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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 11:32

(A BIHANGA) Sur place au camp de l'UPDF (les forces ougandaises) de Bihanga, il n'y avait rien de prévu pour assurer l'accueil des formateurs européens et même de toutes les recrues somaliennes. Fidèle à une tradition entreprise au Tchad, les Européens ont donc retroussé leurs manches ou, plutôt, ont conçu des plans pour faire jaillir de terre un camp complet permettant à la fois à la petite centaine de formateurs qui seront présents d'avoir des espaces de logement, de nourriture, de travail ou de soins.

  • Le camp n'a pas encore de nom. Peut-être recevra-t-il celui de "camp Solana" du nom de l'ancien haut-représentant qui a beaucoup oeuvré pour le démarrage de cette mission, à moins qu'il ne préfère celui de "camp Lady Ashton", l'actuelle haute-représentante puisque c'est la première opération qui a démarré sous son égide.

A l’entrée du camp de l'UPDF, un bulldozer et des camions s’activent, charriant la terre de part en part, pour transformer cet espace libre, avec deux collines à chaque bout, en une piste d’atterrissage praticable. Longue de 1200 mètres environ, de terre battue et gravier, cette piste aura une utilité en cas d’urgence, médicale notamment.

PisteAtterrissage041a.jpgLa future piste d'atterrissage (© Ngv)

Le camp européen est encore en construction

Le réfectoire et les sanitaires ont été les premiers à être sortis de terre. Actuellement, on bâtit l’infirmerie (encore sous tente), le foyer, les logements pour les contractants, ainsi qu’un petit ensemble de constructions pour permettre de faire les exercices de guérilla en milieu urbain (FIBUA). Le bureau du commandant et les salles de réunion sont encore en construction. Ce devrait être terminé d’ici quelques jours. Les travaux vont vite ! En attendant, le bureau de commandement et les briefings de service se font… dans le réfectoire.

PosteFhqBihanga-013a.jpgLa construction du FHQ est presque terminée (© Ngv)

Tous les Européens sont logés sous tente par quatre. Pour l’avoir testée, c’est plutôt confortable même si il y a peu d'intimité (on est assez serré). Et, au fur et à mesure de la montée de la température dans la journée, la chaleur devient étouffante à l’intérieur. Montées sur pilotis d’environ 40 cms de haut, de 5 mètres sur 5, elles sont conçues pour tenir sous une grosse averse ; ce qui est plutôt courant en Ouganda où les pluies tropicales durent quelques mois par an. Une petite tempête, de « bienvenue » s’est abattue sur les soldats européens à peine arrivée. Du coup, il a fallu arrimer les tentes de façon un peu plus solide.

EquipeTravailleursOugandais011a.jpg

on arrime plus solidement les tentes (© NGV)

Côté logistique, c’est une société dirigée par deux anciens de l’armée sud-africaine African Sky Limited (ASL Somalia), qui est responsable tant de la nourriture que de la construction des bâtiments et autres. Et çà marche. Même si les travaux ont pris un peu de retard. Aussi les travaux commencent tôt le matin jusqu’à tard le soir pour tout finir. La nourriture concoctée dans la cuisine, toute neuve, du camp, par les cuistots (sud-africains et ougandais) est simple mais, pour tout dire, excellente. Et elle mériterait au moins 2 * dans un guide des cantines européennes (s’il existait).

StaffSudafLogisticBihanga2225a.jpgle staff sud-africain (© NGV)

Dans le camp ougandais, des bâtiments ont aussi été construits et sont terminés, notamment pour construire des dortoirs supplémentaires pour accueillir les Somaliens. En fait la capacité du camp a été quasiment doublée.

CampUpdfSomali-072a.jpg

Une mission prévue de longue date

La planification de la mission a commencé en janvier réellement. Après un accord en mai, l’approbation du Crisis management concept en novembre, les équipes de planification se sont constituées en décembre. Le travail a commencé à plein en janvier. Cela ne manquait pas. Il fallait définir le type de formations nécessaire, le programme, et l'intercaler et le coordonner avec la formation faite par les Ougandais. « Dès le début, on voyait bien qu’il fallait travailler avec les Ougandais » raconte un des officiers qui a participé au travail. Ensuite la conférence de génération de forces a permis de répartir parmi les différentes nationalités, les formations.

