John Major de 1992 à 1995, il a été également à la tête du Foreign Office de 1995 à 1997.

To be or not be

Rifkind reconnaît tout d’abord que la défense et les affaires étrangères ne sont pas les sujets primordiaux lors d'une élection (1). Il cerne cependant trois enjeux principaux.

Premier enjeu : « Que doit faire la défense britannique ? Doit-elle se concentrer sur ce qui menace directement le territoire ou veut-elle permettre au Royaume-Uni d'être, avec la diplomatie, un « global power ? » C’est cette seconde option que Rifkind défend. Parmi les menaces, l’attaque conventionnelle contre le Royaume-Uni, même si elle ne doit pas être exclue, est éclipsée par d’autres plus présentes, précise-t-il : le terrorisme, tout d’abord (assez logiquement), une menace qui est autant une « question tant interne qu'externe ». Mais aussi le « commerce ». « En tant qu’île, « la liberté du commerce, son accès libre, est quelque chose d’essentiel pour nous ».

2e enjeu : le budget. Le budget de la défense ne sera pas réduit (6 milliards £). Mais il faut s’attaquer « aux coûts opérationnels du ministère. Or, selon l’étude Mc Kinsey (2), ceux-ci sont supérieurs de 20% aux coûts des autres pays, pas seulement les plus petits mais des Etats comparables : France, Allemagne notamment ». Il faut « s’attaquer à la bureaucratie qui, comme dans toute grande structure tend à augmenter ».

France, je vous aime...

3e enjeu : les coopérations bilatérales. Intéressant ! « C'est important non seulement pour des raisons politiques mais pour résoudre les coûts » souligne-t-il. « Je sais: le mot coopération européenne peut provoquer des réactions émotionnelles chez certains d’entre nous » prend-t-il soin de préciser. Mais elle est utile et nécessaire, « particulièrement avec la France ». Nous pouvons avoir avec d'autres également : les Pays-Bas ou les pays d'Europe centrale. Rifkind n'insistera pas particulièrement sur ces points, revenant en revanche, à plusieurs reprises, sur la coopération franco-britannique. Pour lui, le terrain d'élection de cette coopération est la « dissuasion nucléaire ». Sans aller jusqu’au regroupement (merger) — il prononce cependant le mot — ce serait la priorité la plus logique. « Nous sommes les seuls au niveau européen (avec la Russie) à avoir l’arme nucléaire. Nous sommes proches. Et nous ne constituons pas une menace (envers l’autre). » Second terrain de coopération : « la passation de marchés en commun », par exemple pour la marine. « J’y crois car cela peut réduire les coûts. » Encore faut-il que ce soit sur la base d'une « compétition équitable et transparente ». « Avec un État monolithique, qui défend son industrie, ce n’est pas toujours facile...», ajoute-t-il. Par exemple, « nous avons deux marines, avec chacun des spécifications différentes. Mais la vraie difficulté reste industrielle. » Et de se rappeler la discussion avec les Français dans les années 1990. « Nous avions eu une discussion avec Pierre Joxe » alors ministre de la Défense. Et il me disait « s’il vous plait, tenez bon »... Quant à la nature de cette coopération : est-ce dans un cadre européen ou ad hoc ? Rifkind penche clairement pour la seconde option, ainsi qu'il me l'a répondu dans une petite conversation, hors micro : « Le plus important c'est la substance de la coopération, pas le cadre ». Autrement dit : une coopération bilatérale et non dans le cadre européen. Il ne semble pas être question, pour lui, de renforcer l'agence européenne de défense.

Réformer l'OTAN

Au rayon des coopérations multilatérales, bien entendu il y a l'OTAN. Mais c'est tout...