CampTentesBihangaDrapeaux-302a.jpgMême les pays en difficulté économique ont envoyé des formateurs, ici Hongrois et Grecs (© Ngv)

Comme indiqué sur ce blog, c’est la partie médicale qui a coincé : Allemands surtout voulaient un rôle 2 : Maltais, Britanniques, Suédois ont suivi. Ce qui revenait à avoir presque plus de personnel médical que de formateurs. Finalement on s’en est tenu à un rôle 1 : un médecin et un infirmier. La partie chirurgicale, et l’évacuation rapide seront fournis par un contractant. Ce qui ne sera pas de trop. Vu l’éloignement et la difficulté de la route, il vaut mieux avoir une pleine capacité médicale.

TenteMedicaleAmbuUpdf-109a.jpginfirmerie, en premier plan une ambulance de l'UPDF en "visite" de voisinage (© Ngv)

 Suivez ma visite guidée du camp

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 21:13

Kampala – Bihanga, 250 kms c'est 7 heures de route environ. Autant dire qu'une fois au camp UPDF et EUTM à Bihanga, on ne repart pas de sitôt. Mais le trajet vaut le détour et on s'y fait… Enfin pas tous les jours :-)

Sorti de Kampala, avec une circulation à la fois dense et anarchique, commence la route, qui cède parfois à la piste, quand ce n’est pas la boue (quand il pleut). Mieux vaut donc partir tôt quand il fait chaud. La route est parfois impeccable (entre Mbarara et Ibanda par exemple, refaite à neuf). Parfois elle est en l’état, avec trous et bosses à la clé et a besoin d’un sacré coup de neuf (comme entre Masaka et Mbarara). Mais, en de nombreux endroits, elle est en réfection (avec le soutien de l’Union européenne, lire : EUTM démarre).

RouteBihangaPiste-177a.jpg

La route Masaka-Mbarara (© NGV)

Le danger le plus important n’est seulement le revêtement mais aussi la vie autour et sur la route. Petits marchands, magasins sont abondants. Piétons, vélos chargés de bananes ou de bois, motocyclistes, camions surchargés (de bois, de bananes, de marchandises diverses), 4x4 roulant à toutes allures, s’y croisent, avec les matatus (minibus) et les coasters (bus) pour le meilleur et pour le pire. Les accidents sont fréquents. Et il est fortement recommandé de ne pas rouler la nuit. La plupart des entrées de villages sont d’ailleurs protégés par des dos de zébus (un dos d’âne beaucoup plus important) qui obligent à ralentir sévèrement. Et la police veille. Postés tous les 20 ou 30 kms, armés de radar le plus souvent, ils n’hésitent pas à manier du bras pour arrêter les voitures qui passent.

PolicierCarrefour092a.jpg

Les paysages sont magnifiques, très verdoyants. Aux bananeraies, une culture nationale dans la région, succèdent celles, plus rares de café. Au fur et à mesure des kilomètres, les vallons se succèdent. Et les arbres deviennent plus touffus, plus hauts. On se croirait presque dans un paysage du Massif central, avec des petits ruisseaux, des vaches dans les champs, etc.

PaysageBihanga-242a.jpg

Quand on vit que ca ressemble au Jura ou au Massif central ! (© NGV)

Dans cette partie du pays la population est assez dense. Et il y a peu d'espaces qui ne sont pas habités, du moins le long des routes. Les maisons, ou les écoles. en dur, souvent, sont plutôt entretenues avec soin. Et les Ougandais sont naturellement conviviaux.  bonjour, welcome, how are you sont de rigueur. Et les premiers mots de swahili viennent vite. Avec un peu d'apprentissage, on peut alors pratique le Jambo (bonjour), Nzuri (comment çà va), ahsante (bien merci) rythment les rencontres, ainsi que la longue poignée de main chaleureuse.

Echoppes194a.jpg

Des boutiques bien fournies tout le long de la route (© NGV)

A Ibanda, nous empruntons une piste de terre et graviers. Et nous arrivons enfin à Bihanga, au fin fond de nul part. Sur une colline, très discrètement, établi, se trouve le camp de formation de l’armée ougandaise, UPDF. Vivent ici, avec leurs familles, dans l’habitat traditionnel, quelques centaines de soldats et officiers ougandais. Seul le chef du camp, le Lieutenant Colonel Byaruhanga, a droit à un habitat en dur. Les Européens se sont établis à l’autre bout du camp de l’UPDF, face à une colline et un paysage sublime le matin.

CollinesBihanga-255a.jpgBihanga (© NGV)

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 20:04

DeVisscherAmbassUeOuganda.png(A KAMPALA) La délégation de la Commission européenne en Ouganda- pardon l'ambassade de l'UE - est la première ambassade (à ma connaissance) du réseau européen à avoir expérimenté la conduite diplomatique d'une mission militaire de l'UE. La délégation de la Commission européenne a, en effet, basculé au 1er janvier comme ambassade de l'UE. Et elle a participé à toutes les négociations notamment dans les relations avec les autorités ougandaises.

J'ai pu rencontrer son ambassadeur, Vincent de Visscher, présent depuis près de trois ans dans le pays. Un Belge qui, à ses heures perdues, est aussi un fan d'aviation. Il a un petit avion de tourisme, avec lequel il parcourt le pays. La délégation de la Commission européenne en Ouganda - pardon l'ambassade de l'UE - est la première ambassade (à ma connaissance) du réseau européen à avoir expérimenté la conduite diplomatique d'une mission militaire de l'UE.

 

• Comment définiriez-vous cette mission EUTM de formation des soldats somaliens ?
VdV - C'est une part de notre stratégie globale pour la Somalie. La mission EUTM Somalia comble un gap dans notre objectif d'aider à la sécurité de la Somalie et à soutenir le GFT (gouvernement transitoire somalien) pour restaurer la paix et l’ordre dans le pays. Stabiliser la Somalie, pays fragile, confronté au terrorisme est non seulement important pour l’UE mais aussi pour les pays d'Afrique de l’Est.


• Vous êtes désormais ambassadeur de l'UE et non plus seulement chef de la délégation de la Commission, qu'est-ce que cela a représenté pour vous ?
VdV - Certainement plus de travail... (rires).
Plus sérieusement, cela donne au représentant de l'Union européenne une crédibilité et une dimension plus importante à notre mission en Ouganda. Il est important que l’Europe parle d’une seule voix. Ici nous sommes un peu les yeux, les oreilles, la face unique de l'Union européenne à l’extérieur. Nous avons des contacts avec les autorités ougandaises (ministère de la Défense, des Affaires étrangères, Chef de la défense) mais aussi avec les médias. Ce n’est pas évident en effet d’amener 1-2000 soldats somaliens dans le pays. Le public ougandais a besoin d'une explication. Nous devons leur expliquer ce que nous faisons, que l'on travaille ainsi pour leur sécurité. 


• Vous parlez d'une crédibilité supplémentaire, qu'entendez-vous ?
VdV -  Trop souvent le public ougandais nous voit comme un partenaire de développement, s’occupant de projets, de programmes de routes et de développement rural, des tâches humanitaires, nous sommes bien sûr un acteur politique, nous avons un dialogue avec les autorités, cette mission nous apporte une dimension d’acteur dans la sécurité et la paix dans la région.


• Les Somaliens seront formés à Bihanga, à l'ouest de l'Ouganda, dans une région un peu excentrée. Mis à part la mission de sécurité, l'Union européenne a-t-elle une action dans cette région ?
VdV - Oui. Si l’emplacement de Bihanga a été choisi par l’UPDF, c’est important aussi pour la population sur place - environ 10.000 personnes - de percevoir des bénéfices au plan local. Nous rénovons une petite piste d’aviation, et des équipements comme des points d’eau. Nous envisageons de construire une nouvelle école, un accès routier... (*) C’est important de faire cela pour une meilleure perception d’EUTM, comme de l'UE, en Ouganda.


• Dernier point, le SOFA (accord de protection des forces) n'est pas encore signé, quand le sera-t-il, pourquoi ce retard ?
VdV -
Le SOFA devrait être signé, dans quelques jours, le 20 mai, j'espère. Il fallait respecter le système constitutionnel ougandais, notamment la consultation du solicitor general.


(*) accès qui en a bien besoin, je peux en témoigner :-)

(crédit photo : Conseil de l'UE)

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 22:40

(A KAMPALA) Ca y est ! Les premiers soldats somaliens - qui seront formés dans le cadre de la mission européenne EUTM - sont arrivés à l'aéroport de Kampala (Entebbe), lundi. En toute discrétion (les Ougandais ne tiennent pas à une arrivée avec tambours et trompettes).