L'OTAN : revoir le partage des charges. Rifkind estime que la question du « partage des charges » est une question cruciale pour l’avenir de l’Alliance atlantique, de même que ses modalités de décision. « On ne doit plus dépendre de l’unanimité » pour certains sujets ou équipements. Mais il reconnaît également que la « coalition des volontés » - utilisée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni en Irak « n’est pas vraiment la bonne chose ». Plusieurs Etats ont participé à l’opération mais — reconnaît-il — c’était davantage pour faire plaisir aux Etats-Unis. Pour avoir une vraie « coalition », il faut « un intérêt commun de la menace, une communauté véritable d’intérêts »

Cathy Ashton : une ambassadrice de bonne volonté. Je n'ai pu m'empêcher d'interroger Rifkind sur l'avenir de Cathy Ashton, la diplomate en chef de l'UE. Mais cela semble être le cadet de ses soucis. Il ne voit pas de nécessité de changement(3). « Il n’y a pas de ministre (européen) des Affaires étrangères car il n’y a pas de politique européenne des affaires étrangères. Elle est davantage un ambassadeur qui peut s’exprimer quand il y a position commune – ce qui n’arrive pas tout le temps – et défendre celle-ci. Mais pas plus. »


Commentaire : on le voit l'Union européenne, et la PESD, n'ont que peu de place dans cet argumentaire du spécialiste de la Défense des Tories qui met toujours la grandeur du Royaume-Uni et sa place dans le monde comme un objectif principal et ultime. Dans les lambris dorés de la bibliothèque du RUSI, l'histoire est très présente. Mais la réalité d'aujourd'hui est bien présente également. Surtout la pression budgétaire. Outre-Manche, le débat est, en effet, crucial sur ce point. Un récent rapport du National Audit Office (Cour des comptes) montre ainsi que le déficit de la défense se montera à 36 milliards £ les dix prochaines années. Et encore ! Ceci est plutôt un minimum - si les dépenses militaires restent basses - qu'un maximum... Tandis que la dette publique du pays atteint un chiffre inégalé (prévision proche de 12% pour 2010 !). On comprend donc que la recherche d'économies soit primordiale. Et que le pragmatisme soit de rigueur. Si la défense britannique veut rester au premier plan, elle doit urgemment rechercher non seulement des coopérations industrielles mais aussi des synergies. Et la France reste, en l'occurence, la plus "intéressante" possibilité. Le Royaume-Uni est, ici, en position de demandeur de coopération. C'est une opportunité à saisir...


(1) Un débat télévisé réunit les 3 leaders : Labour (Gordon Browne), Tory (David Cameron) et LibDem (Nick Clegg) autour de ce thème notamment

(2) Réalisée aux Etats-Unis par McKinsey en avril 2009

 (3) On se souvient que cette option a été soulevée comme une éventualité en cas d’arrivée d’un pouvoir conservateur à Londres.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 22:30

DeuilMarinePl-PL100411-copie-1.jpgAprès la mort des principaux responsables d'Etat-Major de l'armée polonaise (général, terre, air, mer, forces spéciales, et opérations), dans l'accident de l'avion présidentiel Tu-154 près de Smolensk, la relève s'organise en Pologne. C'est le président de la Diète qui, par intérim, acquiert le pouvoir de nommer de nouveaux commandants. En attendant, ce sont les commandants adjoints qui assurent la charge, selon les règles en vigueur,

• Le nouveau chef d'Etat-Major ad interim est le Ltt-général Mieczyslaw Stachowiak, chef adjoint depuis mai 2007. Né en 1952, militaire depuis 1971, déiplômé de l'école des blindés, il a assuré plusieurs commandements dans les unités mécanisées :  la 5e division mécanisée, puis la 12e division mécanisée de Szczecin et enfin le 2e corps mécanisé de Cracovie, première unité opérationnelle certifiée par l'OTAN. Il parle allemand et français.

A l'armée de terre, le général Edward Gruszka, ancien commandant du 2e corps mécanisé de Cracovie.

• Au commandement des opérations (notamment Afghanistan), le général Jerzy Michałowski, ancien commandant du centre d'opérations aériennes de Varsovie.

• A l'armée de l'air, le général Krzysztof Załęski, qui a occupé plusieurs postes à l'Etat-Major des forces aériennes depuis 2000.

• A la marine, c'est le vice-amiral Andrzej Głuszko, qui prend le relais.

• Les forces spéciales et unités du GROM, seront dirigées par le général de brigade Marek Olbrycht, qui a derrière lui une expérience dans des missions en Syrie, dans les Balkans et au Liban, et a travaillé au QG de l'armée américaine à Tampa, en Floride.

• A la garnison de Varsovie, le Colonel Wiesław Grudziński.

Quant au chef du bureau national de sécurité, c'est le général Stanisław Koziej qui a été appointé à ce poste par le président de la république ad interim.

(crédit photo : marine polonaise)

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.