Full operationnal capacity déclarée

La plupart des effectifs européens d'EUTM sont déjà arrivés, eux aussi. Et la "Full Operationnal Capability" (FOC) a été atteinte, le 5 mai, selon un document présenté à la presse par le chef de la mission, le colonel espagnol Ricardo Gonzalez Elul. Ils proviennent de 14 nationalités (1). Tous sont à peu près là, à une seule exception : les Belges qui attendent encore une autorisation de leur Parlement (retardée avec la chute du gouvernement belge) et le Luxembourgeois (qui devait partir avec les Belges).

TableauEffectifEutmSomalia.jpgLe QG de la mission - doté de 25 personnes - a été installé à Kampala ; un hôtel de la capitale a été loué pour les besoins de l'opération, "plus simple", "plus pratique", "plus rapide". Les autres formateurs sont directement sur place à Bihanga. Le SOFA - accord sur le statut des forces - n'est pas encore signé. Il devrait être signé dans les jours prochains (le 20 mai peut-être, d'ici la fin du mois sûrement). Un officier de liaison ainsi qu'un conseiller politique sont présents à la cellule à Nairobi. Un autre officier de liaison est présent à Bruxelles chargé de la coordination avec les autorités politiques, la CMPD et l'Etat-Major de l'UE.

Une mission d'un an

Ainsi que l'avait déjà précisé le colonel Elul à Bruxelles : "La mission EUTM devrait durer 14 mois environ. Les 2000 Somaliens seront formés en 2 sessions de six mois chacune. » (avec une pause de 1 mois entre les 2 sessions). Chaque contingent comprendra un tiers de sous-officiers (330) et 2/3 de soldats (670). Ils seront formés dans les mois qui suivent, de façon conjointe, par les Européens et Ougandais. Les Ougandais assureront l'essentiel de la formation de base ("apprendre à travailler ensemble") ; les Européens assurant les formations spécialisées selon un planning défini.

PlanningFormationEutmSomalia.pngNb : en bleu la formation faite par les Ougandais, en rouge, celle faite par les Européens


Des teams de formateurs

Une dizaine d'équipes de formation ont été formées : 3 teams Espagnols (dont un avec les Grecs), 2 teams Français, 1 Belgo-Luxembourgeois, 1 Hongrois et Allemands, 1 Irlandais et Maltais, 1 Suédois et Finlandais. Les modules de formation spécialisés sont pris en charge par un Etat membre : sous-officiers par les Français, les mines et actions contr-IED ainsi que l'évacuation médicale (MEDAC) par les Italiens,  les communications par les Allemands, la Fibua (Fighting in Built-Up Areas - ou combats en zones habitées) par les Portugais.

L'Europe vient compléter un effort déjà réalisé

Le GFT estime « avoir besoin des forces de 10.000 personnes. 6000 doivent être formés ; 4000 ont été déjà formées par diverses formations bilatérales. Il en reste 2.000 à former » avait précisé, récemment à Bruxelles, Didier Lenoir, qui suit les missions militaires à la CMPD, la direction de planification militaro-civile de l'UE (qui va être intégrée au service diplomatique de l'UE). Précision : plus de 500 ont été formés par les Français à Djibouti, 1200 par les Ougandais à Bihanga, environ 1000 autres par les Américains à Djibouti notamment.

Processus de sélection

La sélection des soldats sur la base des critères définis par les Européens (1) est faite, sur place, par le gouvernement transitoire somalien (GFT). Le passé de chacun des "élèves" a été scruté par les américains pour éviter d'avoir des apprentis terroristes. « Les bad guys seront exclus immédiatement du processus » explique le colonel Ellul. 

Les recrues proviennent d'un peu toute la Somalie. Les Somaliens ont été acheminés par C130 d'abord puis par plus gros porteur (Boeing 737) ensuite. Des avions affrêtés par DynCorp international, qui est un des contractants privés du Département d'Etat US en Somalie et a été mandaté par l'opération EUTM, en étroite liaison avec Américains (1). Les Somaliens sont regroupés au camp Jazeera, à Mogadiscio (Somalie) avant le départ vers Entebbe (Ouganda). Là ils sont équipés et le processus de sélection complété, notamment pour vérifier que les conditions principales, comme l'âge, sont bien respectées. Puis ils sont acheminés par bus civil jusqu'au camp de Bihanga. Un camp des forces ougandaises (UPDF) situé à plus 200 km de la capitale, à 7 heures de route de Kampala, à l'est du pays. (*)

TrajetRecruesEutm.jpg

  • (*) Une route que l'Union européenne est en train de rénover. L'ambassadeur de l'UE Vincent De Visscher a ainsi confirmé, hier, que l'UE financerait à hauteur de 335 millions de shilling ougandais (environ 122 millions d'euros) la route Masaka-Mbarara, qui constitue un des axes très fréquentés du pays (et la route vers Bihanga). Le plus important projet que l'UE ait financé dans le pays - qui figurait déjà dans le programme indicatif défini il y a plusieurs mois - et une contribution au développement de l'Ouganda. L'aspect "global" de la politique extérieure de l'UE, en "format Lisbonne", joue ainsi déjà même si le service diplomatique de l'UE n'est pas encore en place.

(1) EUTM Somalia lancée, nette participation US, premiers détails ...

Lire également:

Mission EUTM Somalie: les points essentiels (MAJ)

Mission de formation des militaires somaliens, une étape franchie

EUTM Somalia: les principales étapes

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 23:10

Photo-039.jpgLa dernière née des missions de l'Union européenne, EUTM Somalia, mérite le détour. Elle est la première action de coopération militaire proprement dite de l'UE et elle vise au rétablissement d'un Etat failli, la Somalie, selon une technique qui me paraît plus intelligente et largement plus économe en moyens (humains et financiers) que celle employée en Afghanistan. Elle vise avant tout à reconstruire des forces de sécurité pour l'Etat somalien. Certes tout ne risque pas d'être rose. Et les déconvenues risquent aussi d'être au rendez-vous ainsi que l'a constaté un reportage d'AP récemment à propos des forces somaliennes formées par les Ougandais et Américains. Mais c'est le minimum à faire si l'on veut garder un semblant d'Etat sur cette rive Est de l'Afrique, si stratégique... Il était donc nécessaire que j'aille sur place constater de visu l'arrivée des premières recrues somaliennes que vont former les Européens. Je vous raconterai au retour. En attendant... ce blog fonctionnera au ralenti ! Mais j'ai quand même prévu quelques papiers qui sauront, j'espère vous intéresser...

(sur la photo : les soldats somaliens formés précédemment par les Ougandais)

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 10:14

LogoEutmSomaliaL'accord entre l'Union Européenne et l'Ouganda sur le statut des forces déployées dans le pays pour la mission de formation des soldats somaliens (EUTM Somalie) est presque prêt. Ne reste que l'approbation officielle des Ministres. Le sujet pourrait cependant ne pas figurer au menu du Conseil des ministres des Affaires étrangères du 26 avril.

Cet accord - assez classique - parcourt tous les sujets : identification, franchissement des frontières, privilèges et immunités, uniforme et port d'armes, communications, formalités en cas de décès, sécurité et pouvoir de discipline, demandes d'indemnisation en cas de blessures ou décès, règlement des litiges...

Immunité générale. Le personnel de l'UE déployé en Ouganda a ainsi le droit d'entrer et de séjourner en Ouganda (sans formalité excessive autre que celle d'être en possession d'une pièce d'identité ou passeport, sans taxes et autres prélèvements). Il bénéficie d'une immunité d'appréhension et de juridiction, du droit de porter l'uniforme de l'UE et de porter des armes, etc... Le personnel local ne bénéficie normalement pas de cette protection et privilèges. Mais l'Ouganda "doit exercer sa juridiction sur ce personnel de façon à ne pas entraver d'une manière excessive l'accomplissement des fonctions de la mission."

EUTM bénéficie pareillementde l'immunité et de l'inviolabilité de ses installations. Elle peut utiliser ses véhicules, arborer le drapeau de l'Union, utiliser ses véhicules, communiquer par radio et téléphone à l'intérieur de ses installations.

Police militaire. La sécurité des installations d'EUTM est assurée normalement par les autorités ougandaises. Le commandant d'EUTM est l'autorité chargée de faire régner l'ordre et la discipline dans les rangs d'EUTM. Il peut, au besoin créer une unité de police militaire. Celle-ci peut intervenir non seulement dans l'enceinte des installations mais également en dehors, "en coopération et consultation avec la police ougandaise, pour assurer le maintien de l'ordre et la discipline parmi le personnel d'EUTM Somalia".

Litiges. Les litiges relatifs à l'application de l'accord sont réglés par voie amiable, diplomatique ou, en dernier lieu, par recours à une instance d'arbitrage ad hoc (composée de trois personnes désignées l'une par l'UE, l'autre par l'Ouganda, la troisième d'un commun accord et, à défaut, par le président de la Cour de justice de l'UE).

  Télécharger le texte de l'accord (NB : nouveau lien)

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 17:00

LogoEutmSomalia.jpg

Le colonel Gonzalez Ellul présentera à la presse, jeudi, la mission de l'Union européenne de formation des militaires somaliens (EUTM) qu'il dirige. Les principaux éléments ont déjà été indiqués sur ce blog. Il en manquait, essentiel : le logo. Le voici. Ou du moins ce qui devrait être le logo de la mission.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 20:02

La décision de lancement de la mission militaire de formation des militaires somaliens  (EUTM Somalia) a été officiellement approuvée, mercredi en fin d'après-midi (par procédure écrite). Le lancement sera effectif le 7 avril. La mission de l'UE - qui vise à former 2000 hommes en deux vagues de six mois - se déroulera en coopération avec les forces américaines et ougandaises. Voici les premiers détails.

140 Européens. L'effectif est aujourd'hui à peu près atteint. Il y a environ une centaine de formateurs (exactement 96 au dernier pointage) et 41 personnels à l'Etat-major. Une cellule de liaison sera basée à Nairobi auprès des Nations-Unies et de l'AMISOM. Une quinzaine de pays européens ont confirmé précisément leur participation : L'Espagne (38), la France (26), l'Italie (18), le Portugal (15) et l'Allemagne (13) fournissent la majeure partie de l'effectif. La Belgique (7 personnes), l'Irlande (5 *), la Finlande (4), la Hongrie (4), la Suède (4), Malte (3)   la Grèce (2), et le Royaume-Uni (2).

On peut faire quelques remarques : 

- la faiblesse de la participation britannique, étonnante et injustifiable. Et encore est-ce uniquement au sein de l'Etat-Major sans formateurs sur place!

- la participation irlandaise notable quand on sait les débats qui ont animé la campagne de ratification du dernier traité européen (Traité de Lisbonne) ;

- la participation notable du Portugal (plutôt chiche d'ordinaire sur les missions européennes) ;

- un absent de taille (pour l'instant), les Polonais ;

- la présence d'un seul quartier général, sur le terrain. Finie la dichotomie OHQ / FHQ. 

Il reste toujours un point qui est en passe d'être réglé : le soutien médical (1). Il pourrait être sous-traité à l'extérieur. Et financé en partie par un pays tiers : les Japonais par exemple. Des Japonais très présent dans l'est de l'Afrique et très engagés pour soutenir le gouvernement somalien. D'autres pays participeront d'un point de vue logistique à l'opération.

Un sérieux coup de pouce américain. De façon générale, les Etats-Unis procurent un soutien notable à l'initiative. Les soldats somaliens seront acheminés en Ouganda à Entebbe par des avions affrétés par les Etats-Unis puis par les Ougandais jusqu'au camp de Bihanga (idem pour le retour). Les stagiaires seront habillés et recevront des équipements individuels par les Américains ; l'Egypte fournira également des uniformes (environ 10.000). Les stagiaires recevront 100 $ d'indemnités par mois (cet engagement devrait être acté sur l'année fiscale 2011). Les Ougandais donneront aux stagiaires une arme légère type AK-47 et deux magasins de munition. Le principe, en effet, est que les stagiaires arrivent à Bihanga habillés et équipés. La traduction sera effectuée par un corps d'interprètes (une quinzaine) financés par les Européens. 

Sur place, l'UE construit un camp. L'opération EUTM Somalia comprend un volet logistique discret mais réel. Les Européens ont ainsi entamé et financé la construction de plusieurs installations : un camp pour les 150 instructeurs européens, des dortoirs pour 300 stagiaires, une piste d'atterrissage d'un peu moins d'un km pour accueillir les avions, un stand de tir, un camp d'entraînement, et bien entendu la place pour les parades et cérémonies officielles.

La question du recrutement des recrues est vitale. Les stagiaires seront sélectionnés selon un ensemble de 6 critères : un équilibre géographique et entre clans, la bonne condition physique et médicale, être majeur - plus de 18 ans (pas question de former des enfants soldats), l'aptitude à l'éducation (en sachant qu'en Somalie ce critère est pour le moins difficile à appliquer), une attitude générale, ainsi que l'absence de violations des droits humains. La sélection devrait être faite sur place par les forces somaliennes mais aussi par l'AMISOM. Une enquête de sécurité sera faite sur chaque candidat (elle devrait durer quelques semaines). Il n'est pas, en effet, question d'introduire un terroriste dans le camp ougandais.

Un soutien général à la sécurité. Une conférence devrait être réunie en mai sur le renforcement du secteur de la sécurité en Somalie. Outre l'Union européenne et les Etats-Unis, plusieurs Etats - la Norvège, le Japon, les Emirats arabes unis - ainsi que l'organisation de la conférence islamique - ont indiqué l'intention de soutenir le financement du secteur de la sécurité qu'il s'agisse des forces armées mais aussi les ports, les routes, le gouvernement, la police...

(1) Qui va assurer le Rôle 2 (médical) pour la mission EUTM

Lire également :

Mission de formation des militaires somaliens (Eutra): la dernière ligne... courbe ? (janvier)

Mission EUTM Somalie: les points essentiels (MAJ) (janvier)

Mission de formation des militaires somaliens, une étape franchie (février)

EUTM Somalia, le calendrier s'accélère...

La mission EUTM Somalia lancée officiellement le 7 avril

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 20:15
La mission militaire de l'Union européenne visant à contribuer à la formation des forces de sécurité somaliennes (EUTM Somalia) sera lancée le 7 avril. La décision de lancement est approuvé, ce mardi, par les ambassadeurs COPS de l'UE, puis ensuite par procédure écrite par les 26 Etats membres de l'UE (1), en même temps qu'ils approuveront le "plan de mission" (2). Le commandant de l'EUTM Somalia autorisé "avec effet immédiat", à donner l'ordre d'activation (ACTORD) en vue d'effectuer le déploiement des forces et d'entamer l'exécution de la mission.

Fondement international. Cette mission se fonde sur les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, en particulier la résolution 1872 du 26 mai 2009,qui souligne l'importance "de reconstituer, de former, d'équiper et d'entretenir les forces de sécurité somaliennes" et avait demandé "instamment aux États membres et aux organisations internationales et régionales d'offrir une assistance technique pour la formation et l'équipement des forces de sécurité somaliennes" ainsi que la résolution 1897 du 30 novembre 2009, qui réitèreles résolutions antérieures et réaffirmé son "attachement à la souveraineté, à l'intégrité territoriale, à l'indépendance politique et à l'unité de la Somalie". Coté Ouganda, une lettre officielle datant du 5 janvier est venue inviter l'UE à participer à la formation des forces de sécurité somaliennes en Ouganda pour une période d'au moins un an.

(1) S'agissant d'une mission militaire de la PeSDC, le Danemark ne participe, en effet, pas à cette décision ni au niveau politique ou budgétaire, ni au niveau opérationnel.

(2) Plus connu auparavant sous le terme d'OpPlan - plan d'opération - devenu depuis le Traité de Lisbonne, plan de mission (terme utilisé désormais aussi bien pour les missions militaires que civiles).
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 13:00
La première formation des militaires somaliens par les équipes de l'UE devrait bien démarrer le 3 mai, malgré un petit retard dans l'adoption des documents de planification. La discussion sur le plan d'opération (OpPlan) continue, en effet, au sein du COPS. Elle devrait être finalisée le 30 mars. Le Conseil devrait ensuite adopter la décision formelle de lancement de l'opération. Ce qui devrait être fait, pour aller plus vite, par procédure écrite, début avril (7 avril environ).

NB : Sur le soutien médical (Role 2 ou approchant), une solution n'a - semble-t-il - pas été trouvée en interne. Et ce soutien médical pourrait être cherché en externe.
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Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.